I. ODED, père du prophète Azarias. Voy. II Paralip., xv
ODED , prophète du Seigneur. Avec quelquesuns des principaux de Samarie , il engagea efficacement 1rs Israélites des dix tribus à donner la liberté, et même des secours, aux captifs qu'ils amenaient de Juda. Voy. II Paralip.,
xxvin, 9, oie.
ODENSÉE, ODENZÊE. Voy. OddensÉe.
ODERBORN (Paul), pasteur luthérien , originaire de la Poméranie , vivait dans la seconde moitié du xvir siècle. Il a composé plusieurs ouvrages importants pour l'histoire de Russie; nous citerons seulement un tableau de la reliion russe intitulé : De Russorum Heligione , riibus nuptiarum, funerum victu. vestitu et deque Tartarorum religione ne moribus: 1581, in -4°, sans nom de lieu; réédité; Pétersbourg, 1812. Voy. la Souv. liir<qi-. netrfr.
h ODERIC ou ODRI, abbé de Vendôme, mort en 108*2, se rendit célèbre par son exactitude à faire observer ta discipline monastigue. Nommé abbé en 1044, il reçut d'Alexandre II de grands privilèges. Ce pape mit l'abbaye de Vendôme sous la juridiction immédiate du Saint-Siège, et il y ajouta l'église de Saintc-Prisque sur le mont Aventin, avec le titre de cardinal-prétre pour l'abbé Oderic et tous ses successeurs légitimes. La bulle qui contient t e privilège a été insérée dans Mabillon, Annales , 1. LX1V. Il nous reste d'Oderic une Lettre adressée à Géraud , évéque d'Ostie et légat du Saint-Siège, pour lui apprendre l'issue du différend qui s'était élevé entre les abbayes de Vendôme et de Saint- Aubin d'Angers. Cette Lettre a été insérée dans D. Mabillon, Annales, 1. LXV. Voy. D. Rivet, Hist. littér. de la France, tom. VIII. Richard et
II. ODERIC DE PORDENONE, franciscain, né à Pordenone, dans le Frioul, en 1286, mort à Udine l'an 1331, parcourut l'Asie et l'Inde, prêchant partout la parole de Dieu. Il donna le baptême à vingt mille infidèles. On l'honore comme un saint dans le patriarcat d'Aquilée. Il a laissé : 1» des Sermons; — 2° des Lettres ; — 3° une Chronique abrégée depuis le commencement du monde jusqirà la tin du pontificat de Jean XXII; — 4° VHutoire de ses voyages, qui a été publiée par les Oollandistes, avec sa vie, au li janvier. Voy. Carnejo, Chronic. Francise, tom. 111. Le P. Jean de Saint-Antoine, Biblioth. M». Francise, tom. II, p. 404. Richard, et Giraud. Michaud. La N<mv, Biogr. génér.
ODERZO , bourg. d'Italie. Voy. OPITERGIUM.
ODESGALCHI (Benoit). Voy. Innocent, n»XI.
ODtSDUN ou ODESPUN; ODESPUNCK DE LA MESCHINIÈRE (Louis), prêtre né à Chinon en Touraine , vivait au xvn» siècle. On a de lui : 1« Recueil des affaires du clergé; 1638; édition augmentée ; Paris, 1646, 2 vol. in- fol.; on a donné en 1652 un nouveau volume pour servir de continuation ou de supplément ; — 2° Collection des conciles de France tenus depuis le concile de Trente; 1 vol. in- fol.; c'est la suite de la collection du P. Sirmond , 3 vol. in -fol., auxquels on a joint les Suppléments de Lalande ; 166b, in-fol.; — 3* Traité sur les Ordres de chevalerie. Voy. Salmon , Traité de l'étude des conçues, p. 231. Aubert le Mire, Écrivains du xvir siècle, p. 330. Feller , Biogr. univers.
ODESSE, ville épisc. de la seconde Mésie, sous la métropole de Marcianopolis. Strabon la met près de la mer Noire , en deçà de l'embouchure du Danube. Elle s'appelait aussi Bares. On croit que c'est aujourd hui le lieu qu'on nomme Lemuno. Voilà ce que disent, d'après Lcquien, Richard et Giraud. Après avoir répété ces paroles, et ajouté que cette ville épiscopale était dans l'exarchat de Dace, qu'elle rut érigée en évêché au V* siècle, Gaet. Moroni dit qu'elle est nommée Tibériopolis ou Varna par de Commanville; mais que Baudran remarque que Varna et Lemano sont des lieux différents d Odesse. Nous ferons remarquer à notre tour que de Commanville ne dit rien de ces villes : au mot Odessus, il renvoie simplement à Varna, qu'il ne nomme même pas dans ses Tables alpha bé t.; et à Tibériopcdis il renvoie également a Odessus. Quant à Baudran, il est incontestable au moins qu'il ne fait qu'un seul et même lieu de Lemano et d'Odesse, puisqu'il dit textuellement : « Lemano ou Odisso. Odessus. Ancienne petite ville de la Bulgarie, etc. » C'est aussi le sentiment de l'auteur de Vlndice latin ajouté a son Diction, géograph.; car cet auteur traduit Odessus par Lemano. Quoi qu'il en soit de cette question, Odesse a eu six évéques connus, dont le premier, Amplias selon le texte prec, et Ampliat selon la Vulgate, est mentionné par saint Paul dans son Épi ti c aux Romains, et a été ordonné évéque, à ce que l'on croit, par l'apôtre saint André, et le dernier, Métrophanes, souscrivit la réponse que Denis, patriarche de Constantinople , donna sur les erreurs des calvinistes en 1612. Voy. Rom., xvi, 8. Lcquien, Oriens Chri\t., tom. I, p. 1221. Richard et Giraud. Gaet. Moroni. vol. XLVIII , p. 276-277.
ODIA , un des Juifs qui faisaient faire silence au peuple pendant ou'Esdras lisait la loi devant la multitude. Voy. II. Esdr., vm, 7.
