I.VULGATE (ANCIENNE). Voy. Italique, n» II
IL VULGATE (NOUVELLE), ou simplement VULGATE; c'est notre Vulgate actuelle, qui a remplacé dans l'Église latine l'ancienne italiue, qui a toujours joui d'une grande autorité ans la critique, que le concile de Trente a déclarée authentique , dont il a prescrit l'usage dans les controverses, les leçons publiques, les prédications et les explications de l'Écriture, et a laquelle il a donné la préférence sur toutes les autres versions , en déclarant expressément que personne, sous quelque prétexte que ce puisse être, ne doit avoir l'audace ou lu présomption de la rejeter: « Sancta Synodus, conc siderans non parum utilitatis accederc posse « Ecclesiae Dei si ex omnibus tntinis editionibus « quaecircumferunturSacrorum Librorumqux- «c nain pro a ut lient ici sit habenda innotescat, « statuit, et déclarât, ut hœc ipsa vêtus et Vul- « gâta editio quae longo tôt s&culorum usu p rôti bata est in publicis lectionibus, disputalioni- „ « bus, praedicationibus et expositionibus pro** « authentica habeatur, et ut nemo illam reji- « cere quovis prœtextu audeat vel prœsuinat. » Si des protestants peu instruits se sont attachés à déprimer tant qu'ils ont pu le mérite de la Vulgate, quelques auteurs catholiques l'ont exagéré en prétendant qu'elle a été divinement inspirée, et que par conséquent elle ne contient pas l'erreur la plus légère. Ce n'est pas l'avis de saint Jérôme lui-même ; on peut s'en assurer en lisant sa Préface sur te Pentateuque , et surtout son Commentaire sur lechap. XL d'Ezéchief. Quant aux protestants qui se sont plu à dénigrer la Vulgate, on peut leur répondre que les critiques les plus habiles et les interprèles les plus savants parmi eux ont reconnu, au contraire, sa supériorité. Nous nommerons entre autres Louis de Dieu, Grotius, Paul Fage, Drusius, Carpzovius, Thomas Hartwell. Ilorne,G. Gesenius, dont nous avons rapporté les témoignages dans notre Introduction histor. et rrit. Apres en avoir usé de même envers notre version latine, le savant anglican B. Wallon, auteur de la Polyglotte de Londres, ajoute : « Ces témoignages prouvent clairement que les protestants les plus savants, bien qu'ils n'accordent pas à la Vulgate une autorité souveraine, et qu'ils ne l'égalent pas aux sources primitives, en la déclarant exempte de toute erreur, ils ne la méprisent pas; ils lui rendent au contraire l'honneur qu'il lui est du. C est pourquoi nous l'avons insérée dans notre édition de la Bible , laissant de côté les traductions latines qui ont été faites de nos jours, d'après des manuscrits hébreux et grecs très-récents, et auxquelles,,! cause de leur nouveauté même, nous n'avons pas dû convenablement donner une place parmi les versions que leur antiquité rend vénérables. »
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— La Vulgate se compose: 1° des livres protocanoniques de l'Ancien Testament, traduits par saint Jérôme sur l'hébreu, et des livres deTobie et de Judith, traduits du chaldéen ; 2° des livres de l'Ancien Testament, tels qu'ils se trouvaient dans l'ancienne Italique , c'est-à-dire de la Sagesse, l'Ecclésiastique, Baruch, le premier et le second des Machahées, la Lettre de Jérémie. Saint Jérôme avait traduit, il est vrai, tout le Psautier sur le texte hébreu ; mais cette version r»> fut pas adoptée, a cause du long usage qu'on faisait dans toute l'Église du Psautier de l'ancienne Italique; 3° des livres du Nouveau Testament de l'ancienne Italique, corrigés sur les textes grecs par le même Père, à la prière du pape Damasc. — A peine la Vulgate eut-elle paru, que, malgré sa supériorité sur les autres anciennes veisions, elle fit élever contre saint Jérôme une foule de réclamations et de censures amères. dont il se plaint lui-môme dans un grand nombre de ses lettres. Si ce violent orage fit que cette traduction ne fut pas d'abord acceptée par toutes les Églises latines, il ne l'empêcha pas de recevoir d. s applaudissements; car les hommes les plus habiles de celte époque exhortèrent son auteur à poursuivre son travail. Saint Augustin lui-même, qui avait d'abord défendu qu'on la lut dans son diocèse, lui rendit rependant tonte la justice qu'elle méritait. Bien plus, « il l'approuva tellement dans la suite, comme le remarque D. Cal met , qu'il en composa son Spéculum ou Miroir, qui est un tissu des plus beaux endroits moraux de l'Écriture destinés i être mis entre les mains des simples lideles qui n'avaient pas le moyen ni le loisir de lire toute la Bible. » Pendant les v« et vi« siècles, la Nouvelle Vulgate acquit une assez
grande réputation, puisque saint Grégoire le rand dit que de son temps l'Église romaine se servait de l'ancienne Vulgate , faite sur le texte des Septante, et de celle de saint Jérôme, faite sur l'hébreu, et que, d'un autre côté, saint Isidore de Séville affirmait, vers l'an 631), que la version des saintes Écritures faite d'hébreu en latin par saint Jérôme , était généralement en usage dans toutes les Eglises: « Cujus édite tione omnes Ecclesiae usquequaque utuntiu*. s l'eut-être que ce saint n'entend parler que des Églises d'Espagne, où il vivait; mais, quoi qu'il en soit, peu de temps après saint Isidore, toutes les Églises latines ne se servirent plus que de la Nouvelle Vulgate, à l'exception du 1 Gautier selon les Septante, qui fut toujours conservé. Ainsi la force de la coutume, aussi bien que le consentement unanime des Églises, en introduisant partout la Vulgate. préparèrent les voies au décret du saint concile de Trente; décret
d'autant plus juste et d'autant mieux fondé, que le célèbre interprète protestant Drusius loue ce concile d'avoir donné à la Vulgate la sanction de son autorité, « parce que, dit-il, les versions nouvelles ne sont pas meilleures que cette ancienne, et qu'elles ont peut-être de plus grands défauts. » Quand nous avons dit , quelques lignes plus haut, que ce sont des protestants peu instruit» qui ont déprimé le mérite de la Vulgate, nous n avons fait que répéter, en la mitigeant, l'expression d'un des leurs, le fameux Paul Fage, qui traite de demi-savants , de .*«/%• et A'impuiients, tous ceux qui osent mal parler de cette version : « Non est ergo temere nata * Vulgata edilio, ut quidam scioli stulte et im- « pudenter clamitant. » Quant aux diverses éditions de notre Vulgate, nous avons fait connaître les principales dans notre Introduction, etc., tom. I, p. 169 et suiv.; nous nous bornerons ici à signaler celle du savant P. Barnabite Charles Vercellone, intitulée : BibHa sacra Vulgatv editionis Sixti V et démentis VIII. Pontt. Marx., jussu recognita atque édita ; Romae, typis S. Congrégations de Propaganda fide,annolH61, grand m-K Voy., pour les différentes questions que nous avons touchées dans cet article, D.Calmet, Dissert, sur la Vulg., tom. l*f, part. H, p. I<>2- 103, ou bien Bible de Vence, tom. I , p. 141-145, 5e édit. G. Fabricy, Titres primitifs de la rérèlatiun, tom. 11, p. 96 et suiv. Richard et Giraud. Bergier, Diction, de thenl., où l'on trouve la solution des différentes difficultés que les protestants ont opposées à la Vulgate pour en détruire l'autorité. J.-B. Glaire, Intrttduction, etc., tom. I, p. 146 et suiv.