II. MEIR-BEN-ISAAC-ARAMA. Voy, A rama, n» III
III. MEIR DE ROTHENBOURG, rabbin qu'on dit être mort en 1305, naquit à Hothenbourg, et devint recteur de 1 académie de cette ville. On a de lui un certain nombre d'ouvrages en hébreu, tant manuscrits qu'imprimés; nous citerons parmi ces derniers : 1* Bénédictions ; Trente, 1559, in-8°; — 2° Observations critiques sur la Main forte de Maïmonide; Venise, lo50; — 3° Questions et Réponses; Crémone, 1557, in-4°; Prague, 1G08, in-fol.; cette dernière édition , dans laquelle les Questions et les Réponses sont au nombre de mille deux cents , contient
Jriusieurs additions, entre autres la manière de aire pénitence de toute espèce de péché. Voy. Bartolocci, Magna Biblioth. rvbbintca, tom. I, p. <00, 494 et seq. Wolf, Biblioth. hebr., tom. I, p. 754 , 755.
MEISSEN (Misna ou Misena), ancienne ville épisr. de la Misnie , érigée en évéché l'an 958 ou 968, sous la métropole de Magdebourg. En | 1581, lévéque, qui était prince de l'Empire,'
MEKH
ayant embrassé la confession d'Augsbourg , les domaines de l'évéché furent unis à celui de l'électeur de Saxe. Le chapitre luthérien y a été conservé. Aujourd'hui la Misnie et la Lusace sont un simple vicariat apostolique. Voy. De Commanville , Table alphabét., p. 160, au. mot Misna. Richard et Giraud. Gaet. Moroni. vol. XI. IV, p. 145-148. Le Diction, de la théol. cathol., qui donne la liste des évéques de Meissen depuis Burkard , le premier, mort en 972 , jusqu'à Jean IX de Haugwitz , qui fut le quarante-quatrième et dernier, et qui renonça à ses fonctions épisc. en 1551.
MEISTER (Jean-Henri), dit Le Maistre, prntestant , né à Stein , près de Schaflbuse , en 1700, mort pasteur à Kusnacht , près de Zurich , l'an 1781 , remplit divers emplois ecclésiastiques en Allemagne. On a de lui un grand nombre d'ouvrages religieux, parmi lesquels nous citerons : 1° Quatre Lettres sur la discipline ecclésiastique , entre M. Necker et M. Le Maistre; 1741 • — 2» Réflexions sur la manière de prêcher la plus simple et la plus naturelle; 1745; — 3° Jugement sur r histoire de la religion chrétienne , contre F avantpropos de l'Abrégé de Fleury ; Zurich , 1768 et 1769. in-8». Voy. Michaud.
MEJARCON , ville de la tribu de Dan. Voy. Josué, xix, 46.
MEKHITAR ou MÉCHITAR (Pierre), fondateur du couvent arménien de Venise, né & Sebaste, en Arménie, l'an 1676, mort à l'Ile Saint- Lazare, près de Venise, en 1749, se nommait d'abord Munouq. A l'âge de quinze ans il reçut le nom de Mekhitar, c'est-à-dire consolateur , mie l'évéque Ananias lui donna lorsqu'il prit 1 habit religieux. A cette époque il projetait déjà de rallier son pays à l'Église romaine, et dans ce but il visita Passène, Alep , l'île de Chypre et Constantinople , préchant partout l'orthodoxie. De là il s'établit à Moden en Murée, pays alors soumis aux Vénitiens, et il y fonda une église en 1708. Plus tard il se rendit à Venise, ou il obtint du sénat, en 1717, la cession à perpétuité de la petite ile Saint-Lazare , et en 1740 il y bâtit un monastère destiné à instruire gratuitement les jeunes Arméniens qui s'y présentent. Mekhitar organisa de plus à Venise une imprimerie arménienne. Outre un Dictionnaire et une Grammaire arménienne il a publié : 1° une Bible arménienne: 1733, infol.: — 2» un Commentaire sur saint Matthieu • — 3» un Commentaire sur l'Ecclésiastique; — 4« un Commentaire sur les Psaumes; — 5* des Catéchismes en arménien littéral et en arménien vulgaire; — 6» une Traduction de saint Thomas d'Aauin, etc. Voy. Michaud. Biogr. univers. La Isour. Biogr. génér. Le Diction, de la théol. cathol., art. Mêchitaristes.
