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II. VILLE NE UVE-LEZ-AVIGNONS. Voy. Asnui , n° V

VILLER (Michel), prêtre du diocèse de Lausanne, mort en 1757, âgé de plus de quatrevingts ans, est auteur des Anecdotes sur l'état de ta religion dans la Chine; 1732-1742, 7 vol. in-12. L'auteur impute plusieurs calomnies à des religieux qu'il faisait profession de ne pas aimer, comme l'a prouvé le P. de Goville dans deux lettres insérées dans les tom. XXII et XX11I des Lettres édifiantes, et dans le tom. XXI de la nouv. édit.; Paris, 1781. Viller, attaché au parti jansénien. s'y élève avec force contre l'autorité qui l'accable. \'<>y. Feller, Biogr. univ.

V1LLERS-G0TERETS {Villare Cotia), abbaye de l'Ordre de Prémontré, était située dans l'ile de France , au diocèse et à six lieues de Soissous. Cette abbaye fut d'abord fondée et bâtu* au xu* siècle, dans un lieu appelé Claire-Fontaine, sur les confins du diocèse de Laon; mais ayant été ruinée par les guerres, elle fut transférée en 1071 à Villers-Coterets, et fut en même temps unie à la cure de ce bourg, qui était alors régulière et desservie par les religieux de Prémont ré.

VILLETHIERI (Jean GIRARD DE). Voy. Girard. n° IX.

VILLETTE, prêtre, docteur de Sorbonne, chanoine et grand archidiacre de l'Église de Laon, chapelain de Notre- Dame-de-Liesse, vicaire général et officiai de l'évèque de Laon, a laissé : Histoire de Notre-Dame-de- Liesse , in-8°. On trouve à la fin un petit discours sur la dévotion à la sainte Vierge et sur les pèlerinages. Voy. le Joum. des Savants, 1708, p. 587, 1™ édit., et p. 518, 2* édit.

I. VILLIERS (Cosme de), de l'Ordre des Cinnes, né à Saint -Denis, prés de Paris, en 1083, mort Tan 1758, professa la philosophie à Ploérmel, puis la théologie à Nantes, à Hennebon et à Saint-Pol de Léon, et se livra à la prédication. Ayant fixé sa résidence à Orléans, il devint définiteur de la province et directeur du

couvent de Sainte-Madeleine. On a de lui : Bibliotlteca Cartnelitana ; Orléans, 1752, 2 vol. infol. Cet ouvrage, bien écrit d'ailleurs, est plein de recherches et de curieux détails. Dans la Dissertatio preevia de vitte monasticœ origine, qui est à la tête , l'auteur fait remonter la vie monastique au temps d'Êlie , et prétend prouver de siècle en siècle que l'Ordre des Carmes tire son origine de ce saint prophète. Les Dissertations qui sont répandues dans tout l'ouvrage ont la plupart pour objet la réfutation des sentiments du P. Papebroch, qui n'étaient pas favorables à ces prétentions. Voy. Feller, Biogr. univers., où l'on trouve une note intéressante relative à une conférence que les chefs du jansénisme eurent à Bordeaux vers 1620, dans les mêmes vues qui les assemblèrent l'année suivante à Bourgtbntaine.

IL VILLIERS (Marc-Albert de), prêtre et avocat, né vers 1730, mort en 1778. Parmi ses écrits nous citerons : 1» Apologie du célif-at des prêtres; Paris, 1761, in-12, contre le livre de Desforges, chanoine d'Étampes, intitulé : Avantages du mariage, et combien il est nécessaire aux prêtres et aux évoques de ce temps-ci d'époiser une fille chrétienne ; Bruxelles, 1750, in-12, et mis à Ylndex par décret du 7 janvier 1765; l'abbé de Villiers réfute victorieusement les raisons sur lesquelles le chanoine s'appuie; on trouve à la fin du volume un petit ouvrage de Villiers sur le Mémoire fait au sujet de» mariages clandestin* des protestants; il contient 14 pages; — 2e Instruction de saint Louis, roi de France, à m famille, aux personnes de la cour et autres; t76fi, in-12 ; — 3« Explication littérale sur le Catéchinne du diocèse de Pari*; 1768, in-12; — 4° Dignité de fa nature humaine considérée en rrai philosophe et chrétien; 1778, in-12. Voy. les Mémoires de Trévoux, février 1762, p. 310 et suiv. Pérennès, dans la Biogr. univers, de Feller. Richard et Giraud, qui donnent une analyse de V Apologie du célibat aes prêtre*.

