EUST
brasser la vie des anachorètes. Il se retira dans un désert derrière le village de Prescjn^ny, où il vécut dans les exercices les plus austères. Il possédait le don des miracles, et ses vertus attirèrent auprès de lui un nombre infini de personnes. Wilin, officier de Childebert, ayant obtenu comme récompense de ses services le fonds de terre où se trouvait l'ermilage de saint Eusice, V bâtit un monastère qui fut mis sous la conduite du saint; on l'appela d'abord la Cel- /«/e^puis la Celle de saint Eusice, enfin Sclles-en- Berry, pour la distinguer de la petite ville de Sellés en Sologne. Ni les anciens Martyjologes, ni le romain moderne, ne font mention d'Eusice ; celui de France l'appelle Eusichius, et en fait mémoire le 27 avril et le 27 novembre. Voy. S. Grég. de Tours, de la Gloire des confesseurs, c. Lxxxii. Richard et Giraud.
EUSOYE. Voy. Euskbie.
EUSPICE (saint), oncle de saint Mesmin. fut le second abbé de Micy, près d'Orléans. Voy. Mesmin.
EUSTACE. Vo7/. EusTACHE, n» II.
I. EUSTACHÈ ou EOSÏATHE (saint), un des plus célèbres martyrs, périt sous Adrien, au commencement du ii" siècle. On lui associe sa femme Tatiane, appelée aussi Théopiste, et ses deux fils Agape ou Aqapit et Tliéopiste, qui furent les compagnons àe son martyre. Les Grecs honorent la mémoire de saint Eustache sous le nom d'Eustathe; le Martyrologe romain place leur fête au 20 septembre, qui fut le jour de leur mort. Les actes du martyre de saint Eustache ont été pubhés en grec par Combefis; Paris, 1660 ; mais ils sont généralement regardés comme apocryphes. Voy. BoWand., ActaSanctor.. 20 sept., de S. Eustatho. ïillemont. Mémoires, tom. II. Richard et Giraud. Gaet. Moroni, vol. XXII, p. 214, 215.
II. EUSTACHE ou EUSTACE, EUSTAISE, EUSTASE (saint), abbé de Luxeu, aujourd'hui Luxeuil, en Franche-Comté, né en Bourgogne l'an 560, mort en 625, était neveu de saint Miget ou Micet, évéque de Langres, et il fut disciple de saint Colomban , qui l'envoya gouverner son monastère de Luxeu pendant son absence, causée par la persécution de la reine Brunehaut. Il y maintint la discipline, et, par ses exemples autant que par ses discours , il y forma un grand nombre de disciples. Sa charité le détermina à prêcher la foi aux Yarasques, peuples des montagnes des Vosges , et aux Bavarois. A son retour au monastère de Luxeu , il eut à lutter contre un faux frère nommé Agreste,
aui avait entrepris de faire condamner la règle e Saint-Colomban dans un concile tenu à Maçon vers l'an 023; mais Agreste fut contraint par les Pères du concile de se réconcilier avec son abbé. On honore sa mémoire le 29 mars. Voy. Bollandus. D. Rivet, Hist. littér. de la France. D. Ceillier, Hist. des A ut. sacr. et ecclés., tom. XVII, p. 499. D. Mabillon, Acta Sanctor. Ord. S. Benedict., tom. II. Baronius, Annal., ad ann. 612. Possevin, Apparat, sacer, tom. I. Moréri. Diction, histor. Richard et Giraud.
III. EUSTACHE (David), controversiste et prédicateur protestant , né dans le Dauphiné, mort à Montpellier vers l'an 1660. Il a laissé un certain nombre d'ouvrages, parmi lesquels nous citerons : 1» Conférence entre D. Eustache, ministre du saint Evangile, et Richard Mercier, jésuite, au sujet de l'Eucharistie; Genève, in-S»; — 2*> Remèdes salutaires contre notre sépuratioti d'avec Dieu, la défiance de la chair et la vanité' du monde; Sedan, 1655, in-S"; — 3° Response à l'écrit du sieur Mercier, jésuite, intitulé: Démons-
tration de la vérité de l'Eglise romaine, etc.;Genéve, 1657, in-S". Voy. la Nouv. Biogr. génér., où on trouve plusieurs autres écrits indiqués.
