TOUL
TOUR
sur le front et sur le poignet du bras gauche. Vov. Deutéron., vi , 8 ; xi, 18. D. Calmet, Diction, delà Bible. J.-B. Glaire, Introduction, etc., t. II, p. 232, et le Pentateuque , avec une Traduction française et des iïotes philologiques, etc., t. II. Exode, p. 112, 113. Compar. Tephillim et Phylactère.
TOTMA, ville épisc. de Moscovie dans la province d'Oustioujj. et située à peu de distance de cette ville, sur la Suchana. Les Églises de Tottna et d'Oustioug sont unies et gouvernées par le même évêque. Voy. Gaet. Moroni, vol. LXXIX, p. H.
TOTYASSE. Voy. Tittasse.
T0DCHE-L0ISI (Jacques-Ignace de tk\ chevalier de Saint-Lazare, né à Châlons-sur-Marne, vivait au xvin» siècle. On a de lui : 1° Consultations chrétiennes, avec des Réflexions sur les huit béatitudes et la Paraphrase des trois cantiques du Dante; in-12; — 2* Avis salutaire d'un philosophe chrétien , traduit du latin de Rauzacus, 1740-1741, in-12; — 3° Retraite d'un pénitent pendant les jours de la semaine sain te; 17 41, in-12; — 4» Fruits de la retraite d'un pénitent, Considérations, Réflexions, Résolutions et Affections pieuses; 1743; — 5° Explication des figures symboliques d'un canon d'autel ; 1745, in-12; — 6° Les Etrennes du temps , et le saint usage que les chrétiens en doivent faire; 1741 ; — 7° Le Militaire en solitude ou le philosophe chrétien; entretiens militaires édifiants et instructifs; in-12. Voy. le Journ. des Savants, '1736. La France littër.
TOUL (TullumLeueorvm), ancienne ville épisc. de la Lorraine, sous la métropole de Trêves. Son premier évêque , saint Mansuy ou Mansu , ou plutôt Mansuet (Mansuetus), ne commença à siéger que vers l'an 361. On célèbre sa fête le 3 septembre. Il y a eu deux conciles à Toul, l'un en 859, et l'autre en 8<i0. Ce siège a été supprimé par le concordat de 1801 et réuni à celui de Nancy. Voy. Richard et Giraud, t. XXIX, p. 229 et suiv. Gaet. Moroni, vol. LXXIX, p. 11-16.
TOULON (Tolonium ou Telonium. Tolentium, Tauroebtm , Telo Martius), ville autrefois épisc. de la basse Provence, sous la métropole d'Arles. Son premier évêque fut saint Honorât, dont il est fait mention dans la lettre du pape saint Léon aux évoques des Gaules, l'an 451. Le siège de Toulon a été supprimé par le concordat de 1801, et réuni à celui de rréjus. Voy. Richard et Giraud, tom. XXIX, p. 233 et suiv. Gaet. Moroni, vol. LX.WII, p. 4-9.
TOULOUSE ( ToAmo ou toiotum , To/osatium, Tectosagum), ville archiépisc. de France, fut un simple évêché depuis 1 an 250 jusqu'en 1317, époque à laquelle Jean XXII l'éngea en archevêché et lui donna pour suffragants les évêehés de Montauban, de Saint-Papoul, de Rieux et de Lombec, auxquels il ajouta Lavauret Mirepoix,
E'i I créa par une bulle particulière en lui retint celui de Pamiers, que Boniface VIII avait érigé et soumis à l'archevêché de Narbonne. Plusieurs autres changements eurent lieu dans la suite. Aujourd'hui les évêchés suffragants sont ceux de Montauban, de Pamiers et de Carcassonne. Ainsi le premier évêque de Toulouse fut saint Saturnin ou Sernin (Voy. Saturnin, n° I), et le premier archevêque Jean de Comminges, nommé par Jean XXII. De Tan 507 à l'an 1590, il s'est tenu vingt-deux conciles à Toulouse. Toy. la Gatlia Christ., tom. II . p. 21 ; tom. IV, p. 16, 20, 31 : tom. VL p. 752. Labbe, tom. IX, X, XI. Hardouin . tom. VI, VII, XI. Mansi, Supplém., tom. 1, col. 1319,
Veterum Seriptor. et monument, historicor., dngmaticorum et moralium amplissima Cof/ectio, tom. VIL Richard et Giraud. Gaet. Moroni , vol. LXXVII, p. 9-62.
I. TOUR (Turris). L'Écriture fait mention de tours destinées à différents usages. 4° Il y en avait pour fortifier les villes, comme celles de Phanuel, de Sichem, de Thèbes, de Tyr, de Syène et toutes celles de Jérusalem (Psaume xlvh, 13). 2» D'autres servaient à découvrir de loin, comme celle de Jezraël, d'où la sentinelle aperçut l'armée de Jéhu qui s'avançait (IV Rois.rx, 17). 3° On en élevait aussi dans les campagnes pour garder les fruits (Isaîe, v, 2) et les troupeaux (II Paralip., xxvi, 10); et comme il y avait des gardes dans ces tours pour défendre les pasteurs et les troupeaux, soit contre les voleurs, soit contre les bêtes sauvages, cela a donné lieu à une locution proverbiale : Depuis la lourdes Gardes jusqu'à la ville fortifiée (IV Rois, xvn, 9; xvin, 8); locution qui équivaut à celle-ci : ibiw les lieux du pays depuis le plus petit jusqu'au plus grand. Quant à la tour du Troupeau mentionnée dans la Genèse (xxxv, 21), et dans le prophète Michée (iv, 8), les interprètes sont partagés : les uns prétendent qu'elle était dans le voisinage de Bethléhem, et que les pasteurs auxquels l'ange annonça la naissance du Sauveur étaient près de cette tour, où dans la suite on bâtit une église. Les autres soutiennent que Michée voulait dé- . signer la ville même de Bethléhem,d'où devait I sortir le Sauveur du monde. D'autres enfin
Sensent que le prophète a eu l'intention de ésigner Jérusalem. Voy. Luc, n, 8, 15. Ilieronym., Epist. XXVII , et Quesst. Hebr. m Gènes. Théodoret, Cyrill. et alii plures, in Mich., etc. Voy. aussi les commentateurs en général , sur Michée, iv, 8.
