‹ Dictionnaire universel des sciences ecclésiastiquesChapitre 224 sur 1294 · DESTIN · texte numérisé non relu

DESTIN

X I ! . MARIAGE DE CONSCIENCE ou SECRET.

C'est un mariage célébré en face de l'Église , avéc toutes les formalités essentielles; mais qu'on tient caché et secret, ou qu'on ne déclare pas dans le public. Les casuistes disent que ces mariages, valides d'ailleurs, peuvent absolument être permis pour de fortes raisons, mais qu'en général on ne doit pas les souffrir, parce que c'est un grand scandale que des personnes habitent ensemble comme mari et femme, n'étant pas connus pour tels, et qu'il y a à craindre beaucoup de tromperies et d'autres inconvénients. Bien que l'Église les désapprouve, comme on peut le voir par les décisions des papes et des conciles, elle les tolère cependant quelquefois ; c'est quand les inconvénients et les abus qui pourraient en résulter ne sont pas à craindre. Le mariage secret s'inscrit dans un livre particulier que l'évéque conserve religieusement scellé ; le ministre et les témoins ne peuvent le publier sans crime, si ce n'est du consentement des époux ou à la demande des entants après leur mort. L'évéque ne doit pourtant permettre ces mariages que pour quelque cause très-urgente. Il ne faut pas confondre le mariage secret ou de conscience avec le mariage clandestin , qui est radicalement nul. Voy. Benoit XIV, bulle Satis nobis. Joseph -C. Ferrari, Summa institutionum canonicarum. Franciscus flfazzei , De Matrimonio conscient ia> vulgo nuncupato: accedit Dissertatio de matrimonio personarum diversœ religionis. L'abbé André, Cours alphaftét . (te droit canon, et compar. notre art. Clandestin.

XIII. MARIAGE DE LA MAIN GAUCHE ou MARIAGE MORGANATIQUE (Matrimonium ad murganaticam) , union conjugale qui n'a pas tous les effets du mariage ordinaire, en ce qui concerne le rang et les droits de succession des époux et des enfants. Cette restriction s'exprime dune manière symbolique, par la cérémonie particulière qui se pratique à cette sorte de mariage. La femme ne s'unit à son mari que par la main gauche, qui est la main faible, pour marquer par là qu'elle n'entre pas dans la famille de répoux , qu'elle n'est pas placée sous sa sauvegarde et sa tutelle, que par conséquent elle ne participe pas à son rang et ne transmet pas les droits de la famille et de la succession du mari aux enfants qu'elle a de lui. Quant au mot morganatique , il est allemand; il dérive de morgen ou matin , et signifie que la femme et ses enfants doivent, en général, se contenter des dons du matin {morgen~yabc), c'est-à-dire des dons que, suivant les usages du droit germanique, l'époux faisait à l'épouse après la première nuit des noces. Sous le rapport religieux, l'eiret d'un pareil mariage est le môme que celui du mariage ordinaire; la femme est femme légitime , et ses enfants sont enfants légitimes. 11 faut remarquer que le mariage morganutique n'est guère en usage que parmi les membres des maisons souveraines et de la haute noblesse allemande. Voy. le Diction, de la théol. rnthul.

XIV. MARIAGE DE LA SAINTE VIERGE (Ikspotuatio Beatat Virginis Mariai). D'après ce

que dit Benoit XIV sur l'origine et la signification de cette fête, la dénomination de Mariage de ta samte Vierge se trouve parfaitement justifiée ; elle est, en effet , consacrée au souvenir de l'union de Marie, héritière d'Héli, avec Joseph , son plus proche parent , qui était fils de Jacob, et, appartenant à l'ancienne lignée de Bethléhem, était issu de David par Salomon, comme Marie pr Nathan. La célébration de cette féte est due à l'initiative du chancelier Gcrson. Le pape Paul III chargea le P. Pierre Doré, dominicain, de rédiger l'office, et, par une bulle du 22 août 1725, Benoit XIII étendit cette féte à toute l'Église ; on la célèbre le 23 janvier. Voy. Matth., I, 16, 18, 19, 20. Luc, u, 5. Ignat., Epist. ad Ephes., c. xix. Le Diction, de la théol. cathol.

