II. MESSA. nom d'homme. Voy. IV Rois, xi
MESSAL. Voy. MASAL.
M ESSÀLEMETH , femme de Manassé , roi de Juda. Ko»/. IV Rois, xxt, 19.
MESSA LIENS ou MASSALIENS (Messaliani ou Massalutm), anciens sectaires ainsi nommés d'un mot hébreu qui signifie prière, parce qu'ils croyaient qu'il fallait toujours être en prière. Il y a eu, selon saint Épiphane, deux sortes de Messaliens : les anciens et les nouveaux. Les anciens étaient païens, et n'avaient rien de commun avec les chrétiens, les samaritains et les juifs. Ils reconnaissaient plusieurs dieux, mais n'en adoraient qu'un seul, s'assemblaient dans des oratoires, où ils récitaient des cantiques composés par les plus habiles de leur secte. On croit que c'était des hypsistaires , dans la secte desquels avait été saint Grégoire, évéque de Nazianze, père de saint Grégoire le théologien, avant d'embrasser le christianisme. On en fit mourir plusieurs, que les autres regardèrent comme des martyrs, d'où ils prirent le nom de martyriens, à cause de ces prétendus martyrs des idoles. Les nouveaux messaliens, qui étaient chrétiens, parurent vers l'an 361, et vinrent, dit-on, de Mésopotamie, d'où ils se répandirent jusqu'à Antioche. Us enseignaient, entre autres choses : 1° que le baptême était inutile, parce qu'il ne pouvait chasser le démon, qui occupait notre âme depuis le moment de notre naissance ; 2° qu'on pouvait arriver à une vertu assez consommée pour ne plus commettre aucun péché et pour égaler la Divinité quant à la perfection de la science et de la vertu ; 3° que la participation des sacrements était une chose indifférente ; 4e que chaque homme avait deux âmes :
l'une stupide et imbécile , et l'autre capable de voir la sainte Trinité des yeux du corps. Les messaliens Turent condamnés dans les conciles d'Antioche et de Side tenus en 381, et dans un autre concile d'Orient assemblé l'an 427; ce concile décréta qu'ils ne seraient plus reçus dans l'Eglise, quelque pénitence qu'ils pussent faire, parce qu'ils feignaient de se convertir, et retournaient ensuite à leurs erreurs, prétendant que cette dissimulation était permise. Enfin , 1 an 431, le concile d'Éphèse condamna aussi ces sectaires. On leur a donné encore le nom A'Adelphiens, (J l'Adelphe, un de leurs chefs; A'Euchitrs, mot qui, en grec, a la même signification que messaliens en hébreu ; de Psalliens ou Enthousiastes, c'est-à-dire Possédés, à cause des agitations violentes que le démon excitait en eux, et Saccophores ou Porte-sacs , parce qu'ils étaient toujours vêtus d'un sac, faisant ouvertement profession de pauvreté , et disant qu'on ne devait faire l'aumône qu'à eux seuls, parce que seuls ils étaient les pauvres d'esprit et les vrais enfants de Dieu. Voy. saint Épiphane, Haerrs. lxxx. Théodorct, Hist. ecclés.. I. IV, c. x. Saint Jean Damascène, De Messnlianorum Hatresib. Constant. Hermenopol., De Sectis. Baronius, ad ann. 301. Le P.Antoine le Grand, Hist. Ha»re$.,
Î.136. Hermant, Hist. des Hérés., tom. II, p. 31 4. illemont, Hist. ecclés., tom. VIII. Le Diction, de la théot. cathol.
M ESS AN A. Voy. MESSINE.