IL TOUR, en matière bénéficiale. Autrefois, en France, lorsque la collation des bénéfices ou le droit de présentation appartenait à plusieurs collateurs ou patrons, on pouvait s'arranger, pour éviter les discordes, de manière que chaque collateur ou co- patron ait k-uI
I exercice libre de la collation ou présentation (Clem.2, vers, et ut facilius, de jur. patron.). Un autre texte du droit autorise cet arrangement dans un chapitre entre des chanoines (Cap. fui. de Prœb. in G°. G/os. verf/o statuto). Plusieurs collateurs d'un même bénéfice pouvaient donc établir l'alternative, soit par chaque vacance, soit par les vacances pendant un mois, pendant un an , ou d'un côté du chœur. Dans tous ces cas, l'accord et les statuts servaient de règle.
II n'y avait d'inconvénients que dans le cas où l'évèque étant collateur avec son chapitre, voulait jouir des avantages de la règle De Mensib. et alternat. Dans le cas où les collateurs avaient réglé les collations par tour, l'alternative n'avait lieu que lorsque le tour avait été consommé, c'est-à-dire quand la collation avait eu son effet; de sorte que si l'élu ou le présenté décédait avant la confirmation ou l'institution, ou s'il avait quelque défaut caché qui mettait obstacle à sa confirmation ou à son institution, le tour n'était pas consommé. Voy. Richard et Giraud, qui s'étendent un peu plus sur cette matière.
TOUR (Bertrand de la). Toy. Latoir, n° I.
TOUR DE H AN ANÉEL , une des tours des murs qui entouraient Jérusalem. Voy. 11 Esdras, m, 1 ; xn, 38.
TOUR DE STRATON. Voy. Straton.
TOUR DU LIBAN qui regarde vers Damas, et que quelques géographes supposent placée
TOUR
près des frontières orientales de la Terre- Sainte. Voy. Cant. des cant., tn, 4.
TOUR -DU -PIN (Jacques-François-René de la). Tov-Latour, n# II.
I. TOURNAT ou TOURNAY (Tornacum), ville épisc. de Belgique, autrefois sous la métropole de Cambrai, est située à cinn lieues au sud-est de Lille et à huit de Douai. Cet évôché fut uni à celui de Noyon, sous la métropole de Reims, depuis le TP siècle jusqu'au milieu du xir, époque à laquelle ils furent séparés. Le premier évéque de Tournai fut saint Platon, qui soultril le martyre vers la fin du m* siècle ou au commencement du iv« siècle. Voy. de Commanville, f™ Table alphabet., p. 240. Richard et Giraud. Caet. Moroni.vol. LXXIX, p. 19-24.
II. TOURNAI (Guillaume), bénédictin de Saint-Martin de Tournai, vivait vers l'an 4240. On a de lui : Flores ex operibus dùri Bernard i , id est opus exceptionum sive florum ; Paris, 1400; Lyon, 1556. Voy. André-Valère, BiUioth. îielg.,
TOURNAIRE, nom qu'on donnait autrefois au collât it ou patron en tour de conférer les bénéfices ou d'y présenter. Le tour du collateur ou du patron alternatif n'était pas rempli par les provisions qu'il était forcé daccorder à un gradué nommé, à un indultaire ou à un brévetaire. Voy. le Diction, ecclés. et canon, portatif. Comprit: Tor>R . n9 IL
T0URNELY (Honoré), docteur de Sorbonne, né à Antibes, en Provence, l'an 1658, mort en 1729, professa la théologie à Douai, puis à la Sorbonne, pendant vingt-quatre ans. avec un grand succès. Il fut aussi chanoine de la Sainte- Chapelle, à Paris, et se signala par son zèle et par ses écrits en faveur de la bulle L'niyenitus ; ce qui lui valut la haine des jansénistes , qui cherchèrent à détruire sa réputation en l'accusant de s'être déclaré contre eux par des motifs d'intérêt personnel, et d'avoir écrit contre ses propres persuasions. Mais le caractère bien connu et la conduite irréprochable du savant docteur de Sorbonne ont fait justice de ces misérables calomnies. L'abbé Tojimely quitta sa chaire en 1716, lors des troubles qui éclatèrent dans la faculté de théologie: mais il ne cessa de réclamer contre l'esprit de licence et d'in- «mbordination, et l'on croit même qu'il défendit les droits de l'Église par quelques écrits qui
Rat urent anonymes ou sous des noms emprunts. Pendant sa retraite, il revit les traités qu'il avait dictés en Sorbonne. Ces traités parurent de 1725 à 1730; ce sont ceux de la Grâce , des Attributs de Dieu, de la Trinité, de V Incarnation, de Y Église, des Sacrement':, tant en général qu'en particulier. L'impression du traité du Mariage était presque achevée, lorsque la mort le frappa. On peut aire que la Théologie de Toumely est une des meilleures, surtout à cause de la méthode et de la clarté qui y régnent d'un bout à l'autre. Elle a été réimprimée à Venise, en 16 vol., avec des retranchements, surtout au traité De Ecclesia. L'édition de Cologne a été faite sur celle de Venise. On a trois abrégés de la théologie de Tournely : le premier de Montaigne, docteur de Sprbonne et sulpicicn; le deuxième, moins étendu , de Robbe, et le troisième, plus court, de Collet le lazariste. Voy. le Journ.des Savants, février 1731. Feller. Michaud, lliogr. univers.