ODILE (SainO. !'.«/. Odilon, n» I.
ODILLE ou OTHILIE (Sainte), vierge, ab- >sse d'Ilohenburg ou Hombouijr, en Alsace , morte le 13 décembre vers l'an 720, était fille d'Aldaric ou Athic, un des principaux seigneurs de l'Alsace. Elle naquit aveugle , et son père donna ordre de la tuer; mais sa mère la tit élever en Franche -Comté, dans un monastère qu'on appela depuis Baurne-les- Nonnes, et Odille cessa d être aveugle à l'époque de son baptême. L'éclat de ses vertus lui attira de nombreuses persécutions de la part de quelques religieuses, ce qui l'obligea à quitter ce monastère; et, après avoir vécu sous la conduite d'une Tieillc religieuse, puis dans une autre communauté, elle eut la direction du monastère de Hohenburg ou Hombourg, où elle gouverna jusqua cent trente religieuses. Elle lit bâtir un hôpital au bas de la montagne où était situé son couvent, et mourut après avoir donné à tous les plus beaux exemples de vertu. Voy. D. Mabillon , siècle m, part. II des Act. desSS. Bénédtc. Richard et Giraud.
1. ODILON ou ODILLON , ODILE, OLON DE MERCŒUR (Saint), cinquième abbé de Cluny, né en Auvergne l'an 962, mort à Souvigny le 31 décembre 1048, succéda à saint Mayeul , abbé de Cluny, vers l'an 992. Dur pour lui-même, et plein de tendresse pour tous ses frères, il acquit un tel degré de sainteté, qu'en 1031 on lui offrit l'archevêché de Lyon ; mais il refusa avec autant de modestie que de fermeté. Sa charité envers les pauvres était inépuisable, et on lui doit la Commémoration des fidèles trépassés, pratique qui passa de son Ordre à l'Église universelle. Les rois et les papes lui montrèrent
ODON
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toujours la plus grande estime. H fit trois voyages à Rome, introduisit la réforme dans plusieurs monastères, tint à Cluny en 4047 une assemblée de plus de cinq cents prêtres, et mourut après avoir gouverné avec beaucoup de sagesse l'abbaye de Cluny, et toutes les maisons de son Ordre pendant cinquante-six ans. Sa fête principale est au 2 janvier. 11 a laissé : 1° Vie de sainte Adélaïde, femme de l'empereur Otbon I"; on la trouve dans Canisius, Isctiunes antùiu<e, tom. III, et dans Duchesne et Marrier, Bihlwth. Càuuarmsu , p. 353; — 2" Vie de saint Mayeul, insérée dans Surins et Dollandus au ti mai , et dans la Btblioth. Ciuniac, p. 27L> ; — 3» quatorze Sermons publiés dans la même bibliothèque , et deux autres dans D. Martenne , Thésaurus novus œcdolarum, tom. V, p. 021 ; — 4° des Lettres,
rl'on trouve dans la Biblioth. Ciuniac. et dans Luc d'Achéry, Spicilegium, tom. II, p. 380. Voy. U Ga/tia Christ., tom. IV, p. 1128. Saint Pierre Damien et Jotsaud, moine de Cluny, Yita S. Oddonis. D. Rivet, Hist. littér. de la France, tom. YI1, p. 414 et suiv. D. Ceillier. Hist. des Aut. sacr. et ecclés., tom. XX, p. 251 et suiv. Richard et Giraud. La Nouv. Biogr.
U. ODILON. religieux de Saint -Médard de Saisons, fiorissait vers l'an 920. On a de lui : I» Jîraf de la translation des corps de saint Sébmtien et de saint Grégoire le Grand à Saint- Mé-tnrd de Soi s tons , inséré dans Bollandus et dan* Mabillon, Acta Sanct. Ord. S. Bened.; t. V, p. ; 2» Histoire de la translation des reiiquet de saint MarceUin,de saint Pierre l exorciste, etc., publiée dans les mêmes Acta, etc., tom. V,n. 411; — 3» Lettre à Hucbald, publiée
Bar D. Martenne, Ampliss. Collect., tom. I. Voy. . fiivet, But. littér. de la France, tom. VI, p. 173 et suiv.
OfiOLt, an des principaux de la tribu de Manassé. et distingué par sa valeur. Voy. I Paralip.. v 24.
ODOLLAM , nom d'une caverne où David se retira ( 1 Rois , xxn , 2. II Rois , xxiti , 13. 1 Paralip.. xi, 15), et qui était probablement près de la ville du même nom , dans la tribu de Juda (U Paralip., xi, 7. U Esdr., xi, 30). Celte ville parait être la même qji'Odultam , ville royale àn Ghana néens (Josue, xn, 15), ou Adullam, Tille de la tnbu de Juda ( Josué, xv, 35). Com-
par. ADI U.AM.
ODOLLAMITE {Odollamites), qui est de la ville ou du territoire d'Odollam. Voy. Genèse, xxxviii, 1, 12, 20.
0Û0LR1C . abbé de Saint-Martial, mort vers l'an loin, succéda à l'abbé Hugues en 1025. On lai attubue la rédaction des Actes du concile assemblé a Limoges en 1031 ; ils ont été insérés dans Labbe, Concilia, tom. IX, p. 870. Voy. la Gattut Cknst., tom. H, p. 558. VHist. littér. de la France, tom. VII, p. 340. La Nouv. Biogr. génér.
