V. MAURICE (SAINT-), monastère. Yoy
ACALNE.
VI. MAURICE (Le bienheureux), dominicain, né en Hongrie l'an 1281, mort le 20 mars 1*J36, était issu du sang royal, et fils de Oémétrius, qui appartenait a l'ancienne et noble maison de Chack. Méprisant de bonne heure les pompes et les vanités du monde , et plein de dévotion envers la sainte Vierge , il fit bientôt l'admiration de tous ceux qui l'approchaient. Ses parents l'obligèrent d'épouser la fille d'un palatin, avec qui il vécut fraternellement. Après avoir distribué d'abondantes aumônes aux monastères, aux églises, aux hôpitaux et aux pauvres, ils se rendirent dans l'île de Sainte-Marguerite, située sur le Danube, près de la ville de Bude, et y prirent l'habit des Frères Prêcheurs. Us triomphèrent de tous les obstacles qui s'opposaient a leur séjour dans le cloitre, et Maurice prononça ses vœux au célèbre couvent de Bologne. 11 édifia tous ses frères par l'éclat de ses vertus, et Dieu l'honora du don de prophétie et de celui des miracles. Les Hongrois célèbrent sa féte avec la plus grande pompe. Yoy. le P. Touron, Hommes iltustr. (te l'Ord. de S. Dominiq., t. II , p. 159 et suiv. Richard et Giraud.
VIL MAURICE (Pierre), te Yén>lrable, abbé de Cluny, mort le 25 décembre 1156, était fils de Maurice et de la bienheureuse Raingarde, qui l'offrirent tout jeune encore à saint Hugues, abbé de Cluny.Ses progrès extraordinaires dans les sciences et la piété le firent nommer successivement prieur de Vézetay, au diocèse d'Autun, prieur de Domne et abbé'de Cluny. C'est alors qu'on vit briller son humilité, sa modestie et son zèle ardent pour la discipline monastique, zèle que tempérait une douce affabilité. 11 combattit les ennemis de la foi par ses ouvrages contre les Juifs, les Mahométans et les Pétrobusiens. En 1130, il reçut à Cluny le pape Innocent II, qui fuyait l'antipape Anaclet, tint, en 113-2, un chapitre général où il fit de nouvelles constitutions pour son Ordre, assista, en 1134, au concile de Pise, fit, en 1135, un voyage en Espagne, et composa cinq livres pour ré fit ter l'Alcoran, qu'il avait fait traduire d'arabe eu latin. 11 reçut dans sa communauté Abailard, qu'il réconcilia avec saint Bernard et avec le Pape, et se rendit en 1140 à Rome, afin de donner sa démission au pape Eugène 111, qui la refusa. Quoique Maurice n'ait pas été canonisé dans les formes, il est cependant qualifié de saint dans divers monuments publics, entre autres dans le Martyrologe de France et dans celui des Bénédictins. Yoy. Richard et Giraud.
VIII. MAURICE (Antoine), protestant, né en 1677 à Eynières en Provence, mort à Genève l'an 1750, montra dès son enfance une grande aptitude pour l'étude. Doué d'une heureuse mémoire et d'une extrême facilité pour les langues, il apprit la plupart des idiomes orientaux. Il aimait aussi les sciences; il abandonna le système de Descartes pour embrasser celui de Newton , dont il fut un zélé partisan. Il passa toute sa vie à Genève, où depuis 1704 il exerça les fonctions de pasteur. 11 fut professeur de belles -lettres à 1 académie de Genève, il y enseigna les langues orientales, puis la théologie, et il fut appelé deux fois au rectorat. Sur la proposition de Leibniz, la Société royale des sciences de Berlin l'admit eu 1713 au nombre de ses membres. On a de Maurice : 1° une édition du Haiionarium tempnrum du P. Pétau, avec des notes ; Genève , 1721 , 3 vol. in-8° ; — 2° une vingtaine de Dissertations, entre autres : De Coiuscientia ; 1725-1731, in-4° ;— De Resurrectione Jesu Christi; 1731 et 1763 ; — Jus examinis, 1740, in -fol.; — De Suicidio , 1756, in -8». Maurice a laissé encore des travaux scientifiques et philologiques; mais ils n'ont jamais été publiés. Yoy. la Xouv. ttiogr. gênér.
IX. MAURICE (Antoine), protestant, né a Genève en 1716, mort en 179o, fils du précèdent, exerça les fonctions de pasteur et professa la théologie. Outre des Thèses sur l'astronomie et des Dissertations latines sur des points de théologie et de philosophie, il a laissé : 1° De Fidc veterum Judcemum circa futurum post hnnc vitam statum; Genève, 1780, in -8"; — 2» De Musica in sacris; ibid., 1771, in-4u; — 3» De 2 oterantia apud Ethninos; ibid., 1790, in -4°; — • 4° une Histoire ecclésiastique , mais qui est restée manuscrite. Yoy. Michaud, liioyr. univers. La .Vomi*. Hiogr. ge'nër.
