FRAY
l'Église, ou, pour mieux dire, les chrétiens qui la composent. Dans le langage ascétique, /)a/ertiité désigne encore : l" les membres qui composent une communauté; 2" l'association de plusieurs maisons religieuses , association dont l'effet est de faire regarder lei> membres de l'une comme membres de l'autie; 3" l'union (jue les laïques contractent avec un Ordre monastique, alin de participer aux prières, suftrages et autres œuvres des religieux. Enfin le quatrième concile de Latran donne le nom de fi'ateiriité aux redevances et autres prestations dues aux monastères par les laïques qui s'y font agréger. Voy. l'abbé André , Cours alphab. de tirait canon.
FRATRICELLE, de l'italien FraticeUo, c'està-dire Petit-Frère (Fratrirellus), nom donné à certains hérétiques qui s'élevèrent en Italie vers la fin du xiii' siècle. On prétend que cette secte s'est formée de quantité de moines débauchés sortis de l'Ordre des Frères-Mineurs, lesquels, sous prétexte de mener une vie plus parfaite, s'étaient révoltés contre l'Église. Ils disiiient que l'ÉgHse romaine était la Babylone, que la règle de Saint-François était la règle observée par Jésus-Christ et par les apôtres, etc. On les appelait aussi Frères de la pauvre vie. à cause de leur pauvreté absolue, et Dulcins, du nom de l'un de leurs docteurs. Boniface VIII et Jean XXII les condamnèrent. — Il y a eu une autre espèce de Fratricelles , qui renouvelaient les infamies des anciens gnostiques et qui avaient pour chefs Hercule de Pontgiloup et Giiilleraette de Bohême. Vay. Sponde, Antud., ad ann. 1297. Hermant, Hist. des horés., tom. II, p. liy. Pratéole, tit. FRATlCELi.i.\Vading,i4wia/. FF. Minorum, tom. II. Le P. Pinchinat, Diction, des he'rés. Richard et Giraud. Bergier, Diction. de tfiéoL
I. FRAUDE (Fraus), tromperie cachée; vice opposé à la bonne foi et à la justice.
II. FRAUDE PIEUSE, mensonge, imposture, tromperie commise par motif de religion et dans le dessein de la servir. C'est un péché que la pureté du motif ne peut pas excuser et que la religion même condamne. <.<. Dieu, disait Job à SQs amis, n'a pas besoin de mensonges ni de discours imposteurs pour justifier sa conduite. » (xm, 7.) Jésus- Christ ordonne à ses disciples lie joindre la simplicité de la colombe à la prudence du serpent. (Matth., x,7.) Il réprouve toute espèce de mensonge, quel qu'en soit le motif, et dit que c'est l'ouvrage du démon. (Jean, VIII, 4i.) Saint Patil ne voulait pas que l'on pîit seulement l'eu soupçonner. (Rom. m, 7.) Voy. Bergier, qui, dans son Diction, de théoL, venge les Pères de l'Éghse les plus anciens , accusés par les protestants d'avoir pensé et pratiqué le contraire.
FRAXINELLI (Paul), né a Bologne, vivait au xvii« siècle. On a de lui : 1» Traitédes obligations des prêtres pour la céléhrutioa de la messe pour les autres; Bologne, 1610; — 2» Vies de Jean à Facundo et de s'iinf Thomas de Villeneuve.
FRAXINIS ou DESFRENES (Nicolas), ou DELEUZE , théologien de Louvain et chanoine de Saint-Pierre, vivait au xvi" siècle. Les docteurs de Louvain le ciiargèrent de. réviser l'édition de la Bible de Le Fèvre d'Étaples. On a aussi de lui : !<> & Pérégrination spirituelle sur la Terre Sainte , comme en Jérusalem , en Bethlèhem, etc., compassée en langue thyoise par Pase/ia, et translatée; Louvain , 1566, m-i" ; — 2° les Hmres de Notre-Dame réformées, corrigées, et fjfrr le commandement de Pie V publiées , etc.; 1577, ia-8«. Voy. la Nrntv. Biogr. génér.
