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FACULTÉ, en lerme d'école . se dit des membres d'une université divisés selon les divers arts ou sciences que l'on y enseigne. Il y avait autrefois à Paris quatre facultés ; la Faculté des arts, qui comprenait les humanités et la philosophie, et les Facultés de théologie, de droit, et de médecine. Aujourd'hui il y a cinq Facultés, qui ont été créées par Bonaparte en 1808; ce sont les Facultés de théologie, soit catholique, soit protestante; les Facultés de droit, de médecine, des sciences et des lettres. Nous ne devons nous occuper que des Facultés de théologie catholique. Il y avait donc autrefois en France des Facultés de théologie catholique canoniquement érigées ; elles furent emportées, comme tant d'autres institutions, par le torrent révolutionnaire de 93. Quant aux Facultés actuelles, K comme elles sont purement civiles, remarque l'abbé André, le corps épiscopal de France les a toujours réprouvées comme anticanoniques. En conséquence, poursuit l'abbé André, nous ne nous y arrêterons pas davantage. Nous dirons seulement qu'elles étaient et qu'elles sont encore très-dangereuses pour l'avenir du catholicisme en France. Car si l'État a porté tant d'intérêt aux Fuculiés de théologie, ce n'est que dans le but de faire prévaloir les principes des libertés de l'Église galhcane, et, dans diverses circonstances , il l'a avoué hautement... L'établissement de ces Facultés n'a donc jamais été reconnu canoniquement; ce qui fait que les grades que ces écoles accordent n'ont pas plus de valeur que n'en auraient les actes de juridiction d'un évéque ou d'un prêtre qui serait simplement nommé par un gouvernement laïque. Ces Facultés n]ont été jusqu'ici que simplement tolérées par l'Église: aucun évéque de quelque renom ne les a jamais encouragées... Enfin le gouvernement impérial, mieux disposé en cela que ceux qui l'ont précédé, a obtenu de Sa Sainteté Pie IX une bulle qui, peut-être, ne sera jamais fulminée, et par laquelle les Facultés recevraient l'institution canonique. En tout cas la bulle contient les points suivants : i'Les diiïérents diocèses ou provinces ecclésiastiques de France formeront des groupes qui auront chacun des Facultés de théologie; 2» ces Facultés seront entièrement séparées de l'Université de France et jouiront d'une vraie indépendance vis-à-vis du gouvernement; 3" la noiniuation et la révocation des professeurs seront réservées aux évéques des diocèses appartenant à chaque groupe; 4° il appartiendra au Pape de confirmer le premier dignitaire du corps professoral de chaque Faculté. Voilà les bases principales sur lesquelles se relèveraient les F<fCM//ey théologiques de France. Ou le voit, des concessions immenses sont faites aux évéques. Cependant plusieurs d'entre eux ne sont pas favorables au rétablissement de ces Facultés. Nous croyons, en effet, que dans un temps donné, elles pourraient devenir entre les mains du pouvoir, qui aura toujours sur elles une grande influence, beaucoup plus nuisibles qu'utiles à l'Eglise. » Voila ce que publiait en iSû'J l'abbé André dans son Cours alphabet, de droit canon. Pour nous, nous pensons que l'honorable auteur a pris un simple projet de rétablissement des Facultés théologiques présenté à Pie IX poiu* la bulle que le Saint-Père aurait accordée, s'il avait réellement accueilli ce pro-
jet; car ces mêmes craintes, ces mêmes appréhensions qu'exprime si justement l'abbé André, Pie IX les éprouvait vivement, nous le savons pertinemment. Et quelque bien disposé qu'ait été et que soit encore aujourd'hui le gouvernement impérial sur ce point, il est difficile de supposer que le Saint-Siège accorde jamais des Facultés de théologie à un gouvernement français, quel qu'il soit, qui maintiendra \es Articles organiques , lesquels, selon la juste remarque de l'abbé André, compromettent les destinées de l'Église en France (tom. I,p. 239). Dans un Mémoire rédigé en 1845 par l'abbé Maret, alors chargé provisoirement du cours de dogrne à la Faculté de Paris, Mémoire inséré dans le journal mort-né VÈre Nouvelle (28 août 1848), on lit : « Nous avons la douleur d'affirmer que la constitution actuelle (des Facultés de théologie) est plutôt une constitution civile qu'une constitution mixte (c'est-à-dire celle dans laquelle les deux puissances ecclésiastique et laïque concourent à une même œuvre par des concessions mutuelles, et qui laissent intacts leurs droits inahénables), et que là est la source de l'humiliation, de l'impuissance, de la stérilité des Facultés de théologie en France. Et d'abord le décret impérial du 17 mars 1808 créa les Facultés de théologie au même titre que les autres (art. (5). Aux termes de ce décret, le grand maitre institue les professeurs (art. 52), ratifie les réceptions (art. 58), délivre les diplômes des grades théologiques au nom du roi (art. 59, et ordonnance du 17 février 1815, art. 31). Ce même décret fixe les bases de l'enseignement en général (art. 9). D'après l'ordonnance du 17 février 1815, le conseil royal fait les règlements des études et de la discipline. .Avant de commencer l'année scolaire, les professeurs de théologie doivent soumettre leurs programmes au recteur de l'Académie. (Déclaration du conseil royal du 23 octobre 18^.