X. MAURICE (Auguste), surnommé te Savant, landgrave de Hesse-Cassel , né en 1572, mort à Eschwege l'an 1632, acquit de bonne heure des connaissances très-étendues dans les lettres et les sciences; il connaissait toutes les langues de l'Europe, et de plus l'hébreu et le
[>ersan. Ayant succédé à son père, le savent andgrave "Guillaume IV, il fonda a Casse I le Cotleyium Mauritiaitum , transféré plus tard à Marbourg. Il fit d'inutiles efforts pour ramener à une même confession les diverses sectes protestantes de ses États. Il abdiqua en 1627, pour se consacrer entièrement à l'étude le reste de ses jours. Parmi les seize ouvrages qu'il a publiés, nous citerons seulement : 1° Cyclus thesium miscellanearum , ex variis pfdlosuphia* locis collectarutn ; Cassel , 1660, in-4" . — 2» Philosopha practica; ibid., 1640. Voy. Strieder, Hessische Grlehrten Gesc/uchte, tom. IX. La Nouv. liioyr. gêner.
XI. MAURICE (Thomas), anglican, historien et poète , né en 1754 à Hertford , mort à Londres l'an 1821 , était fils d'un maitre d'école. Il entra à dix-neuf ans à l'université d'Oxford, où il se signala par quelques essais poétiques. Nommé en 1790 bibliothécaire adjoint au Brilish Muséum, il reçut de la munificence de ses patrons les bénéfices de Vv'ormleighthon et de Cudhum. 11 a laissé un grand nombre d'ouvrages, parmi lesquels nous citerons seulement : ln Ûrahmiuicul Fraud delected; Londres, 1812, in-8» ; il s'y attache à montrer les efforts de la caste sacerdotale de l'Inde pour revêtir leurs fausses
i divinités des attributs et des actions du Christ, I dont ils avaient connu la vie par YÈvanyiie de l'enfance, introduit dans l'Inde vers le vi» siècle ; | — 2° Obsenations connected with astronomy and
MAUR
MAUR
ancient history of t/ie ruins of Babylon; ibid., I 1816, in-4° fig.; — 3° Observations on the remains ! of ancient Egyptian grandeur and sttpei'stition ; ibid., 1818, ih-4». Voy. Gorton, Biogr. Dktionary. Feller, Biogr. univers. La Souv. Biogr. i qenér., où P.-L. y dit « qu'il est à regretter que 1 Maurice ait consacré trop d'espace à combattre j l'opinion, alors très-répandue, de l'école phi- | losophique française au sujet des emprunts laits par le christianisme aux dogmes et aux cérémonies religieuses de l'Inde, j» Nous ne saurions partager le regret du savant auteur de l'article de la Nouv. Biogr. génér.: nous félicitons, au contraire, Thomas Maurice du soin qu'il a pris de réfuter aussi complètement l'opinion mensongère de l'école philosophique française sur les prétendus emprunts faits par le christianisme aux dogmes et aux cérémonies religieuses de l'Inde.
XII. MAURICE DE PORTU ou OTIHELY , archevêque de Tuam en Irlande, né dans le comté de Cork, près de Baltimore, vivait au xvi* siècle. II se Ht recevoir docteur en théologie à Padoue , entra chez les Franciscains , et se rendit non moins recommandable par sa profonde science que par sa grande piété. Jules II le nomma archevêque de Tuam en 1506. 11 a laissé : 1° Sermons pour le Carême et Homélies pour tAvent; Paris, 1587, 1589, 1591 et 1604; — 2e Theoremata de mente Scoti; Venise, 1514, in-8°; — 3° Questiones ejusdem in Porphyrium , universamque logicam, avec des notes; ibid., 1500, in -fol.; — 4° Libri IV sentent in rum Scri~ ptor. Oxon. castigati ; Lyon, 1520; — 5* Repo>ttata recognita; lol8 ; — 6° Epiiomata in Formalitotes Scoti; 1514, in-8"; — 7° Commentaria in IV Sentent. Fr. Mayron Minoritœ, avec des postilles et des additions; Venise, 1519, in-fol.; — 8* Tractatus Stephani Brulifer, de Formalitatibus Scoti; Venise, 1505, in-fol.; — 9° Concordantiœ et castigationes in metapht/sicaiia Doctoris subtilis; Venise, 1501, in-foK; — 10° Comptndium veritatum quatuor librorum Sententiarum ; ibid., 1505, in-i°; — 11» Epitomata de rerum contingentia et divina pradestinatùme : ibid., 1505; — 1* Enchiridion fidei ; ibid., 1509 et 1591, in-4°; —13° Dictionarium Sacra- Scripturœ; ibid., 1603 j — 14° Ln Vie de S,:ot. Voy. Possevin, In Appar. sacr. Wading. Le P. Jean de Saint- Antoine, Biblioth. univ. Francise., tom. II, p. 357 et suiv. Richard et Giraud.
