‹ Dictionnaire universel des sciences ecclésiastiquesChapitre 1083 sur 1294 · II. THOMAS (Saint), archevêque de Cantor · texte numérisé non relu

II. THOMAS (Saint), archevêque de Cantor

béry, dont le nom de famille était Becket, né A Londresen 1117, assassiné le 29 décembre 1170, vint i Paris en 1139, et s'appliqua principalement à l'étude du droit. Il entra ensuite au service de Thibaud, archevêque de Cantorbéry, qui lui confia le soin des affaires les plus importantes de l'archevêché. Vers Tan 1157, Henri II, roi d'Angleterre, le nomma son chancelier, et, l'an 1162, il fut sacré archevêque. Il embrassa dès lors la discipline régulière et monastique du chapitre de sa cathédrale, et vécut dans les plus grandes austérités. Il assista au concile de Tours de l'an 1163, et la fermeté qu'il fit paraître dans l'exécution des ordon* nances de ce concile contre les usurpateurs des biens ecclésiastiques et dans le maintien des autres droits de i Eglise, lui attira le courroux du roi, au point que, pour en éviter les effets, il s'enfuit secrètement en France , et se retira dans l'abbaye de Pontigny, où il se livra aux exercices les plus pénibles et les plus humiliants. De retour en Angleterre , il fut assassiné dans son église de Cantorbéry. Le P. Lupus, augustin flamand, a donné une édition de ses Lettres; Bruxelles, 1682. On célèbre le 29 décembre la féte de saint Thomas. Voy. Thomas du Fossé, Vie de saint Thomas de Cantortjéry ; Paris, 1674. D, Pierre le Nain, /tuf. de Citeaux, tom. VI. Richard et Giraud. Feller,0toor. univ.

III. THOMAS (Saint), évéque de Hereford. en Angleterre, mort le 2 octobre 1287, était issu d'une de» meilleures noblesses de Normandie, d'où ses aïeux avaient passé sans doute en Angleterre avec Guillaume le Conquérant. 11 se fit recevoir maitre ès arts i Paris, et, de retour en Angleterre, il fut fait docteur en droit canon à Oxford , et chancelier de l'université. Henri III le nomma ensuite chancelier d'An* pie terre . et, A la mort de ce prince, il donna sa démission pour entrer dans l'état ecr lésias» tique. Ses vertus le firent placer sur le siège d'Hereford, en 1275, et il se livra tout entier à la sanctification de son peuple, en se sanctifiant lui-même. La nécessite de défendre les droits de son Église l'ayant obligé d'aller à Rome , il mourut en revenant, a Monte-Fiascone, dans le territoire de Florence. On célèbre sa féte le 2 octobre. Voy. les Vies des Saints.

IV. THOMAS D'AQUIN (Saint), dominicain et docteur de l'Eglise , né a Rocca-Secca , près d'Aquino, aujourd'hui Terre de Labour, l'an 1225 ou 1226, mort dans l'abbaye de Fossa- Nuova, près de Terracine, le 7 mars 1274, prit l'habit religieux en 1243. H se rendit à Cologno pour y étudier sous Albert le Grand, et il le suivit à Paris en 1245, où il finit ses études sous sa conduite, dans le collège de Saint- Jacques. L'an 1248, Albert le Grand et saint Thomas retournèrent à Cologne; le premier pour y remplir la première chaire de théologie, et le second pour y enseigner la philosophie, l'Écriture sainte et le Maitre des sentences. Il revint à Paris en 1252, pour y enseigner et y prendre ses degrés; il s y distingua par ses leçons, ses prédications, ses ouvrages, et y contracta une étroite amitié avec saint Bonaventure. Quelque temps après il fut appelé en I tain1 et chargé de la défense des religieux contre Guillaume de Saint- Amour. U se fit recevoir docteur a Paris en 1257, fut honoré de la confiance de saint Louis, qui le consultait pour les affaires importantes, et le pape Urbain IV, l'ayant appelé en Italie , il professa la théologie i Rome, à Viterbe, A Orviète, à Pérouse, et dans les autres villes où il accompagnait le

