I. MARIANUS (SANCTUS), abbaye. Voy
Marian.
II. MARIANUS , de l'Ordre de Saint-François, né à Florence vei s l'an 1430, mort en 1523, a laissé, entre autres ouvrages : 1° une C'/ironique de son Ordre : — 2° un Catalogue ou Courte histoire des Frères lais du même Ordre: — 3° un Catalogue des religieuses de Sainte -Claire; — 4° des Sermons. Voy. le P. Jean de Saint -Antoine, Bibhoth. univers. Francise., tom. II, p. 329.
III. MARIANUS SCOTUS, bénédictin, né en Ecosse ou en Irlande en 1028 , mort à Mayence l'an 1080, était parent de llède le Vénérable. Il prit à Cologne l'habit monastique, fut ordonné prêtre , et professa à Mayence et à Ratisbonne les mathématiques et la littérature sacrée. Il a laissé une Chronique universelle, qui a été imprimée sous ce titre : Mariunt Scoti Chronicon universale, a creatione mundi libri lll per atates VI usque ad nnnum Christi 1083; cet ouvrage a été continué jusqu'en 1200 par Dodechin, abbé de Saint- Désidobe, et publié à Baie en 1559, in-fol.; il a été inséré dans Pistorius, Collection des historiens d'Allemagne , tom. I; Francfort, 1013, in-fol. Voy. Wara;us, De Claris liibern. Scriptor., lit». I. Trithèine, Dr Scriptor. ceci. Le Joum. des Savants, 1717 et 1720. Richard et Giraud. Michaud, Biogr. univers. La Aoui>. Biogr. gêner.
MARICOLJE. Voy. Maroilles.
* MARIE. Comme ce mot s'applique à un certain nombre d'homonymes divers, nous avons
5 lacé d'abord ceux qui sont mentionnés, soit ans l'Ancien et le Nouveau Testament, soit dans l'historien Joseph, puis les saintes, ensuite l'Ordre de chevalerie et l'abbaye qui portent le nom de Marie, enlin les autres homonymes qui n'appartiennent a aucune de ces catégories.
1. MARIE, prophétesse, sœur de Moïse et d'Aaron, et iille d'Amram et de Jocabed. Lorsque Moïse, âgé de trois mois, eut été exposé sur le Nil, ce fut Marie qui, par l'ordre de la tille du Pharaon , alla chercher sa mère pour servir de nourrice à l'enfant. Après le passage de la mer Rouge, ce fut encore Marie qui, a la tète du chœur et des danses des femmes, entonna le magnifique cantique d'action de grâces du chap. xv de l'Exode. Ayant parlé contre Moïse au sujet de Séphora, Marie fut punie par le Seigneur, et couverte d'une lèpre qui la força de rester sept jours hors du camp. Elle mourut
dans le désert de Sin, le premier mois de la 40* année après la sortie d Egypte. Saint Grégoire de Nysse et saint Ambroise ont cru que Marie avait toujours été vierge; mais l'historien Joseph dit qu'elle fut mariée à Hur, qui soutenait les mains de Moïse sur la montagne pendant que Josué combattait les Amalécites. Voy. Exode, il: xv, 20. Nombres, xn ; xx, 1. Grégor. Nyss., Lia. de Virginit, c. XIX. Ambros., Epist. Iclass., en. 63. Joseph, Antiquit., 1. III, c. D.