J. ODON (Saint), second abbé de Cluny, né dans le Maine vers l'an 870, mort à Tours le 18 novembre 942, était fils d'Abbon, un des principaux seigneurs de la cour de Guillaume le Fort, duc d'Aquitaine. U fit profession dans le monastère de Baume, au diocèse de Besançon, succéda en 027 à Lei non , qui en était abbé, et se retira à Cluny, un des trois monastères qu'il avait sous sa direction. U en acheva les bâtiments, en fit consacrer l'église, rétablit l'observance et les études , et contribua beaucoup par sa sainteté a accroître sa congrégation. Les princes, les papes et les ôvéques le prirent souvent pour arbitre dans leurs différends. L'Eglise
honore sa mémoire le 18 novembre. R nous reste do lui : 1° Excerptio S. Odonis in Moralibus Job, extraits des Morales de saint Grégoire sur Job; Paris, 1617, in-8°: réimprim. dans la Biblioth. des Pères, édit. de Lyon, tom. XVII; — 2° douie Antiennes sur saint Martin, insérées dans la Bibliothèque de Cluny et dans celle des Pères; — 3° des Hymnes, que l'on trouve dans la Bibliot/ièque de Cluny et dans Mabillon, Annales, tom. 111, p. 712; — 4° Conférences ou Entretiens; — 5* Sermons et un Panégyrique de saint Benoit ; ces ouvrages se trouvent aussi dans la Bibliothèque de Cluny. Voy. Flodoard, in Chron. Trithem., De Viris illustribus, 1. IL Bellarmin, De Sciiptoribus ecclesiasticis. Les Veterum Testimonia de Odone, dans Biblioth. Cluniacensis , p. 60. La Vita S. Odonis a Joanne monacho, ibid. Mabillon, Acta Sanctor. Ordin. S. Benedicti, sac. v. D. Rivet, Hist. littér. de la France, t. VI. D. Ceillier, Hist. des Aut. sacr. et ecclés., t. XIX,
&■ 574 et suiv. Richard et Giraud. B. Hauréau, têt. littér. du Maine, tom. 1 , p. 133. Les Fief des Saints de la Franche-Comté. La Nom. Biogr. génér., où on trouve des détails très- intéressants sur les divers écrits de saint < Mon.
IL ODON SEVER ou SEGOD , ou THE GOOD, c'est-à-dire le Bon (Saint), archevêque de Cantorbéry, né dans la province des Est -Angles, vers Tan 875, mort à Cantorbéry le 4 juillet 901, était d'origine danoise, lise lit baptiser, malgré la défense de son père . passa quelque temps à la cour d'Edouard, roi d'Angleterre, où il acquit une grande réputation de sainteté, et il fut forcé, vers l'an 930, d'accepter l'évèché de Wilton.d'où il fut transféré à Cantorbéry l'année suivante. 11 avait, peu de temps auparavant, revêtu l'habit de Saint-Benoit. Ce fut sous son épiscopat qu'on vit paraître en Angleterre les précurseurs des sacramentaires, qui niaient la réalité du corps et du sang de Jésus-Christ dans l'Eucharistie. Odon lit tous ses efforts pour ramener ces hérétiques dans le giron de 1 Église; et, pour garantir les lidèles de cette nouvelle erreur, il excommunia même le roi Edwin ou Edwy, qui régnait alors, et qui fut détrôné honteusement. Edouard, successeur de ce prince , montra toujours la plus grande estime pour le saint archevêque , que 1 Eglise honore le 4 juillet. 11 nous reste de lui : 1» des Constitutions synodales; — 2° une Lettre synodale à ses su lira gants; ces écrits ont été insérés dans les Conciles d'Angleterre, 1. 1, et dans le P. Labbe, Collection, tom. IX. Voy. Mabillon, Acta Sanctor. Ordin. S Bened ict., sac. v. D. Ceillier, Hist. des Aut. sacr. et ecclés., t. XX, p. 97 et suiv. Bolland., Acta Sanctor., au 4 juillet. La Nouv. Biogr. génir.
III. ODON, moine de Saint-Maur-des- Fossés, près de Paris, vivait au xi* siècle , a composé : 1 0 Vie de saint Burchard, comte de Melun, insérée par Jacques du Breul dans son Supplément des Antiquités de Paris, par Duchesne, dans ses Historiens de France, dans la Bibliothèque de Cluny; on la trouve traduite en français par Rouillard, qui l'a publiée dans son Histoire de Mclun ; Paris, 1628 ; — 2° Répons pour le jour de la fête de saint Babolein. I oy. D. Mabillon, Act., tom. V,
B. 67. D. Rivet, Il -t. littér. de la France, t. VIL . Ceillier, Hist. des Aut. sacr. et ecclés. t 1. XX, p. 402.
IV. ODON, chanoine régulier de l'abbaye de Saint-Victor au XII* siècle, devint premier abbé de Saint-Pierre d'Auxerre; mais il quitta cette dignité, et mourut simple chanoine. On a de lui : 1° sept Lettres, insérées dans D. Luc d'Achéry, Spicilegium. tom. II de l'ancienne édition, et tom. 111 de la nouvelle; - 2» un Recueil de Sen-
ODON
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tences, imprimé à la lin de l'ouvrage de Hugues de Saint- Victor. Voy. Papillon, Biblioth. des Aut. de Bourgogne. L'abbé Lebœuf, JUém. pour tenir à CHist. ecclés.ct civ. du diocèse ttAuxerre, tom. II , p. 489.
V. ODON, abbé de Saint -Remi de Reims, mort en 1151 , fut d'abord moine à Maurigni . prés d'Étampes, abbé de Saint-Crépin-le-Grand a Soissons, puis abbé de Saint-Remi. Zélé défenseur des droits de ses religieux, il lit excommunier Guiter, comte de Rétnel,puis il se rendit à Rome, passa par la grande Chartreuse , et fut tellement édifie de la régularité qui régnait dans cette maison , qu'il forma le projet d'instituer lui-même, sur ce modèle, une congrégation du même Ordre. Il établit donc, en 1130, la chartreuse du Mont-Dieu, qui fut terminée en 1137. On a de lui deux Lettres, que l'on trouve dans D. Mabillon, Vetei-a Analecta, tom. I, p. 334, et dans D. Martenne, Amptissima Collect ., t. II, p. 280. Voy. D. Ceillier, Hist. des Aut. sacr. et ecclés.. tom. XXII, p. 301 et 302.
