MARO
tablie par le roi Lothaire l'an 977. Des chanoines séculiers l'occupèrent d'abord; mais, en 1132, Alvisius, évèque d'Arras, y mit des réguliers. Voy. la Gailia Christ., tom. III, col. 442.
MAROGNA. Voy. Maronea.
MAROILLES {Maricolœ), abbaye de l'Ordre de Saint-Benoit, située dans le Ilainaut , à une lieue de Landrecies, au diocèse de Cambrai. Elle fut fondée, vers l'an 653, dans la terre de Famnrs par un seigneur nommé Chonobert ; et saint Humbert. mort vers la fin du même siècle, en fut le second fondateur et le premier abbé. Ce monastère ayant été ruiné parles Normands, quelques seigneurs séculiers s'en emparèrent , et le firent desservir par des chanoines jus-
Îpi'cn 1)20, époque à laquelle Charles le Simple c donna à l'église de Cambrai. L'an 1020, Gérard, évéque de Cambrai, y rétablit l'Ordre monastique. L'abbave de Maroilles était régulière. Voy. la Gai fia Christ., tom. III, col.
I. MAROLLES (Claude de), jésuite, petitneveu du suivant, né en 1712, mort à Paris l'an 17112. Après la destruction de la compagnie de Jésus, il reparut dans le monde comme prédicateur, sous le nom à'abbé de Marottes. On lui doit , outre un Discours sur la Pucette d'Orléans, et un autre Discours sur la délivrance d'Orléans: 1° Sermons sur la lecture des livres contraires à fa religion; Orléans, 1785, in-8°; — 2» Sermon* pour les principales fêtes de F année, et sur divers sujets de religion et de morale ; ibid., 2 vol in-12; ces sermons sont estimés. Voy. Michaud.
II. MAROLLES (Michel de), abbé de Villeloin, littérateur, urand-oncle du précédent, né au bourg de Genillé, en Touraine, l'an 1G00, mort à Paris en 16S1 , obtint par le crédit de son père, Claude de Marolles, capitaine des Suisses de la garde du roi , deux abbaves , celle de Beaugerais et celle de Villeloin. il était né avec une ardeur extrême pour l'étude , et il la conserva jusqu'à la mort. Outre un certain nombre d'écrits purement littéraires, il a laissé: 1" une Version française du Bréviaire romain ; 4 vol. in-8° ; — 2° Le Souvenu Testament mis m français ; Paris, 1619 et 1653, in-8°, traduction, dit D. Calmet, qui n'est pas faite sur la Vul- .. it-, mais sur la version latine d'Erasme; la préface est pleine d'érudition ; — 3° une Version fnnçaise de la Genèse, de l'Exode , et des vingtt l'ois premiers chapitres du Lévitique ; Paris, 107 1 , in-fol. Le reste de la Bible ne vit pas le jour, parce que le chancelier Séguier arrêta l'impression. M. de Haiiay, archevêque de Paris, lit même saisir et brûler presque tous les exemplaires qui avaient été imprimés. Voy. Nicéron, Mémoires, tom. XXXII, où l'on trouve la liste des autres écrits de l'auteur. Le P. Le Long, qui, dans sa Biblioth. sacrée, p. 332, donne les raisons qui ont fait arrêter l'impi ession de son livre. D. Calmet , Biblioth. Sacr., part. IIP, art. xi et xm. Feller. Michaud. La Souv. Biogr. génér.
MARON ou MARO UN (Saint), célèbre anachorète qui, selon Fauste Naironi, vivait au iv* siècle, et habitait sur une montagne, près de la ville de Tyr. Il eut un grand nombre de disciples, qui, s'étant répandus dans toute la Syrie , élevèrent près du fleuve Oronte un fort connu sous le nom de Maron , qui devint l'asile de tous les chrétiens persécutés, et où la pureté de la foi fut longtemps maintenue. Voy. Michaud, Biogr. univers. La Nouv. Biogr. génér. Compnr. Mahomtes.