III. VILLIERS (Pierre de), jésuite, né à Cognac en 1018, mort à Paris en 1728, acquit beaucoup de réputation comme prédicateur. Il passa dans l'Ordre de Saint-Benoit, et fut pourvu du prieuré de Saint-Taurin. Il a laissé un certain nombre d'ouvrages, entre autres : 1° Pensées et réflexions sur les égarements des hommes dans la mie du salut; Paris, 1693,1732, 3 vol. in-12; — 2° Conduite chrétienne dans Ip service de Die* et de t Église, avec l'Office de la Vierge: Pari», 1699, in-12; — 3° deux lettres sur les Oraisons des quiétiste«;,où l'on fait voir la source de leur égarement; ibid., 1697. in-12. Voy. le Jnurn.d** Savant*. 1090, 1092,1633, 1(395,1699, 1702, 1700, 1725, 1726 et 173i.Moréri,édit. de 1759. Richard et Giraud. Feller. On trouve dans ces écrivains des détails et des réflexions utiles sur le caractère et les ouvrages de Pierre de Villiers- Michaud. Biogr. univers.

IV. VILLIERS (Placide de), bénédictin de h congrégation de Saint- Vannes, né à "Vesoul, mort en 1089, fit profession à Luxeuil le 5 août 16."). Il était archiviste de ce monastère, et versé dans la diplomatique. On a de lui, et manuscrit, une histoire latine de l'abbaye de Luxeuil, tirée des anciens monuments de ce monastère, et intitulée : Eductum e tenebris Lux(vium, seu Chronicon Luxoviense a vêtus fis Ma monumentis , tanquam ex pulvere eruturn an* Domini 1684j in-fol. D. Grappin, comme le remarque Weiss, a profité des recherches de >o-\ confrère pour la rédaction de son Histoire 4" Luxeuil, encore inédite; et il n'a pas manqué de rendre justice aux talents et au rèle de son

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prédécesseur. Mais, outre sa Chronique de Luxeuil, D. Villiers a laisse de plus, en manuscrit , des Prières pour une dme malade , et le Psautier des affligés, formé de passages tirés des psaumes et des écrits des saints Pères. Voy. Pérennès, dans la Biogr. univers, de Feller. Weiss.dans la Biogr. univers, de Michaud.

VILLOISON (Jean-Baptiste-Gaspard DANSSE ou D ANSSE DE), célèbre helléniste, né à Corbeil, près de Paris, en 1750, mort à Paris l'an 1805, avait lu à l'âge de dix-neuf ans tous les elassiques latins et une partie des auteurs grecs, dont il avait en même temps noté et éclaire! les passages obscurs avec une rare sagacité. Il fit en très-peu de temps de grands progrès dans l'hébreu, le syriaque et l'arabe, quoique sans le secours d'aucun maître. Nommé professeur au collège de France, il avait à peine donné quelques leçons, que, sortant du collège, il se trouva attaqué d'une forte jaunisse qui l'enleva après deux mois de maladie, à ses élèves, à la science et à ses amis. « Les sentiments de religion dont il était pénétré, dit Êtienne Ouatremère, le soutinrent dans sa dernière maladie , et il vit ap-