TOURNEMINE (René- Joseph), jésuite, né à Rennes en 1084 , mort à Pans l'an 1730, professa la philosophie et la théologie à Rouen, et fut placé en 1704 , dans le collège de Paris , à la tête de ceux qui travaillaient au journal de
Trévoux. En 1718, il fut transféré à la maison professe, ou il eut l'emploi de hibliothéeaire, qu'il exerça avec distinction jusqu'à sa mort. On a de lui un grand nombre de savantes Dissertations, parmi lesquelles nous citerons : 1° Éclaircissement sur ta prophétie de Jacob : Non auferetur sceptrum de Juda; insérée dans le Journal de Trévoux, mars 1705 et février 1721 ; — 2° Lettre sur Fimmaté, iulité de i'ômr et les sources de l'incrédulité ; ibid , octobre 1735 ; — 3° Dissertation sur te fameux passage tir Josejih tournant Jésus-Christ . insérée dans le Mercure, mai et août 1739;— 4° Tabulie rhronologicat sacrât Veteris ac Nori Testament i , dans l'excellente édition qu'il a donnée des Comnientarii intiusScriplurœ de Menochius; Paris, 1719, 2 vol. in fol. On a encore du P. Tourneminc une édition de l'Histoire des Juifs de Prideaux; ibid., 1726 , 6 vol. in-12, avec des éclaircissements sur la ruine de N'inive et la durée de l'empire assyrien; et une dissertation sur les livres de l'Ancien Testament que les protestants n'admettent pas comme canoniques. Nous rappellerons ici que l'ouvrage do Humphrev Prideaux a été mis à Y Index, avec la clause Doncc rnrngatur. Voy. Nicéron, Mémoires, tom. XLIl. Chauffepié, Nouv. /)/W»V>«., etc.; ces deux auteurs donnent une liste détaillée des écrits du célèbre jésuite. Kichard et Giraud donnent les titres de trente -deux. Vuy. encore les Mémoires de Trévoux, septembre 1739. Feller. Michaud, bioqr, univrt s.
TOURNET (Jean), avocat au parlement de Paris, où il naquit dans la dernière moitié du xvif siècle, se distingua par sa profonde connaissance du droit. Nous citerons de lui : i« Arrêts notables des conseds du roi et des cours souveraines de France sur toutes sortes de questions en matières bénéficiâtes et causes ecclésiastiques ; Paris, 1631 , 2 vol. in-fol. ; — 2» De Absolu fume ad cautelam ; — 3» Notice des diocèses de l'Église universelle, avec un sommaire de tous les conciles, tant généraux que provinciaux ; — 4° Notice des bénéfices de France étant à la nomination ou collation du roi, avec les taxes de Rome; — 5° De la Police ecclésiastique ; traduit du latin de René Chopin , 1617, in-4°, réédité dans la traduction de ses oeuvres. Voy. Richard et Giraud. Michaud. hingr. univers.
T0URNÉUX (Nicolas LE). Voy. Letourneux.
TOURNOIS (Torneamenta, en latin du moyen âge). La religion a toujours condamné les tournois, tant â cause des dangers dont ils étaient environnés qu'à raison du grand nombre de personnes qui y perdaient la vie. De là vient
Î[u'uii concile de Reims, tenu en 1131, sous nnocent H, défendit ces combats comme funestes aux corps et aux âmes, et ordonna que ceux qui y succomberaient pourraient recevoir le sacrement de pénitence et le saint viatique, mais ne seraient pas enterrés en terre sainte. On trouve la même disposition, plus la censure, dans les décrets du deuxième concile de Lalrun, sous Innocent II , en 1139, et dans le deuxième tenu en 1179. sous Alexandre III. Eugène 1 1 1 promulgua une défense semblable, et Philippe le Hardi, roi de France, ayant rétabli les tournois, interrompus avant lui, à l'occasion de plusieurs fêtes qu'il voulut célébrer, le pape Nicolas III blâma sévèrement son légat en France de n'être pas immédiatement intervenu , et lui ordonna de porter une sentence d'excommunication contre tous les seigneurs et chevaliers qui prendraient part à cette sorte de combat. Le pape ajoutait qu'il fallait accorder l'absolution à ceux qui la demanderaient humblement, mais à la
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condition qu'ils jureraient qu'à l'avenir ils s'abstiendraient absolument. Toutefois les tournois ne cessèrent entièrement, en France, qu'en 1569, lorsque le roi Henri II eut succombé aux suites d'une blessure qu'il y avait reçue en y combattant, Voy. le Diction, de la théol. rat/ml.
T0URN0N (Charles-Thomas MAILLARD DE), cardinal, né à Turin en 1068, mort à Macao l'an 1710, se fit recevoir docteur M utroque jure, professa quelque temps à la Propagande, et fut nommé camérier d'honneur et préfet de la doctrine chrétienne. 11 fut nommé et sacré patriarche d'Antioche en 1701. par Clément XI, et envoyé en Chine comme légat apostolique, pour y régler les différends survenus entre les missionnaires touchant les cérémonies chinoises. Il publia à Nankin, en 1705. un Mandement par lequel il défendait de mettre dans les églises des tableaux avec cette inscription : « Adorez le ciel , » et de pratiquer le culte que les Chinois rendent à leurs ancêtres, à Confucius et aux planètes. En 1707, il publia un autre Mandement pour servir de règlement à la conduite que doivent garder les missionnaires quand ils sont interroges sur le culte des Chinois. Il mourut à Macao, au bout de trois ans de prison. Clément XI voulant honorer sa mémoire d'une manière spéciale , prononça son éloge en plein consistoire, le 14 octobre 1711. Les Mémoires du cardinal de Tournon furent publiés par le cardinal Passionei, sous ce tilre : Memorie xtoriche délia legazione e morte del cardinale di Tournon , esposti con monumenti rari et autentici; Rome, 1762, 8 vol. in-8». Voy. Richard et Giraud. Feller, Michaud, Biogr. univers. La Nouv. Biogr. génér. Gaet. Moroni, vol. LXX1X, p. 26-29.
I. T0DRNDS ( Trenorchianum ) , ville de France, en Bourgogne, sur la rive droite de la Saône . entre Chalon et Màcon. De l'an 944 à l'an 1115, on y a tenu trois conciles. Yoy. la Regia, tom. XXV. Labbe, tom. IX et X. Hardouin, tom. VI et VII. La Galtia Christ., t. IV,
t. 374. Richard et Giraud. Gaet. Moroni, vol. XXIX . p. 20-30.