VI. ODON ou ODARD. évêque de Cambrai, né à Orléans, mort à l'abbaye d'Anchin en 1113, professa à Toul, puis à Tournay, avec beaucoup d'éclat, prit en 1092 l'habit de chanoine régulier dans l'abbaye de Saint-Martin , fut nommé évêque en 1105, et travailla avec zèle à l'édification de son troupeau. On lui donne le titre de bienheureux. On a de lui : 1° Sficri canouis mivsœ Expositio; Paris, 1490, 1496, in-12, souvent réimprimé; — 2° De Peccato originali lih. III; — 3° Contra Judctum nomine Leoneni, de adventu Christi; — 4° De Blasphemia in Spiritum sanctuntf — 5° In Canones Evangeliorum ; — 6° Homiiia de villico iniquitatis ; ces ouvrages ont été insérés dans la Bibliothèque des Pères. Voy. Molanus, In Natal, sanct. Beignet in Auctuar. Trithème, De Viris illustribus. Bellarmin, De Script, eccles. Gazey, Hist. ecclés. des Pays-Bas. Valère- André, Biblioth. Belg. D. Rivet, Hist. littér. de la France, tom. IX.
VU. ODON, abbé de Morimond, mort en 1200, a laissé cinq Sermons, qui ont été publiés par Combefis dans sa Bioliothèque , tom. I, p. 25, 299, 797. Ko»/, la Nouv. Riogr. génér.
VIII. ODON DE CHATEÀUROUX, cardinal et évêque de Tusculum, né en France, mort à Civita-Vecchia en 1273, fut successivement chanoine de Paris, chancelier de cette église, cardinal, évêque, puis légat du pape; c'est en cette qualité qu'il revint en France Van 1245, et qu'il prêcha la croisade; il s'embarqua pour la Terre- Sainte en même temps qne saint Louis, et, l'an 12G4,il était de retour en France, où il remplissait encore les fonctions de légat. Un seul de ses ouvrages a été imprimé ; il est intitulé Epistota ad Innocentium p<tpam; on trouve cette lettre dans D. Luc d'Achéry, Spicitegium, t. VII, p. 213. Ko»/, la Nouv. Binqr. génér.
IX. ODON DE DEUIL ( De Diogilo), abbé de Saint-Corneille de Compiègnc, né à Deuil, dans la vallée de Montmorency, mort en 11*38 , succéda a Suger dans le gouvernement de l'abbaye de Saint-Denis. On a de lui : 1° une Histoire de la seconde croisade, publiée par le P. Chifllet dans son ouvrage intitulé 8. Bernardi Genus illustre assertum ; Paris, 1000; — 2° un Jugement porté par lui au sujet de la nomination des bénéfices de l'église de Chartres; on trouve ce jugement dans les PP. Martenne et Durand, Amptissima col/ectioAom. I, p. 1282.
X. ODON DE KENT (Cantiamis), bénédictin, né dans le comté de Kent, mort en 1200, se distingua par son savoir et par son éloquence. Il fut prieur, puis abbé des monastères de Saint-
Sauveur et de Battle-Abbey. Il eut pour ami saint Thomas de Cantorbéry, et Jean de Salisbury pour apologiste. Ses commentaires sur l'Écriture sainte ne nous sont pas.parvenus, et il ne nous reste de lui que deux Epltres, insérées, l'une dans Mabillon, Vetera Analecta, 1. 1, et l'autre dans les P. Martenne et Durand, Amplissima Collect., tom. I, p. 882. Voy. Pitseus, De Illustr. Anql. Script. Possevin, In Appar. sacr. Mabillon, Vetera Analecta, tom. I.
ODORANNE, moine de Saint-Pierre-le-Vif, à Sens, né en 985, mort après l'an 10i5, cultiva les lettres avec succès et excella dans les arts mécaniques. On a de lui : Ie Chronicarerum m orbe gestarum, oui s'étend de l'an 675 à l'an 1032 ; on la trouve dans Duchesne, Historiens français, tom. II, et dans la grande Collection des historiens de France, tom. VI II et X; — 2° Relation de la translation de saint Savinien, insérée dans Mabillon, Acta Sanct. Ordin. S. Bened., t. VIII , p. 254. Ko,»/. D. Rivet, Hist. littér. de la France, tom. VII. D. Ceillier, Hist. des Aut. sacr. et ecc Us., tom. XX, p. 190 et 191.
ODOVIA, Lévite, père de Cedmihel, revint de la captivité de Babylone avec Zoiobabel. Voy.
I Esdr., h, 40.
ODRI. Voy. Oderic, n° I.
ODUlA, fils d'Élioénai et descendant de David. Voy. I Pamlip., m, 24, etc.
ODULLAM. Kom. Odoi.lam.
ŒCOLAMPADE, ÊCOLAMPADE (Jean), théologien protestant, né à Weinsberg, dans le Wurtemberg, en 1482, mort à Bâle l'an 1531, se nommait Hausschein , mot allemand qui signifie lumière domestique, et dont Œcolampade est une sorte de traduction en langue grecque. Profondément versé dans le latin, le grec et l'hébreu, il se livra à l'étude de la théologie, et entra dans le monastère d'Altenmunster, de l'Ordre de Sainte-Brigitte, situé à deux millesd'Augsbourg.
