III. TEMPLE ou TEMPLIDS (Procope), ca
Rucin, né dans le Tyrol , vivait au xvn* siècle, lé dans le luthéranisme, il se convertit, devint un habile controversiste et un rélé missionnaire , et fit rentrer dans le sein de l'Église un grand nombre d'hérétiques. On a de lui : l°des Traités de théologie sur la prédestination , fa justification, la grâce, le libre arbitre, l'Eucharistie et la Pénitence; — 2° des Traités moraux sur l'Oraison, le Décalogue , les devoirs du mariage, les Lamentations de Jérémie, le psaume Miserere, la Vie de la Madeleine, la mort , te jugement, le purgatoire et l'enfer; — 3* des Sermons ; — 4° des Cantiques spirituels intitulés Délices det quatre saisons de l'année; tous ces ouvrages ont paru à Salibourg ou à Munich. Voy. le P. Jean de Saint Antoine, Bibiioth.univ. Francise., tom. III, p. 490 et suiv.
TEMPLES DES CHRÉTIENS, terme qui signifie les édifices consacrés au culte divin, les églises ou les lieux d'assemblée des fidèles qui sont destinés à prier Dieu , à célébrer le saint sacrifice de la messe, à administrer les sacrements et à traiter des choses de la religion. Voy. Église, n° IV.
TEMPLIERS (Temptarit), Ordre religieux et militaire qui commença vers l'an 1118 à Jérusalem. Hugues des Païens (de Paganis), Geofroi de Saint-Aldemar ou de Saint-Omer, et sept autres chevaliers dont on ignore les noms, se consacrèrent au service de Dieu, à la façon des chanoines réguliers, et firent vœu perpétuel de chasteté , d'obéissance et de pauvreté entre les mains du patriarche de Jérusalem. Us s'engagèrent de plus à garder les chemins contre les voleurs et les infidèles, principalement pour les pèlerins qui faisaient le voyage de la Terre- Sainte. Baudouin II, roi de Jérusalem, leur donna un logement dans le palais qu'il avait près du temple de Salomon. C'est de là qu'ils furent appelés Templiers ou Chetxiliers de la milice du Temple. Saint Bernard leur donna une règle, dont les principaux articles étaient qu'ils entendraient l'office divin tout entier chaque jour, et que quand leur office militaire les en empêcherait ils y suppléeraient par un certain nombre de Pater; qu ils feraient maigre quatre jours de la semaine, et qu'ils ne chasseraient jamais. Cet Ordre se multiplia beaucoup en peu de temps ; il servit la religion et la Terre-Sainte par des prodiges de valeur. Après la ruine du royaume de Jérusalem, arrivée l'an 1186, la milice des Templiers se répandit dans tous les États de l'Europe ; elle s'accrut extraordinairement, et acquit des richesses immenses. Ce sont ces grands biens, sans doute, qui les corrompirent; car ils commencèrent dès lors à vivre avec tout l'orgueil qu'inspire l'opulence, et à se livrer à tous les plaisirs que se permettent les militaires qui ne sont pas retenus par le frein de la religion. Dans la Palestine, ils refusèrent de se soumettre aux patriarches de Jérusalem, qui avaient été leurs premiers Pères; ils envahirent les biens des églises, ils se lièrent avec les infidèles contre les princes chrétiens, ils exercèrent le brigandage contre ceux mêmes qu'ils étaient chargés de défendre. En France, ils se rendirent odieux au roi Philippe le Bel par leurs procédés insolents et séditieux. L'Ordre entier fut supprimé par le pape Clément V, dans le concile de Vienne, Van 1311. La bulle de cette suppression fut publiée au mois de mai 1312, et les biens des Templiers
TEMP
forent unis à l'Ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem, à celui de Calatrava et à celui du Christ. Ainsi fut éteint l'Ordre des Templiers dans toute la chrétienté, hors en Allemagne, oU ils se maintinrent et se firent même absoudre dans un concile provincial. Voltaire, fidèle copiste de Villani, auteur florentin. qui était ennemi déclaré de Clément V et de Philippe le Bel, a voulu justifier les Templiers en accusant le pape et le roi; il trouve douze raisons au moins de justification; mais, malheureusement pour lui, Bergier a prouvé jusqu'à l'évidence que ces douze raisons ne sauraient être justifiées elles-mêmes par l'histoire et le bon sens. Si nous ne pouvons reproduire ici les preuves de Bergier, qu'on nous permette au moins d'ajouter à son témoignage celui d'un écrivain qui ne saurait être suspecté de partialité en faveur de Clément V et de Philippe le Bel : « Il subsiste de graves aveux obtenus hors de la question et des tortures, dit Jules Michelet, faisant allusion à la procédure concernant les Templiers. Les points mêmes qui ne furent pas prouvés n'en sont pas moins vraisemblables pour qui connaît la nature humaine, pour qui considère sérieusement la situation de l'Ordre dans ses derniers temps. Il était naturel que le relâchement s'introduisit parmi des moines guerriers, des cadets de la noblesse, qui couraient les aventures loin de la chrétienté, souvent loin des yeux de leurs chefs, entre les périls d'une guerre à mort et les tentations du climat brûlant de la luxurieuse Syrie. L'orgueil et l'honneur les soutinrent tant qu'il y eut espoir pour la Terre- Sainte. Sachons-leur gré d'avoir résisté si longtemps, lorsqu'à chaque croisade leur attente était si tristement déçue... Soldats de larmes, sentinelles