II. MARIE, mère de Dieu et vierge tout ensemble, appartenait à la tribu de Juda et 4 la race royale de David. Suivant une tradition que les Pères de l'Église nous ont conservée, Marie eut pour père Joachim, et pour mère Anne; mais l'Ecriture ne le dit pas. Elle épousa Joseph , qui était issu de la même race et de la même tribu , afin d'avoir un gardien de sa virginité, qu'elle avait consacrée à Dieu dès sa plus tendre enfance. L'ange Gabriel lui ayant annoncé qu'elle deviendrait mère du Messie par l'opération du Saint-Esprit, Marie, troublée d'abord, s'écria : « Je suis la servante du Seigneur, qu'il me soit fait selon votre parole; » et aussitôt elle conçut Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme. Peu après, elle se rendit à Hébron pour rendre visite a sa cousine Elisabeth , enceinte de saint Jean-Baptiste , et celui-ci trèssaillit à la voix de Marie qui saluait sa mère. Elisabeth, remplie de l'Esprit-Saint, publia les faveurs de Marie, qui loua Dieu par te magnifique cantique Magnificat. Après un séjour de trois mois chez sa cousine , elle revint a Nazareth; mais ayant été obligée de se rendre avec Joseph à Betnléhem, d'où leur famille était originaire, afin d'obéir à l'édit de César- Auguste, qui ordonnait à tous les sujets de l'empire de se faire enregistrer, chacun dans sa ville, elle enfanta Jésus dans une étable, ou, selon les Pères grecs, dans une caverne; car il n'y avait point de place à l'hôtellerie. C'est là que les pasteurs, avertis par les anges , adorèrent l'enfant couché dans une crèche, et que, peu de jours après, les mages venus d'Orient lui apportèrent de l'or, de l'encens et de la myrrhe. Quarante jours après la naissance de Jésus , selon l'opinion commune , Marie et Joseph allèrent à Jérusalem afin de présenter Jésus au temple et d'offrir le sacrifice prescrit par la loi pour la. purification d'une femme, après ses couches ; puis ils se retirèrent en Egypte, d'après l'avis qu'un ange donna en songe à Joseph, qu'IIérode avait dessein de faire périr l'enfant. On sait la douleur qu'éprouva Marie lorsque Jésus, âgé de douze ans, resta à Jérusalem à son insu, et les douces plaintes qu'elle lui adressa à ce sujet. Plus tard elle se trouva aux noces de Cana. avec son fils, elle assista à la dernière Paque à Jérusalem, et fut témoin de la passion de Jésus., qu'elle accompagna jusqu'à la croix. Jésus mourant la confia a saint Jean, le disciple bien-aimé, qui dès lors la prit chez lui, et qui, dit-on, la conduisit avec lui à Ephèse,où elle mourut dans un âge avancé. Elle se trouva aussi avec les Apôtres à l'Ascension de Jésus-Christ et y reçut le Saint-Esprit. On a élevé un grand nombre d'églises, établi beaucoup de fêtes , de confréries, d'associations, de congrégations et d'Ordres en l'honneur de la sainte Mère de Notre— Seigneur, et l'Eglise honore spécialement son Immaculée Conception le 8 décembre, sa Nativité le 7 septembre, et son Assomption le -15 août. Plusieurs Pères de l'Eglise, entre autres saint Bernard, ont préconisé les vertus de la* Mère de Dieu ; et, à leur exemple, un nombre infini d'écrivains modernes ont composé de «s
MARI
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i son honneur ; nous citerons seuleme ni Doquesne, Grandeurs de Marie; 1791, 2 vol. in-12, sevrage qui renferme tout ce qu'on peut dire de plus solide et de plus édifiant sur les mystères de la très-sainte Vierge; un prêtre de Gé&ére, qui a publié une Vie de la sainte Viergt, ttrée des saintes Écritures et des témoi- ■i-'f -Us imnt, Pères; l'a ris, 1819, in-12; le P a Argentan , oui a écrit un gros volume sur Le* Gnudeurs de Marie ; La fi ta u , La Vie et les M]ffi9xi de la très-sainte Vierge; 1759; le P. de Ktwrai, Sacré-Cœur de Marie, etc. Voy. le P. r^.j.jisjn, Truite des fêtes. Joli , chantre et chassât, dans ses Dissertations pour Usuard. Tilleacnt. Ht*t. écriés., tain. I, notes 13-17 sur la sinte Vierge. D. Calmet, qui, dans son Diction, de h Bille, discute plusieurs points de l'histoire & 2a sainte Vierge, et rapporte les témoignages dt* mahoroétans en faveur de Marie. Bergier, tecfi<jfc. de tltéof., où l'auteur montre, entre mires choses, l'antiquité et la convenance du aille que nous rendons à la sainte Vierge, et le *«ige des attaques des hérétiques et des incrédule. Le Diction, de la théol. cuthol.