MAURIENNE (SAINT- JEAN DE), en latin Mauriana ou Hlaurianna , Maurienna, ville épisc, située sur l'Arch ou Arche, à treize lieues au levant de Grenoble, et capitale du comté de Maurienne en Savoie. Elle était autrefois sous la métropole de Vienne en Dauphiné. Mais Léon XII la déclara suffragante de Chambéry, et elle l'est encore aujourd'hui. Son premier évéque, Lucien, assista en 341 au concile romain célébré sous le pape Jules 1er. Voy. la Gallia Christ., vet. edit., tom. II, part. II, p. 691. De Commanville. /" Table alphabét.,p. 152. Richard et Giraud. Gaet. Moroni , vol. XXX, p. 281- 283. L'Encyclop. cathol., au Suppléai. De Commanville remarque « qu'on ne voit pas Saint- Jean de Maurienne dans les Notices entre les évèchés de la province de Vienne ; » mais il ajoute immédiatement : « Il y eut pourtant des
Çrélats, dès l'an 341, qui sont suflragantâ de ienne depuis longtemps. » D'un autre côté F. Croisollet dit, dans YEncyclopéd. cathol. : « Jusqu'ici on a fait remonter l'érection de l'évéché de Maurienne vers le milieu du iv* siècle, parce que, dans les actes du concile tenu a Rome dans l'église de Constantine, le 18 des
calendes d'octobre de l'an 341, sous le paj Jules , est mentionnée la présence d'un Luci nus, episcopus Maurianensis ; cependant une charte du x* siècle, publiée récemment par MM. Cibrario et Promis, fixe au règne de Contran (561) l'érection de la Maurienne en évèché, auquel fut unie la vallée de Suze, et indique Felmasius comme premier évéque. D'après ce document important, cette vallée faisait avant cette époque partie du diocèse de Vienne, ou plutôt elle était soumise à l'église métropolitaine de Vienne. • Mais cette charte ne dit pas formellement que l'érection dont elle parle fut la première. L'intervalle d'environ 160 qui s'est écoulé entre le quatrième évéque, Leborie, et le cinquième, Felinasie, selon la liste donnée par Richard et Giraud, montre assez clairement que le Felmasius mentionné dans la susdite charte est le premier évéque nommé après cette lacune , mais nullement le premier de tous les évéques de ce siège.
I. MAURILLE (Saint), en italien Maurilio, en latin Maurilius , évéque d'Angers, né à Milan, mort vers l'an 431 , vint dans les Gaules vers l'an 375, et se plaça sous la discipline de saint Martin de Tours, qui l'ordonna prêtre. A la mort de ce saint prélat, Maurille se retira en Anjou , fut curé de la paroisse de Chalonne , à quatre lieues d'Angers . et succéda à Prosper , évéque de celte ville. Sa fête est marquée an 13 septembre dans le Martyrologe d'Usuard et dans le romain moderne." Voy. Mombritius, Sanctuarium. sive Vilœ sanctorum, tom. II. Surius. Richard et Giraud. Gaet. Moroni , v. XLI1I, p. 314.
II, MAURILLE, archevêque de Rouen, né à Reims, mort le 6 août 1068, fit ses études à Liège , et eut un emploi d'écolâtre ou de théologal dans une église d'Allemagne, qu'on croit être celle d'Halberstadt. Plus tard il passa en Italie , et devint abbé d'un monastère de Florence. Étant ensuite venu en France, il fit profession dans l'abbaye de Fécamp en Normandie, d'où on le fit sortir malgré lui pour remplacer Mauger, archevêque de Rouen, qui avait été déposé en 1055. il répara les maux que cette ville avait soufferts, tint un concile dans lequel il condamna l'erreur de Béranger; en assembla un autre à Caen en 1061 pour établir la sûreté et la bonne police dans toute la Normandie, et en réunit deux autres plus tard à l'occasion de la dédicace de deux églises. Dieu attesta la sainteté de sa vie par des miracles qu'il opéra a son tombeau , qui s'appelle publiquement la tombe de saint Morille, quoiqu'il n'ait pas été canonisé. Le Martyrologe de France et celui des Bénédictins le mettent parmi les saints. 11 nous reste de lui trois Lettres , qui se trouvent dans d'Achéry, Spicilegium , tom. II. Voy. D. Mabillon, Analecta, tom. IL Le P. Pommeraye, Hist. eccles. de Rome. Richard et Giraud.*
MAURIN (SAINT-), en latin Sanctus Mawinus, abbaye de l'Ordre de Saint-Benoit, au diocèse d'Agen. On ignore l'époque de sa fondation; mais il est certain qu'elle existait avant l'an 1056. Elle eut beaucoup à souffrir pendant les guerres des Albigeois et des Anglais ; et les calvinistes la détruisirent presque entièrement au xvjc siècle. Pierre de Villamont, qui en était abbé commendataire , la releva au commencement du xva* siècle. Ce monastère, soumis pendant longtemps à la congrégation de Cluny, fut uni plus tard à celle de Saint-Maur. Voy. la Oailia Christ., tom. Il, col. 944.
MAURISSE (J. -Pierre de), docteur en droit
-MACR