II. T0URNDS, abbaye située dans la ville du même nom , et qui appartenait autrefois à l'Ordre de Saint-Benoit. Elle doit son origine au tombeau de saint Valérien, qui y souffrit le martyre l'an 177, et sur le tombeau duquel on bâtit d'abord une église. Cette église fut érigée en abbaye, que Charles le Chauve donna en 875, avec la ville, aux bénédictins de Saint-Fijibertoude Noirmoutier. Ceux-ci l'ont possédée jusqu'en 1627, époque à laquelle elle fut sécularisée et changée en église collégiale. Il y avait un chapitre qui était soumis à la juridiction de l'évèquc de Châlon; l'abbé relevait immédiatement du Saint-Siège, et était à la nomination du roi, mais il n'était pas obligé de
résider. Voy. Pierre Juénin, Histoire de Tournas; Dijon, 1733. Moréri, édit. de 1759. Richard et
T0UR0N (Antoine), dominicain, né à Grau- Ihet , dans le diocèse de Castres, en 1686, mort à Paris l'an 1775, fut d'abord chargé de l'enseignement des novices, et s'occupa ensuite de controverse religieuse. Il a laisse : 1° Vie de saint Thomas d'Aquin, avec un Exposé de sa doctrine et de ses ouvrages; Paris, 1737, in-4B; — 2° Fie de saint Dominiqne de Guzman, etc.; ibid., 1739, in-4*; — 3° Histoire des Hommes illustres de Saint- Dominique; ibid., 1743-1749, 6 vol. in-4°; trad. en espagnol et en italien; — 4' De la Providence; ibid., 1752, in-12; -- 5» La Main de Dieu sur les incrédules, ou Histoire
I abrégée des Israélites, sauvent infidèles et autant ' de fbis punis ; ibid., 1756, 2 vol. in-12 : — 6» Pa- | rallèle de t incrédule et du vrai fidèle; ibid., 1758, i in-12; — 7° La Fie et T esprit de saint Charles Borromée; ibid., 1761 , in-4» et in-12; — 8» La Vérité vengée en faveur de saint Thomas même; 1762, in-12; — 9» Histoire générale de fAmé- I rique depuis sa découverte j 1768-1770. in-4".Cest, comme l'auteur le dit lui - même , Y Histoire ecclésiastique du nouveau monde. On y trouve I cependant des détails sur les productions du pays, et sur l'origine et les mœurs des liabitants , d'après les auteurs espagnols. « Il y a, dit Feller, beaucoup d'érudition dans la plupart des ouvrages de ce religieux, d'excellents principes, du zèle et des vues parfaitement sages; les agréments du style y sont un pea trop né-
SUgés, mais le ton 'en est affectueux et plein 'onction. » Fny. Richard et Giraud. Michaud, Biogr. univers. Chaudon et Delandine, Diction, histor. univ. La fiouv. Biogr. génér.
TOURS ( Turones ou Casarodunum ), ville archiépisc. de France qui avait autrefois {>our suflragants les évéchés du Mans, de Quimper, d'Angers, de Vannes, de Rennes, de Saint- Brieuc et de Nantes ; mais depuis 1859, époque à laquelle Rennes a été érigée en archevêché, elle n'a plus sous sa dépendance Rennes. Saint- Brieuc, Vannes et Quimper. Tours a reçu la foi de saint Catien, son premier évéque, qui, destiné à cette Église par le Pape, en 250, selon saint Grégoire de Tours, la gouverna pendant trente-neuf ans. De l'an 461 à l'an 1583, il s'est tenu à Tours dix-neuf conciles; mais le dernier fut transféré i Angers la même année 1583, présidé par Simon de Maillé, archevêque de Tours, et confirmé ensuite par Grégoire XIII. Voy. saint Grégoire de Tours, Hist. de France, tom. IV. c. xxvi ; 1. X, c. xxxi. Labbe, t. VI-XI, XIII, XV. Hardouin, tom. III VI L IX, X. La Regia, tom. XII, XX, XXI, XXV, XXVI, XXXIV, XXXVI. Mansi, Supplém t. 1 , col. 341 , 1254. Martenne, Thésaurus, t. IV. La Gnl/ia Chrift., tom. I , p. 867, tom. II , p. 928. Richard et Giraud, tom. XXIX, p. 257 et suiv. De Commanville, /'* Table âfphabét., p. 246. Gaet. Moroni , vol. LXXIX. p. 30-54.
TOURTERELLE, oiseau dont il est parlé assez souvent dans les Livres saints, et qu'on offrait quelquefois en sacrilice. Dès avant la loi, Abraham ioignit au sacrifice dont il est parlé dans la Genèse (xv, 9) une tourterelle et une colombe. Ces sacrifices de tourterelles ou de jeunes pigeons étaient établis spécialement en faveur des pauvres. L'Ecriture marque les occasions où on devait offrir ces sortes d'animaux. Voy. Lévit., xil, 6, 7, 8; xiv, 22. Nombr., VI. 10. D." Calmet, Diction, de la Bible.
T0URT0YRAS ( Turturiacum ) , abbaye de l'Ordre de Saint- Benoit, au diocèse et a cinq lieues de Périgueux. Die était sous l'invocation de saint Pierre, et elle fut fondée ou plutôt rétablie par le vicomte Guy et Emroe , sa femme, en 1225. Voy. la Gallia Christ., t. II, col. 1496. Richard et Giraud.
T0USI ou TOUSSI, TOUSAT, lieu du diocèse de Toul où, en 860, l'on tint un concile appelé en latin enneilium Tussincense ou Tullense. On y dressa cinq canons contre les pillages, les nai jures et les autres crimes qui régnaient alors. On dit qu'il se tint un autre concile à Tousi, l'an 866 , sur la discipline ecclésiastique. Voy. les Conc., tom. VIII ,j>. 702. D. Mabillon, Analect., tom. I , p. 58. Sirmond , Concilia antiqua GaUioj, tom. III. Richard et Giraud. Gaet. Moroni, vol. LXXIX, p. 54-55.