Kl. MARIE, sœur de Marthe et de Lazare, demeurait avec eux à Bétbanie, village situe pre» de Jérusalem. Jésus-Christ, qui affectionsait beaucoup cette famille, se retirait souvent dans leur maison ; et, un jour qu'il y était, Marie m tenait à ses pieds pour écouter sa parole, tandis que Marthe le servait. Peu après, Lazare (tant tombé malade, ses sœurs avertirent Jésus, rf\ ne Tint à Béthanie qu'aprè6 la mort île leur rce. Le Sauveur, Payant ressuscité, quitta BétWiie,où il ne revint que six jours avant la Pique. On lui prépara un souper; Marthe serait, et Lazare était un des convives. Or Marie rtpîndit sur la téte et les pieds du Sauveur une fnre de parfum de nard d'épi , ce qui lit murmurer Judas Iscanote; mais Jésus dit que Marie «sait ainsi prévenu son embaumement et avait «a quelque sorte annoncé sa sépulture et sa mort prochaine. Saint Jean est le seul des évan- ?élistes qui nomme Marte; saint Matthieu et saint Marc disent simplement une femme. Saint Jean semble dire encore que le repas se lit cher Lazare, puisqu'il aflirrne que Marthe servait, et Lazare était un de ceux qui se trouvaient * Uble, tandis que, selon saint Matthieu , saint Marc et saint Luc, le festin fut donné dans la -maison d'un lépreux, c'est-à-dire d'un homme 3*i atait été lépreux. Mais d'abord il n'y a pas i* contradiction en ce que saint Jean seul dé- «îw Marie; c'est un détail qu'il ajoute au récit des autres évangélistes, comme cela lui arrive Ajoutons que saint Matthieu et Marc, qui n'avaient rien dit de la résur- > de Lazare, de peur de s'exposer à la per- • do grand conseil des Juifs, ont probablement pour la rnéme raison caché le nom de sa *Kur Marie; car il estdiflicile de supposer qu-- saint Matthieu, par exemple, témoin ocuoire du tait, et qui accompagnait continuelle- Kent Jésus, l'ami de Lazare et de ses deux stfurs, ait pu ignorer le nom de Marie. Saint Jean, au contraire, cite le fait en détail, parce «n'écrivant après la destruction de Jérusalem, il n avait aucun motif de cacher le nom de La- I zare et de Marie. Le récit de saint Jean semble prouver que la femme et la pécheresse dont parlent les antres évangélistes sont la même que Marie, aœor de Lazare. Quant à l'expression : \ U était un de ceux qui étaient assis à tahle . elle | se saurait s'appliquer à un maitre de maison, i elJe convient parfaitement à un simple I qu'elle prouverait plutôt que ,
le repas se fit, non chex Lazare, mais 'dans la maison d'un ami, dans laquelle sa sœur Marthe préparait le festin, avec Marie, sa sœur. Vuif. Matth., xxvi, G. Marc, xiv, 3. Luc, vu, 37; vin, Sj x, 38, 30. Jean, xi, t et suiv.; m, 1 et suiv. D. Calmet, Diction, de la Bible, et Commentaire littér. sur lous ces passages bibliques. J.-lî. Glaire, Introd. histor. et crit., etc., tom. IV, Des Prétendues contradictions des évangélistes-, v» Règle, p. 373 et suiv. Compar. Maries (Lks trois).
IV. MARIE, mère de Jean-Marc, disciple des apôtres, avait à Jérusalem, sur le mont Sion, une maison où les apôtres se retirèrent âpre» l'Ascension , et où ils reçurent le Saint-Esprit. Saint Pierre ayant été délivré de sa prison par le ministère d'un ange, vint frapper à la porte de cette maison. Voy. Act., ZH, 5,6 et suiv. Epiphan., De Ponderib. et mensur., c. xiv. Cvrill., Cat/uxhes., xvi. Hieronym., Epist. XXV II. Lucian., De Inventione sancti Stephani,c.\lU et x. D. Calmet, Diction, de la Bible.
V. MARIE, femme chrétienne dont saint Paul dit. dans son Êpitre aux Romains, qu'elle travailla beaucoup pour la foi et pour l'Eglise de Rome. On ne sait rien de certain sur ses actions et sur sa mort. Vou. Rom., xvi, t».
