‹ Dictionnaire universel des sciences ecclésiastiquesChapitre 246 sur 1294 · III. MARTYRS DE PERSE. On a prétendu · texte numérisé non relu

III. MARTYRS DE PERSE. On a prétendu

Îue les chrétiens qui avaient été suppliciés en erse n'étaient nullement des martyrs, mais des coupables ordinaires que la loi civile doit nécessairement frapper. Mais l'histoire a fait justice de cette fausse prétention; car c'est ellemême qui nous apprend que ces chrétiens n'étaient pas plus criminels que ceux qui ont été

mis à mort dans l'empire romain. A la vérité . les Juifs et les mages persuadèrent aux rois de Perse que les chrétiens étaient moins affectionnés à leur gouvernement qu'à celui des Romains; ils leur firent envisager le christianisme comme une religion romaine, et ce fut pour eux un motif de haïr les chrétiens; mais ou ne put jamais citer aucune preuve d'infidélité de leur part. Il leur fut ordonné, sous peine de perdre la vie , d'adorer le feu et l'eau , le soleil et la lune, comme preuve qu'ils renonçaient au christianisme ; tous ceux qui refusèrent furent mis à mort ; il fut permis aux gouverneurs de les tourmenter comme ils le jugeraient à propos. Ce sont là assurément de véritables martyrs, ou il n'y en eut jamais. On s'est beaucoup récrié contre le faux zèle d'Abdas ou Audas, évéqoe de Seize, nui brûla un temple consacré au feu, refusa de le rebâtir, et fut ainsi cause d'une sanglante persécution. Mais d'abord Assémani nous apprend , d'après les auteurs syriens, que ce temple ne fut pas brûlé par Abdas, mais par un des prêtres de son clergé ; par conséquent l'évéque n'étant pointpersomiellementcoupable, n'avait pas tort de ne vouloir pas rétablir le temple détruit. En second lieu , la persécution sanglante qu'on objecte eut lieu sous Sapor II, c'est-à-dire quatre-vingts ans avant la destruction du temple , arrivée sous l'empereur Jezdedgerd. D'ailleurs, en supposant le faux zèle d'un seul évèque, était-ce un juste sujet d'exterminer des milliers de chrétiens, et cela prouve-t-il que cette multitude de chrétiens qui préféraient la mort à l'apostasie de leur foi, n'étaient point de vrais martyrs? Voy. les Mémoires de l'Acad. des Inscriptions, tom. LX1X, p. 995 et suiv., in-12. Joseph-Simon Assémani, Riblioth. Orient., t. I, p. 183; tom. III, p. 371. Bergier, Diction, de théoi., au mot Martyr, n° Ht. Compar. notre art. Martyr.

IV. MARTYRS DES HÉRÉTIQUES ET DES SCHEMATIQUES. Les hérétiques et les schismatiques se glorifient d'avoir eu un grand nombre de martyrs; mais ils ne sauraient jouir de ce privilège; car, soit qu'ils meurent pour soutenir leurs erreurs, soit qu'ils meurent pour la défense de quelques articles de foi qui leur sont communs avec les catholiques, ils n'ont pas la vraie foi de ces articles, la croyance qu'ils en ont n'étant pas appuyée sur la première vérité, qui est Dieu, et sur l'infaillible autorité qu'il a donnée à l'Église. En France, par exemple, les calvinistes qui ont souffert la mort n'ont certainement pas péri pour leur religion, mais pour les excès, (es violences et les séditions dont ils s'étaient rendus coupables. Nous pouvons dire de même des quelques fanatiques d'Angleterre

3ui, sous la reine Marie, furent justement punis e leurs emportements. Voyt Richard et Giraud, au mot Martyrs , § V. Bergier, art. Martyrologe , vers la fin.

V. MARTYRS SCILLITAINS ou SCYLLI- TAINS, martyrs d'Afrique qui souffrirent la mort sousM'empire de Sévère, et dont le chef était Spérat. Voy. Scillitains et Spérat.

MARU ou MARD-ALSCI AHÉGAH , ville épisc . de Perse située dans le Cho.-asan, sur le fleuve Morcab. Le christianisme ayant été établi dans le Chorasan, sous le roi Sapor, Maru-Alsciahégan devint métropole et province ecclésiastique du diocèse des Chaldéens. Cette ville a eu dix évëques, dont le premier, Bar-Codbsada , prêcha l'Évangile dans le Chorasan. Voy. Lequien, Oriens Christ., tom. Il, p. 1261. Richard et Giraud. Gaet. Moroni, vol. XLI1I, p. 207-208.

MARULO (Marco), érudit dalrnate, né à Spa-

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