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I. TOUSSAIN (Daniel), en latin Tassant*, protestant, né à Montbéliard en 1511, mort à Heidelberg l'an 1602. étudia à Bàle et à Tubingue , vint ensuite en France , enseigna l'hébreu a Orléans, où il exerça le ministère évangélique. A la journée de Saint- Barthélemi il se retira à Heidelberg; de lâ il passa à Neustadt, y occupa une chaire de théologie. On le rappela a Heidelberg pour travailler à la réforme des églises. On a de lui un certain nombre d'ouvrages qui sont à V Index de Clément VIII , et parmi lesquels on distingue : 1» Instruction nécessaire sur la véritable manière d'éprouver les esprit»; Neustadt, 1579, in-8°; — 2° l'Ancienne Doctrine de la personne et du ministère de Jésus- Christ; Neustadt, 1585, in-4*; — 3» Pastor evan- (jcliçus . seu de légitima ecungelicarwn vocationet officia et pra.ntho; Heidelberg, 1590, in-8»; Amberg, 1604, in-4»; — 4» des Thèies et des Ouvrages de controverse. Voy. Pérennès, dans la Biogr. univers, de Feller. \Veiss,dans la Biogr. de Mieliaud.
II. TOUSSAIN (Paul), en latin Tatsanus , protestant , fils du précédent , né en 1572 à Orléans selon Moréri, ou, suivant d'autres, à Montarais, mort à Hanau l'an 162D, après avoir terminé ses humanités à Heidelberg, alla'faire sa philosophie 4 Altorf, et sa théologie a Bàle , où il fut reçu docteur l'an 1599. En 1618 il assista au synode de Dordrecht. Mais la guerre qui s'éleva dans le Palatinat l'ayant obligé d'en sortir, il se retira à Hanau , où il exerça les fonctions de pasteur jusqu'à sa mort. On a de lui , outre quelques écrits purement littéraires : 1° Dicttonuin Itebraicorum qui* in libro Psolmorum continent ur, Syilahus getmnus, in usus corum qui ad linguat sanctœ studium accetlunt: Bàle, 1015, in-8*; — 3* la Bible allemande ae Luther, avec Us notes de Paul Toussain ; Heidelberg , 1617 , in -fol.; les notes, qui sont dans le sens des principes luthériens . ont été souvent réimprimées ; — 3» Enchiridién locorum theoloyicorum ; Bàle, 1662, in-8»; — 4» des Ouvrages de controi>er*e. Voy. Pérennès, dans la Biogr. univers. de Feller.
I. TOUSSAINS (Onmes sancti), abbaye de chanoines réguliers de la congrégation de France , située dans la ville d'Angers. Elle fut fondée en 1115 par Girard, chanoine et chantre de l'église Saint-Maurice d'Angers. C'est en mémoire de ce fondateur que l'abbé de Toussains était chanoine de l'église Saint- Maurice.
II. TOUSSAINS, abbaye de l'Ordre de Saint- Augustin, située dans la ville de Chàlons, et fondée, vers le milieu du xi» siècle , par Roger II, évéque de cette ville. Elle fut bâtie d'abord dans une lie de la Marne, près de Chàlons; mais ayant été démolie en 1544, elle fut transférée dans la ville même. On y introduisit, en 1641, la réforme des chanoines réguliers de la congrégation de France.
I. TOUSSAINT (LA), féte de tous les saints. C'est une féte solennelle que l'Eglise célèbre le
{iremier jour de novembre en l'honneur de tous es saints. Elle a pour objet non -seulement d'honorer les saints comme les amis de Dieu , mais de lui rendre grâces des bienfaits qu'il a daigné leur accorder, et du bonheur éternel dont il les récompense ; de nous exciter à imiter leurs vertus, d'obtenir leur intercession auprès de Dieu ; de rendre un culte à ceux que nous ne connaissons pas en particulier, et qui sont certainement le plus grand nombre. 'La dédicace que fit, l'an 607, le pape Boniface IV du Panthéon ou de la Rotonde à home, a donné lieu à l'établissement de cette féte. Il dédia cet an-
cien temple d'idoles à l'invocation de la Vierge et de tous les martyrs; c'est ce qui lui a fait donner le nom de Sotre-Dame-des~Maityrs ou de la Rotonde , parce que cet édifice est en forme d'un demi- globe. Boniface suivit en cela les intentions de Grégoire le Grand, son prédécesseur. Boniface plaça cette féte au 12 mai. Vers l'an 731 , Grégoire III consacra une chapelle à l'honneur de tous les saints dans l'église Saint- Pierre; i) augmenta ainsi la solennité de la féte. Depuis ce temps-là elle a toujours été célébrée à Home. Grégoire IV élant venu en France l'an 837, sous le règne de Louis le Débonnaire , celte féte s'y introduisit , et y fut bientôt généralement adoptée; mais le Père Ménard a prouvé qu'elle avait déjà lieu auparavant dans plusieurs Eglises, quoiqu il n'y eût encore aucun décret porté à ce sujet. Ce fut le même pape Grégoire IV qui transporta la féte au 1" novembre. Les Grecs la célèbrent le dimanche après la Pentecôte. Voy. le P. Ménard . Note* sur le Sacram. de saint (Iréy., p. 152. Thomassin, Traité des Fêtes, etc. Noël-Laurent Pissot, Manuel catholique pour l 'intelligence de l'office divin. VEncyclopéd. rathol., qui contient d'excellentes réflexions inorales. Bergier, qui répond a quelques objections des protestants contre le culte rendu aux saints.