IV. EUSTACHE DE SAINT-PAUL (Dorn), religieux feuillant, né à Paris l'an 1573, mort lati 1640, était docteur de Sorbonne. Son mérite le fit nommer visiteur des monastères de Chelles, de la Saussaye et de quelques autres du diocèse de Paris, où il contribua à établir la réforme. Il fut aussi supérieur d'un monastère de son Ordre à Rome, où le pape Paul V l'honora de sa confiance. Il a laissé plusieurs ouvrages, parmi lesquels on cite : Summa philosophiœ quadripartitœ . qui a eu plus de trente éditions. D. Ant. de Saint-Pierre, religieux du même Ordre, publia sa Vie en 1646; on y trouve le catalogue de ses ouvrages, Voy. Richard et Giraud.
EUSTAISE, EUSTASE. Voy. E[JSTACHE,n»II.
I. EUSTATHE (saint), patriarche d'Antioche et confesseur, né à Side, en Pampliylie, mort en Macédoine vers l'an 337, fut un des hommes les plus savants et les plus éloquents de son époque. Vers 1 an 323 il devint évéque de Bérée, en Syrie , et trois ans après il fut transféré à Antioche, où l'appelaient les vœux du peuple et du clergé. Il assista au concile de Nicée, il y combattit les Ariens; mais ceux-ci parvinrent, à force de calomnies, à le faire exiler. Les Grecs célèbrent sa fête principale le 21 février, et les Latins le 16 juillet. Eustalhe avait composé des Homélies, des Épitres , et une Interprétation des Psaumes, dont on trouve des fragments dans Fabricius, Biblioth. grœc, tom. IX, p. 135-149. On regarde comme authentique un Traité contre Oriqène, cité par saint .léronie. Voy. Richard et 6iraud, qui donnent des détails sur les divers écrits du saint patriarche.
II. EUSTATHE, évéque de Sébaste, en Arménie, au commencement du iv siècle de l'ère chrétienne, fonda avec Basile d'Ancyre la secte des Macédoniens. Il fut d'abord moine, et il introduisit, dit-on, le premier la vie monastique en Arménie. De là certains critiques lui attribuent l'ouvrage sur les Ascètes, regardé généralement comme étant de saint Basile. Quoique signataire des Actes du concile de Nicée, il continua de siéger parmi les évêques ariens. Voy. la Nouv. Biogr. génér., et Compur. EusTA- THIENS, n» IL
III. EUSTATHE, né en Afrique, vivait vers le milieu du Y<^ siècle. Il est auteur d'une traduction latine intitulée : Novern S. Basilii Sermones in principiumGeneseos. Celle traduction se trouve dans l'édition de saint Basile donnée par Garnier; Paris, 1721, in -fol., tom. I", p. 631-676. Voij. la Nouv. Biogr. génér.
i. EUSTATHIENS (Eustathiani) , nom donné par les Aiiens, vers l'an 350, aux catholiques d'Antioche qui ne voulurent pas reconnaître Paulin , que la faction arienne avait substitué , vers l'an 330, à l'évêque saint Eustathe, en le déposant dans un concile tenu à Antioche et assemblé par les soins d'Eusèbe de Nicomédie. Voi/. Bergier, Diction, de théol.
il. EUSTATHIENS , nom d'une secte héréti(iue du iv« siècle. On croit que ces hérétiques eurent pour patriarche Eustathe, évéque de Sébastie, en Arménie, qui, n'étant encore que prêtre , fut déposé parce qu'il affectait de s'habiller comme les philosophes païens et qu'il faisait porter à ses disciples des habits extraordinaires. Baronius croit que l'hérésiarque Eustathe est cet Eutacte mentionné par saint Épiphane, et qui était un moine d'Arménie. Il séparait les femmes d'avec leurs maris, regardant
EUTH
ECTR
le mariage comme un obstacle au salut; il.quittait les assemblées publiques de l'Église pour en faire de particulières, et avait en horreur les Lieux saints ainsi que les tombeaux des martyrs. Le concile de Gangres , en Paphlagonie , tenu Tan 342, condamna ces hérétiques. Voy. S.Épiphane, Hœres. XL. Socrate, Hist. eccles., 1. II, c. XXIII. Sozomène, 1. III, c. m. S. Basile, Epùt. LXXIV et LXXXII. Nicéphore, 1. IX, c. XM. Baronius, Annal., ad ann. 349. Hermant, Hùt. des hérés-., tom. II. Bergier, Diction, de théol. Cot/i/j(ir. Ei'STATHE, n" II.