MEKHITARISTES ou MÊCHITARISTES: société ecclésiastique arménienne qui professe la religion catholique , et qui fut fondée à Constantinople en 170i par le prêtre arménien Pierre Mekhitar. Elle se distingua dès son origine par son zèle pour l'étude des sciences sacrées. Le pape Clément XI confirma en 1712, à la prière de Mekhitar. l'Ordre par lui constitué selon la règle de Saint-Benoit, et nomma Mekhitar abbé. Dés ce moment la congrégation exerça la plus heureuse influence. Elle envoya constamment des missionnaires en Orient, tandis que ceux de ses membres qui résidaient à Saint - Lazare sjadonnaient à l'étude et à l'enseignement- Elle s'est de plus propagée dans toutes les parties | du monde. A Pans en particulier elle a un institut destiné à l'éducation des jeunes Armé- 1 niens. Cet institut, parfaitement dirigé, a ob-
MELA
MÊLA
Mm l'estime des hommes les plus compétents ui s'occupent de l'Orient. Nous ne suffirions as à énumérer les ouvrages importants comosés et édités par cette savante congrégation. oy. le Diction, de la théoi. cathoi., qui, dans n excellent article, indique les principaux de es ouvrages, et les auteurs qui ont écrit sur les lekhitaristes. Compar. l'art, précédent.
M EL ou MELL (Conrad), protestant, né à ludensberg. dans la Hesse, en 16(36, mort à Cassel l'an 1733, exerça les fonctions de paseur à Mittau . àMemel et à Kœnigsberg. II fut liargé en 1706 de diriger le gymnase de Herseld , et il devint plus tard surintendant des glises de la liesse. Rotermund porte à quaante-cinq le nombre des ouvrages de Mel; tour nous, nous citerons seulement : 1" Legatio •rietdalis Sinensium.Samaritanorum ,Chaldaorum •t Hebrœorum, cum interpretationibus ; Kœnigs» >erg , 1700, in -fol.; — 2» Antiquarius sacer, seu te usu antiquitatum judaicarum , grœcarum et •omanarum in explicandis obscunoribus Scri- >turce dictis; Schleusingen , 1707, in-8»; Francbrt, 1719, in-4»; cette dernière édition a été « i- montée de plusieurs opuscules : — S* Misdonarius evangeiicus ; Hersfeld, 1711, in-8° ; — i° Le Tabernacle de Moite, ou sa description et elle de tous les ustensiles sacrés, en allemand, îinsi que les suivants; Francfort, 1709, 1711, m -4°: Cassel, 1720, in -4°: — 5* Vie des patriarches; Francfort, 1715-1716, 2 vol. in-48 ; — îf> Délices des saints, livre de prières: Cassel, 1715, in-8%- 1779, 15» édit.; — 7* Le Temple de Salomon; Francfort, 1724, in-4»; Cassel, 1726, in-4°: — 8° A brégé de t Histoire ecclésiastique tiré de l'Ancien et du Nouveau Testament ; Francfort, 1712; — 9° des Sermons, des Thèses et des Livres ascétiques. Voy. Michaud , Biogr. univers., art. Mi-i i . . La Nouv. Biogr. génér.
MÊLA (Meleesa). Voy. Méloé.
I. MELAI NE (Saint), en latin Melanius, évê- [•>-• de Rennes, né au diocèse do Vannes, en Bretagne, mort l'an 530, succéda malgré lui à Saint-Amand, évêque de Rennes. Il s appliqua avec zèle à remplir la tâche que Dieu lui avait imposée, contribua à faire assembler le premier concile a'Orléans, où il défendit la pureté de la foi et de la discipline, convertit un grand nombre de pécheurs et d'hérétiques, et détruisit presque entièrement l'idolâtrie dans l'étendue de son diocèse. Dieu l'honora du don des miracles. On célèbre sa féte à Rennes le 6 novembre, et ailleurs le 6 janvier. Voy. Bollandus. Richard et Giraud. Michaud, Bibor. univers., au Suppléai.