XV. MARIAGE DES VAGABONDS. Le concile de Trente enjoint aux curés de ne pas assister à ces mariages sans avoir fait auparavant une enquête soigneuse des personnes, sans avoir rapporté l'affaire à l'Ordinaire et sans en avoir obtenu la permission. Le motif justement allégué par le saint concile, c'est que ces vagabonds, animés d'un mauvais esprit , quittent leur première femme pour en prendre une autre, et plus ordinairement, plusieurs en divers lieux. Voy. Conc. Trid., sess. XXIV, c. vu, de Beform. matrimon.

XVI. MARIAGE MIXTE. On appelle ainsi Je mariage qui se contracte entre un catholique et un dissident, c'est-à-dire un chrétien séparé de l'Église catholique par la doctrine et le culte, tel qu'un schismatique et un hérétique, mais non pas un infidèle ou un juif, pour lesquels il y a un empêchement dirimant. Comme ce mariage est sévèrement défendu, il ne peut être validé par la présence du curé qu'en vertu d'une dispense légitime, laquelle est toujours réservée au pape. Le mariage doit se faire sans aucune solennité, et toujours hors de l'église; cependant on peut recevoir le consentement des époux dans la sacristie. La partie hérétique devra s'engager à laisser élever dans la religion catholique les enfants de l'un et de l'autre sexe qui pourront naître de ce mariage, et à laisser a son époux ou à son épouse et à ses enfants le libre exercice de la religion catholique. Si la partie dissidente ne voulait point prendre cet engagement, le curé devrait refuser son ministère et ne pas même demander la dispense. Il doit aussi notifier aux futurs époux qu'ils doivent s'abstenir de se présenter devant un ministre non catholique. Mais il doit d'abord faire tous ses efforts pour empêcher de pareils mariages, que l'Église a toujours justement abhorrés. Voy. l'abbé André, qui, dans son Cours alpltaltét. de droit canon , rapporte les décisions de plusieurs conciles tenus en France dans ces derniers temps sur les mariages mixtes, et le bref do Grégoire XVI aux archevêques et évôuues du royaume de Bavière sur le même sujet.

xvii. Mariage nul. Voy. réhabilitation.

xviii. mariage par procureur. ce

mariage, qui se fait entre des personnes absentes, est valide à la rigueur, selon le sentiment des canon is tes , sentiment fondé sur le chap. Procurator. Remarquons que le coucile de Trente n'a rien changé à cet égard. Mais tous les théologiens et les canonistes conviennent que les personnes ainsi mariées doivent réitérer leur mariage en personne et en présence de leur propre cure ; quelques-uns mêmes, trèsdistingués, croient que ces mariages ne sont des sacrements qu'après cette ratification. Koy.

MARI

MAKI

Ubbè Attiré. Cours n/phabe't. de droit canon. m. MARIAGE SECRET. Voy. Mariage,

MàRULES (Xantes), dominicain, né à Venise vers l'as 1381), mort en 1GG0 . appartenait à la Uroilkdes Pinardi. De Tan 1610 à l'an 1021. il vrofesi la théologie , et fut préfet des études diw le collège conventuel de Padoue , il refusa \HfTj.Ti -i> |u'on lui offrit souvent. Mil dans mo Ordre, soit dans l'Église; mais il Tut obligé ïiccepter le titre de conseiller et de chapelain honoraire de l'empereur Ferdinand III. Les «orages qu'il composa contre la France le irait expulser deux fois de sa patrie ; mais il y fat toujours rappelé avec honneur. Ses princijbui écrits sont : 1° Conlroversue ad universam "^Bxmam theoiftgia- S. Thoma Aquinatis ; nec non ri 7*(hior hhros Magistri Sentcntinrum ;\en\se, XB4, in- fol.; — 2° Bibliotheca interpretum ad vurervxm Sunnnam theaiogitr divi Thoma-; ibid., 4 vol. in-fol.; les Prolégomènes Contra Vwton» , qui sont en téte du 1" vol., ont été !0iî a l'Index (decr. 20 Junii 1662); — frAmplisumtm artium scientiarumque omnium Amphiikntrvm f hoc est, de rébus uni ver si s ceteberrima dirputatœ ab orbis oraeuio, D. Thoma ; ï, 1658, in-fol. n a donné, en outre, une elle édition des Commentaires de Nuno, dominicain espagnol, sur la III* partie de la Somme de saint Thomas. Voy. le P. Êchard, Sertptor. Orrf. Prxedic, tom. Il, p. 600. Le P. Tour on, Hommes illustr. de FOrd. de S.-Domi- •"Tw, tom. V, p. 430 et suiv. Nicéron, Mémoires, tom. XLHI. relier. Richard et Giraud. La Nouv. Birjyr. gênér., où on trouve la liste des autres écrits de Mariales.

