FABL
latin, med. et infim. œtatis, 1. VI, p. 413. Le P. Échard, Scnpfor. Ord. Prcedic, tom. I, p. 871.
III. FABER ou FABRI , ou LE FÈVRE (Gilles), dont le vrai nom était De Smedt , de l'Ordre des Carmes, né à Bruxelles, mort l'an 1506, acquit une grande réputation comme prédicateur, professa la théologie à Louvain , et devint prieur du couvent de Bruxelles. Ses principaux ouvrages sont : 1° Commentaires sur le livre de Ruth, sur celui de Job , sur les Évangiles et sur les Èpitres de saint Paul; — 2» Commentaires sur le Maître des Sentences; — 3" Traité de l'origine des religions; — 4° du Testament de Jésus en croix ; — 5" Chronique de l'Ordre des Carmes. Voy. Trithème. Swertius, Athen. Belg. Richard et Giraud.
IV. FABER ou FAURE, ou LE FÈVRE (Jean), plus connu au barreau sous son nom latin Joannes Faber, né à Bordeaux ou à Ansoulême, mort l'an 1340, était juge de la Rochefoucault, et fort versé dans l'un et dans l'autre droit. Il a laissé : Opus excellentissimi juris utriusifue monarchiœ D. J. Fabri super institutionibus, sine quo legum incunabula incassum juveniculus animus assequi laborat; Venise, 1488, in -fol. On lui attribue Progi/mnasmata ex utroque jure; Louvain, 1566, in -8». Voy. Fabricius, Biblioth. latin, med. et infim. œtatis., tom. VI, p. 414. Antiquités d'Angoulême, 1. III. Richard et Giraud.
y. FABER ou LE FÈVRE (Jean), dominicain, né à Leutkirch en Souabe, mort à Vienne l'an 1541 , fut reçu docteur à l'université de cette ville, et acquit une grande réputation par sa science et par son esprit. Il combattit les hérésies de Zwingle et de Luther, Nommé évéque de Vienne en 1531 , il n'en conserva pas moms toute la simplicité monacale, et veilla avec sollicitude au soulagement des pauvres ainsi qu'à l'instruction du peuple. Il a laissé un grand nombre d'ouvrages, consacrés en grande partie à combattre le protestantisme; ils ont été réunis en trois volumes; Cologne, 1537, 1539 et 1541 , in - fol. On a encore de lui un célèbre traité intitulé .• Malleus hœreticorum, libri sex, ad Hadrianum VI, summum. pontificem ; Cologne, 1524, in-fol., et Rome, 1.569, in- fol. Voy. le P. Echard, Script. Ordin. Prœdic, tom, 11, p. 3 et suiv. Le P. Touron, Hommes illustres de l'Ordre de Saint - Dominique , tom. IV, p. 66 et suiv. Richard et Giraud. Le Diction, de la théol. cathol,
VI. FABER ou LE FÈVRE (Jean), dominicain, né à Heilbronn vers l'an 1500, mort vers l'an 1560, fut reçu docteur en théologie à Cologne. Il combattit les luthériens de vive voix et par écrit. On a de lui : 1" Enchiridion bibliorum; Augsbourg, 1549, in -4», et Cologne, 1568; — 2° Libellus quod fides possit esse sine charitate; Augsbourg, 1548, in-l»; — 3» Fructus quibus dignoscuntur hœretici, eorum quoque nomma ex Philastrio , Epiphanio, Augustino, Eusebio, etc., quibus armis devincendi ; Ingolstadt, 1551, in-4»;
— 4» Testimoidum Scripturœ et Patrum B. Petrum Apost. Romœ fuisse; Anvers, 1553, in-8»;
— 5» cinq livres de la Messe évangélique , de la présence réelle de Jésus -Christ dans l'Eucharistie, etc., en allemand; Augsbourg, 1555, in-i»; trad. en latin; Cologne, 1556, et Paris, 1558, 1564 et 1567 ; — 6" des Prières chrétiennes tirées de l'Écriture et des œuvres de saint Augustin; Dilingen, 1579, in-4''. Voy, le P. Échard, Scriptores Ordin. Prœdic, tom. II, p. 161. Permaneder. Manuel du droit ecclés. catholique; Landshut , 1846 , tom. I, § 168. Le Diction, de la théol. cathol.