MARONÉA {Maronna, Maronia), ville épisc.
de la province de Rnodope , sons la métropole
de Trajanopolis, au diocèse de Thrace, située près de la mer Egée, à l'embouchure du fleuve Nestus. Au vi« siècle elle fut élevée à la dignité de métropole, et elle ne lit qu'une église avec Trajanopolis, après la destruction de cette ville. Maronéa a eu quinze évèques , dont le premier, Alexandre , souscrivit la lettre du concile de Sardique aux églises. Voy. Lequien , Orient Christ., tom. I, p. 1106. fie Commanville , /" Table aiphabét., p. 140. Richard et Giraud. Gaet. Moroui, vol. XLIII, p. 112.
MARONÉE , bourgade de la partie orientale de la Romame, sur la rivière de Marizza. Le métropolitain de Trajanopolis, nommée autrefois Znrnis, y a transféré son siège.
MARONI (Fauste -Antoine), clerc régulier des écoles pies, vivait au xvm* siècle. On a de lui un excellent ouvrage intitulé : Commentarius de Ecclesia et episcopis auximatibus , in quo Uyhelliana séries emendatur, continuatur et illustratur • 1762, in-4°.
MARONIA. Voy. MaiîonÉA.
MARONITES (Maronite), peuple de Phénicie qui s'est répandu dans plusieurs villes de Syrie, et surtout dans le mont Liban. On n'est d'accord ni sur l'origine du nom des Maronites, ni sur l'époque de leur catholicité. D'après Eutychius, patriarche d'Alexandrie, et Guillaume, archevêque de Tyr, les Maronites tiraient d'un hérésiarque nommé Maron leur nom et leur hérésie, qui était celle des Monothélites, à laquelle ils en ajoutèrent plusieurs autres, qu'ils abjurèrent, l'an 1182, entre les mains d'Aimérie III, patriarche latin d'Antiocbe. Les Maronites disent qu'ils ont tiré leur nom du célèbre anachorète saint Maron, et que leur foi vient des temps apostoliques sans interruption. Quoi qu'il en soit , les Maronites sont maintenant tous catholiques, soumis au Pape et attachés à l'Eglise romaine. Ils ont un patriarche, qui réside au monastère de Canubin ou Canobin , au pied du mont Liban ; il est élu, en présence des principaux laïques, par les évèques soumis aux patriarches; le Pape confirme 1 élection, et lui donne le titre de patriarche d'Antiocbe; il ajoute à son nom propre celui de Pierre, en l nonneur du prince des apôtres , qui siégea en premier lieu a Antioche; il a sous lui cinq métropolitains. La vie monastique est eu honneur chez les Maronites , et leurs moines appartiennent à l'Ordre de Saint-Antoine. Ils travaillent de leurs mains, cultivent la terre, et peuvent disposer de leurs biens. La langue vulgaire des Maronites est l'arabe, et leur langue savante, le chaldéen. L'an 1736 il y eut un concile chez les Maronites dans le but de réformer quelques abus. Voy. Eutychius , Origine des églises d Qrient. Guillaume de Tvr, De Bello suer., 1. XXII, c. vni. Jacques de \itry, Historia Orientalis. Faust. Nairon, Dissertatio de origine, nominc ac religione Mnronitarum ; Rome , 1650. Euoplia fidei catholicœ; Rome, 1694. Le P. Pagi, (frit, in Annal. Baron., ad ann. 635, n. 13. Assemani, Biblioth. Orientalis, tom. I, p. 507. Lequien, Oriens Christ., tom. 111, p. 5 et 6. Le P. Dandini, Voyage au mont Liban en 1506, trad. par Simon. Le P. Ingoult, Mémoires des missions de la compagnie de Jésus dans le Levant , t. VIII. Terzi, Stria Sacra; délia nazione Maronita , p. 706. Le Brun , Explication des cérémonies de la messe, tom. IV, p. 625 et suiv. La Perpétuité de la foi, 1. VIII, c. xvi. Richard et Giraud. La Diction, ecclés. et canon, portatif. Bergier, Diction, de tliéol. Gaet. Moroui , vol. XLin, p. 113- 131. Le Diction, de la thêol. cathol. La Nouv, Biogr. gêner., art. Maron (Saint).