TROS
criture et de la tradition. L'abbé de Bretonvilliers , successeur d'Olier, étant mort en 1676, Tronson fut élu supérieur de Saint-Sulpice; il forma dans le séminaire un grand nombre de sujets, dont plusieurs parvinrent aux premières dignités de I Église de France, Fénclon, entre autres, fut un de ses élèves. Consulté par les évéques, directeur de personnes du monde d'un h. un rang, telles que la duchesse de Guise, fille de Gaston, duc d'Orléans, M»» Golbert, femme du ministre ; le duc de Bcauvillicrs, et d'autres seigneurs, Tronson jouissait de la considération générale; et, il faut l'avouer, personne n'en était plus digne. Non-seulement il prit part aux décisions qui eurent lieu à l'occasion du quiétisme; mais c'est au séminaire même d'Issy que se tinrent les conférences où il figura d'une manière si honorable. Ajoutons qu'il refusa plusieurs fois l'épiscopat , et qu'il rut regardé avec raison comme un des ecclésiastiques les plus sages et les plus capables. Malgré la correspondance qu'il entretenait dans tous les diocèses, correspondance telle qu'on était étonné qu'il pùt y suffire , il a laissé : 1* Eramens particuliers, à l'usage de» séminaires; Lyon, 1<2K), in-12, souvent réimprimés; il y a aujourd'hui 2 vol.; c'est proprement un recueil de méditations sur les vertus dont les ecclésiastiques ont le plus besoin, ou sur les défauts qui leur sont les plus naturels, ou sur les devoirs qu'il est le plus important pour eux de remplir;— ■ 2° Forma cleri, collection tirée de l'Écriture, des conciles et des Pères, touchant la vie et les mœurs des ecclésiastiques; d'abord en 3 vol. in-12, puis, Paris, 1727, in-4°; enlin, 1821, 3 vol. in*; — 3° Lu Vie de la sœur Marie du Saint-Sacrement ; Paris, 1690, in-8°; cette Vie, que Feller classe parmi les écrits de Louis Tronson, est attribuée par d'autres à Jeun-Pierro, son frère. (Voy,
1 art. suiv.); — 4» Traité de Vobéùsance; 1822, in-12; — 6^ Manuel du séminariste , ou Entretiens sur la manière de sanctifier ses principales actions, avec quelques autres opuscules, 1823,
2 vol. in-12; — 6° Retraite ecclésiastique , suivie de méditations sur rhumilité; 1823, in-12. Ces derniers ouvrages, que Louis Tronson avait laissés en manuscrit, respirent, comme les précédents, la sagesse, la profondeur de vues, le xèle , la piété, la solidité d'esprit, la parfaite expérience dans la connaissance et dans la conduite des hommes, entin toutes les qualités excellentes qui caractérisaient cet ecclésiastique, que nous ne craignons pas déqualifier d'homme extraordinaire. Ses (Jt.uvres complètes ont été publiées â Paris, 1857,2 vol. gr. in-8°. Vot/. Feller, Michaud, Itiogr. univ. La Nouv. tiiogr'.génér.
IL TRONSON DE CHENEVIÊRE (Jean-Pierre), frère du précédent , a publié : Fie de la vénérable Mère Marguerite Acarie, dite du Saint-Sacrement, religieuse carmélite déchaussée; Paris, 161)0, in-8°. Compar. l'art, précédent.
TRONTO. Voy. Truentum.
TROPAIRE (Troparius ou Tropanarius ), en termes de rubrique, était un verset qui se chantait après les heures dans l'Église grecque, et
Îui, pour l'ordinaire, était à l'honneur du saint ont on faisait la féte ce jour-IA. Tropaire se disuit aussi du livre qui contenait les trope» (tro]>0. Vou. Suicer, Trésor ecclésiast, D. Macri ilierolericon, ad voc. Tropus. Gaet. Moroui, vol. LXXXI, p. 122-124. Compar. l'art. Trope. TROPAS. Voy. Tropea.