II en sortit pour se réunir aux disciples de Carlostad et de Zwingle , dont il adopta complètement la doctrine, et devint le premier ministre hérétique de l'église de Baie. On ne voit pas qu'Œcolampade ait inventé aucune nouvelle hérésie. L'erreur en faveur de laquelle il insista le plus, est que l'Eucharistie ne contient que la simple image du corps de Jésus-Christ. Il écrivit un livre a cet effet; les luthériens y répondirent; Œcolampade répliqua; mais aucun des deux partis ne réussit a convaincre l'autre. Comment l'aurait- il pu? Œcolampade avait parfaitement raison de reprocher aux luthériens de traduire Ceci est mon corps, par Avec ou Dans ceci est mon corps; car c'est évidemment ajouter au texte ce qui n'y est pas. De leur côté , les luthériens n'étaient pas moins fondés à dire a leur adversaire qu'il faussait manifestement le sens de ce même texte en y introduisant d'une manière tout à fait arbitraire image, représentation ou figure. Erasme, qui avait beaucoup aimé et beaucoup loué Œcolampade, dit
au'après qu'il cul embrassé la réforme sou nom evint si odieux, que les imprimeurs ne voulurent plus le laisserparaitre en téte des écrits qu'il publiait, parce que ce nom était capable de nuire a la vente d'un livre. On a de lui des Commentaires sur plusieurs livres de la Bible, in-fol., et d'autres ouvrages qui tous respirent le fanatisme de sa secte, et sont d'ailleurs à V Index de Clément VIII. La Vie d Œcolampade a été écrite par Wolfgang Capiton , nui figure également dans le môme Index, et elle se trouve dans les Vita» virorum eruditorum de Fichard, et dans YAthena» Raurica*. Elle a été aussi publiée en français ; Lyon, 1562, in-12, et en allemand par
< fcDEK
«TRTIN
s; Zurich, 1793, in-8°. Voy. Pratéole, Hist. olamp. Sander., Hœres., ccx.Sponde, Anna/., inn. 1525, n. 17 et seq. Feller. Michaud. La t. Bioqr. qénér.
ICONOMAT, (ECONOME, ŒCONOMIE. Voy.
NOMAT, ÉCONOME, ÉCONOMIE.
ÎCUMÉNIQUE, qui signifie général ou uniel, vient du grec oikoumené , c'est-à-dire la ? habitée ou habitable, toute la terre. Ce terme peut légitimement s'appliquer qu'aux con- » généraux, où tous les évéques de la terre
invités à se rendre. Le concile de Nic.ée
en 325, est le premier concile œctunénique Eglise; mais ce ne fut qu'au concile de cédoine, en 451, qu'on employa ce mot pour entière fois. Les prêtres et les diacres d'Aidric présentèrent au pape saint Léon, qui idait le concile par ses légats, une requête :ammençait ainsi : Au très-saint et très-heupatriarche œcuménique de la grande Home, . De là les évéques de Constantinople pri- Ic titre de patriarche œcuménique, sous le vais prétexte qu'on l'avait donné à saint . Aujourd'hui tous les patriarches grecs nent le titre d' 'œcuménique , de même que acobites, nestoriens et arméniens se nom-
le catholique, qui signifie également uni- (; mais celte universalité ne comprend que >due de leur secte. Voy. DuCange, Glossar. îergier, Diction, de théol.
-UMENIOS, écrivain ecclésiastique byzan- • ivait au ix* ou au x* siècle. Il a donné : mimentaria in sacrosancta quatuor Christi gelia..., auctore quidem{ut plurimi sentiunt) menio, interprète vero Joanne Hentenio : Lou-
1543, in-fol.; le texte grec a été publié à ig, 1792, 3 vol. in-8°; — 2° Commentaires s Acte* des Apôtres; — 3° Commentaires sur ■ les E pitres de saint Paul ; — 4° Commen-
sur les sept lettres dites catholiques; — mment. sur f Apocalypse de saint Jean: ces ges ont eu de nombreuses éditions: la L-ure est celle de Paris, 1631, 2 vol. in-fol. unmentaire sur l'Apocalvpse a été réim-
1 par Cramer; Oxford, 1840, in-8*>. Il faut rquer qu'Œeumenius n'a fait qu'abréger Iran Chrysostome. Voy. Sixte de Sienne, >th. sancta, 1. IV. llentenius, Prœfat. ad non. Commentai-. Possevin, Apparat us sa~ >.Ceillier, tom. XIX. La S»ur. liiogr.génér. ER (Georges-Louis), exégète allemand, né ollaeli, dans le pays d'Anspach, en 1694, en 1700, fut co- recteur, puis recteur du ase d'Anspach, et il devint, en 1736, surinut ecclésiastique à Feuchtvvangen. Il a
: 1° Observntionum sacrurum Syntagma; tnbourg, 1729, in-8°; cet ouvrage contient ication de deux cents passages difficiles de de ; — 2° De novœ philosophiœ Leibnizii et f in theologiam Injuria ; Onolzbach, 1730; 'onjecttirarum dedifficilioribus Sacrœ Scrilocis Centuria; Leipzig, 1733, in -8°; — liographic des anciens ouvrages théologien allemand; Francfort, 1733-1731, hw$°; Commentaires sur des passages difficiles de 'are sainte, en allemand; Onolzbacb, 1739-
2 vol. in-8»; —6° Aninuidversiones sacrœ ; vvick, 1747, in -8°; — 7° Libre examen de ■liypse, en allemand; Halle, 1769, in-8»; Libre examen de quelques livres de l'Ancien tent, en allemand; ibid., 1771, in-8°. Dans ivrage, le savant allemand attaque l'aunté des neuf derniers chapitres d'Ezéchiel, ne cette authenticité ait été admise sans lté aucune par les plus habiles rationale l'Allemagne, tels Eichhorn, Rosenmùl-
de I
rece
1er, Bertholdt, Gesenios, de W'ette et Winer. Nous croyons avoir prouvé dans notre Introd.. etc., la faiblesse et la futilité des arguments d'Œder. Œder a donné, en outre, plusieurs ouvrages de controverse et une édition annotée du Catéchisme socinieri de Rackau ; Nuremberg, 1738, in -8°. Voy. la Nouv. Biogr. génér. J.-B. Glaire. Introd. histor. <>rcrt7..etc.,tom.III,p.456.