II. MÉLAINE (SAINT-), en latin Sanctus Melanius, abbaye de l'Ordre de Saint-Benoit située à Rennes, en Bretagne. Elle fut fondée par saint Mélaine, évêque de cette ville, qui la bâtit pour y vaquer de temps en temps à la contemplation, a l'exemple de saint Martin et de quelques autres évèques. Ce monastère ayant été ruiné par les Normands, fut rétabli en 1054, et devint extrêmement florissant. L'an 1627, on y introduisit la réforme de la congrégation de Saint- Maur. Voy. YHist. de Bretagne, tom. II, édit. de 1746. Richard et Giraud. Compar. l'art, précéd.
MÉLANCHTHON (Philippe), né à Bretten, dans le grand-duché de Bade, en 1497, mort en 1500, changea son nom allemand Schwurtz-Erde, c'est-à-dire terre noire, en celui de Mélanchthon, qui a la même signification en grec. Il étudia la théologie, la philosophie, les mathématiques, la médecine et la jurisprudence. Nommé professeur de grec et d'hébreu à l'université de W'ittemberg, Mélanchthon ne tarda pas à acqué-
rir une grande réputation , qu'augmenta encore
la publication de quelques-uns de ses ouvrages. Cependant la lecture des écrits d'Érasme, sa liaison avec Reuchlin et le désir ardent d'étendre sa renommée, jetèrent Mélanchthon dans le parti de Luther, dont il seconda parfaitement les vues, et qu'il défendit de vive voix et par écrit. 11 fut chargé de visiter la Thuringe, afin d'y organiser l'introduction du luthéranisme, et il rédigea la formule connue sous le nom de Confession aVAugsbourg , qui fut présentée à Charles-Quint. L'amitié de Mélanchthon et de Luther ne fut pourtant pas de longue durée; ce dernier reprochait amèrement à son allié d'incliner vers la doctrine des zwingliens, qui ne voyaient dans l'Eucharistie qu'un symbolo, et la modération de Mélanchthon lui suscita tant d'ennemis parmi les fougueux partisans de Luther, qu'il eut un moment la pensée de se réfugier dans la Palestine. Il mourut après avoir l'ait d'inutiles tentatives pour apaiser les querelles qui s'étaient élevées entre les luthériens et les calvinistes. Ce qui frappe surtout, quand on lit la Vie de Mélanchthon, c'est sa variabilité dans ses opinions religieuses; on s'en convaincra par les quelques traits que nous allons rapporter, et que nous empruntons à différents auteurs. « Son esprit de conciliation engagea le roi de France François I*à lui écrire, en 1535, pour le prier de venir conférer avec les docteurs de Sorbonne. Ce prince le connaissait par les douze articles qu'il lui avait fait présenter, où on est surpris de trouver celui-ci : Primum igitur hoc omnes unan imiter profitemur, politiam ecclesiasticam rem esse tanclam et utilem, ut sint utique aliqui Episcopi qui praesint pktribus Eccletiarum tntnistris, tiem ut Romanus Pontifex ph^ksi/ omnibus Episcopis. Opus est enim in Ecclesia gubernatoribus, qui vocatos ad ministeria ecclesiastica explorent et ordinent... et inspiciant doctrinam sacerdotum; et si nu/li essent Episcopi, tamen ereari taies oporteret.C D'Argentré, Coll. judic, tom. I, pari II, p. 387. « Plût à Dieu, s'écrie-t-il dans un autre endroit, que je pusse, non pas infirmer la domination spirituelle des évéques, mais en rétablir la domination 1 car je vois quelle Église nous allons avoir, si nous renversons la police ecclésiastique. Je vois que la tyrannie sera plus insupportable que jamais. » (Lib. IV, epist. 104. Voyez encore
lib. I, epist. 17) Mélanchthon assista, en
1529, aux conférences de Spire, et y fit paraître beaucoup de science. Ayant eu occasion de voir sa mère pendant ce voyage, cette bonne femme, qui était catholique, lui demanda ce qu'il fallait qu'elle crut au milieu de tant de disputes. « Continuez, lui répondit son fils, de croire et de prier comme vous avez fait jusqu'à présent, et ne vous laissez point troubler par le conflit des disputes de la religion. » Réponse qui prouve bien que l'esprit de parti ne s'accordait pas dans Mélanchthon avec ses persuasions les plus intimes... Quoiqu'il eût embrassé toutes les erreurs de son maître, il ne laissa pas d'être ensuite zwinglien sur quelques points, calviniste sut d'autres, incrédule sur plusieurs, et fort irrésolu sur presque tous. On prétend qu'il changea quatorze fois de sentiment sur la justification: ce qui lui mérita le nom de Brodequin d' Allemagne... Les inquiétudes de sa conscience augmentaient encore les incertitudes de son esprit. L'arrogance fougueuse de Luther, tant de sectes élevées sous ses drapeaux, tant de changements bizarres dans les choses les plus saintes, bourrelaient son esprit. • (Feller, Biogr. univers.) Nous lisons encore, dans la Bigot.