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Souverain Pontife. Il se trouva au chapitre général de son Ordre à Londres, et, de retour en Italie, il composa l'office du Saint -Sacrement à Orviéte. 11 refusa plusieurs dignités ecclésiastiques, entre autres l'archevêché de Naples. Jean XXII le canonisa en 1313, et Pie V le déclara docteur de l'Église en 1567. On célèbre sa féte le 18 juillet. Saint Thomas a composé un grand nombre d'ouvrages , parmi lesquels nous citerons : i* Commentaire sur les tmalre livres de* Sentences; — 2» soixante-trois Questions disputées; — 3» cent Questions quotJlibétiques; — 4» Somme de la foi catholique contre les Gentils-; — 5» Somme de théologie; — 6» une Explication littérale du livre de Job ; — 7« une Explication de la première partie du Psautier selon le sens littéral et analogique ; — 8* Exposition du Cantique des cantiques; — 9» Commentaires sur haïe et sur Jérémie; — 10» Commentaires sur les Évangiles de saint Matthieu et de saint Jean; — 11° Explication des quatre livres de l'Évangile, tirée des saints Pères; — 12° Commentaires sur tes Épttres de satnt Paul; — 13° Sermons pour les dimanches , les principales solennités de Tannée et les fêtes de quelques saints. Les principales éditions des Œuvres complètes de saint Tnomas «ont celles de Rome, 1570,

17 vol. in-fol.; de Venise, 1594; d'Anvers, 1612;

18 vol. in-fol.; de Paris, 1636 et 1641 , 23 vol. in-fol. Voy. le P. Êchard, Script. Ord. Pradic, tom. I, p. 271 et suiv. Le P. Touron, Vie du saint ; Paris, 1740. Richard et Girnud, qui, après avoir donné un aperçu des écrits du saint docteur, ajoutent un précis de sa doctrine sur les principales questions de la théologie qui regardent la science de Dieu, la prédestination des saints, l'eflicacité de la grâce, la liberté de l'homme, et l'accord de cette liberté avec les décrets ou secours efficaces. Feller, Michaud , Biogr. univers. La Souv. Bwgr. gènér. Le Diction, de In théol. cathol., ou l'on trouve une analyse de la Somme de saint Thomas et quelques observations sur les partisans de saint Thomas, qu'on a appelés Thomistes.

V. THOMAS DE VILLENEUVE (Saint), archevêque de Valence en Espagne, naquit en 1488 à Fuentana, près de Villa-Nueva, patrie de son père, d'où lui vient le surnom de Villeneuve, et mourut le 8 septembre 1555. Il professa la philosophie à l'université d'Alcala, entra, l'an 1518, dans l'Ordre des Augustin» à Salamanque , et il y acquit une si grande réputation par ses leçons et par ses prédications, que Charles-Quint le nomma l'un de ses prédicateurs ordinaires et l'un de ses théologiens. Il fut prieur dans plusieurs maisons de son Ordre, provincial d'Andalousie et de Distille, puis archevêque de Valence. 11 n'accepta cette dignité que par l'ordre de ses supérieurs, et il ne cessa de montrer en toute occasion la plus grande humilité et une charité inépuisable. Béatifié en 1618 par Paul V,ilfut canonisé par Alexandre VII, qui fixa sa féte au 18 septembre. Il a laissé des Sermons et un Commentaire sur te livre des Cantiques, qui ont été recueillis par l'évèque de Siigovte, son disciple , et publiés i Alcala, 1581, 2 vol. in-fol. On en a plusieurs autres éditions; Rome , 1659, 2 vol. in-fol.; Cologne , 1061 , 2 vol. in-4°; Augsbourg , 1757, in-fol. Les sermons ont été traduits en français par le P. V. Ferrier, prêtre de la Miséricorde; Paris, 1867. 5 forts vol. format Charpentier. Voy. Richard et Giraud. Voy. aussi l'Histoire de saint Thomas de Villeneuve, dit T aumônier , archevêque de Valence (Espagne), de t Ordre des Ermites de Saint- Augmtins, par M. l'abbé Dabert, vicaire gêné-

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ral de Viviers, dédiée à M*r révêque de Viviers, avec son approbation; Paris et Lyon, 1852, in-8°. L'auteur de cette Histoire a donné en tête de son livre la liste des principaux documents qu'il a mis à contribution pour In composer.

