X. MARGUERITE DU SAINT-SACREMENT
Votj. Acahie, n° II.
MARGUILLIER ( .Edituus, (tditimus, eedis curator et custos, et dans la basse latinité, matricularius), celui qui a l'administration des affaires temporelles d'une église, d'une paroisse , qui a soin de la fabrique et de l'œuvre. L'intendance de la fabrique des églises appartenait autrefois aux évéques, qui s'en déchargèrent sur les archidiacres , et les archidiacres sur les curés ; mais ceux - ci l'ayant négligée , on commit ce soin à des séculiers notables et zélés , comme l'avait ordonné le concile général assemblé à Vienne en 1311. On choisit pour remplir cette charge des laïques solvables et probes, qui sont élus à la pluralité des voix par une assemblée convoquée à cet effet, et
composée du curé, des marguilliers en charge, des anciens et principaux haoitants. On nomme en outre deux marguilliers d'honneur, et on est dans l'usage de déférer ces places aux ma-
Îistrats ou aux personnes constituées en dignité. '"'/• Van Espen, Juris eccl., p. 37 et suiv. Gibert , Institut. eccL et benef., p. 300 et suiv. Conférences de Paris sur l'usure , tom. IV , p. 343. Richard et Giraud, qui , en trois paragraphes, traitent de l'élection , des droits et des charges des marguilliers. Le Diction, ecclés. et canon, portatif, et cnmpar. Fabricien , Fabrique.
MARHEINEKE ( Philippe - Conrad ) , protestant, né à llildesheim en 1780. professa la théologie à Erlangen , à llcidelberg et à Berlin ; il fut nommé en 1811 prédicateur à l'église de la Trinité à Berlin. Parmi ses ouvrages nous citerons : 1* Sermons; Gœttingue , Erlangen et Berlin ; 1805-1818, 4 vol.: — 2» Symbolique chrétienne: Heidelberg, 1810-1814, 3 vol.; — 3» Histoire de la réforme en Allemagne , Berlin, 1816 , et 1831-1834, 4 vol. in-8«, — 4° Principes de la dijgmattque chrétienne; ibid., 1819 et 1827 ; tous ces ouvrages sont écrits en allemand. Voy. la NottV, lli'igr. génér.
MARHÊSCHVÀN. Voy. Boul.
MARI, MAT ou MATRE (Saint), en latin Marius , premier abbé de Beuvoux ou Val -Benoit en Provence , né à Orléans , mort le 24 janvier 555, se renferma dans un monastère de son pays, où il résolut de mener une vie pénitente. Cependant, vers l'an 506, les religieux de la nouvelle abbaye de Beuvoux le choisirent pour être leur premier abbé , et , sous son gouvernement, cette communauté parvint à un haut degré de splendeur. Il donna à ses religieux de continuels exemples d'humilité, de douceur et de charité; aussi Dieu le favorisa -t- il du don de prophétie et de celui des miracles. On célèbre sa féte le 27 janvier. Voy. Bollandus. D. Mabillon , Acta Sanctorum Ordinis Sancti lienedictt . etc. Richard et Giraud.
I. MARIAGE (Matrimonium, conjugium, connubium, nuptiœ , consortium). 11 peut être considéré ou comme contrat civil, ou comme sacrement de la nouvelle loi.