II. TOUSSAINT ou T0USTAIN (Charles- François), bénédictin de la congrégation de Saint -Maur. né au Repas, dans le diocèse de Séez, en 1700, mort L'an 1751, était profondément versé dans les langues, tant anciennes que modernes : ainsi que dans la géométrie , l'algèbre, (arithmétique et la botanique. Ses supérieurs l'ayant chargé de travailler, avec D. Tassin , a une édition des Œuvres de saint Théodore Stndite, il commença la traduction des ouvrages de ce saint , et composa plusieurs dissertations et beaucoup de note» curieuses pour éclaircir quantité de points de sa vie et de sa doctrine. 11 a composé en outre : 1° De t Autorité des miracles; in -4»; — 2- La Vérité ftersécutée par terreur, ou Hectteit de divers ouvrages des saints Pères sur lei grandes itersécution* det huit premiers siècle* de i' Église; la Haye, 1733 , 2 vol. in -12 ; — 3» Ti*< -humbles Remontrances adressées aux RR. PP. supérieurs de la congrégation de Saint-Maur , assemblé* itmtr la tenue du chapitre général de 1733; 1733. Il a donné , en collaboration avec D. Tassin : 1° Défense des titres de t'aftbaye de Sttint-Ouen de Rouen; 1743, 1 vol. in-4». — 2* Éclaircissements sur la diplomatique ; 1747, 2 vol. in-4*; — > Nouveau traité de diplomatique; Paris, 1750- 1759. Voy. Y Histoire littéraire de la congrégation île Saint -Maur , où on trouve la liste complète des écrits de Toussaint. Richard etGiraud. Feller et Michaud, au mot Toustain.
III. TOUSSAINT ( François- Vincent), avocat de Paris, né dans cette ville veis 1715, mort i Eerlin l'an 1772, quitta le barreau pour cultiver la littérature. 11 ne produisit que des ouvrages médiocres en ce genre, et dont nous n'avons pas à nous occuper dans ce Dictionnaire. Cependant il en est deux que nous ne pouvons passer sous silence : 1* son Livre des Mœurs; 1748, in-12 ; cet ouvrage , quoique rempli d'erreurs en métaphysique et en morale , lesquelles le firent justement condamner par le parlement de Paris à être brûlé par la main du bourreau ,
Proclame l'existence de Dieu, l'immortalité de âme , la nécessité d'un culte , et plusieurs préceptes de la morale chrétienne, tels que le pardon des injures, etc.; réserve qui a fort déplu aux autres philosophes, et qui a mérilé
TRAB
TRAD
à l'auteur le nom de capucin de la secte; — 2« Krlairatsemetits sur le Livre des Mœurs; 1751, in-12; dans ce second ouvrage, Toussaint condamna et rétracta formellement tout ce que le premier renferme de condamnable. Voy. Feller, Biogr. univers.
IV. TOUSSAINT (Georges), bénédictin de la congrégation de Saint-Vannes, né à Saint Dié, fut nommé en 1734 profès de l'abbaye de Munster. On a de lui : 4» Traité dogmatique et mort// sur le sacrement de mnriage; Saint- Dié, 1739 , 2 vol. in-8° ; — * Traité de la pénitence ; — 9» Des Censures ecclésiastiques. Voy. D. Calmet, Biblioth. lorraine.
V. TOUSSAINT DE SAINT -LUC, religieux canne réforme des llillettes, de la province de Bretagne , mort en 1694 , s'occupa toute sa vie de recherches d'histoire et de généalogies. Parmi
écrits nous citerons : 1° Mémoires sur tétat
du clergé et de la noblesse de Iht tagne ; Paris , 169I, 2 vol. in-8° en trois parties, une pour le clergé, et deux pour la noblesse; ouvrage curieux et peu commun; — 2" Les Pensées de la solitude chrétienne sur l'éternité . le mépris du monde et la pénitence ; ibid., 1745, in-42 , 12»édit., revue et augmentée; — 3° Mémoire de l'institution , progrès et privilèges de N.-D.-du-Mont- Corme/ et de Saint - Lazare ; Paris, 1666, in-12; — 4° Mémoires et extraits des titres sur fe même Ordre depuis 1100 jusqu'en 1673; Paris, 1681, in -8% — 5» Mémoires et Rriueils des bu/tes, édits, etc., sur le même Ordre; ibid., 1693, in-8». Vog. Michaud, Biogr. univers.
TOUSTAIN. Voy. Toussawt, n» II.
TOUTE-PUISSANCE. Voy. Puissance, n« II.
TOUTTÊE (Antoine- Augustin ), bénédictin de la congrégation de Saint -Maur, né à Riom en 1877, mort à Paris l'an 1718, professa la philosophie et la théologie pendant plusieurs années avec distinction. On a de lui : une nouvelle édition des Œuvres de saint Cyrille de Jérusalem , qui a été publiée par Prudent Maran ; Paris; 4720, in-fol. On donne encore à Touttée, disent Richard et Giraud, trois Lettres d'un théologien à un évéque sur cette question : Si l'on peut permettre aux jésuites de confesser et d'absoudre. Ces lettres, qui parurent en 1716, in-12, sont do l'abbé Court, comme on Ta su d'une manière, certaine depuis sa mort. Voy. D. le Cerf, Biblioth. hist. et crit. des Aut. de la congrégat. de Saint-Maur.
TOWERS (Joseph), historien, né à Londres en 4737, mûri l'an 1799, après avoir lait de bonnes études, travailla chez un imprimeur, et s'établit ensuite libraire à Londres , puis quitta 6on état pour entrer dans la secte des presbytériens, et devint pasteur d'une congrégation à Highgate. En 1778, il fut du nombre des ministres envoyés avec le docteur Price à la conférence de Newington Green. Reçu docteur en 4779 à l'université d Édimbonrg, il se consacra entièrement aux lettres, et publia des ouvrages historiques dont on vante l'exactitude , le style élégant et correct , et parmi lesquels nous citerons seulement : 1° Observations sur F Histoire d'Angleterre de Hume; — 2° Histoire de la vie et du régne de Frédéric II, roi de Prusse : 2 vol. in-8°; — 3° des Sermons; — 4» une Défense de ILocke, etc. Voy. Pérennès, dans la Biogr, univers, de Feller.
TRABEA SACRA. Voy. Chape.