VII. FABER ou FABRI (Philippe), franciscain, né à Spianata, mort à Padoue l'an 1630. remplit les premières charges de son Ordre; il professa successivement la physique , la théologie et la métaphysique. Il fut appelé la lumière et le bouclier des Scotistes. Il a laissé : l" une Philosophie selon la doctrine de Scot; Venise, 1622, 5" édit.; — 2° Commentaires sur le Maître des Sentences; ibid., 1619; — 3" Disputationes theologicœ de pœnitentia , de peccato, de purgatorio, de suffragiis , de indulgentiis ; ibid., 1623, in-fol.; — i° Disputationes de prœdestinatione; ibid., 1623, in-fol.; — 5" Disputationes theologicœ complulenses ; — 6« de Censuris ; — 7o Adversus impios athœos disputationes quatuor philosophicœ; Venise, 1627, in-4». Voy. Jean Imperiali, Mmœum historicxim. Jérôme, Ghilini, Teatro d'Uomini letterati. Le P. Jean de Saint-Antoine, Biblioth. utiiv. Francise, tom. II, p. 484. Richard et Giraud.
VIII. FABER (Vitus), franciscain, né à Neubourg, dans le Palalinat, vivait au xvii» siècle; il acquit une grande réputation comme prédicateur. Il a laissé, entre autres ouvrages : l" cinquante-deux Sermons en allemand ; Wûrtzbourg, 1676, 1684; — 2" trente Sermons sur la Salutation angélique; 1681. Voy. la Nouv. Biogr. génér.
FABIEN (saint), pape et martyr, né à Rome ou au moins en Italie, mort le \" mars 250 ou le 20 Juin 253, monta sur le trône pontifical le 16 juin 238, selon d'autres, 236. 11 construisit plusieurs églises, combattit les hérétiques, entre autres Privât, évéque de Lambesa en Afrique , et on lui attribue la mission des évêqnes apostoliques qui vinrent prêcher l'Évangile en France, tels que saint Saturnin de Toulouse, saint Trophime d'Arles , etc. On lui a attribue trois décrétales, mais elles paraissent supposées. Voy. Eusèbe, Hist. ecclés., 1. VI, c. xxii et suiv. Vitœ et res gestœ Pontificum Homanorum, etc. Alphonsii Ciaconii, Ordin. Prœdicat. Baronius, Annal., ad ann. 246, n. 9. Acta Sanctorum Januarii, tom. II, p. 252, Anastas., Biblioth., dans Muratori. Tillemont, Mémoires, tom, III , p. 364. D. Ceillier, Hist. des Aut. sacr. et ecclés., t. VIII, p. 138. Richard et Giraud. Gaet. Moroni , vol, XXII, p. 254.
FABIOLE ( sainte ), veuve et dame romaine , morte le 27 décembre 400, appartenait à l'illustre maison Fabia. Ses parents lui lirent épouser un homme perdu de débauches, et elle divorça ; mais , peu instruite encore de la loi de l'Évangile , elle épousa un second mari du vivant du premier. Fabiole fut alors exclue de la communion des fidèles , et n'y rentra qu'après avoir fait une pénitence publique. Elle se distingua par sa piété et sa charité, et, s'étant rendue en Palestine, elle visita saint Jérôme à Bethléhem, Voy. saint Jérôme, Epitres. Rosweide et d'Andiliy. Vies des saints Pères des déserts. Richard et Giraud.