I. MESSE, du latin missa pour missio, signifie l'action de congédier une assemblée, parce que anciennement, dans l'Église, on congédiait, avant la célébration des saints mystères, ceux qui n'étaient pas dignes d'y assister, comme les catéchumènes, les pécheurs publics, etc. De même, après la célébration, on congédiait les fidèles, en disant à haute voix : lté, missa est, c'est-àdire allez, c'est le renvoi. C'est là l'étymologie du mot messe donnée par saint Augustin, saint Avit deVienne, saint Isidore de Séville, Flore de Lyon, Remi d'Auxerre.etc. Mais ce dernier, en expliquant Vite, missa est, ajoute qu'on peut regarder la messe comme l'envoi des prières et des oblations que le peuple fait à Dieu par le ministère du prêtre, qui tient la place du Médiateur. D'après celte explication, on traduirait très-bien : Allez , vous pouvez vous retirer maintenant, roblation a été envoyée, offerte, faite ri Dieu. Quelques hébraïsants , tels que Munster, Reuchlin, Génébrard, etc., ont voulu tirer le nom de missa du mot hébreu missd, qui, dans le Deutérunome (xvi , 10), signifie une offrande volontaire. Mais quoi qu'il en soit desonétymologie, la messe est un sacrifice non sanglant par lequel Jé-us-Christ s'offre à Dieu son Père, par les mains du prêtre. Or le sacrifice de la messe est le même eu substance que le sacrifice de la croix. C'est la même victime qui est offerte et immolée ; la manière seule est différente : Jésus-Christ s'offrit sur le Calvaire en mourant; sur l'autel , il s'offre d'une manière mystique , qui représente sa mort. L'essence du sacrifice de la messe consiste, selon l'opinion commune, dans la seule consécration. Quelques théologiens ajoutent que la communion du prêtre qui célèbre est aussi de l'essence du sacrifice; mais le plus grand nombre la regarde seulement comme une partie intégrante. Quant à la communion du peuple, elle n'est ni de l'essence, ni de l'intégrité du sacrifice. La fin principale du sacriûce de la messe est une reconnaissance solennelle et un aveu public de la suprême majesté de Dieu, de son souverain domaine sur nous, de notre faiblesse et de notre entière dé-
MESS
pendance de lui. Outre cette fin principale, il y en a quatre autres particulières; car on l'offre encore : 1 • pour rendre à Dieu le culte de latrie ; c'est pourquoi on l'appelle sacrifice latreutique ou d'adoration ; 2° pour rendre grâces a Dieu de ses bienfaits, d'où on le nomme eucharistique ; 3* pour apaiser la colère de Dieu et obtenir la rémission des péchés; dans ce sens il est dit propitiatoire et satisfactoire ; 4° pour obtenir de Dieu de nouvelles grâces ; de là son nom d'impétratoire. Le sacrifice de la messe peut être offert : 1* Pour tous les hommes vivants, et
Frincipaleraent pour tous les fidèles. Il peut être aussi pour les infidèles, les juifs, les catéchumènes, les excommuniés, les hérétiques, avec cette restriction, néanmoins, que le prêtre doit prier pour ceux-ci en particulier, sans les nommer; 2° pour les âmes des fidèles qui sont en purgatoire. Car il est de foi que ces âmes sont soulagées par les suffrages de leurs frères vivants, et que le fruit du sacrifice leur est appliqué; 3* pour les saints qui sont dans le ciel; non pour leur obtenir la remission de quelque peine ou une augmentation de gloire essentielle, mais pour rendre grâces à Dieu pour les bienfaits dont il les a comblés, et pour honorer leur mémoire. On a nommé les prières et les cérémonies qui se font dans l'Église catholique pour la consécration de l'Eucharistie la liturgie, c està-dire le service, parce que c'est la plus auguste du service divin ; syntaxe et collecte^ ou assem~ blée, office solennel, sacrifice, oblaiwn, divins mystères, etc.; mais, depuis le if* siècle, le nom de mette a été le plus usité dans l'Église latine. La messe doit se célébrer en langue latine dans l'Église latine, et non en langue vulgaire; le concile de Trente dit anathèrae à ceux qui prétendent le contraire. Les rubriques prescrivent les rites que le prêtre doit garder dans la célébration du sacrifice ; il est obligé, en conscience, de les suivre, comme l'enseignent les théologiens fondés sur la bulle de Pie V; cette bulle se lit à la tète de tous les Missels. Les auteurs liturgiques distinguent dans la messe différentes parties : 1 la préparation ou les prières qui se font avant l'oblation, et c'est ce qu'on nommait autrefois \& messe des catéchumènes ; 2° l'oblation ou l'offrande, qui s'étend depuis l'offertoire jusqu'au Sanctus; 3" le canon ou la règle de la consécration; 4° la fraction de l'hostie et la communion ; 5' l'action de grâces ou la postcommunion. Voy., pour ces diverses questions et toutes les autres qui se rattachent a la messe, outre le conc. de Trente, pa tst m, Justin ., Dialng. contra Triphon. lren., Advers. hœres., I. IV, c. xvii, alias xxxii. Tertull., Contra Marcion., 1. III, c. xxu. Euseb., Demonstr. evnngcl., I. I, c. vi. Hieronym., in cap. I Malach. Chrysost., m Psalm. xcv. August., De Civitate Dei, I. XVlll, c. xxxv ; tous ces Pères ont enseigné que le sacrifice perpétuel et universel prédit par le prophète Malachie (i, 10-11), n'était autre que le sacrifice de la messe. Voy. encore le Traité de TEucfiaristie.d&ns les théologiens. D. Macri Hierolexicon, ad voc. Missa. L. Ferraris, Prompta Bibhoth. Richard et Giraud. Le Diction, ecclés. .portatif. Le P. Lebrun, Explicat. des - de la messe, tom. VII. Jean Belet,
Bationale divinorum omeiorum, c. V. Bergier, Diction, de théoi. L'abbé Boissonnet, Diction, des cérémonies et des rites sacrés. V Encyclop. cathol. L'abbé André, Cours alpha bét. de droit canon.