perdues, faut-il s'étonner si, au soir de cette bataille de deux siècles, les bras leur tombèrent? La chute est grave après les grands efforts... Telle parait avoir été la chute des Templiers. Tout ce qu'il y avait eu de saint dans l'Ordre devint péché et souillure. Après avoir tendu de l'homme à Dieu , il tourna de Dieu à la béte. Les pieuses agapes, les frater nités héroïques couvrirent de sales amours. Ils cachèrent l'infamie en s'y mettant plus avant. >• Terminonspar une réflexion judicieuse de J. Chantrel : « On accuse l'Eglise au sujet de l'affaire des Templiers; que n'eût-on pas dit si elle avait conservé un ordre aussi corrompu? Et pendant que l'on cherche ainsi à innocenter un Ordre qui ne le mérite guère, on poursuit l'al>olition des ordres religieux, et surtout l'abolition de ceux qui ont conservé avec le plus d'éclat l'intégrité des mœurs et de la foi. Telle est la logique des passions! » Voy. Bzovius, Sponùe et Raynaldi, In Annal, eccl. Dupuy, Hist. de la condamnation des Templiers. (îurtler , Abrégé de l'Hist. des Templiers. Le P. Hélyot, Hist. des Ordres monastiques et miidaires , etc., tom. VI, c. ill. Le P. Lejeune, Histoire apologétique des Templiers. Grouvelle , Mémoire» historiques sur les Templiers. Richard et Giraud. Le Diction, écriés, et canon, portatif. Moldenhawer, Prorés de t Ordre des Templiers; en allemand. Bergier, Diction, de théol. Raynouard, Monuments hit toriques relatifs à la condamnation des chevalier* du Temple, a f abolition de leur Ordre. Le Journ. des Savants, mars et avril 1819. Michaud, Hist. des Croisades, 4828, tom. V et passim. Michelet, Hist. de France, tom. III, c. lu et iv. J. Chantrel, qui a reproduit dans Y Encyclop. cathol. une grande partie de l'article de Bergier. Le Diction, de la théol. cathol. Oaet. Moroni, vol. LXX1V, p. 3-10.
TEMP
TEMPLIUS (Procope). Voy. Te*hi, n« III.
TEMPORALITÉ. Nom qu'on donnait autrefois, en France, à la juridiction du domaine temporel d'un évéché, d'un chapitre, d'une abbaye, etc.
1. TEMPOREL, employé substantivement, signifie le revenu qu'un ecclésiastique tire de son bénéfice. Il se dit, en latin, benefiàum.e* qui le confond avec le bénéfice lui-même, dont le terme latin qui lui correspond est offictum, c'est-à-dire office, charge.
IL TEMPOREL (DIMINUTION DU), en latin diminutio beneficii, se dit quand, sans changer les obligations attachées à un bénéfice, on lui retire une partie de ses revenus, soit pour l'attribuer à une autre fonction ecclésiastique on à une institution , soit ponr lui donner une destination pieuse quelconque. Or une telle diminution ne peut être faite légitimement que par les supérieurs ecclésiastiques jouissant d'nne autorité compétente, en ménageant autant que possible les droits des tiers, (/est pourquoi, en général, on n'applique cette mesure qu au moment où un bénéfice devient vacant , et en faisant connaître officiellement la diminution effectuée. Il faut distinguer cette diminution du temporel de la division {divisio) et du démembrement (dismembratio) d'une paroisse, lesquelles non-seulement modifient les revenus, mais diminuent les obligations de la charge. Voy. le Diction, de la thént. cathol.
III. TEMPOREL (RETENUE DU). On nomme ainsi la mesure en vertu de laquelle le pouvoir civil retient provisoirement les revenus du bénéfice d'un fonctionnaire ecclésiastique qui refuse de se soumettre à des ordonnances de l'État qu'il croit contraires à ses obligations ei à ses devoirs religieux. C'est la conduite que, dans les temps modernes, le gouvernement prussien a tenue envers les curés catholique*
Îui ont refusé de bénir les mariages mixtes, ont l'État voulait que la célébration ne fût soumise à aucune condition. Or qui ne comprend que cet empiétement du pouvoir civil est contraire à toute équité? L'Église doit être libre de régler sa discipline; elle a le droit d'en exiger l'observation. Mais outre qu'il est injuste de vouloir qu'un ecclésiastique agisse contre son devoir et sa conscience , et de le punir parce qu'il obéit à une loi positive de son Église, quand l'État lui-même reconnaît cette kglise , et par conséquent sa doctrine et sa discipline, qui en sont inséparables, c'est une vraie violation du droit de propriété de retenir son temporel pour ce motif; car les revenus d'un bénéfice sont des biens ecclésiastiques, et ce que le trésor public donne à un fonctionnaire ecclésiastique, comme tel, n'est qu'une indemnité très- faible des biens enlevés a l'Église. Le prêtre qui perçoit les revenus de sa prébende ne touche pas des appointements comme fonctionnaire de l'État; il n'est pas un fonctionnaire salarié, et par conséquent la prébende peut d'autant moins être séquestrée, que même les appointements du fonctionnaire civil ne peuvent lui être enlevés sans un jugement préalable. Voy. Permanéder, dans le Dation, de la théol. cathol.
I. TEMPS. Ce mot, qui signifie ordinairement la mesure du mouvement ou la durée d'une chose, a plusieurs acceptions dans l'Ecriture. Ainsi : 1° U se prend pour le moment favorable de faire ou de ne pas faire une chose (Isaïe, xiv, 1. Jean, vu, 6). 2» Le temps de k vengeance de Dieu est quelquefois appelé le tmp
TENA