FABLES DU PAGANISME. Des incrédules de ces derniers temps ont prétendu que les faits sur lesquels le christianisme est fondé ne sont ni mieux prouvés, ni plus respectables que les fables du paganisme. Voici leurs motifs : Les païens, disent- ils, avaient, comme les chrétiens, une tradition immémoriale, des histoires et des monuments qui attestaient que les dieux avaient vécu parmi les hommes, et avaient fait toutes les actions que les poètes leur attribuaient; ce qui a fait dire au sai^e Platon qu'il fallait sur tout cela s'en rapporter aux anciens, et que, quoique leur témoignage ne soit appuyé d'aucune raison évidente ni probable, on ne doit cependant pas le rejeter, puisqu'ils en ont
FÀBL
FABR
"parlé comme d'une chose évidente et connue. Or c'est précisément ainsi que raisonnent les théologiens chrétiens. A la vérité, disent encore les incrédules, plusieurs fables étaient indécentes et scandaleuses; elles attribuaient aux dieux des crimes énormes; mais avec le secours des allégories on parvenait à leur donner un sens raisonnable; mais les chrétiens ne sontils pas obligés de recourir au mèrne expédient, soit pour expliquer la manière dont les Écritures parlent de Dieu , soit pour excuser la conduite de plusieurs personnages que l'on est accoutumé à rei;arder comme des saints? Il est donc très-probable que le chiistianisme n'a fait parmi les païens des progrès si rapides que parce qu'ils y ont trouvé à peu près le même fonds de fables, de mystères, de miracles, de rites et de cérémonies que dans le paganisme. Il faut ou une bien grande ignorance ou une audace excessive pour oser étaler une pareille comparaison. D'abord il est démontré que les dieux du paganisme étaient des personnages imaginaires, des génies, et non des nommes qui aient jamais vécu sur la tere ; aussi aucune histoire, aucun monument, aucun témoignage, aucune tradition ne saurait constater l'existence de ces dieux fantastiques. A-t-on les mêmes preuves que les personnages dont les livres saints nous font l'histoire ne sont pas plus réels? Les Grecs ont constamment distingué les temps fabuleux d'avec les temps historiques; ils ont donc été très - persuadés que l'histoire prétendue de leurs dieux était mensongère et forgée par les poêles : une preuve évidente est la contradiction de ces derniers; ils ne s'accordent point entre eux ; ils ont attribué à leurs personnages la généalogie, le caractère, les aventures qui leur ont plu davantage. Or, peut- on dire la même chose des auteurs de l'Histoire sainte? Chez les païens, aucun des monuments que l'on allègue , tels que les tombeaux , les statues, les temples, les fêtes, les cérémonies, ne remonte à la date des événements auxquels on veut qu'ils servent d'attestation; l'on peut s'en convaincre par la lecture de Pausanias. Nous, au contraire, lorsque nous citons des monuments pour appuyer des faits de l'Histoire sainte , nous montrons que ces monuments remontent à l'époque même des événements, et ont été établis sous les yeux des témoins qui les ont vus. Pas un des anciens mythologues n'a été assez téméraire pour affmner qu'il avait vu les merveilles qu'il raconte ; tous se fondent sur une tradition populaire dont l'origine est inconnue. Il est vrai que les auteurs sacrés ont attribué à Dieu des qualités, des actions, des affections humaines, comme la vue, l'ouïe, la parole , l'amour, la haine , la colère , etc. ; mais ils nous avertissent d'ailleurs, et nous font comprendre que Dieu est un pur esprit. Pour donner une idée des opérations et des attributs de Dieu, il est impossible de faire autrement, à moins de foriier un nouveau langage qui ne serait entendu de personne ; nous ne pouvons comparer Dieu qu'aux créatures intelligentes. La nécessité des métaphores ou des allégories vient donc des bornes de notre esprit et de l'imperfection du langage; le philosophe le plus liabile et le plus spirilualistey est forcé comme lliomme le plus ignorant et le plus grossier. Voilà ce qu'Ongene, saint Cyrille d'Alexandrie, Tertnllien et nos autres apologistes ont répondu aux païens et aux anciens hérétiques, qui reprochaient aux chrétiens le style métaphorique de nos livres saints. Mais les écrivains sacrés n'ont jamais atUibué à Dieu des crimes abominables, tels
que les impudicités de Jupiter et de Vénus, la cruauté de Mai-s , les vols de Mercure , etc. On n'a eu recours que fort tard aux allégories, afin d'en pallier la turpitude, et chaque mythologue les a expliquées différemment; c'est un expédient imaginé par les philosophes pour répondre aux Pères de l'Eglise, qui montraient l'absurdité des fables et en faisaient voir les pernicieuses conséquences. Jusqu'alors, loin d'imaginer que l'on pût déplaire aux dieux en imitant leurs crimes , on les avait regardés comme une partie du culte religieux. Térence, Ovide, Juvénal, conviennent de ce fait essentiel, et les Pères n'ont cessé de le reprocher aux païens.
Si plusieurs personnages de l'Ancien Testament ont commis des crimes, ils ont en cela payé le tribut à l'humanité , et l'histoire, qui les rapporte, ne nous les propose pas pour modèles : souvent elle les blâme sans ménagement, et montre la punition. Plusieurs ne paraissent criminels que parce qu'on ne fait pas attention aux circonstances , aux anciennes mœurs, au droit des particuliers et des nations, tel qu'il était établi pour lors. Mais de prétendus dieux ont-ils jamais dû être sujets aux passions déréglées et aux vices de l'humanité?