ŒDMAN (Samuel), protestant suédois, né à Wieslanda, dans la Smalandie, en 1750, mort à Upsal l'an 1829, fut nommé directeur du séminaire de cette dernière ville, et il y professa la théologie. Parmi ses écrits, on distingue surtout : 1° Sermotis de Jean Jérusalem, trad. de l'allem.; Upsal, 1784-1785, 2 vol. in-8»; — 2» Recueil de sujets concernant t 'histoire naturelle pour éclaircir la sainte Bible; ibid., 1785-1794 , 4 vol. in-8»; trad. en allemand ; 1799; — 3» Histoire de lo religion et de f Eglise chrétiennes, arec de» observations, trad. de 1 allemand de J.-M. Schrœck; ibid., 1792, iu-8°; — 4» Dictionnaire géographique sur les écrits du Nouveau Testament; ibid., 1799, 1812, in-8»; — 5° Essai sur le Notweau Testament; Linkœping, 1799-1822 , 4 vol.; — 6° Essai sur l' Apocalypse de saint Jean; Upsal, 1803, in-8"; Stockholm, 1805, in-8°; — 7° L' Évangile de saint Matthieu, avec des notes philosophiques ; Stockholm, 1814, in-8». Voy. la fiouv. Bioqr. génér. ŒIL. Quiconque est privé d'un œil, et surtout l'œil gauche, appelé Vint canonique, ne peut :evoir les saints ordres. Voy. Borgne.
I. ŒLRICHS (Jean), savant allemand, né à Brème en 1724, mort en 1801, fut premier pasteur à l'église Saint-Paul , puis recteur du gymnase. Outre une Chrestomathie anglo-saxonne, avec une traduction allemande, on a de lui : 1° Collectio opusculorum historicorum , philologicoruni, theologicorum selecti argumenti ,imprimis in Germania et lielgia séparât i m editorum ; Brème, 1768, 2 vol. in-8° ; — 2° Germania: Utero tœ Opuscuta philo/ ogica , hisforica . théologien , emendatius récusa; ibid., 1772-1774,2 vol. in-8»; — 'dPBelgii fiteratiOpuscula historica, philolngica, theologica; ibid., 1*74-1776, 2 vol. in-8°; — 4° Dama et Sueciœ literatœ Upuscula histor., philol., theoL; ibid., 1774-1776, in-8»; — 5<> Dissertatio antiquaria usui Cœnœ prœvia ; ibid., 1776, in-8». Voy. Michaud, Biogr. univers. La NoUV. Biogr. génér.
IL ŒLRICHS (Jean-Arnold), protestant, né à Hanovre l'an 1767, mort en 1791 , suivit les cours de l'université de Gœttingne, devint l'ami de Heyne et de Heeren , et fut chargé de quelques éducations. On a de lui : 1° deux Dissertations sur la philosophie de Platon et sur celle des Pères de l'Église; — 2° Comraentarii de Scriptoribus Ecclesiœ latinœ priorum sex sœculorum. ad Bibtioth. Fabricii latitutm accommodati; Leipzig, 1791, in-8°: l'auteur y traite des écrivains depuis Minucins Félix jusqu'à saint Grégoire le Grand, et finit par les Actes des conciles; sa mort prématurée l'ayant empêché de mettre cet ouvrage au jour, c'est Heeren qui l'a publié. Voy. Michaud, biogr. univers. ŒLSCHL.£GER(Adam>. Voy. Olearius, n» I.
ŒNOANDA ou ENOANDA , siège épisc. de la province de Lvcie, au diocèse d'Asie, sous la métropole de Myre. On en connaît sept évéques, dont le premier, Patrice, assista au premier concile général de Constantinople. Voy. Lequien, Oriens Christ., tom. I, p. 989. Richard et Giraud. Gaet. Moroni, vol. XLVI1I, p. 281.
ŒONISTICE (Œonistice , augurium), art d'après lequel on prétend connaître l'avenir au moyen des oiseaux.
ŒTINGER (Frédéric-Christophe), protestant
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allemand , né à Goeppingen en 1702, mort l'an 1782, exerça le ministère du saint Évangile, et devint surintendant a YVeinsberg, puis prélat du couvent de Murrhard. 11 fit une lecture attentive des principaux mystiques, comme Jacob Bœhme et Swedenborg. Ses opinions, bizarre mélange d'idées profondes et de divagations chimériques, eurent un assez grand nombre d'adhérents. 11 s'appliqua aussi longtemps à chercher la pierre puilosophale. 11 a laissé de nombreux ouvrages, parmi lesquels nous remarquerons : !• Les Voies inexplicables delà condescendance de Dieu ; Leipzig, 1734; — 2° Hésumé des préceptes évanyéliques pour ta rénovattoti de l'homme; ibid.,1735, in-8e; — 3° Exphcation des Psaumes d'après le sens historique; Esslingen, 1748; Heilbronn, 1750, in^; — 4» Triple Morale selon la nnture, selon l'Ecriture et selon Jésus- Christ; Heilbronn, 1753, in-8»; — 5* Examen des doctrines sur l'état après la mort; 1771, in-88; tous ces ouvrages sont écrits en allemand; — 0° Inquisitio in sensum communem et ratiotmn pro judicandis philosophorum theoriis ad normam Scripturœ aacra ; Tubingue, 1753, in -8»; — 7° Theoloaia ex idea vitee dedurta; Francfort, 1705, in-8»; trad. en allemand; Stuttgart, 1852, in-8». l'o»/. Meusel, Lexicon. La h'ouv. Biogr. yen.
ŒTTING (ALTEN-), célèbre pèlerinage en Bavière appelé la Notre-Dame de Lnrette germanique. Ce pèlerinage , en effet , est depuis des siècles le reluge, la consolation et la joie d'une multitude innombrable de fidèles qui s'y rendent de toutes les contrées. L'image de la sainte Vierge, appeléo Mère propice (Mater propitia), est en bois et placée dans une chambre sombre oui, par son obscurité même, porte au recueillement. Les pèlerins attendent dans un portique qui entoure la nef, et qui est rempli d'ex-voto, de croix, de béquilles, etc. La chapelle est très- ancienne; on la fait communément remonter au temps de saint Rupert, l'apotre de la Bavière, i la On du vu* siècle. On pense qu'elle était autrefois un temple païen que saint Rupert a transformé en sanctuaire chrétien. Ce qui est digne de remarque, c'est qu'eu 1)07 les Hongrois ayant détruit Œtting, n'épargnèrent que la chapelle et l'image de la sainte Vierge. Voy. le Diction, de la théol.utthol.