^ Subordonnés aussi dans leur enseignement a l'autorité universitaire, les professeurs peuvent être transférés, suspendus et révoqués par le grand maitre. Selon le décret du 17 mars 1808 (art. 7), les nominations des professeurs doivent se faire au concours , et le concours a lieu entre trois sujets présentés par l'évèque diocésain. Une ordonnance du 24 août 1838 suspend l'effet de ce décret jusqu'au 1" janvier 1850 , et maintient la nomination ministérielle sur la présentation épiscopale... L'institution des professeurs, la désignation des objets de l'enseignement, les règlements d'études et de discipline, la direction, la surveillance, les peines et les récompenses, tout émane du pouvoir civil, et du pouvoir civil seul; on ne voit partout que l'action du pouvoir civil... Loin d'être des Facultés canoniques (les Facultés de théologie), elles ne sont pas même des Facultés épiscopales et diocésaines, puisque légalement elles ne reçoivent pas leur mission de l'évèque diocésain et sont entièrement soustraites à son autorité. La puissance de l'évèque sur ces Facultés est tellement illusoire, qu'un professeur interdit à cause de ses mauvaises doctrines pourrait être maintenu dans sa chaire et son droit d'enseigner, si l'Etat le voulait. » Voilà ce qu'étaient les Facultés théologiques de France en 1845, voilà ce qu'elles sont encore aujourd'hui; rien n'y a été changé; seulement l'abbé Maret est devenu doyen dune de ces Facultés (de la Faculté de Paris), et depuis qu'il est entré en fonctions l'osage du latin, langue consacrée dans l'Église catholique, a été entièrement banni, tant de l'enseignenient aue des épreuves prescrites pour l'obtention des
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grades; enfin les sujets des thèses sont généralement beaucoup plus historiques et philosophiques que théologiques ; au point qu'on a vu la même thèse faire un docteur à la Faculté des lettres et un docteur en théologie. Jusque-là, nous devons le reconnaître, si la Faculté de Paris n'était pas canoniquement instituée, elle avait toujours pris au sérieux le véritable enseignement théologique, et surtout la collation des grades , en se rapprochant le plus possible de l'ancienne Faculté pour la sévérité des épreuves ; d'autant mieux qu'elle était composée de professeurs qui avaient appartenu à l'ancienne Sorbonne ou qui avaient été formés par ces nobles vétérans de la théologie. Ajoutons que si , à une certaine époque , l'illustre archevêque de Paris, Mgr Alfre, a cru devoir autoriser quelques professeurs à faire leur cours en français, parce qu'ils ne connaissaient pas suffisamment la langue latine , il a voulu toutefois que les examens se fissent et que les thèses se soutinssent en latin.
FACUNDUS , évêque d'Hermiane, dans la province de Byzacène , en Afrique , vivait au vi* siècle. Il fut exilé pour n'avoir pas voulu signer la condamnation de Théodore de Mopsueste, des écrits de Théodoret et de la Lettre d'Ibas. Il se sépara même de la communion de ceux qui avaient signé. On a de lui : 1" Pro defensione trium capitulorum Libri XII, et contra Mocianum (ou Matianum) liber; Paris, 1629, in-8°; cet ouvrage se trouve aussi dans les œuvres d'Optat et dans la Bibliotheca Patrum ; Lyon , 1677, et Venise, 1765; — 2» Epistola fidei catholicœ in defensione trium Capitulorum, dans D'Achéry, Spicilegium, tom. Ill, p. 106, 1"^* édit., et dans la Bibliotheca Patrum. Voy. D. Ceillier, Hint. des Aut. sacr. et ecclés., tom. XVI, p. 511 et suiv. Sirmond, in Notis ad Facund. Richard et Giraud.
FADUS. Voi/. Cuspius.
FAENZA (Faventia), ville épisc. d'Italie située dans la Romagne, entre Mola et Forli , dans la légation apostolique de Ravenne. On ne sait pas précisément à quelle époque la foi y fut établie. Le plus ancien évêque que nous en connaissons est Constantin, qui assista l'an 313 au concile de Rome. Fo//. Ughelli, Ifal. sacr., tom. II, p. 492, nouv.édit. Richard et Giraud. Gaet. Moroni, vol. XXII, p. 281-317.
FAGE (Durand), calviniste, un des prophètes ou illuminés des Cévennes, né à Aubais,en Languedoc, en 1681, et mort probablement en Angleterre vers le milieu du xviii" siècle, était un homme sans instruction; mais, comptant sur son inspiration, il composa le Théâtre sucré des Cévennes; Londres, 1707, in-12, réimprimé sous le titre de: les Prophètes protestants;Piins, iSil , in-S". Il y raconte comment il a été conduit peu à peu à l'inspiration. Voi/. l&Nouv. Biogr. génér.