Pour persuader que les païens n'ont embrassé le christianisme que parce qu'ils y ont trouvé
auelque ressemblance avec leur religion , il faurait faire oublier la haine qu'ils lin ont jurée dès qu'ils ont commencé à le connaître, le sang
au'ils ont versé pendant trois cents ans pour le étruire , les calomnies et les invectives que leurs philosophes ont vomies contre lui , les tournures artificieuses qu'ils ont employées pour le rendre odieux. Après 1,500 ans, il est aisé à nos adversaires de forger des conjectures et des probabilités; mais ils ne parviendront jamais à les concilier avec les monuments de l'histoire. Voy. Bergier, Diction, de théol.
i. FABRE (Jean -Claude), oratorien , né à Paris l'an 16^, mort en 17^, était bachelier en théologie. 11 professa la philosophie et la théologie. Son principal ouvrage est la continuation de VHistoire ecdésiastique de Fleury, dont il a donné 16 vol. in-4», Paris, 1734. Ha participé en outre à l'édition du Diclionnaire des cns de conscience de Lamet et de Fromageau, 1733, et à la traduction de l'Histoire universelle de De Tlioit. On lui doit aussi quelques traductions de poètes latins. Voy. Richard et Giraud. Feller. Biot/r. univers.
II. FABRE D'OLIVET, littérateur, musicien et pliilosophe, né à Ganges en Languedoc l'an 1708, mort à Paris en 1825, était calviniste. 1\ se livra à l'étude avec une ardeur telle , et son imagination s'y échauffa au point qu'il mérita sa réputation de fou et de visionnaire. H attachait une si grande foi au pouvoir de la volonté, qu'il assurait avoir fait souvent sortir un volume des rayons de sa bibliothèc^ue en se plaçait en face, et en s'imaginant qu il avait l'auteur en personne devant les yeux. Tous ses ouvrages se ressentent pins ou moins de cette disposition d'esprit. Nous citerons seulement : 1° la Langue héhvaique restituée , et le véritable sens des mots hébreux rétabli et prouvé par l'analyse radicale; Paris, 1816, 2 parties in -4»; ouvrage dans lequel l'auteur a réuni plusieui-s pièces relatives à la grammaire et à la lexicographie, et qui a été mis à Y Index (Décret. 26 martii 1825) ; — 2» rfe VEtat social de ï homme, ou Vues philosophiques sur ^histoire du genre humain, précédé d'une Dissertation introduC' tive; Paris, 1822, 2 vol. in-8», réimprime sous le titre d'Histoire philos(^bique du genre hu-
FABR
FABR
main, ou l'homme considéré sous tous les rapports religieux et politiques dans l'état social , à toutes les époques et chez les différents peuples de la terre; Paris, 1824, 2 vol. in -8". Voy. Feller, Biogr. univers. La Nouv. Biogr. génér.. où l'on trouve la liste des divers ouvrages de Fabre d'Olivet, avec quelques mots d'une juste appréciation sur les principaux,
FABRE - P AL APR AT ( Bernard - Raymond ) , chef de la secte moderne des Templiers, né vers 1770 dans le voisinage de Cahors, mort dans un département voisin des Pyrénées en 1838 , fut ordonné prêtre , dit-on, par un constitutionnel au commencement de la révolution. Il est sûr au moins qu'il était très -lié avec plusieurs constitutionnels , entre autres avec Mauviel et Grégoire. Il exerça ensuite la médecine. S'étant agrégé à l'Ordre des Templiers , il fut sacré évêque, assure-t-on, d'abord sous le rit joannite par le templier Arnal, ensuite sous le rit romain par l'évèque Mauviel. A la révolution de juillet 1830 il se lia avecTabbé Chàtel , qu'il ordonna évêque primat de l'Église française. Fabré-Palaprat publia successivement : 1" Levitiiton ; — 2» Lettre à 3/gr l'archevêque de Paris; — 3° Lettre au rédacteur de l'Univeis religieux. Ces divers écrits respirent un esprit d'impiété mal dégxiisé. Voy. teller, Biogr. univers., au Supplém.