E rocher la mort avec le calme de l'homme de ien , la résignation du véritable chrétien. » Parmi plusieurs ouvrages purement littéraires et des mémoires insérés dans différents recueils, et surtout dans le Magasin encyclopédigue, nous citerons une version grecque de plusieurs livres de la Bible , mais différente de celle dos Septante , version qu'il avait découverte, et qu'il publia sous le titre de Nova Versio gréera Proverbiovum, Ecc/esiastis , Caniici canticorum, Buthi,Threnorum, Danieliset setectorum Pentaleuchi locornm , ex Codicc unico S. Marci bihlioth. nuneprimum emta et notulis illustrafa; Strasbourg, 1 /84, in-8°; la préface et les notes aioutées témoignent d'une grande érudition. Villoison envoya aussi la copie du Pentateuque à un habile helléniste, A m mon , qui se chargea de le faire imprimer; l'ouvrage parut, en effet, l'an 1790, en 3 vol. in-8». Voy. Y Eloge de Vitteéson, par Dacier; Paris, 1808, in-80, et dans les Nouv. Mémoires de l'Académie des inscriptions, tom. I. La Notice que Chardon de la Rochette, son ami , lui a consacrée dans ses Mélanges de critique, tom. III, p. 1-61. La Notice par Boissonade, dans le Mercure, tom. XX, p. 400, et dans le Magasin encyclopédique, 1805, tom. III,

6380-394. Weiss, dans la Biogr. univers, de ichaud. Etienne Quatremère, dans la Nouv. Biogr. génèr.

VIL LOTTE (Jacques), jésuite, né à Bar-le-Duc en 1656, mort à Saint-Nicolas, près de Nancy, l'an 1743, enseigna d'abord les humanités, puis fut envoyé en Arménie en 1688. 11 montra beaucoup de zèle pour la propagation de la foi , et n'épargna dans ce but ni voyages, ni travaux. En 1709, il se rendit à Rome pour y surveiller l'impression de ses ouvrages arméniens; et, de retour en Lorraine, il gouverna divers collèges de sa société. On a de lui, entre autres ouvrages : 1° IJ Arménie chrétienne , ou Catalogue des rois et patriarches arméniens f jusqu'en 1712; Rome, ■1730, in-12; — 2° Explication de la foi catholique; 1711 , in-12: — 3° Abrégé de la doctrine chrétienne; 1713, in-12; — 4° Commentaire sur les Évangiles ;17l4,in-4°; — 5° une traduction française des Quatre maximes de la philosophie chrétienne du P. Vanori; Rome, 1714, in-12; — — 6° Epi statu de translatione reliquiarum sancti Gregoni, martyris Armeni, in suuwbanum Hispahamense templum societatis Jesu ; imprimée avec la vie de ce saint martyr, écrite par le P. Bonucci; Rome, 1717, in-4»;— 7° Dicttona-

rium novum latino-armenum ex prtecipuis arme' nieœ lingual scriptorihus enneinnatum , in quot preeter adjunctos singularum vocum sens us multiplier s, multa etiam theologica,physica, moraJia, historien, matliematica, geographica, chronoioaica suis quteque loris passim explicantur; Rome, 171 4, in-fol. Voy. Moréri, édit. de 1759. Richard et Giraud. Feller, Michaud, Biogr. univers. La Nouv. Biogr. qéiiér.

VILMER. Voy. Ulmeh.

VIMARIUM. Voy. Vivnres.