FAGGIou DE FAGGIIS(Angelo), appelé aussi quelquefois Sangrino , du nom du château de Sangro, dans le royaume de Naples, où il était né vers l'an 1500, mort au Mont-Cassin en 1593, est , par sa piété autant que par son savoir, un de ceux qui ont le plus illustré l'Ordre de Saint- Benoit. Le pape Pie V, qui avait pour lui la plus grande estime, le nomma inquisiteur de la foi. Outre plusieurs ouvrages de poésie chrétienne, il a laissé : 1" Spéculum et exemplar christicolarum, seu Vita beati patins Benedicti, monachorum patriarchœ sanctissimi; Florence, 1626, in-4°; — 2" Traité sur l'Oraison des Quarante heures; ibid., 1.583; — 3" Dialogue sur les noms donnés à Dieu dans les Livres saints; — 4" des Vies de saints; — 5* des Sermons. Voy. Feller,
FAGIUS, nom latin sous lequel principalement est connu Buchelin ou Buchheim, Buchlin, Bucklin (Paul), savant hébraïsant protestant, né à Saverne l'an 1504, mort à Cambridge en 1549, qui professa l'hébreu à Strasbourg et fut chargé de réorganiser l'université de Heidelberg. Lors de la publication de Vlntérim, Fagius fut déposé, et il se rendit en Angleterre, où Cranmer le fit nommer professeur à Cambridge. II a laissé un grand nombre d'ouvrages, dont les principaux sont : 1" Commentarius hebraicus R. David Kimchi in X primos Psalmos Davidicos, cum versione latina; Isny, 1541, in-fol. ; — 2» Sententiœ vere élégantes, piœ mirœque veterum sapientium Hebrœorum, in latinum versœ scholiisque illustratœ; ibid., 1541 , in-4''; — 3" Exegesis sive expositio dictionum hebraicarum litteralis et simplex in IV cap. Geneseos; ibid., 1542, in-4o, réimp'. dans les Critici sacri; — 4" Liber fidei, seu veritatis, in latinum translatus; ibid., 1542; — 5" Translationum prœcipuarum Veteris Testamenti inter se variantium collatio; ibid,, 1543, in-4<', réimpr. dans les Critici sacri; — 6° Prima Vf capita Geneseos hehraico cum versione germanica hebraicis tamen characteribus exarata, una cum succincfis scholiis et ratione legendi hebrœo - germanico ; Constance, 1543, in-4"; Strasbourg, 1546; — 7" plusieurs autres écrits dont on peut voir les listes dans la Nouv. Biogr. génér. Mais tous les ouvrages de Fagius sont à YIndex.
I.FAGNAN ou FAGNANI (Jean-François), jurisc. romain du xvii« siècle, a laissé : de la Validité et de la justice des censures de Paul V ; Rome, 1607.
II. FAGNAN ou FAGNANI (Prosper), célèbre canoniste italien, né l'an 1598, mort en 1678, était considéré comme le premier jurisc. de son époque dans tout ce qui touchait le droit ecclésiastique. Il fut pendant quinze ans secrétaire de la Congrégation du Concile de Trente. On lui doit : 1° un Commentaire sur les Décrétales; Rome, 1661, 3 vol. in-fol.; Cologne, 1679, 1681, 1704 et 1786; Venise, 1697; la table de cet ouvrage, vrai chef-d'œuvre en ce genre, selon Feller, vaut seule autant que le Commentaire ; — 2" Traité de l'opinion probable; Rome, 1665. Voy. Tiraboschi, Storia délia Letterat. Ifal., vol. VIII, p. 281. Moréri , Diction. Iiistor. La Nouv. Bigor. génér. Richard et Giraud. Feller, Biogr. univers. Le Diction, encyclop. de la t/téol. cuthol,
FAGUNDÈS ou FAGÛNDEZ(Étienne),jésuite, né àViana, en Portugal, mort l'an 1645, professa la théologie morale à Lisbonne. On a de lui : 1" Quœstiones de christianis ofpciis et casibus conscientiœ in sexta Ecclesiœ Prœcepta; Lyon, 1626, in-fol.; livre prohibé par l'inquisition; — 2° Informatio pro opinione esus ovorum et lacticiniorum tempore Quadragesimœ ; Salamanque, 1630, in-fol.; ouvrage réimprimé sous le titre de Apologeticus tractatus ad quœstionem de lacticiniorum ovorumque esu tempore Quadragesimali; Lyon , 1631 , in-8<'; — 3» In décima prœcepta Decalogi; 1640, in-fol.; — 4» de Contractibus et de acquisitione , ac translutione dominii; 1641, in-fol. Voy. Alegamhe, Biblioth. Scriptor. Soc. Jesu. Nicolas-Antonio, Scriptor. Hisp. Barbosa Machado, Biblioth. Lusitana. F. Denis, dans la Nouv. Bioar. génér.
FAHLENIUS (Eric), théologien suédois, protestant, qui vivait dans la première moitié du xviii« siècle, professa le grec et les langues orientales àPernau. Il est auteur de •.\" Disputatif mes super duo priora capita ex comment. R. Isaac Abarhanelis in prophetam Jonam, in linguam latinum translata; 1696; — 2» Oratio introductoria de triplici Judœorum libros sucros commen-