MARIAM , fils d'Exra et descendant de Juda. fov. I Paralip., iv, 17.

MARIAM ME (Marianne), ville épisc. delà deuxième Syrie sous la métropole d'Apamée, diocèse d'Antioche. £lle a eu quatre évéques, le premier, Paul, souscrivit au concile de 'loine. Elle a eu aussi deux évéques latins, dont le premier, Denys, mourut en 1450, et le deuxième, Durand Sapelli, de l'Ordre des Frères Mineurs, fut nommé le 6 novembre de la même année par Nicolas V. Koy.Lequien.Ori'm» tom. II, p. 919, et tom. 111, p. 1194. b adina. Annales Ordin. Minor.. tom. V, p. 587. De Cotnmanville, /" Table alphabét., p. 149. Tenu Stria Sacra, p. 102. Gaet. Moroni, vol.

mal ■ 9

I- MARIAMNE. C'est ainsi que l'historien l>s*th appelle Marie, soeur de Moïse.

IL MARIAMNE . fille d'Alexandre, fils du roi Anstobule, et d'Alexandra, tille d'Hyrcan, grand sacnficateur des Juifs, épousa Hérode le Grand, et ne cessa, avec l'aide de sa mère Alexandra • t 1e <.,h frvre Ai istohulc, d'exciter des révoltes contre son mari. Hérode la fit périr par jalousie, et ordonna qu'on mit à mort les deux fils foi loi restaient de Mariamne : Alexandre et •vnstobule. Le chagrin qu'il en éprouva dans la suite lui fit perdre la raison. Voy. Joseph, Axt*o., |. XV, c. xi, xiii ; 1. XVI, c. vi. D. Oal- Dtetion. de la Bible

III. MARIA M NE , fille du grand prêtre Simon et femme d'Hérode le Grand. Elle en eut un Ms, nommé Hérode - Philippe , qui épousa en premières noces la fameuse Hérodias, laquelle prît ensuite pour époux Hérode-Antipas. qui lit mourir saint Jean - Baptiste. Voy. Mat th., xiv, 3 et «iiv. Marc, vi, 17 et suiv. Joseph, Antiq., L XV. c. xil D. Calmet, Diction.de la Bible. MABJAB (SAINT-) , en latin Sanctus Meriaabbave de l'Ordre de Prémoutrc située

dans la ville d'Auxerre. Elle fut fondée par saint Cermain, évêque de cette ville, l'an 4*23, sous l'invocation de saint Corne et de saint Daniien ; mais plus tard elle prit le nom de saint Marian, qui s y était sanctifié. Les Prémontrés s'y établirent vers l'an 1199: mais ce monastère ayant été mine par les Calvinistes en 1565, la communauté fut transférée dans l'église Notre- Dame de la Dehors ou Ladore. Voy. La Martinière. Diction, géogr., art. AiJXKRRE.

I. MARIANÀ , ville épisc. de l'île de Corse , aujourd'hui détruite. Ce siège fut transféré à Iiastia, capitale de l'île, en 1675, et le diocèse fut uni à celui d'Acci. Le premier évéque de Mariai m est saint Petreius, qui souffrit le martyre. Voy. Ughelli, Italia Sacra, t. IV, col. 909. De Commanville, P* Table alphal)ét., p. 141). Richard et Giraud. Gaet. Moroni, vol. XLHI. p. 9-11.

IL MARIANA ou MARIANE, MARIANNE,

ville épisc. du Brésil sous la métropole de San- Salvador; ce siège fut érigé en 1745. Voy. Gaet. Moroni, vol. XLIII, p. 11-12.