MÊLA
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univers, de Michaud : ■ Il (allait, dit Mélanchthon,»'aceo»nmorf«" à t occasion ; {échangeais tous les jours, et rechangeais quelque chose (de la Confession (f Augsboury); j'en aurais changé foaueoup davantage si nos compagnons me l'avaient permis. » Enfin, de son coté, le savant Haas dit, dans le Diction, de la théol. cathol., en parlant du même Mélanchthon : • Rien n'est mieux constaté que l'instabilité de ses opinions, et rien n'est plus évident que la dissimulation dont il couvrit sa prédilection pour le calvinisme. Il s'abaissa souvent jusqu'au mensonge et aux
{dus basses adulations, par exemple dans sa ettre au cardinal Campeggio. Tant qu'il espéra hériter de la précieuse bibliothèque de Reuchlin, il s'épuisa en marques de gratitude à l'égard de ce parent ; lorsqu'il se vit déçu dans son espoir, il déprécia sans mesure l'héritage manqué. 11 soutint contre sa propre conviction, devant l'empereur, que la doctrine luthérienne de la justification était celle même de saint Augustin, et fit devant la diète d'Augsbourg des concessions telles, qu'on ne sait s'il voulait abuser les catholiques, ou s'il avait réellement renoncé aux doctrines protestantes. Quelque sourd qu'il fût aux arguments des catholiques, il ne put nier la triste situation de son parti, l'immoralité et la corruption qu'engendrait la nouvelle doctrine, et qu'il déplorait hautement et avec amertume. Les admirateurs de Mélanchthon exaltent la douceur de son caractère-, ils le dépeignent comme un homme plein de mansuétude, exempt de passion ; mais ne fut-il pas dur envers Schwenkfeld? N'approuva -t-il pas l'exécution de Servet'.' Les injures les plus triviales ne se pressaient-elles pas sous sa plume? N'exprima-t-il pas hautement sa joie en apprenant la mort d'un prêtre catholique , et ne profera-t-il as le vœu criminel d'en voir beaucoup frappés e la même manière? » Jérôme Baumgartener, son ami , n'avoue-t-il pas que Mélanchthon ne
Ciuvait supporter la contradiction; « qu'il se issait aller à toute espèce de jurements et d'injures qui effrayaient tout le monde et diminuaient 1 estime et l'autorité dont il pouvait jouir? » Ce témoignage date de 1531), et Mélanchthon ne mourut que 30 ans après. Les lettres des dernières années de sa vie expriment des sentiments médiocrement apostoliques. « Dieu veuille, en parlant d'Henri VI 1 1, inspirera quelques hommes de cœur la pensée de tuer ce tyran ! » Malgré les fréquentes variations que subirent ses convictions ( qu'on compare , par exemple, la première édition de ses Loci theologici avec les éditions postérieures), il était d'une sévérité extrême contre ceux qui rejetaient son avis; il en appelait au glaive pour soutenir son Eglise , et voulait frapper de peines corporelles les partisans du majorisme (voy. Major). Aux apologistes de Mélanchthon, qui le prônent comme un modèle d'esprit éclairé et libre de préjugés, on ne peut s'empêcher d'opposer sa superstition bien connue. H attribuait les penchants vicieux et la corruption des hommes aux influences des astres; il pratiquait sérieusement l'astrologie et les superstitions qui s'y rattachent. Une de ses pensées fixes était le délire du dernier âge du monde, deliria mundi senecta. » Feller termine ses justes considérations que nous venons de rapporter un peu plus haut, par cette observation pleine de vérité : « Dans le fond, cette inconstance (de Mélanchthon) était l'effet d'un esprit juste et conséquent. Après avoir rejeté l'autorité infaillible que Dieu a laissée a son Eglise, quelle autre autorité eût pu fixer sa croyance? Dès qu'on se détache de l'Église ca-
tholique, du sein de cette mère commune qui nous instruit et nous rassure , on perd de vue le point unique où se tient la précieuse et indivisible vérité pour se perdre dans les régions immenses de l'erreur: sorti une fois de la barque de Pierre, symbole de l'Église et de la grande assemblée des fidèles, l'on devient infailliblement le jouet des vents et des flots, et l'on peut dire comme cet infortuné pilote dont parle un ancien :
Nunc me pontus habet, jaetantque in littore venti.