VI. MARIE DE CLÉOPHAS, c'est-à-dire grammaticalement, ou fille ou épouse de Cléophas, qui est le même qu'Alphée, était sœur de la sainte Vierge et mère de Jacques le Mineur, de Joseph, de Siméon et de Jude,que l'Évangile appelle frères de Jésus-Christ , c'est-à-dire ses cousins germains. Elle accompagna le Sauveur dans ses voyages pour le servir, et le suivit jusqu'au Calvaire, où elle était avec la sainte Vierge au pied de la croix. Elle était aussi présente à sa sépulture et lorsqu'il apparut aux femmes qui allaient le dimanche a son tombeau. Ou ignore l'époque de sa mort. Les Grecs honorent sa mémoire et celle des autres saintes femmes le 8 avril. Le Martyrologe romain place la l'élu de sainte Marie de Cléophas au 9 avril , et met la translation de son corps à Veroli , dans la campagne de Rome, au 25 mai. D'autres prétendent que le corps de Marie est dans une petite ville de Provence appelée Les-Troit-Manei, sur le bord du Rhône et de la mer. Voit. Jean, Xll,25. Hieronym., in Helvid., c. vu. Chrysost., in Galat. Theodoret., in Galat. D. Calmet, Diction, de la Bible. J.-B. Glaire, qui. dans sa Traduction française du iïouv. Test. , Notes supplément., 2« édit., prouve par des exemples tirés des auteurs, sacrés et même profanes, que le mot frère se prenait souvent chez les peuples de 1 anli-
Ïuité pour cousin ou proche en général. Compar. LÉOPHAS et ALPHÉE, 11° I.
Vil. MARIE MADELEINE ou MAGDELEINE
(Sainte), que Jésus-Christ délivra de sept démons, suivit et servit sou libérateur, comme plusieurs autres saintes femmes qui avaient été guéries par Notre-Seigneur. Elle se trouva avec la sainte Vierge au pied de la croix, fut présente lorsqu'on mit Jésus dans le sépulcre, et s'y rendit de grand matin le lendemain du sabbat, avec les autres femmes qui y apportaient des parfums et des aromates qu'elles avaient achetés pour embaumer le corps de Jésus. Un ange les ayant averties qu'il était ressuscité, Madeleine courut vers les apôtres saint Pierre et saint Jean, qui se trouvaient à Jérusalem, et leur dit qu'on avait enlevé le Seigneur du tombeau . et elle y revint pleurant et cherchant toujours, dans l'espoir de le retrouver. S'étant baissée pour regarder dans le cercueil, elle vit deux anges à l'endroit où avait été le corps de Jésus;
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puis elle se retourna et vit Jésus, qui, pour calmer sa peine , se fit connaître à elle en l'appelant par son nom de Marie. « Ne me touchez pas, lui dit-il, car je ne suis pas encore monté vers mon Père ; mais allez â mes frères, et ditesleur : Je monte vers mon Père et votre Père; vers mon Dieu et votre Dieu. » Cette apparition , qui est la première manifestation de Jésus-Christ après sa glorieuse Résurrection, a toujours été regardée comme la récompense du grand amour que Madeleine avait pour Jésus. Les Grecs et les Latins célèbrent, le 22 juillet, la féte de cette sainte femme. Plusieurs interprètes, tant anciens que modernes, prétendent que Marie Madeleine n'est autre que Marie sœur e Lazare; or il n'y a rien dans le récit précédent, tiré des quatre évangélistes, qui puisse s'opposer à ce sentiment. Voy. Mauconduit, Disrcrtat.; Paris, 1685. Le P. Alexandre, dominicain, //if/, ecc/és., tom. IL Tillemont, Mém., tom. II, p. 30 et suiv., et Notes sur Marie Madeleine, p. 520. Compar. Marie, n° III, et Maries (Les trois).
VIII. MARIE SALOMÉ, fille de Marie de Cléophas et sœur de saint Jacques le Mineur, était nièce de la sainte Vierge et cousine germaine de Jésus-Christ; elle 3 appelait seulement Salemi, et c'est sans fondement qu'on la nomme Marie, qui est le nom de sa mère. D'autres prétendent que Salomé était fille de saint Joseph , époux de la sainte Vierge; c'est aussi le sentiment des Grecs modernes, lequel est fondé sur le témoignage de saint Épiphane. Voy. Marc, XV, 40; xvi, 1. F.piphan., Hœres., lxxviii, c. vm. Compar. Salomé.