VIN. Nous avons déjà parlé des excellents vignobles de la Palestine à l'article VlGKE, n» I. Pour marquer la grande quantité qui s'en trouvait dans le partage de Juda, Jacob dit (Genèse, XL1X , 11) qu'il lavera son manteau dans le vin, et ses vêtements dans le sang dit rnitin. L'usage du vin, dans l'Ancien Testament, était interdit aux prêtres pendant le temps qu'ils exerçaient leur ministère (Lévit., x, 9;. Cette liqueur était aussi défendue aux Nazaréens (Nombr., vi. 3). Quand le vin était défendu, on comprenait d'ordinaire sous cette défense toute liqueur capable d'enivrer, et exprimée dans la \ulgate par le nom de sieera (Juges, xill, 4, 14. Luc, I, 15). On voit encore une rigoureuse abstinence des Réchabites au sujet du vin ^Jérém., xxxv, 1 et suiv.). On donnait du vin a ceux qui étaient dans la tristesse (Proverb., xxxi, 4 et suiv.), et on croit que c'est en conséquence de la coutume qu'on avait d'en user ainsi envers ceux qui étaient condamnés au dernier supplice, que Ion présenta à Jésus - Christ , avant qu'il fût attaché sur la croix , du vin mêlé de myrrhe (Marc, xv, 23). Il est probable que Dieu le permit pour l'accomplissement de la prophétie de David (Psaum. lxviii, 22). Quelques-uns distinguent cette boisson du vin mêlé de fiel qu'on fui présenta lorsqu'il était déjà crucifié, selon les jparoles de saint Matth. (xxvn, 34). D'autres croient que saint Marc a seulement exprimé l'amertume du fiel , dont parle saint Matthieu, par le terme de myrrhe, qui est elle-même trèsamère. Le vin de fa componction, dont il est parlé dans le psaume Lix, 5, peut marquer le calice de la colère de Dieu dont il enivre les méchants. Le vin du Palmier, que la Vulgate rend (Deutéron., xxiv, 26 et suiv.) par sicera, est trèscommun en Orient. Le vin de lihation (vinum Itbaminum) était un vin excellent et sans mélange qu'on répandait sur les victimes dans le temple du Seigneur(Deutéron., xxxn,38). Boire le nu d'iniqwfé est pris (Proverb., iv, 17) pour se nourrir des biens mal acquis, ou abuser des choses nécessaires à la vie. Le vin qui fait germer les vierges, dont parle Zachane (xtx, 17), s'explique des dons du Saint-Esprit, ou clés effets de I Eucharistie. Voy. D. Calmet, Diction, dv ta Bible. J.-B. Glaire, Introd. histor. et cri t., t. II, p. 124, 235, 236, 241, où l'on voit la manière dont on eonserve le vin en Orient, ses diverses espèces, l'usage de l'aromatiser, l'emploi qu'en faisaient les Hébreux dans l'assaisonnement des mets. Compar. Vigne, n° I.

VINAIGRE. On fait du vinaigre avec du vin, de la bière, du cidre, et même avec de l'eau. Le vin de palmier se tourne en vinaigre si on le garde trois ou quatre jours. Les auciens avaient plusieurs sortes de vinaigres; l'un, dont ils se servaient pour boire, comme on peut le voir dans Ruth pi, 14), et l'autre qui était trop fort pour en faire le même usage, tel qu'est celui dont il est parlé dans les Proverbes (x,2fi). Salomon dit aussi (Proverb., xxv, 20) que chanter des cantiques devant celui dont le cœur est corrompu, c'est mettre du vinaigre dans le nitre,

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parce que , de môme que le vinaigre augmente la force detersive du nitre , les airs touchants, loin de guérir un homme corrompu, le rendent

Sire qu'il n'était. Voy. D. Calmet, Diction, de In ibte. J.-B. Glaire, Introduction, etc., tom. II, p. 236.

VINCART (Jean), jésuite, né à Lille, en Flandre, l'an 1503, mort à Tournay en 1079, professa avec distinction les humanités dans les collèges de sa compagnie. Son principal ouvrage est : B. Virgo cancellata in insigni ecclesia D. Pétri Insulœ, cultu et miraculis celebris; Lille, 1636, in-fol., fig.j ouvrage qu'il a traduit en langue vulgaire, a la prière du magistrat de Lille, qu'il a refondu et publié sous ce titre : Hist. de N.-D. de la Treille , auguste et miraculeuse, dans l'église collégiale de Saint - Pierre , patronne de In ville de Lille, etc.; Tournay, 16i7, in-8°. L'auteur rapporte en détail tous les miracles dont il n'avait d'abord parlé que succinctement, d'après Turbelin, et il y a ajouté ceux auxquels il avait lui-même assisté comme exorciste ou comme témoin, l'»»/. YEncyclop. catftut.