La Vie de Mélanchthon a été écrite en latin par Joachim Camerarius; elle est très-estimée à cause des renseignements qu'elle donne sur l'histoire de la réforme ; mais elle a été condamnée avec tous les autres ouvrages de Camerarius par Clément VIII. G.-T. Strobel, qui l'a réimprimée à Halle en 1 y 77 . nous apprend qu'à cette époque il avait déjà paru en Allemagne 277 ouvrages sur la vieet les écrits du célèbre disciple de Luther. Une autre tïede Mélanchthon a été publiée en allemand par J.-F.-W. Tischer, dont la seconde édition a paru à Leipzig en 1801, in-8«. Voy.. outre les auteurs que nous avons cités dans cet article, Antoine Teissier, Eloges des homme* savants, tirés de t Histoire de M. de 1 hou , avec des additions, c. I. Rossuet, qui, dans son Histoire des Variations, trace parles faits mêmes le vrai caractère de Mélanchthon. et le suit dans toutes ses tergiversations en fait de doctrine. Dœllinger, La Réforme, son développement, ses effets, en allemand , tom. I; Ratisbonne, 1816, p. 349-306. Audin, Histoire de la vie, des doctrines et des écrits de Calvin. Les nombreux écrits de Mélanchthon, dont le nom ligure dans l'Index de Clément VIII, embrassent presque toutes les connaissances humaines ; on en trouve la liste dans Mart. Mylius, Chronologia Scriptor. J/<?/.,1582, m-K", dans Strobel, Bibïioth. Melunchthoniana ; dans Rotermund, Supplém.à Jœcher, et dans Bretschneider, Corpus Refomuttorum. En 1541, il parut à Râle 5 vol. in-fol., publiés par Mélanchthon lui-même; c'était le commencement d'une édition complète de ses Œuvres ; et, en 1560-1564, Peucer, son neveu, et Vogelia donnèrent une autre édition à Wittemberg, en 4 vol. in-fol.
MÉLANCHTH ONIENS , disciples de Mélanchthon, qu'on appelait aussi Luthériens mitigés, parce qu'ils ont adouci les sentiments de Luther et qu'ils leur ont préféré ceux de Mélanchthon. On a donné encore plusieurs noms aux sectateurs de Mélanchthon, par exemple celui de Synergistes, parce qu'ils soutenaient, contre Luther, que l'homme peut contribuer en quelque chose à sa conversion , qu'il est véritablement actif et non passif sous l'impression de la grâce; celui de Crypto-Calvinistes ou Calvinistes cachés , dont Mélanchthon fut encore le chef. Voy. Crypto-Calvinistes. Compar. Luthéranisme, Mélanchthon.
MÉLANCOLIE RELIGIEUSE, tristesse née d'une fausse idée que l'on se fait de la religion, quand on se persuade qu'elle proscrit généralement tous les plaisirs, même les plus innocents ; qu'elle ne commande aux hommes que la contrition du cœur, le jeûne, les larmes, la crainte, les gémissements. Les âmes qui sont malheureusement prévenues de ces erreurs sont dignes de compassion; l'on ne peut prendre trop de soins pour les guérir d une prévention aussi contraire à la vérité, à la raison et à la nature de l'homme qu'à la bonté infinie de Dieu et a l'esprit du christianisme. Voy. Bergier, qui, dans son Diction, de théol., prouve par '
MÊLA
MELC
n és «Je l'Écriture sainte, que les grandes vériés de notre foi sont plus propres à nous conoler qu'à nous effrayer.