TRABYSIE ou TRAPOBTSIE, évéché de la province d'Hémimont, sous la métropole d'Hadrianopolis. On n'en connaît qu'un évéque, Constantin, qui assista au concile de Photius,
sous le pape Jean VIII , l'an 879. Voy. Oriens rhritt., tora. I, p. 1189.
TRACHONITE. Saint Luc dit que, l'an 15 de Tibère, Philippe, frère d'Hérode, était tétrarque d'Iturée et du pays de Trachonite. Les auteurs parlent diversement de la situation de Trachonite ; les uns attribuent cette province à la Palestine , et les autres à l'Arabie. L'historien Joseph dit qu'elle est située entre la Palestine et la Célé- Syrie, et qu'elle a été peuplée par Bus, llls d'Arara. Selon Eusèbe, la tribu de Manassé s'étend dans la Trachonite, vers Bostra, et, suivant saint Jérôme , la Trachonite est au delà de Bostra, en tirant du côté de Damas. De son eoté , Stxabon parle de deux montagnes nommées Trachones, qui étaient au-dessus de Damas, du côté de l'Arabie et de l'Iturée, où l'on trouve des montagnes escarpées avec des cavernes qui peuvent recevoir un millier d'hommes. Voy. Luc, Hl, 1. Joseph, Antiq., 1. 1,c. vi, vu. Euseb., ad voc. Kanath. Hieronym., Onomasticon, ad voc. Trachonites. Reland , Palarstina ttlustruta, p. 108 et seqq. D. Calmet, Diction. de la Bible.
TRACT (Bernard DESTUTT DE), pieux théatin, né en 1720 au château de Paray-le- Frési,tJ à Paris les droits
chez les théatins. De toutes les charges de la communauté , il ne voulut accepter que celle de maitre des novices, parce qu'elle se conciliait très-bien avec son assiduité à tous les exercices, et avec son goût particulier pour la vie spirituelle. 11 a laissé néanmoins de nombreux écrits, dont voici les principaux : 1° Conférence» ou Exhortations sur ies devoirs des ecclésiattiques; Paris, 1768, in-12; — 2* Conférences ou Exhortations à l'usage des maisons religieuses; ibid., 1755 et 1783 ; — 3» Traiié des devoirs de la vie chrétienne, à l'usage de tous ies fidèles; ibid., 1770, 2 vol. in-12; — 4» Vie de saint Gaétan de Thienne, instituteur des Clercs Réguliers théatins, suivie de Notices sur le bienheureux Mannon de Saint-André Avellin ; le bienheureux cardinal Paul Burali (TAretzo, de lu même congrégation; ibid., 1774, in-12; — 5° Nouvelle Retraite à t usage des communautés religieuses ;1783; — 6° Vie de saint Bruno, fondateur des chartreux , avec des remarques sur le même Ordre; ibid., 1788, in-12. On y trouve la Notice des saints de l'Ordre, de
tin, ne en î/zuau cnaieau ae raray-iei , près de Moulins en Bourbonnais, mort ris l'an 1786. Dès l'âge de seize ans il remit Iroits d'aînesse à son frère puuié, et entra
supérieurs généraux, et des chartreux qui ont été élevés a l'épiscopat ; un Catalogue des chartreux, et une Notice des observances anciennes et modernes de l'institut. On y trouve encore une dissertation du chanoine de Paris dont on faisait les funérailles dans l'église Notre- Dame, en présence de saint Bruno. On a en outre du P. de Trac y des Remarques sur lé ta» ldissemcnt des théatins en France, sur les maisons de cette congrégation, sur l'institut des religieuses théatines, sur les constitutions et statuts de cet Ordre , etc. Voy. Pérennès , dans la Biogr. univers, de Feller.
TRADITA. Les signatures venues de Rome devaient être cotées du nom du banquier de Home , du nom du banquier de France qui en avait sollicité l'expédition , et du chiffre de l'article de son registre où était contenu l'envoi de cette commission , c'est-à-dire du registrata. L'expéditionnaire de France y devait mettre aussi son nom , sa demeure , et c'était lui qui les délivrait et faisait expédier à Rome, ce qui s'appelait le trudita.
I. TRADITEOR (Traditor), nom donné dans les premiers siècles de l'Église
TKAD
TRAD
qui, pour éviter les tourments et la mort, livraient les saints livres de l'Écriture aux persécuteurs. Le concile d'Arles de l'an 314 ordonna que ceux qui seraient coupables d'avoir livré soit les Écritures, soit les vases sacrés, ou d'avoir dénoncé leurs frères, seraient déposés de l'ordre du clergé. Voij. saint Augustin, dans ses Livres contre les donatistes. Optai de Milève, contre Parménien,l. I. Bergier, Diction, de théologie, etc. Compar. notre art. LAPSES.
II. TRADITEUR. nom que Ton donne aussi à ceux qui livrent des églises à des hérétiques ou à des schismatiques pour y célébrer le service divin selon leur croyance et leur rit. On demande s'il est permis à des catholiques de livrer leurs églises à des hérétiques ou à dos schématiques, ou de consentir que les deux communions y célèbrent tour à tour le service divin selon leur croyance et leur rit. A ces questions qu'Us se sont posées, Richard et Giraud répondent négativement, et établissent leur sentiment sur dix preuves différentes, dont ils tirent ces conclusions. 1° Les catholiques ne peuvent, selon leurs principes, livrer ou céder leurs églises à aucune secte étrangère, sans se rendre un quelque sorte plus coupables que ne l'étaient les traditeurs des Livres saints; 2° les église» dans lesquelles une secte étrangère ferait les actes publics de sa communion seraient bien plus souillées et profanées que ne le fut le temple de Jérusalem par les vendeurs et les acheteurs que Jésus-Christ en chassa; 3° ces églises doivent être regardées comme véritablement polluées et profanées dès qu une secte étrangère y a une fois exercé son culte, puisqa'ellcs le sont par l'inhumation d'un excommunié dénoncé, ou de quelque autre personne qui aurait professé publiquement une fausse religion; 4° que les églises cessent d'être catholiques dès qu'on y l'ait l'exercice public d'un faux culte, comme un calice cesse d'être un vase sacré dès qu'il a servi à quelque usagu profane, et que, comme ce calice a besoin d'une nouvelle consécration pour pouvoir être employé au service divin, l'église a aussi besoin d'une bénédiction pour être purifiée de la souillure qu'elle a contractée par l'exercice d'un faux culte, avant qu'on puisse de nouveau y exercer le culte catholique. Le quatrième chapitre du premier livre des Machabées en fait la preuve. Ces conclusions de Richard et Giraud, nous devons le dire, sont appuyées sur le témoignage ilçji Pères de l'Église, des conciles et du droit r.'nn. Ces savants dominicains y ont ajouté l'exposé des liaison* qu'on allègue en faveur de In compatibilité du culte catholique et du culte hérétique ou schisma tique dan* une même église et les réponses à ces ruisons. Or ces réponses , il faut le dire encore, ne laissent rien a désirer.