VINCENNES, ville des États-Unis d'Amérique, capitale de l'Etat d'Indiana, située sur les bords du Walash. Elle a été érigée en évéché par Grégoire XVI , en mai 1H34. Pie IX ayant, en 18j0, divisé le territoire des États- Unis en six provinces ecclésiastiques, a donné Cincinnati pour métropole au diocèse de Vincennes. Voy. Gaet. Moroni. vol. CI, p. 10-13. L'abbé André, tom. III, art. États-Unis, p. 209-

VINCENS (Jean -Baptiste), religieux de la congrégation de Cluny, né à Arles, mort à Paris l'an 1738 ou 1739, professa la théologie, puis le droit civil et canonique, sciences dans lesquelles il était très-versé. Il prêchait avec succès; aussi fut -il appelé pour des itations dans plusieurs églises cathédrales. Il fut successivement principal du collège de Saint -Martial d'Avignon , premier supérieur de sa congrégation et prieur claustral de Saint-Martin-des-Champs, à Paris. Il a publié divers ouvrages, dont les principaux sont : 1° Duplex Oratio m generalibus Cluniaeensium comitiis habita, ann. 1685 et 165 O, présidente eminentissimo cardinale Bullonio, magno Franciœ eleemosynario, abbute, capite et superiore generali totiui Ordinis Cluniaccnsis;— 2° Duplex Oratio in particularibus strictions observantiœ Cluniacrnsts comitiis habita ann. 1718 et 1720; — 3° Missœ in festis S. Odillonis, S. Framisc. Salesii, S. Thotna; Aquin.. S. Benedicti, S. Maria Mgyptiacœ , etc.; — 4° Prasa> sive sequentia in honorem S. Otlillonis, etc.; — 5» divers Mémoires pour le maintien des supérieurs de l'une et de l'autre observance de l'Ordre de Cluny, dans la juridiction su ries religieuxdesdites observances, contre les prétentions de M. le cardinal de Bouillon; — 7° Lettre à un ami sur une thèse dédiée au cardinal Delfino, et soutenue à Avignon, sans président, par une demoiselle âgée de quatorze ans, sur les quatre parties de la philosophie de Scot ; — 8° ues Sermons, des Panégyriques et des Opuscules t/u'o/ogigues , restés manuscrits. Voy. Moréri, édit. de 1759. Richard et Giraud. Pérennès, dans la Biogr. univers, de I'eller.

' VINCENT. Ce mot étant commun à des homonymes divers, nous avons placé d'abord ceux qui portent le nom de saint, soit hommes, soit lieux, et ensuite ceux qui n'ont pas la qualité de saints.

I. VINCENT(Saint), martyr en \génois,mort, bel on les uns, sous Dèce ou Valéiicn; selon les autres, sous Maximien Hercule; suivant d'autres

enfin, sous Aurélien, vers l'an 273, était venu de quelque province de l'Aquitaine ou de la Gaule narbonnaise pour servir les fidèles de ce pays dans les fonctions du saint ministère. Comme il prêchait dans le territoire de la ville d'Agen, de l'autre côté de la Garonne . il se rencontra par hasard à une fête que les idolâtres du pays célébraient tous les ans, en l'honneur du démon. Vincent ayant dissipé avec le signe de la croix l'illusion dans laquelle les prêtres païens entretenaient le peuple, fut arrêté et conduit comme magicien au gouverneur d'Agen , qui le fit périr par le glaive. Si l'on ignore la vraie date de la mort du glorieux martyr, on sait du moins que son culte est fort ancien, et que dès le vi* siècle on se rendait de toutes parts à son tombeau, comme nous l'apprend saint Grégoire de Tours dans son traité De la Gloire des martyrs. On fait la fête de saint Vincent le 9 juin. Voy. Tillemont, Mémoires, tom. IV, dans Mut. de Sainte- Foi.

