I. GËOGRAPÏIIE BIBLIQUE ou SACRÉE
Elle est dune grande importance pour l'intelligence du sens de l'Écriture. Comment, en effet, peut-on comprendre la partie historique de la Bible, si l'on ne connaît les lieux dans lesquels les événements se sont passés, c'est-à-dire la géographie de la Palestine , où les Hébreux ont dominé si longtemps; celle du pays de l'Egypte,
3u'ils ont habité 400 ans; celle de la Chaldée, ans laquelle ils ont été amenés en captivité; celle encore de l'Arabie, de l'idumée, de la Syrie, de la Mésopotamie, de la Phénicie et du pays des Philistins, théâtre de leurs conquêtes ; entin celle de la Grèce et des lieux que l'apôtre saint Paul a parcourus dans ses voyages? Il semble qut les historiens sacrés eux-mêmes ont voulu nous faire sentir l'importance de la géographie par le soin qu'ils ont mis à préciser les lieux où se sont accomphs les faits dont ils avaient à parler. Moïse surtout est admirable sur ce point. Ainsi, par exemple, quand il décrit la création du monde, dans quels détails topographiques n'entre-t-il pas? Veut-il raconter la dispersion des hommes qui suivit la construction de la tour de Babel, il nomme exactement tous les lieux où se sont répandues les diverses branches qui se sont formées au moment de l'émigration. Il n'est pas moins exact à montrer l'origine et la situation des divers descendants d'Abraham, de Loth, d'Ismaël et d'Ésaû; à placer les Iduméens, les Ammonites, les Moabites, les étrangers même, tels que les Philistins et les Amalécites, chacun sur le sol qu'il a occupé. Dans le testament de Jacob, il donne une topographie de la Palestine, en assignant à chacun des enfants de ce patriarche la portion que sa tribu devait y posséder. Après avoir marqué la route et les stations des Hébreux sortant de l'Egypte, il trace leurs marches et leurs divers campements dans le désert; il les fait arriver à la vue de la Palestine et du Jourdain; et, avant de mourir, il place déjà deux tribus sur la rive orientale de ce lleuve. 11 n'était pas possible de pousser plus loin l'attention et l'exactitude. Aussi plusieurs savants se sont- ils appliqués à éclaircir la géographie de la Bible; on trouvera les principaux cités dans le Diction, de la théol. cathoL, à la fin de l'art. Géographie biblique, où l'auteur, le savant Welte, remarque avec raison que les cartes qui accompagnent les anciens ouvrages de géographie biblique sont très-fautives, et signale comme les meilleures celles deSchulz, Robinson et Smith (dans leur Palestine, etc.), qui font la base de la carte de Helmuth, Halle, 1843, et de celle de Raumer et Stûtpnagel, Gotha, 1844.
II. GÉOGRAPHIE ECCLÉSIASTIQUE. Elle est à l'histoire ,de l'Église ce qu'est la géographie sacrée à l'Écriture, c'est-à-dire d'une absolue nécessité pour la bien comprendre. La géographie ecclésiastique, tant ancienne que moderne, a pour base la hiérarchie ecclésiastique ; les ouvrages tt les cartes géographiques donnent les dénominations, les divisions et sous-divisions, selon que les pays sont partagés en diocèses, exarchats, vicariats, provinces, etc., ou en patriarcats , archevêchés , évêchés , abbayes n'appartenant à aucun diocèse ; et , de plus , en patriarcats , archevêchés et évêchés in partibus infidelium, etc. Quant aux auteurs qu'on peut consulter sur la géographie ecclésiastique, outre ceux qui traitent de la géographie universelle , nous citerons : \° Michel Lequien, Oriens Chri-