I. ŒUVRÈ(Opiw), terme qui se prend : 1° pour la profession de laquelle on tire sa subsistance, comme lorsque Pharaon demande aux frères de Joseph à quoi ils gagnent leur vie (Genèse, XLVi.33); 2« pour le salaire dû à l'ouvrage (Lévit., xix, 13); 3* pour la conduite de la vie (Tobie, i, 4. Ps. xxvii, 4); 4° pour La punition (Ps. GVIIi» 20), et quelquefois p our la récompense (baie, xxxn, 17). On reproche souvent aux Juifsd'avoir adoré les œuvre* de leurs mains (Isaie, il, 8). L'Œuvre île Dieu marque quelquefois sa vengeance (Isaïe, v, 19).
II. ŒUVRE D'ÉGLISE sedit:led'une construction de menuiserie (clathri œdituorum) dans la nef des paroisses où se mettent les marguilliers, et où s'exposent les reliques; 2° de la fabrique ou du revenu d'une paroisse destiné à la construction, à la réparation des bâtiments, à l'entretien du service, etc. Voy. Kabhiqie.
Hl. ŒUVRE DE LA MISÉRICORDE. Voy.
JllàÉRICOKDE, n° IV.
1. ŒUVRES (BONNES). On entend sous ce nom tous les actes, soit intérieurs, soit extérieurs.des vertus chrétiennes,commede religion, de reconnaissance, d'obéissance envers Dieu, de justice et de charité à l'égard du prochain , de pénitence, de mortification, de patience, etc. Jésus -Christ lui-même a nommé ses miracles
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des bonnes œuvres, parce que c'étaient des actes de charité et de commisération envers les malheureux. Les bonnes leuvres ont fourni le sujet d'une vive dispute entre les protestants et les catholiques ; il s'agissait de savoir si elles sont nécessaires au salut, et en quel sens, quelle en est l'utilité, comment on doit les envisager, soit lorsqu'elles sont faites dans l'état du péché, soit lorsqu'on les fait après la justification et en état de grâce. Or déjà au iv» siècle les «étions et les eunomiens avaient enseigné que les bonnes œuvres ne sont pas nécessaires au salut, que la foi seule est suffisante; les flagellants renouvelèrent cette erreur au xm* siècle, et les begtiards ou béguins au xiv*; vers le commencement du XVe siècle. Jean tins prétendit que les bonnes œuvres sont indifférentes, que le salut et la damnation dépendent uniquement de la prédestination de Dieu et de la réprobation. Vers l'an 1520, Luther soutint que les œuvres des hommes, quelque saintes qu'elles soient, sont des péchés mortels : il adoucit ensuite cette proposition, en disant que toutes les œuvres des justes seraient des péchés mortels, s'ils ne craignaient pas qu'elles n'en fussent, parce qu'alors ils IM pourraient pas éviter la présomption. Ainsi , sous prétexte d'établir la liberté chrétienne, il affranchit les hommes des préceptes du décalogue. Les anabaptistes et les antmomiens suivirent cette doctrine. En 1530, Mélanchthon la réforma dans la confession d'Augsbourg, et, en 1535, Luther lui-même sembla changer d'avis, puisqu'il approuva la confession de foi des bohémiens, qui disent (art. vu), qu'il faut faire les bonnes œuvres que Dieu commande, et que les œuvres faites dans la foi sont agréables à Dieu, et auront leur récompense en ce monde et en l'autre. Quoi qu'il en soit, l'an 1567, les luthériens de l'assemblée de Worms condamnèrent la proposition de Mclanchthon , qui disait que les br>nnes œuvres sont nécessaires au salut. L'an 1501 , les calvinistes de France présentèrent à Charles IX une confession de foi dans laquelle on lit : « Nous croyons que par la foi seule nous participons à la justice de Jésus- Christ (art. xx): que cette foi est une grâce et un don gratuit de Dieu (art. XX), quoique Dieu nous régénère et nous forme à une vie sainte, afin de nous sauver pleinement; cependant nous professons que Dieu n'a point égard aux bonnes œuvres que nous faisons par le secours de son esprit pour nous justifier et nous faire mériter d'être mis au nombre des enfants de Dieu (art. xxn). » De celte doctrine il suit évidemment : 1° qu'il est inutile aux pécheurs de faire de bonnes œuvres, puisque Dieu n'y a point égard ; 2* que Dieu nous excite par son esprit à en faire, sans vouloir nous en tenir aucun compte ; 3° que les fonnes œuvres faites après la régénération ne sont pas plus méritoires que celles qu'on fait dans 1 état de péché. Ce sont là autant d'erreurs palpables. En 1502, les anglicans dressèrent au synode de Londres une confession de foi , la même pour le fond que celle des calvinistes que nous venons de citer. Enfin , au svnode de Dordrecht, tenu en 1018-1010, les calvinistes décidèrent que c les œuvres louables dont la foi est la racine sont bonnes devant Dieu et lui sont agréables, parce que tout est sanctifié par sa grâce; cependant elles n'entrent pas en compte pour notre sanctification. C'est par la foi en Jésus-Christ que nous sommes justiliés, même avant d'avoir fait de. bonnes œuvres, puisque les fruits ne peuvent être bons avant que 1 arbre ne soit bon lui-même. Nous faisons
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chose par là , car que méritons-nous'7 Au contraire, nous devenons plus redevables a Dieu pour les bonne* œuvres que nous faisons, puisque c'est lui qui nous fait vouloir et accomplir... Nous ne nions pas que Dieu ne les récorn pense ; mais nous disons que c'est par grâce qu il veut bien couronner ses dons... En effet, nous ne pouvons faire aucune œuvre qui ne soit souillée par le vice de la chair, et qui, par conséquent, ne soit digne de châtiment; et, quand nous en poumons Caire une, le souvenir d un seul péché suflirait pour la faire rejeter de Dieu (art.xxrv).» 8ans compter les autres erreurs de cette doctrine, elle renferme évidemment trois blasphèmes : le premier, que Dieu commande à ceux qui ne sont pas encore justifiés des œuvres qui «ont des péchés; le second, qu'il récompense es qui sont cependant dignes de chà- . la troisième, que Dieu se souvient de nos péchés après nous les avoir pardonnés : l'Écriture sainte dit formellement le contraire. Après la comparaison de toutes ces professions de foi , il ressort cette vérité incontestable, qu'il n'est pas aisé de savoir quelle est en définitive la doctrine des protestants sur les tmnei œuvre*: eux-mêmes ne l'ont jamais su ; leur unique dessein était de contredire la foi catholique, sans se mettra en peine des conséquences. Les équivoques sous lesquelles ils ont enveloppé leurs erreurs, les changements qu'ils y ont faits, les contradictions dans lesquelles ils sont tombes, sont de nature à déconcerter le plus habile théologien. Voy. le conc. de Trente, qui, dans sa session VI« (De Justifieatione), s explique sur la matière des bonnet ouvres de la nu mère la plus nette et la plus précise, et n'établit pas une seule proposition quMI n'ait fonder sur des passages formels de l'Écriture saints, sans parler des témoignages nombreux tirés, soit des Pères de l'Église, soit des autres conciles. Berçier, dont nous n'avons fait qu'abréger l'article. Le Diction, de la théot. cathol.