II. VINCENT (Saint), diacre et martyr, né à Saragosse, mort, comme on croit, le 22 janvier 304, fut mis dès son enfance sous la conduite de Valère, évèque de cette ville, qui l'éleva au diaconat et lui confia le ministère de la parole. Il s'acquitta de son double emploi avec le plus grand zèle, et, sur la fin de l'an 303, l'évéque Valère et Vincent, son diacre, fin • ut arrêtés et conduits à Valence chargés de chaînes. Valère fut exilé, et Vincent périt dans les plus crueh supplices. On honore sa mémoire le 22 janvier. Voy. saint Augustin, Sermon* sur saint Vincent. Prudence, Hymne sur le même saint. Bollandus, au 22 janvier. D. Thierri Ruinart, Acta primorum mortiirum sincern. Tillemont, Mémoires, t. V.

m. VINCENT DE LERINS (Saint), religieux, mort vers l'an 450, était Gaulois de naissance, et peut-être de Toul. Saint Eucher de Lyon dit qu il était frère de saint Loup de Troyes; nuis Gennade n'en parle point. Il suivit l'abord la carrière des armes, mais il l'abandonna bientôt pour se retirer dans le monastère de Lérins, où, après avoir passé quelque temps dans les exercices de la pénitence, il fut ordonné prêtre et chargé de la conduite de Salone et de \éran. fils de saint Eucher. Son nom est marqué au 24 mai dans le Martyrologe romain et dans celui d'L'suard. 11 nous reste de saint Vincent de Lérins : Commonitorium i«o catholica* fidei antiquitate; la meilleure édition de cet ouvrage e*t celle qui a été donnée par Baluze , Paris, 1663, 1669, 1681 ; Cambridge, 1687 ; Brème, 1688. Vo». saint Eucher de Lyon, Uttres. Gennade, /V Viris iffustribns. Le P. Papebroch. Conffniwf.de Bollandus, au 24 mai. D. Ceillier, Hist. des Aui. sarr. et a clés., tom. XIII. p. 564 et suiv. Le Diction, de lu théol. cathol., où l'on trouve une analyse du C ommonitorinm.

IV. VINCENT DE PAUL (Saint), né à Ranguines , petit hameau de la paroisse de Pouy, près de Dax, en 1576, mort à Paris le 27 septembre 1660, fut d'abord employé à la garde du petit troupeau de ses parents. Ordonné prêtre en 1600, et nommé presque aussitôt à la cure de Thil, il la céda volontiers à un compétiteur et se lit recevoir bachelier en 1601. Étant allé à Marseille pour y recueillir une succession, il fut pris par des pirates, mené à Tunis, et vendu comme esclave. Il convertit cependant le dernier maitrequi l'avait acheté, et parvint à revenir en France. Devenu aumônier de la reine Marguerite, il se logea près de l'hôpital de la Charité, où il allait exhorter les malades, et les servait comme se> frères. Il ne tarda pas à se lier avec Pierre de Bérulle, qui jetait alors les

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fondements de sa nouvelle congrégation de l'Oratoire , et il y entra afin de se séparer du monde et pour trouver dans la personne de Bérulle un directeur éclairé. En 1611, il accepta d'après l'ordre de son directeur, la cure de Clichy, où il établit la confrérie du saint Rosaire , et il lit voir à quel degré éminent il était capable de diriger son troupeau. Vers la lin de l'année 1613, Vincent de Paul entra dans la maison de Gondi pour faire l'éducation de trois jeunes gens ; et ce fut en 1617 quïl commença ses missions, qui opérèrent de si nombreuses conversions. Nommé à la cure de Chàtillon, il ne réussit pas moins bien qu'à Clichy; il réforma les ecclésiastiques, ramena à l'Église plusieurs calvinistes, prit soin des pauvres, et établit la confrérie de la Charité, qui servit de modèle i une infinité d'autres qui restèrent dans presque toutes les paroisses. Cependant, non content de pourvoir aux besoins des pauvres, il visita les galériens de Paris, les prisons et les hôpitaux, et rendit à ces malheureux tous les services qu'il pouvait leur rendre. Aussi, en 1610, Louis Al II établit -il Vincent aumônier