FRAYSSINOUS (Denis-Luc, comte de), prélat français, né d'un père cultivateur en 1765, à Curières, dans le diocèse d'Amiens, mort à Saint-Géniez l'an 1841. Il vint à Paris en 1784, et entra à la communauté de Laon, dirigée par les Sulpiciens.il se préparait à la licence lorsque la révolution l'obligea de retourner dans son pays. Oi-donné pi être en 1789, il desservit pendant quelque temps une petite paroisse de village dans les montagnes du Rouergue. Il revint à Paris en 4801 , où il fit un cours de théologie dogmatique à des élèves de Saint-Sulpice, qui s'étaient réunis dans une maison du faubourg Saint- Jacques. Vers la même époque, il commença dans l'église des Carmes des conférences sur les vérités du christianisme, conférences qu'il continua ensuite sous une nouvelle forme à Saint-Sulpice. On sait quel retentissement elles eurent et tout le bien qu'elles produisirent. M. Frayssinous fut obligé de les interrompre en 1809, quand survinrent les démêlés de Pie VII avec Napoléon. Pour atténuer un peu l'effet fâcheux produit par cette interruption, M. de Fontanes, grand maître de l'université, le nomma inspecteur de l'Académie de Paris. Il était alors simple chanoine honoraire de Notre-Dame. En 1811, la congrégation de Saint-Sulpice ayant été dispersée, l'abbé Frayssinous, tout en conservant son titre d'inspecteur d'académie, se retira dans son pays. .\u mois d'octobre 1814, il reprit ses conférences de Saint-Sulpice; elles furent suspendues pendant les Cent jours; mais il les reprit au mois de février 1816. Cette même année, une commission de l'Instruction publique ayant été instituée, l'abbé Frayssinous en fit partie. En 18-2-2, le 28 avril, il prononça sa dernière conférence à Saint-Sulpice. En même temps le pape Pie VII le préconisa évêque in purtibus d'Hermopolis, et Louis XVIIl le tit grand maître de l'université le l*"' juin 1825. Bientôt après il reçut successivement le titre de comte et de grand officier de la Légion d'honneur, la dignité de pair de France, et la succession de l'abbé Sicard comme membre de l'Académie française. Le ministère des cultes venant d'être rétabli, on l'adjoignit au ministère de l'instruction publique, et ce département fut confié le 26 août 1824 à l'évêque d'Hermopolis. En 1830 il partagea l'exil des Bourbons de la branche ainée , et dirigea comme précepteur l'éducation du duc de Bordeaux. L'éducation du
Î rince achevée , il rentra en France à la fin de 838. Les soins que réclamait sa santé délabrée le ramenèrent un an après dans son pays, où il finit le reste de ses jours. Par une juste reconnaissance, le prince dont il avait béni le berceau, et dont il avait si bien formé l'esprit et le cœur, lui a fait élever à Rhodez un monument digne de son attachement et de ses regrets. On doit à M. Frayssinous :\°le$ Vrais principes de l'Église gallicane sur la puissance ecclésiastique , la pn~ pauté, les libertés gallicanes , la promotion des evéques , les trois concordats et les appels comme d'abus; Paris, 1818; ouvrage entrepris dans le but de concilier les esprits, le concordat de 1817 ayant provoqué de vivçs controverseis : but assurément très-louable et très-honorable, mais qui ne fut pas entièrement atteint, tant s'en faut, parce qu'il y avait au fond de la diseuse sion une question de principe que le gallicanisme le plus modéré est incapable de résoudrf sans se donner la mort; — 20 ses Conférences, qu'il publia, sur les instances de Louis XVII*» sous le titre de Défense du christianisme :\D\a., 1825. De 1825 à 1843, il y a eu 15 éditious de cxt précieux ouvrage, qui a mérité d'être traduit