1° Comme contrat civil, le mariage est défini dans le catéchisme du concile de Trente, une union conjugale entre un homme et une femme , personnes légitimes (c'est-à-dire qui, selon les lois divines et humaines, peuvent contracter cette union), et qui emporte une obligation de vivre inséparablement ensemble. Le mariage ainsi contracte s'appelle mariage légitime. Il est de droit naturel, puisque la nature perte en général les hommes à cette union, et de droit divin, comme le prouvent ces paroles : Et Dieu créa l'homme à son image...; il les créa mole et femelle. Et Dieu les bénit et leur dit : Croissez et multipliez, et remplissez la terre (Genèse, i, 27, 28L Ces paroles, qui contiennent l'institution, la fin, la bénédiction du mariage, et qui ont été adressées à nos premiers parents, n'imposent cependant pas à tous leurs descendants sans exception 1 obligation rigoureuse de se marier, comme le prétendent les juifs et les protestants. A la vérité , il y avait au commencement du monde un précepte naturel pour tous les hommes de se marier, parce que la nature dicte et ordonne la multiplication du genre humain, et ce précepte a duré jusqu'à ce que les hommes se fussent suffisamment multipliés. Mais depuis ce temps il n'oblige plus personne en particulier. Il n'a pas même obligé les Hébreux , car saint Jérôme prouve (Contr. Jovtn., I. I), par les exemples de Josué,d'Elie, d'Elixée et d'au-
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très personne ges qui n'ont jamais été mariés, que le célibat était non - seulement permis par la loi de Moïse, mais qu'on le regardait même comme un état plus parfait que celui du ma riage. Ainsi la raison qui obligeait Adam et ses premiers enfants au mariage ne subsiste plus , et n'oblige plus tous les hommes de la même manière. Il est vrai que les juifs et les protestants s'appuient encore non -seulement sur ces autres paroles de la Genèse ( IT , 24 ) : CVvf pourquoi /'homme quittera ton père et sa mère, et s'uttaehera à sa femme, mars aussi sur l'aversion que les Hébreux ont toujours eue pour le célibat et la stérilité. Mais d abord ce dernier passage de la Genèse a un sens tout à fait opposé à celui qu'on lui prête. En effet , le texte hébreu porte a la lettre : C'est pourquoi homme quittera, etc.; mais comme le mot homme est évidemment ici un nom collectif, le véritable sens est des hommes, et nullement les homme*, tous les hommes. Les hé braisants superficiels peuvent ignorer qu'en hébreu comme en arabe c'est l'article déterminatif qui , mis devant un nom de classe et d'espèce, indique que ce nom exprime tous les ol.jcts compris dans cette classe et tous les individus appartenant à cette espèce , et que ce même nom , dépouillé de l'article, exprime un nombre indéterminé plus ou moins considérable d'objets et d'individus, mais non point la totalité. Ajoutons que la version grecque des Septante lit , comme le texte original, le mot homme sans article. Quant à l'aversion que les Hébreux avaient pour le célibat et la stérilités on la conçoit aisément si on considère les promesses qui leur avaient été faites, et les espérance» qui leur avaient été données. La postérité d'Abraham devait être aussi nombreuse que le sable de la mer. Par conséquent une famille considérable devait être un bienfait de Dieu , et un titre de gloire en Israël; la privation d'enfants, un châtiment céleste et une honte. Chaque famille devait être continuée par ses descendants, et conservée avec le nom de son fondateur, nom qui remontait aux premiers âges de la nation. A ce nom se rattachait un héritage inaliénable et souvent de glorieux souvenirs ; tous les membres de la famille liée à ce nom et à cet héritage regardaient comme un grand malheur de la voir s'éteindre ou seulement s'affaiblir. Si un père mourait sans enfants, la loi donnait à ses proches des moyens légaux d'en faire adopter, et leur en faisait un devoir. Ainsi il était tout naturel que, chex un peuple qui se trouvait dans de pareilles conditions, le mariage et la fécondité fussent en honneur, et le célibat et la stérilité en opprobre. Mais cela ne prouve point que le mariage fût obligatoire pour tous les hommes. L'union indissoluble d'un seul homme avec une seule femme, ou la monogamie, se trouve prescrite par l'institution primitive du mariage. Lamech fut le premier qui transgressa la loi de la monogamie, établie par le Créateur, en épousant deux femmes, Ada et Sella (Genèse, n, 34; IV, 19); et dans la suite, un grand nombre de ses descendants imitèrent son exemple. U n'est cependant pas entièrement certain que la polygamie ait été absolument défendue avant le déluge, bien que les misons les- plus fortes nous portent à le croire. Quoi qu'il en soit, la majeure partie des Hébreux étaient polygames au temps de Moïse, et il était impossible à ce saint législateur d'abolir un usage aussi invétéré sans ouvrir la porte à de plus grands maux, à la fornication et à L'adultère; cependant il sut la
dans de justes bornes, et les obstacles qu'il y opposa sagement la diminuèrent considérablement dans la suite.