Fénéral de toutes les galères de France; et, année suivante, à la demande de saint François de Sales , il fut nommé premier supérieur des religieuses de la Visitation, que Jeanne- Françoise Fréraiot de Chantai venait d'établir. Cependant les missions qu'il faisait de tous côtés lui donnèrent lu pensée d'associer des hommes à son œuvre, et, en 1620, une confrérie de charité d'hommes fut autorisée à Amiens. L archevêque de Paris mit le collège des Bons- Enfants à la disposition de Vincent, qui s'y installa avec sa nouvelle communauté; Louis XIII autorisa cette association en 1627, et Urbain VIII l'érigea en congrégation Tan 1632; ce fut seulement en 163H que Vincent donna des constitutions à ses disciples, qui prirent le nom de Prêtres de la Mission ; on les appela aussi Lazaristes, parce qu'en 1632 on leur céda le prieuré de s, m il - Lazare. Nous ne passerons pas non plus sous silence les confréries de la Charité, établies pour le soulagement des pauvres malades, d'où les associations des Dames de charité et des Servantes des pauvres ont tiré leur origine , et l'œuvre des Enfants trouvés , à laquelle le nom de saint Vincent de Paul est resté glorieusement attaché. La France entière ressentit les heureux effets de sa charité; les troubles de la Fronde et la terrible misère qui, avec la famine et les ravages des gens de guerre, en furent la conséquence, appelèrent l'attention de Vincent, qui, non content d'assister les pauvres de Paris, envoya des secours dans les malheureuses provinces de Lorraine et de Champagne. Enfin, un des plus considérables services que ce pieux prêtre rendit à l'Eglise, ce fut 1 établissement des grands séminaires; il en Proposa le plan à plusieurs évéques , et , dès 1 année 163o, suivant l'esprit du saint concile de Trente, il reçut un certain nombre de clercs pour les former au saint ministère. Tels sont, en abrégé , les immenses services rendus par <*e grand saint, et qui ont rendu son nom si populaire. Aussi toutes les voix s'élevèrentelles pour solliciter sa canonisation, qui eut lieu en 1737, sous le pape Clément XII. Sa fête a été fixée au juillet. Vincent n'a publié de son vivant que les Régula seu Constitutions communes congregationis Missionis; Paris, 1658, in- 16. On a mis au jour, d'après ses manuscrits, les Conférences spirituelles pour l'explication des Règles des Filles de ta Charité; ibid., 1K26, in-4». Voy. Abelli,év. de Rodez, Vie du vénérable ser-

viteur de Dieu Vincent de Paul; Paris, 166V, 172Î1, in-4°, et 1825 , 5 vol. in-12, sous le titre de Vie de saint Vincent de Paul, par Abelli, augmentée de l'histoire de la canonisation du saint et de plusieurs morceaux de nos meilleurs écrivains sur Vincent de Paul. P. Collet, Vie de saint Vincent de Paul; Nancy, 1748, 2 vol. in-4», et 1818, 4 vol. in-12. L'abbé Maynard, Saint Vincent de Paul, sa vie . son temps , ses œttvres, son influence; Paris, 1860, 4 vol. in -8»; c'est sans contredit l'ouvrage le plus complet qui ait paru sur la matière. VAmi de la Religion, tom. LUI , où l'on trouve les détails relatifs à la translation des reliques du saint. — Sous le nom de Saint-Vincent-de-Paul, il s'est formé à Paris, en 1833, une société de charité chrétienne, dont le fondateur, M. Baillv, était un honorable im-

tirimeur de Paris. Cette société, humble et àible à son origine, s'est rapidement répandue en France et à l'étranger. Voy., pour tout ce qui concerne cette société, le Manuel dr ta Société de Saint- Vincent -de -Paul: Paris, 1859. J. Goschler, dans le Diction, de la théol. cathol.

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