III. MARIANA (Jean), célèbre jésuite, né à Ta la ver. i, dans le diocèse de Tolède, en 1536, mort à Tolède Tan 1624, étudia le grec, l'hébreu, la théologie , ainsi que l'histoire sacrée et profane; il professa à Rome, en Sicile et à Paris. Richard Simon l'appelle un des plus habiles et des plus judicieux scholiastes que nous ayons sur la Bible, et, en parlant de ses notes sur le Nouveau Testament en particulier, il dit que ce sont de véritables scholies, où il ne parait pas moins de jugement que d'érudition ; qu'il serait à désirer que les observations de ce savant homme n'eussent pas été si abrégées; mais que néanmoins il dit Ixaucoup de choses en peu de mots. Parmi ses ouvrages, nous citerons : 1° Tractatus septem, twn theologtci tum historici : De Adventu H. Jacobi apostoli in Hispaniam; De Editione Vulgata SS. Bibliorum ; De Spectaculis; De Die et anno tnortis Christi; De Morte et immortalitate lib. III; Cologne, 1600, in-fol.; — 2° Scholia brevia in Vêtus ac Novum Testamentum; — 3°Luctr Tudensis episcopi De Altéra Vita , hdeique eontroversis adversus Albigensium lib. lit , avec un Commentaire; Ingolstadt, 1612, in-4°, et dans la Biblioth. des Pères, tom. III; — 4° S. Isidorm, contra Judœos; ejusdem Procemia III in libros Veteris ac Novi Testamenti ; ejusdem , Synonymorum Lib. II, dans l'édition des Œuvres de saint Isidore; Madrid, 1596. On lui a attribué un ouvrage en espagnol touchant les défauts du gouvernement de sa société, lequel a été imprimé en espagnol, en italien, en latin et en français. L'édition italienne intitulée Discorso intorno ai grandi errori, che smo nella forma del gorno de' Gesuiti , a été mise à Y Index par un décret du 11 avril 1628. Il faut remarquer que cet ouvrage fut enlevé an P. Mariana pendant qu'il était en prison, et imprimé à Bordeaux en 1625, in-8». En vain les Jésuites demandèrent qu'on produisit l'original espagnol ; personne ne put le montrer; ce qui autorise à croire que le livre fut pour le moins altéré et défiguré, et que c'est pour cette raison que l'éditeur ne le fit paraître qu'après la mort du P. Mariana. Quant au fameux traité De Rege et régis institutùme, il fut condamné à être brûlé par arrêt du parlement, et censuré par la faculté de théologie de Paris à cause des maximes séditieuses qu'il renferme. Il parait que les Jésuites l'avaient déjà désapprouvé. On l'a imprimé plusieurs fois, et traduit en italien et en français. Ce qu'il faut remarquer encore, c'est que l'édition originale, la seule où il n'y avait pas eu de retranchement, celle do

MAKI

MARI

Tolède, 1509, in-8°, porte en titre: Cum privi- Icyio régis et approbatione , et que longtemps avant le savant pere et avant l'existence de la compagnie de Jésus, des théologiens d'un nom très-illuslre et appartenant à des Ordres différents, avaient enseigné la même opinion sur les tyrans, mais avec moins de mesure et moins de sages tempéraments. Voy. le Journal des Savants 1704, 1719, 1724 et 1736. Nicolas-Antonio, Biblioth. Hispan. nova. Alegambe, Biblioth. Scriptor. Soctet. Jesu. Richard et Giraud. Feller.Micnaud, qui donne la liste de ses autres ouvrages. La A'oui;. Biogr. génér. J.-B. Glaire, JntroJ. histor. et cri/., etc., tom. I, p. 339, et tom. IV. p. 300.

MARIANDYNES. Vou. Honoriade.

MARIANE ou MARIANNE. Voy. Marina, n- H.

HARIAN0P0LIS, \ille épisc. de l'Euphrate située au diocèse d Antioche, sous la métropole dHiérapolis. On n'en connaît qu'un évèque, Côme, pour qui Étienne, son métropolitain, souscrivit au concile de (Calcédoine. Voy. Act.xi. Lequien, Onens Christ., tom. II, p. 951.

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