I.EUSTOCHE (saint), évéque de Tours, né en Auvergne , mort lan 4(51 , monta sur le siège épiscopal l'an 44i, après la mort de saint Brice. Il assista lan 453 au concile d'Angers, et il eut beaucoup de part aux règlements que l'on y lit pour le rétablissement de la discipline, quil conserva avec grand soin dans son diocèse ; il augmenta le nombre des paroisses, et bâtit une église dans la ville de Tours. Le Martyrologe romain a placé sa fête au 19 septembre, que l'on croit être le jour de sa mort. i'oy. S. Grég. de Tours, Hist., c. ii et x. Maan, Hist. de l'Égl. de Tours.
II. EUSTOCHEou EUSTOCHIE,EUSTOQDIE, eu latin Julia Eustochium (sainte), née à Rome vers lan 365, morte à Bethléhem vers 419, était lille de sainte Paule , dont elle imita les vertus et la piété. Elles se mirent toutes les deux sous la direction de saint Jérôme, et se retirèrent dans le monastère de Bethléhem, fondé par sainte Paule. Eustoquie se consacra à la pénitence, à la prière et à létude de l'Écritm'e sainte. Après la mort de sa mère, elle devint supérieure de ce monastère, qu'elle eut la douleur de voir saccager l'an 416 par les partisans de l'hérésiarque Pelage. Le Martyrologe romain marque sa fête au 28 septembre. Voij .YiSevon^^m., Epist. Innocent \", Épitre A'AVF. Richard et Giraud. Le Diction, de la iltéol. cathol.
I. EUSTRATE ou EUSTRACE (saint), martvT de la petite Arménie, fut compagnon de saiïit Ausence. Foy. Aixence, n^III.
II. EUSTRATE (£?w//a<iM*), prêtre de l'Église de Constantinople au vie siècle, a laissé : 1» la Vie d'Eutychius, arclievéque de Constantinople , qui se trouve dans ,Surius et Papebrock au mois d'avril ; — 2" rfe l'Etat des morts après cette vie. donné par LeoAllatius dans le de Occidentaliurn atque Orientalium perpétua in dogmate Purgatorii consensione; Rome, 1655, in-S», p. 319-581; cet ouvrage se trouve aussi dans la Bihlioth. Patrum. tom. XXVII. Voy. D. Ceillier, Hist. des Aut. sacr. et eccle's., tom. XVI, p. 619 et suiv. Fabricius, Biblioth.grœca, tom. III, p. 264, t.X, p. 725.
EUTHALIUS, évéque de Sulce, en Egypte, vivait au v« siècle. Le premier il a divisé les Actes des Apôtres, les Épitres de saint Paul et les Epitres canoniques . en leçons, chapitres et versets. Zaccagni a donné cet ouvrage dans ses Collectun.monum. vet. Eccles. grœc: Rome, 1698, in-i». Voy. Fabricius, Bihlioth. grœca, tom. IX, p. 287. La Xouv. Biogr. génér.
EUTHANASIE, terme grec consacré pour exprimer la mort heureuse de ceux qui passent sans douleur, sans crainte et sans regret de cette vie à l'autre , ou qui meurent en état de grâce. Voy. Bergier, Diction, de t/iéol.