2D Dans la loi de nature comme dans la loi écrite le mariage était , comme il l'est aujourd'hui parmi les infidèles, un contrat légitime établi comme un remède à la concupiscence, pour mettre des enfants au monde et peupler ainsi la terre. Mais il n'était pas un sacrement; prérogative qu'il n'a reçue que de la loi de grâce, dans laquelle il a été institué pour une fin surnaturelle , qui est de représenter l'union de Jésus-Christ avec l'Église, et pour conférer la grâce aux fidèles mariés. Ainsi, et c'est unr vérité de foi définie par le concile de Trente. I le mariage des chrétiens est un vrai sacrement j institué par Jésus-Christ, conférant et la j;râee habituelle, qu'il augmente, et la grâce actuelle, dont l'effet est d'unir le mari et la femme par les liens d'une tendre charité, d'élever chrétiennement leur* enfants, de se garder mutuellement une fidélité inviolable, et de s'entr'aider dans les peines inséparables de cette vie. — Les théologiens sont partagés sur la matière et la forme du sacrement de mariage. Pour nous, nous pensons, comme un très-grand nombre d'entre eux qui ont suivi Estios , que la matièrr consiste dans les actes des contractants, et la forme, dans les paroles du prêtre qui les marie.
— Quant au ministre, les théologiens sont encore partagés d'opinion. Selon les uns, les contractants sont les ministres du sicivment, soit que chacun des deux se l'administre à luimême, soit que les deux se l'administrent mutuellement l'un à l'autre. Suivant les autres, le seul prêtre qui bénit le mariage en est le ministre. Ce dernier sentiment parait le plus commun aujourd'hui. — La cause efficiente du mariage est celle qui produit le lien conjugal que nous appelons mtringe; et cette cause n'est autre que le consentement mutuel par lequel les contractants témoignent de vive voix ou par signes qu'ils veulent s'épouser actuellement. Mais, pour produire le lien conjugal, le consentement doit être intérieur et sincère, mutuel, extérieur ou sensible, libre et exempt d'erreur. Le manque d'une seule de ces conditions du consentement suffirait pour rendre le mariage invalide , absolument nul. Mais il y ;t plusieurs autres circonstances, c'est-à-dire plusieurs autres empêchements qui peuvent s opposer à la validité du mariage; nous les avons fait connaître à l'article Empêchements, n° II.
— Les propriétés du mariage sont l'unité, l't'ndissohtbilité et la nécessité. L'unité du mariage consiste en ce qu'un nomme ne peut avoir qu'une femme, et qu'une femme ne peut avoir qu'un mari. Par conséquent la polygamie simultanée, c'est -à -dire plusieurs femmes à la fois, détruit cette unité. L indusolubilité consiste en ce que la mort seule d une des deux parties conjointes peut rompre un mariage consommé entre des chrétiens. C'est une vérité que nous avons établie à l'art. Indissolubilité du Mariage. La nécessité du mariage a existé dans les premiers temps du monde, comme nous l'avons dit au commencement de cet article ; elle existe encore aujourd'hui dans certaines situations. Ainsi, par exemple, une personne qui ne peut guère garder la continence est obligée de se marier. Il en est de même d'une fille pauvre» qui , n'ayant pas de quoi vivre, trouve une existence dans un mariage chrétien. Cependant ces deux sortes de nécessités n'obligent pas absolument au mariage , parce qu'une personne <jui
la continence peut