(.TRADITION se dit généralement, et dans un sens étendu, de la doctrine émanée et communiquée de vive voix, d'âge en Age, sans le secours de l'Écriture. Si l'on considère la tradition par rapport à la matière, on en peut distinguer de trois sortes dans la nouvelle loi; savoir : la tradition de la foi, la tradition des iwriirs et la tradition des rites. La tradition de ta fui est la doctrine qui nous a été transmise de vive voix sur quelques articles de foi; comme, par exemple , que l'Ecriture sainte renferme la parole de Dieu et que l'Église en connaît le véritable sens. La tradition des mœurs est la doetrine qui nous a été transmise de vive voix sur certaines pratiques salutaires et propres au règlement des moeurs , telles que les observances des fêtes, des jeûnes, des abstinenees,
etc. La tradition des rites est la doctrine transmise de vive voix sur certaines cérémonies, telles que celles de la messe et des sacrements. Si l'on envisage la tradition du côté de ses auteurs, il y en a aussi de trois sortes dans la nouvelle loi, savoir: la tradition divine, Y apostolique et l'ecclésiastique. La tradition divine est la parole de Dieu non écrite, mais émanée de la bouche même de Jésus -Christ ou révélée aux apôtres par le Saint-Esprit, et communiquée par ces mêmes apôtres aux premiers fidèles, qui l'ont transmise à leurs successeurs, dont nous l'avons reçue successivement et comme de main en main. La tradition apostolique consiste dans certaines pratiques établies par les apôtres, telles que la triple immersion dans le baptême, l'observation du dimanche au lieu du sabhat, etc. La tradition ecclésiastique corlsiste dans certains usages pieux, introduits d'abord par les peuples et les pasteurs, puis approuvés ou expressément ou tacitement par relise, qui leur a donné force de loi. Telle est l'observation des jeûnes des Quatre-Temps, etc. Or la tradition dicine est absolument nécessaire, et elle l'a toujours été : 1° pour discerner les livres canoniques des apocryphes ; 2* pour déterminer le vrai sons de l'Écriture ; 3° pour nous persuader de la vérité de plusieurs dogmes de foi , qui ne sont point expressément dans les Livres saints; comme, par exemple, qu'il y a sept sacrements; qu'il faut baptiser les jeunes entants; qu'il ne faut point rebaptiser les hérétiques qui ont reçu le baptême selon la forme légitime. La nécessité, et 1 autorité de la tradition sont fondées sur l'Ecriture et sur les Pères. Saint Paul parle ainsi aux Thessaloniciens : « Demeurez fermes, et gardez les traditions que vous avez apprises, soit par nos discours, soit par notre lettre (II ThessaL, h, 14). » Il dit aux Corinthiens : « J'ai reçu moimême du Seigneur ce que je vous ai aussi transmis (1 Corinth., H, 23); »et il écrit à Timothée : « Et ce que tu as entendu de moi, devant un grand nombre de témoins, contie-le à des hommes fidèles, qui soient eux-mêmes capables d'en instruire les autres (Il Timoth., il, 2). » Quant aux Pères de ( Église , ils n'ont qu'une même voix sur la nécessité de la tradition ; on peut voir leurs témoignages les plus formels dans les théologiens, au traité De Verbo l)ei, et daus les passages de plusieurs d'entre eux que nous indiquons un peu plus bas. On connaît la tradition divine: 1» par le consentement unanime des Pères; 2° par les décrets do l'Église universelle, soit assemblée dans les conciles, soit dispersée; 3° par la croyance uniforme de toutes les Églises. On connait aussi la tradition apostolique par son untiqnité et son universalité. Une tradition n'est pas apostolique lorsqu'elle n'est pas généralement enseignée et pratiquée par toute l'Eglise, ou qu'on en trouve le commencement dans des règlements faits dans quelques conciles ou quelques Églises particulières; pour qu'elle le soit réellement, il faut qu'elle ait été admise toujours, partout, par tout le monde (Quod semper, quod unique, quod nb omnibus). Voilà la règle infaillible pour discerner les traditions apostoliques des traditions humaines. Voi/., sur les différentes questions concernant la tradition, saint Ignace, martyr, dans Euseb., liist. eccles., 1. III, c. xxxvi. S. Irénée, Advers. Harres., 1. 111, c. m. Clément d'Alex., Stromat., 1. I. Terlullien, De Prœ&cript., c.xvu. S. Basile, De Spiritu sancto, c. xxvn. S. August., De Baptismo contra donatistas, c. vu, n. 12. Vincent de Lerins, /*' Mver-
TRAD
TRAD
ti*temcnt, c. ni. Richard et Giraud, qui prouvent la légitimité de leurs définitions, rapportées quelques lignes plus haut.Bergier, Diction, dr théol., êdit. de Lille, 1844, dans laquelle on a ajouté de puissantes considérations, prises en partie de la Dissert, sur les Eglises catholiques et protestantes, par le card. de la Luzerne. L'Enei/vtop. cathol., où on lit un très-bon article de H. J., professeur de théologie.