I. EUTHTME (saint), évéque de Sardes et martyr, mort vers l'an 821 , parut en 787 au deuxième concile général de Nicée, où il se distingua par sa doctrine et par sa piété. Il y parla avec force contre les Iconoclastes. Tour à tour chassé et rétabli sur son siège, il fut défi-
nitivement exilé l'an 821 par Michel le Bègue; mais il n'eut pas le temps de se rendre au lieu de son exil , car il mourut des coups de nerfs de bœuf que l'empereur lui lit donner lorsqu'il était encore à Constantinople. Les Grecs 1 honorent le 26 décembre, et les Latins le 11 mars. Voy. les Act. du conc. de Nicée. ÙHist. Byzant. Henschénius. Richard et Giraud.
IL EUTHYME LE GRAND (saint), archimandrite en Palestine , né l'an 377, mort le 20 janvier 473 , fut élevé par Otrée , évéque de Mélitène', qui le lit lecteur, prêtre et supérieur général de tous les monastères de son diocèse. Le goiit de la solitude le détermina à se retirer dans la Palestine l'an 406, et il y vécut avec un autre soHtaire, nommé Théoctiste, dans la plus profonde obscurité. Ils finirent cependant par être découverts , et ils furent obligés de bâtir des monastères pour recevoir la multitude de ceux qui venaient se mettre sous leur conduite. Il convertit plusieurs hérétiques, opéra divers miracles, et prophétisa à l'impératrice Eudoxie, qu'il avait fait rentrer dans l'Eglise, sa fin prochaine; il prédit également sa propre mort. On l'honore le 20 janvier. Sa Vie, écrite par Cyrille, moine de Scythopolis, en Palestine, est généralement estimée pour son exactitude. Voy. Cy- RILLE, n» II. Richard et Giraud.
III. EUTHYME ZIGABÈNE, moine grec de l'Ordre de Saint-Basile, vivait au xii« siècle. Il a laissé : 1" un recueil de passages des Pères sur les matières de la religion , intitulé : Panoplie dogmatique contre toutes les hérésies; Lyon, 1536; Venise, 1555, et Paris, 1556; il se trouve aussi dans la Bibliothèque des Pères; — 2° Commentaire sur les Psaumes et sur les dix Cantiques, tiré des ouvrages des Pères; Paris, 1543, 1547, et Venise, 1568; — 3" Commentaire sur les quatre Éianqiies: Louvain, 1544.
EUTICHE ou EUTICHIUS. Voy. Eutyche, EuTVCHius et Eltyqle.
EUTIQUÈTES ou EUTIQUITES , en grec qui vivent sans chagrin . dans la joie; hérétiques du 111*= siècle qui croyaient que les âmes n'avaient été placées dans les corps que pour honorer les anges, qui en étaient les créateurs, et que les âmes ne devaient s'attrister de rien et se réjouir dans le crime comme dans la vertu; que ce serait déshonorer les anges créateurs que de se chagriner dans l'œuvre du corps qu'ils avaient créée. Voy. TYvéoà^orei., Hist., l.I, c. l.Le P. Pinchinat. Diction, des hérésies, au mot EuTiQUÈTES.
EUTYCHE ou EUTYQUE(£M^î/c/iM.y), nom d'un jeune homme de la ville de Troade qui , s'étant assis sur une fenêtre pendant que saint Paul prêchait, s'endormit, tomba mort d'un troisième étage dans la rue, et fut ressuscité par l'apôtre. Vo'/. Actes, XX, 9.
ÈUTRAND. Voy. Luitprand.
I. EUTROPE (saint), premier évéque de Saintes et martyr, prêcha l'Évangile avec beaucoup de zèle et de succès parmi les peuples de la Saintonge. L'Église honore sa mémoire le 30 avril. Voy. Richard et Giraud.
IL EUTROPE (saint), martyr à Comanes, dans la province du Pont, fut le compagnon de saint Basilisque le soldat. Voy. Basilisqle, n" IL
m. EUTROPE (saint), évéque d'Andrinople , fut appelé des Gaules pour gouverner cette Église. Durant les persécutions, il avait soutenu la'foi contre les païens, et il la soutint encore contre les Ariens, qui le bannirent. Eutrope mourut dans l'exil, avec le titre de confesseur de la divinité de Jésus-Christ. L'Eglise célèbre sa fête le 11 février. .