‹ Dictionnaire universel des sciences ecclésiastiquesChapitre 245 sur 1294 · IV. MARTYROLOGE DES HÉRÉTIQUES. Les · texte numérisé non relu

IV. MARTYROLOGE DES HÉRÉTIQUES. Les

hérétiques ont fait aussi des Martyrologes qui renferment les noms de leurs saints prétendus,

et qui ne commencent guère qu'à Jean Wiclef et a Jean Hus, dont le premier mourut l'an 1384 ou 1387, et le second fut brûlé en 1415. Il y a, en anglais, des Martyrologes qui ont été composés par J. Fox, par Brav et par Clarke. Voy. Richard et Giraud, art. Martyrologe, n. 13. Bergier, au mot Martyrologe, vers la lin. Compar. Martyr , n« I.

MARTYROLOGISTE ( Martyroloyii auctor, scriplor), auteur d'un Martvrologe.

MARTYROPOLIS, ville épisc. de l'Asie dans l'Arménie, située sur le fleuve Nymphius, à quinze milles des sources du Tigre, suivant l'ancienne Notice, et à un peu plus d'une journée d'Amid (Amida), suivant Procope. Le nom de Martyitjpolis lui fut donné, dit-on , au v* siècle , parce qu'on y transporta les reliqu.es des martyrs qui avaient souffert sous Sapor et Varane , rois de Perse. Le siège de Tacrit ou Togrid fut uni à celui de Martyropolis à peu près à la même époque. Martyropolis a eu six évêques , dont le premier, saint Maruthas, assista en 382 au concile d'Antioche assemblé pour condamner l'hérésie des Messaliens ; cette ville a eu aussi quatre évêques nestoriens, dont le premier, Jaballaha, fut élevé à la dignité de catholique, et quatre évêques jacobites, dont le premier, Athanase, siégeait en 1051. Martyropolis est appelée aujourd'hui Maifarakin ou Maipheraktn,Meiafarakin, Meiafarekin. Miafarakin. L'abbé Renaudot a cru que Maipherakin était la même ville que Tacrit; mais le géographe de Nubie et autres en font deux villes distinctes, et mettent Maipherakin dans l'Arménie, et Tacrit dans la Mésopotamie, à l'extrémité de i'Irac ou Babylonie. Martyropolis est maintenant un simple évéché I in partions sous la métropole d'Amid (Amida), ; siège également inpartibus. Koy.Etienne-Évode Assemani, Acta Sanct. Martyrum oriental, et occidental.; Rome, 1748. Lequien, Oriens Christ., tom. II, p. 998, 1321 et 1449. De Commanville, /" Table alphabet., p. 150. Gaet. Moroni, vol. XL11I, p. 205-206.

I. MARTYRS (LES DIX MILLE). Le Martyrologe romain fait deux fois mention de dix mille martyrs : d'abord au 18 mars, où on lit Nicomediœ, sanctorum décent millium martyrum gui pro Christi confessione g/adio percussi sunt ; en second lieu, au 22 juin, où il est dit : In monte Ararath, passio sanctorum martyrum decem millium cructfuorum. Le Martyrologe romain est le seul document de l'Eglise latine où il soit question des dix mille martyrs de Nicomédie ; mais, comme il en est parlé dans un ancien Ménologe grec, traduit en latin par le cardinal Sirteli, et publié par Canisius, et que ce Ménologe assigne Nicomédie pour le lieu de leur martyre, on ne saurait douter que dans ces dix mille martyrs on n'honore une partie de ceux qui périrent de diverses manières à Nicomédie, en ;i03, au commencement de la persécution de Dioclétien. D'un autre côté, si on considère ce que rapportent Eusèbe et Lactance , auteurs contemporains, des cruautés commises à Nicomédie a cette même époque, on ne sera nullement étonné du nombre de dix mille. Voy. Eusèbe, Hist. ecclés., 1. VIII , c. vi. Lactance, lu- Morte persecut.. c. x. — Quant aux dix mille martyrs crucitiés sur le mont Ararat, ils ont été connus et honorés dans presque tout l'Occident; on a construit beaucoup d'églises sous leur invocation ; d'anciens Missels ont une messe