M ÉLAN GI A, ville épisc. de la première Biliynie.au diocèse de Pont, sous la métropole le Xicomédie, située près du mont Olympus et lu lleuve Rhyndacus. On n'en connaît qu'un •véque, Constantin, qui siégeait au xui* siècle. Voy. Lequien. Oriens Christ., tom. I, p. 636, et uni. II, p. 326. Voy. Richard et Giraud.
MELANI. Voit. Mellon.
I. MELANIE LA JEUNE (Sainte), née à Rome /ers l'an 388, morte à Jérusalem le 31 décembre, 'an 439, 444 ou 450, était petite-fille de Mélanie Ancienne. Mariée à l'âge de dix-huit ans à Pilien, fils de Sévère, gui avait été préfet de Rome, ?llc se rendit, l'an 411 , avec son mari et sa mère i Thagaste, aujourd'hui Taggah et Taggou-Zainah, dans la province de Constant! tu- , et elle y mena avec eux une vie pauvre et pénitente. Ils visitèrent les monastères de l'Egypte et de la Palestine, et, après la mort de sa belle-mère, Pinien se retira dans une communauté de trente religieux, où il mourut saintement, tandis que Mélanie trouvait un asile dans une cellule du mont des Oliviers, où elle vécut pendant quatorze ans. Plus tard elle bâtit un monastère de femmes, à qui elle donna des instructions. L'an 130, elle se rendit à Constantinople, où elle convertit son oncle appelé Volusien; et, de retour à Jérusalem, elle fonda un monastère d'hommes sur la pente du Calvaire. Les Grecs célèbrent sa fête le 31 décembre. Les Actes de sainte Mélanie jiu été publiés en grec par Métaphraste, et publiés en latin par Lipporaani. Voy. Surius. Ant. Muratori, Anecdotes ambrosiennes, tom. I. Macé, Hist. de sainte Mélanie, ou ta Veuve charitable. Richard et Giraud. Feller. Biogr. univ. Michaud. liioqr. univers. Compar. l'art, suiv.
II. MÉLANIE L'ANCIENNE, une des plus nobles dames romaines de son temps, et mère de la précédente, naquit vers 343. Elle était pelite-UlleduconsulMarcellin, et proche parente de saint Paulin de Noie. Après avoir perdu son mari et ses deux fils, elle fit un voyage en Egypte, visita les solitaires de la Thébaïde.et de la se rendit dans la Palestine. Elle fit bâtir à Jérusalem un monastère, où elle demeura vingt-cinq ans occupée de prières et de méditalions, et pratiquant de grandes austérités. Informée que sa fille avait le dessein d'embrasser, comme elle, la vie contemplative, elle repassa en Italie pour l'affermir dans cette résolution. Dès qu'elle eut rempli l'objet de son voyage elle reprit le chemin de sa solitude. Arrivée à Jérusalem, elle distribua aux pauvres tout l'argent qui lui restait , et rentra dans son monastère, où elle mourut au bout de quarante jours, l'an 410. On a reproché à Mélanie son penchant pour les erreurs d'Origène; mais les louanges que lui donnent saint Augustin, saint Paulin, saint Jérôme, etc., ne laissent aucun doute sur l'orthodoxie de sa foi. L'Église ne l'a pas honorée d'un culte public ; cependant quelques savants conjecturent que c'est Mélanie qui est désignée au 8 juin dans un ancien calendrier, découvert par le P. Fr. ChifQet. Voy. Feller. Michaud.
MELANIUS. Voy. Mélaine.
MELAS (Saint), évéque en Égvpte au iv* siècle , né â Rhinocorure , sur les frontières d'Egypte, du côté de la Palestine, vivait dans les exercices de la vie ascétique et pénitente , lorsqu'il fut élevé sur le siège épiscopal de sa patrie. Il fut exilé avec tous les évéques qui, sous l'empereur Valens , s'opposèrent à l'arianisme ;
on ne connaît ni le lieu de son exil, ni l'époque de sa mort. L'Église honore sa mémoire le 16 janvier. Voy. Sozomène, Hist. eccJés. Pierre- Thomas du Fossé, Vie des Saints. Richard et Giraud.
MÉLASE. Voy. MYLASSE.
I. MELCHA . fille d'Aram, était sœur de Loth. Elle épousa Nachor, et devint mère de Bathuel ; elle était, par conséquent, nièce d'Abraham. Voy. Genèse, xxiv, 15.