XL ŒUVRES DE LA CHAIR; ce sont celles qui ont pour principe la concupiscence.
III. ŒUVRES DE LA LOI. On appelle ainsi, par opposition aux œuvres de la grâce , les pratiques cérémoniales de la loi mosaïque.
IV. ŒUVRES DE SURÉROGATION ou SURÊ- ROGATOIRES . se dit des œuvres qui ne sont pas précisément d'obligation, et qui peuvent être tout au plus de simple conseil dans la vie chrétienne et la profession religieuse. Les anglicans, dans leur confession de foi, citée un peu plus haut, donnent évidemment un sens faux et absurde à l'expression œuvres de subrogation, quand ils disent : « On ne peut sans arrogance et sans impiété admettre des œuvres de surémçmtêon ; par la les hommes prétendent non-seulement rendre à Dieu ce qu ils lui doivent, mais faire plus qu'ils ne doivent; au lieu
Jésus -Christ dit : Lorsque vous aurez fait
if ce qui vous est commandé , dites : Nous sommes des serviteurs inutiles (art. xjv). » Voy. Bergier. au mot Œuvres.
V. ŒUVRES MORTES. Cette expression, en termes de théologie, signifie le péché.
VI. ŒUVRES SATISFACTOIRES. Us théologiens appellent ainsi les œuvres par lesquelles nous satisfaisons à Dieu pour nos péchés, comme la prière, l'aumône et le jeûne, particulièrement désignés dans l'Écriture, et recommandés par les saints Pères. Or , on entend ici par la priera tous les exercices de piété et de leligion, comme la messe, l'oflice divin, l'oraison mentale, les pèlerinages, etc. Le ieûne renies de peines corporelles et spi-
rituelles, telles que l'abstinence, la pauvreté, le travail, les veilles, les mortifications, etc. L'aumône comprend tous les bons offices rendus au prochain dans ses besoins corporels ou spirituels. Mais , il faut bien le remarquer, pour que ces œuvres soient satisfactoires et méritoires devant Dieu, il n'est pas nécessaire qu'elles soient faites an état de grâce, puisquon les imposait autrefois, et qu'on les impose encore aujourd'hui assez souvent aux pénitents longtemps avant de les réconcilier avec Dieu par l'absolution; ce que l'on n'eût point fait, et ce que l'on ne ferait point encore, si on les jugeait entièrement inutiles et de nulle valeur; mais il faut qu'elles soient faites binon en état de grâce habituelle, du moins sans affection au péché mortel ; ou bien , ce qui est une même chose, en état d'une justice commencée et d'un amour de Dieu actuel, qui est une impulsion du Saint-Esprit, qui n'habite pas encore dans l'âme, mais qui l'excite , et lui fait rechercher l'amitié de Dieu par-dessus toutes choses, et qu'on commence à aimer, quoiqu'on ne soit pas encore réconcilié avec lui. Cest en ce sens qu'on doit entendre saint Thomas, quand il dit que les œuvres qui sont faites sans la charité ne sont pas satisfactoires : Ideo sine caritate opéra faeta non sunt satisfactoria. Voy. Thom., Supplem. tertiœ part., q. xiv, art. 2. Le Conc. de Trente, sess. VI, De Jwstificatione. Richard et Giraud. Le Diction, ecclés. et canon., art. Satisfaction.
VU. ŒUVRES SERVILES , littér. Œuvres qui appartiennent à l'état d'esclave, de domestique. Ainsi on peut dire en général que ce sont des œuvres auxquelles le corps a plus de part que l'esprit, comme les occupations extérieures et mécaniques, et que l'on confie ordinairement à des serviteurs, des ouvriers, des manœuvres. Ainsi labourer la terre, planter ou tailler des arbres, travailler en maçonnerie, menuiserie, serrurerie, etc., coudre, broder, Hier, sont autant d'œuvres serviles. Et il importe peu qu'on
1er à des ouvrages de piété, comme faire des scapulaires , des chapelets, est encore une œuvre servile. Que les œuvres serviles soient défendues, sous peine de péché, les dimanches et les jours de féte, c'est une vérité prouvée par les Pères de l'Église, les décisions des conciles et la pratique constante de l'Église. Cependant la défense des œuvres serviles cesse d'être obligatoire dans les cas de nécessité; mais alors, s'il y a possibilité, on doit recourir à l'autorité ecclésiastique compétente pour obtenir une dispense. Voy., 'Jans les théologiens, le Traité du Dc'ealngue , troisième preerpte.