Sropre pour le jour de leur féte, et à Vienne, à ome, a Prague, etc., on conserve des reliques qui portent leur nom. Cependant les Actes de ces I martyrs sont regardés comme n'étant nullement

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authentiques, leur existence même a été contestée par de savants critiques, entre autres par les Bollandistes. Mais il but remarquer que tous les raisonnements de ces critiques sont de sim-

Ïles conjectures, que les preuves des Bollanistes, en particulier, sont purement négatives, et qu'on ne peut en induire absolument que les Actes au tlien tiques n'ont pu exister ou avoir été cachés. Aussi, malgré la critique publiée en 1707 par les Bollandistes, les dix mille martyrs cruciliés sur le mont Ararat sont restés dans la uouvelle édition du Martyrologe romain faite sous le savant pape Benoit XIV, et y ont été conservés jusquà nos jours. Quoique ce ne soit pas une preuve irréfragable de l'existence de ces martyrs, cela indique au moins que les raisons des Bollandistes n'ont pas été trouvées convaincantes, et que le procès depuis lors par eux abandonné n'est pas encore terminé. Voy. Bolland., Acta Sanctor., tom. IV iunii. Surius, tom. VI. Martyrol. rom., edit. Ratisb., 1846. Le Diction, de la théol.cathol.

D. MARTYRS (LES QUARANTE). Durant la persécution de l'empereur Licinius, en 320. ces saints souffrirent la mort à Sébaste , ville de la petite Arménie. Ils étaient de différents pays, mais tous enrôlés dans le même corps, tous jeunes, braves et distingués par leurs services. Ou Ut dans saint Grégoire de Nysse et dans Procope qu'ils faisaient partie de la légion Fulminante, si célèbre par la pluie miraculeuse qu'elle obtint du ciel sous Marc-Aurèle. On commença par leur meurtrir le corps à coups de fouet, et on leur déchira les côtés avec des ongles de fer. Us furent ensuite chargés de chaines et conduits en prison. Quelques jours après on mit leur constance à de nouvelles épreuves. 11 y avait auprès des murailles de la ville un étang tellement glacé , que les gens de pied et les chevaux mêmes pouvaient le traverser sans aucun risque. On les y exposa tout nus pendant la nuit. Saint Grégoire de Nysse dit que les saints martyrs souffrirent ce supplice trois jours et trois nuits. On les enleva de là pour les mettre dans des chariots et les jeter dans le feu. Ils étaient tous morts ou mourants, excepté le plus jeune, qu'on trouva encore plein de vie. Les bourreaux le laissèrent, dans l'espoir

Îu'on pourrait le gagner; mais sa mère, qui lait présente, l'exhorta à persévérer; puis, l'ayant pris elle-même entre ses bras, elle le mit dans le chariot avec les autres martyrs. Après que les corps des glorieux confesseurs eurent été brûlés, on jeta leurs cendres dans le fleuve; il en resta pourtant une partie aux chrétiens, qui les enlevèrent secrètement, ou les achetèrent à prix d'argent. Saint Basile, saint Grégoire de Nysse, saint Pierre de Sébaste et plusieurs saintes se procurèrent de ces précieuses reliques. L'Église célèbre, le 10 mars, la fête des Quarante Martyrs. Voy. Basile, Homil. A'A"; Orat. XX. Grég. Nyss., Ont. III de XL mart. Ephrem., Oper., tom. II, edit. Vaticana. Gaudent. Brixens., Serm. XVII, de XL Mart. Sozomen., Hist. eccles., 1. III. Procop., de édifie. Justinian., c. vu. Tillemont,tom. V. D. Ceillier, tom. IV. Jos. Sim. Assemani, Kalendariu Ecries, universft . etc., ad 11 martii.

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