VI. THOMAS DE VILLENEUVE (HOSPITA- LIERES DE SAINT-). Les Hospitalières de Saint- Thomas de Villeneuve sont une congrégation de religieuses instituées en Bretagne par le Père Ange le Proust, augustin réforme. Ce Père ayant été élu prieur des augnstins de Lamballe dans un chapitre tenu à Montmorillon en 1500, son premier soin fut de célébrer avec toute la pompe possible la canonisation de saint Thomas de Villeneuve, que le pape Alexandre VII venait de mettre solennellement au nombre des saints, et que l'Ordre de Saint-Augustin regardait comme une de ses plus belles gloires. Or, tandis que le P. Ange méditait pieusement la vie de saint Thomas, il 9e sentit fortement pénétré du désir de se consacrer tout entier au service des pauvres, pour imiter l'admirable charité qui fut le caractère distinctif de l'archevêque espagnol , et de fonder une congrégation, spécialement vouée au soin des hôpitaux, qui prendrait pour patron et pour modèle saint Thomas de Villeneuve. Cependant il ne se hâta point; il garda son inspiration dans son cour, et la féconda par la prière. Enfin arriva le moment d'agir; après avoir été prieur pendant trois ans, le P. Ange fut nommé visiteur. Déjà il avait pu former une pieuse association déjeunes filles dans la ville de Lamballe , qui . sous le nom de Confrérie de la cluirité, visitait et secourait les malades à domicile. Or ce fut parmi ces jeunes personnes agrégées à la confrérie que le P. Ange prit les fondatrices de la congrégation hospitalière de Saint- Thomas de Villeneuve. Leur installation à l'Hôtel- Dieu de Lamballe se fit avec la plus grande pompe, le 2 mars 1681. Le clergé, les magistrats de la ville les conduisirent solennellement à leur nouvelle demeure ; et on chanta le Vent Creator au milieu d'une foule immense accourue de toutes les paroisses voisines. Le pieux augustin eut bientôt la joie de voir des établissements s'élever à Dol, à Saint -Malo, a Rennes, k Landerneau. à Brest ^ à Morlaix, a Chateaubriant et dans d'autres villes de la Bretagne. Plus tard sa congrégation , prenant de l'accroissement , sortit de sa province , posséda plusieurs maisons à Paris, où est son siège principal . et s'étendit rapidement dans les diocèses de Versailles , de Soissons , de Séez , de Beauvais , d'Évreux, de Rouen et de Bayeux. Le premier objet de la sollicitude du P. Ange fut le soin des hôpitaux les plu* pauvres et les plus délaissés; mais, à mesure que sa congrégation se multiplia, il mit à sa charge divers hospices, des maisons de retraites spirituelles, des maisons de refuge , des écoles de charité , des pensionnaires de différents Ages et de diverses conditions; en un mot, les œuvres principales qui contribuent au bien-être spirituel et au soulagement corporel du prochain. Parmi les cérémonies de la profession, il en est une d'autant plus belle et plus touchante, qu'elle respire au plus haut degré l'esprit évangélique : une petite fille pauvre met une bague au doigt de la novice en disant : Souvenez-vous, ma chère sœur, que vous devenez aujourd'hui t épouse de Jésus- Christ et la servante des pauvres. Jamais, en effet, philosophe au monde n'a su aussi bien comprendre la dignité et la gloire de la pauvreté; il fallait être on Dieu pauvre et humilié pour dévoiler ce singulier mystère au monde,

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et lui manifester cette vérité sublime. Aussi malheur à la religieuse , malheur à la congrégation qui vient à oublier qu'elle est la servante des pauvres . pan e qu elle oublie par là même qu'elle est 1 épouse de Jésus-Christ; Jésus-Christ et le pauvre ne font qu'un (Matthieu, xxv. 41 • 43 >.

VII. THOMAS, prêtre anglais, vivait encore lorsque Charles 11 remonta sur le trône d'Angleterre. Son surnom était White; mais il avait coutume de le changer en ceux de Candidus , *VAlbius, de franchi , de Htchwort. 11 fut le premier recteur du collège de Lisbonne , et le second de celui de Douai. Il parcourut les principales contrées de l'Europe, et s'attacha à la philosophie des péripatéticiens et à celle du chevalier Digby. Tous les écrits de Thomas , dont on trouve la liste dans Richard et Giraud, ont été condamnés par la S. Congrégation de l'Index. Voici les propres termes du décret : « An plus (Thomas) ex Albiis Eut- Saxonum, seu Albius, cognomento White. Oftera omnia, et Serîpta ( Decr. 47 nov. 1061 ).

VIII. THOMAS (Antoine), né à Dijon, mort à Paris vers la fin du xvil* siècle, prit d'abord l'habit ecclésiastique, et demeura six ans à Paris dans le séminaire Saint-Sulpiee. Plus tard il rentra dans le monde, et se maria. On a de lui : Afjologie du K. P. Honoré, supérieur des missionnaires; contre les mendiants : Dijon, 1679, in-4"; — 2° Comjtaroison du monde avec t horloge de sable. Voy. Papillon, Biblioth. des Aut. de Bourgogne.

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