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ejtVte difficulté par la prière et la pénitence, el qu une fille pauvre peut se procurer eerçvn est nécessaire a la Tic par des voies léçiUines différentes du mariage. — Les solennité» que f £?lise a prescrites pour ta célébration 4c< narà;e? le précèdent on l'accompagnent, l'-p ••• !Vî sont les lia.ucaill.'s, la proclamation *e* tons, le consentement des parents et a «raiesuon. Les dernières sont la bénédiction felaaaeau. que le prêtre donne à l'époux, et qaf et j:-c\ met à la main gauche de l'épouse (■m une marque de l'union de leur cœur ; a pas* de monnaie que le prêtre bénit de aeae. et que l'époux donne a l'épouse, pour tesarer qu en lui faisant don de sa personne <1 kn bit aussi présent de ses biens pour en ►xi:r en commun avec elle; la cérémonie par acaelie le prêtre fait mettre la main droite de l*poux dans celle de l'épouse, pour montrer tœ Tepoux , qui est le chef de la femme, doit Hre le premier à garder la lidélité qu'il lui woaiet , et que l'épouse doit l'obéissance à son «pour; la célébration du sacrifice de la messe, de Dieu les grâces attachées à ce , l'offrande des deux époux avec un ■ -e à la main . pour montrer qu'ils doivent Winer leur famille par une vie exemplaire; le voue on poêle, symbole de pudeur, que l'on «tend sur la téte des mariés a la manière des u- it-ns . et l'interruption du sacrifiai que Lut alors le prêtre pour leur donner une seconde bénédiction, lorsque l'épouse n'est pas nne veuve; enfin la paix que le prêtre leur souhaite . comme étant le bien le plus précieux in mariages des chrétiens. Ces cérémonies deneot se faire dans l'église , et , suivant les conciles, depuis le lever du soleil jusqu'à raidi. Les personnes mariées ou qui veulent se marier ont différentes obligations à remplir, soit avant, soit après le mariage, soit entre elles, a l'égard de leurs enfants et de leurs dofjques. si elles en ont. Comme ces difficultés sont parfaitement expliquées dans Richard et Giraua, nous nous bornerons à remarquer ici que le mariage étant un état saint et décisif io bonheur des époux , soit pour le temps , «oit pour l'éternité, on doit y entrer saintement, cest-à-dire qu'il faut consulter Dieu pour connaître si on y est appelé ; ear la vocation de iHeu est nécessaire à l'état du mariage comme » tous les autres ; et cette vocation s'étend nonstuiement au mariage en générât, mais encore t la personne particulière que l'on doit épouser. Voe. Malth., xix, 4. Êphés., v, 32. Tertnll., ûr VmKrtpt., e. XL; De Pudicitw , 1. II, c. IV. 1twl, Mtorrs. htmreses. Basil., In Exnvieron. Ambro*-.. Or AhraJtumu , 1. I, C. VII. August., Lib. de /We 4 yperià.; Dm bom conjugali , c. xvm et xxjv ; ùt Nupt. et concupite., c. x. Cyrill. Alex., en J>jom. L II, c. xxn. Atbanas., Epis t. ad Ammrmmm. Hieronym . in Ephes. V. Le pape Sirice, £W. /. Innocent P*, Epist. I. Conc. Jrid., !*ss.ÏX1V, où la foi et la doctrine de l'Eglise sur le sacrement de mariage sont expliquées en doue canons. Estius, in 4, dût. 2o , § 11 et 11. Les canonistes. Le Traité du mariage, dan» le» théologiens. Bergier, Diction, de théot. La ition, ou Ht*t. de l'Église sur le sacrement manage; Paris, 1795, 3 vol. in-4*. D. Caldans sa longue et savante Dissertatirjn sur 1rs mnrmges des Hébreux , en téte des Comment, sur le Ce»/, des tant.; Distsert. dont le docte interprète a donné un précis dans son Diction, de h Btùie, aa mot NoCHS. Le Diction. eccrV*. et . yrtahf. VEncyclop. cathot, J.-B. Glaire etc., tom. H , P- 248 el suiv. L abbé
André, Cours alphabét. de droit canon, où on trouve un fragment tiré d'une Allocution de Pie IX, du 27 septembre 1852 , sur la nature du mariage, et les belles considérations du célèbre jurisconsulte Donat sur le mariage, considérations tirées du Traité de» lois, ch. m, p. 4, L I, édit. de 1777.