TROPE (Tropus), sorte de verset oui se chantait chez les moines immédiatement avant l'introït dans les solennités, et lui servait comme de prélude. Ainsi, jwr exemple, le jour de Noël,
l'introït de la première messe commençait par ces mots : Puer natus est, etc.. et le trope qui se chantait avant était : Ecce adest, de quo PropUcta; rmnerunt; et dès qu'il était fini on commençait sans aucune interruption ■ Puer natus est, etc. Voy. I». Macri Hierolericon , ad voc. Tropus. Gaet. Moroni, qui donne, ainsi que Mapri, l'étymologie du mot Tropus.
TROPEA (Tropia, Postroftheen , Trophœa et Tropas), ville épisc. du royaume de Naples, dans la Calabre ultérieure, sous la métropole de Re^nio. L'évôclié d'Arnontea , dans la Calabre Citérieure, a été uni à celui de Tropea. Le premier évéque de cette ville, Laurent, assista au synode romain sons le pape Svmrnaque, en 41»8, et le second connu , Jean , siégeait en 649. Vou. Itai. Sucra, tom. IX, col. 448. Richard et Giraud. Gaet. Moroni, vol. LXXXI, p. 124-129.
TROPÈS. Vot,. Torpet.
TROPHŒA. V«y. Tropea.
TROPHIME (Saint), disciple de saint Paul, était gentil de nation et natif d Éphèse. Saint Paul rayant converti, Trophhne s'attacha à lui et ne le quitta plus. Il est difficile de concilier ceux qui disent que saint Paul , passant par les Gaules, laissa Trophime à Arles, en qualité d évéque, avec ce qu'écrit l apotre à Timothée , savoir, qu'il laissa Trophime malade à Milet. Les Grecs font mémoire de saint Trophime le 14 avril, et disent qu'il eut la tôte tranchée avec saint Paul, par ordre de Néron. On honore sa mémoire à Arles, le 29 décembre. Voy. Actes, xx, 4; xxi, 29. II Timoth., iv, 20. D.Calmet, Diction, de la Bible.
TROPIA. Voy. Tropea.
TROPIQUES. Saint Athanase, dans sa Lettre à Sérapion, donne le nom de tropiques aux Macédoniens, qu'on nommait pneumotomaques en Orient, et patropassiens en Occident, parce qu'ils prétendaient expliquer l'Écriture par des tropes ou figures de discours, par lesquelles la propre et naturelle signification d'un mot est changée en un autre. C est de cette manière qu'ils prétendaient prouver que le Saint-Esprit n'était pas une personne, mais une opération divine. Les sociniens font encore de même, et répètent les interprétations forcées de ces anciens sectaires. Quelques controversistes catholiques ont aussi donné le nom de tropiques ou de tropiste» aux sacramentaires qui expliquent les paroles de l'institution de l'Eucharistie dans un sens figuré. On sait que le mot grec troué signifie tournure, changement. Voy. Bergier, Diction, de thèol.
TROPISTES. Voy. TROPIQUES.
TROPITES, hérétiques qui disaient que, par l'incarnation, le Verbe s'était changé en chair ou en homme, et avait cessé d'être une personne divine. C'est ainsi qu'ils entendaient les paroles de saint Jean : te Verbe a été fuit cluxir. ils ne considéraient pas , dit Philastre , que le
Verbe divin est immuable, puisqu'il est Dieu et Fils de Dieu ; il ne peut donc pas cesser d'être ce qu'il est. Lui-même a formé par sa puissante ki chair ou l'humanité dont il s est revêtu, afin de se rendre visible aux hommes, de les instruire et d'opérer leur salut. Tertullien av.iit déjà réfuté cette erreur. Elle fut renouvelée par quelques eutychiens au v« siècle. Voy. Philastre, Hteres., lxx. TèrtulL, Lib. de carne Christi, c. x et seqq. Bergier, Diction, de théol.
TROPO LOGIQUE ou MORAL est un des sens spirituels de l'Ecriture sainte. Voy. SENS, nBIH.
TROPUS. Voy. Trope.
TROSLEY ou TROSLT ( Trosteum), lieu du diocèse de Soissons où l'on a tenu quatre