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MATÉRIAIRES (Materiarii), anciens hérétiques qu'on appelle aussi ^nci«w matérialistes. Ils admeUaient une matière éternelle sur la»
Îuelle Dieu avait travaillé en créant le monde, èrtullien les a victorieusement combattus dans son Traité contre Hermogène, en montrant que si la matière est un être éternel et nécessaire ,
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elle ne peut avoir aucune imperfection ni être sujette à aucun changement; que Dieu môme n'a pu en changer la disposition ; qu'il n'a pu avoir aucun pouvoir sur un être qui lui est coéternel. C'est l'argument que Clarke a fait valoir et développé de nos jours plus au long. Tertullien conclut que la matière a commencé d'Être: or elle n'a pu commencer que par création. Voy. saint Justin, dans son Exhortation uux Gentils, n. 23. Origène, dans son Commentairesur la Genèse et sur saint Jeun, tom.I, n. 18; ces deux Pères prouvent de même que si la matière était éternelle, Dieu n'aurait aucun pouvoir sur elle. Voy. Bergier, Diction, de thcol., art. Matérialisme, Matérialistes, et contpar. Hkkmogêne.
MATÉRIALISME, doctrine fausse et impie de ceux qui osent soutenir que tout est matière, et que l'âme n'est pas un être simple, immatériel et immortel. Pour détruire ce système absurde, il suflit de reconnaître que l'âme compare ses idées, afin d'en former des propositions, des jugements et des raisonnements; elle distingue ses- sensations, celles qui lui sont agréables comme celles qui lui déplaisent et l'affligent; elle est prornplcment avertie des changements qui arrivent dans les différentes parties du corps. Or tout cela ne peut convenir qu'à un être simple et immatériel, parce que saus la simplicité et l'immatérialité, il n'y aurait dans l'àme aucun point de réunion, ni par conséquent de comparaison , d'estimation, d'appréciation, de perception. En effet, dès qu'on suppose de la matière, on suppose des parties aussi distinguées entre elles, aussi inaccessibles les unes aux autres que sont les grains qui composent un monceau de sable; mais alors ce qui affectera une de ces parties ne sera pas connu des autres ; ou si l'on dit qu'après l'ébranlement de chacune de ces parties il se fera comme un résultat, comme un dernier rapport dans quelque point principal de l'àme, ce point sera nécessairement simple, unique, sans parties, et par conséquent immatériel. Voy. le Diction, ecefés. et carton, portatif. L' Encycfop. cattiol. Le. Diction, de ta tliéol. cnthol.y et cumpar. l'art, suiv.
1. MATÉRIALISTES. Aujourd'hui ou donne ce nom à ceux qui n'admettent d'autre substance que la matière; qui soutiennent que les esprits ou les substances spirituelles sont des chimères, et que, dans l'homme, le corps seul est le principe de toutes ses opérations; qui, par conséquent, n'admettent pas de Dieu, ou qui l'envisagent comme une âme universelle répandue dans tous les corps, de laquelle proviennent tous leurs mouvements et leurs divers changements. Comme l'un et l'autre de ces systèmes supposent toujours la matière éternelle et incréée, ils sont déjà réfutés par les arguments que les Pères ont employés contre les Matériaux* ou Anciens matérialistes. Nous ne partageons pas l'opinion de plusieurs critiques modernes qui ont prétendu que les anciens Pères de l'Église, particulièrement saint Irénée, Origène, Tertullien, saint Hilaire et saint Ara- Lroise, n'ont pas cru que l'àme humaine et les anges fussent des substances purement immatérielles; mais qu'ils les regardaient seulement comme des corps subtils et très-déliés; qu'ainsi on doit mettre ces Pères au nombre des Matérialistes. Si ces illustres docteurs ont pu , dans quelques endroits, employerdes expressions qui, mal interprétées, favorisent le matérialisme, ils se sont expliqués si clairement et si formellement dans une foule d'autres, que l'accusation de ces critiques tombe d'elle-même. — Une re-
marque importante à faire, c'est que les Matérialistes n'ont aucune preuve de leur système; ils ne font qu'objecter des difficultés contre la thèse de la spiritualité. On ne conçoit, disentils, ni la nature d'un être spirituel, ni ses opérations, ni comment il peut être renfermé dans un corps et lui imprimer le mouvement. Mais conçoit-on mieux une matière éternelle, nécessaire, incréée, et cependant bornée, et dont les attributs ne sont m éternels, ni nécessaires, puisqu'ils changent? Conçoit -on un être purement passif, indifférent au mouvement et au repos, et qui est cependant principe du mouvement; un être composé et divisible, et qui est cependant le sujet de modifications indivisibles, etc.? Ce ne sont pas là seulement des mystères inconcevables, maisdes contradictions formelles. Il est moins absurde d'admettre des mystères incompréhensibles que des contradictions grossières, et il y a vraiment de la démence à vouloir étouffer le sentiment intérieur qui nous assure que nous sommes autre chose que de la matière. Voy. Bergier, Diction, de tkéol., et tous les autres auteurs à consulter que nous avons indiqués aux art. Ame et Matérialisme.