NIENS
I. PHILIPPOPOLI, ville épisc. et métropolit. de la province de Thrace, au diocèse de Thrace ; elle l'était de tout le diocèse avant que cette dignité fût transférée à Héraclée. Les ariens et les eusébiens, s'étant séparés du concile de Sardique, s'assemblèrent dans cette ville et écrivirent de là aux évéques d'Afrique contre saint Athanase et les autres évéques catholiques qu'ils avaient condamnés auparavant et que le concile de Sardique avait absous. Philippopoli a eu vingt-sept évéques, dont le premier, Hermas, est mentionné par saint Paul dans son Epitre aux Romains (xvi, 14). Les Acta Sanctorum de Bollandus en parlent aussi au 9 mai. Voy. Lequien, Oriens Christ., tom. I, p. Ilô6. Richard et Giraud. Gaet. Moroni, vol. XXJV, p. 299-300.
II. PHILIPPOPOLI, siège épisc de la Phrygie Pacatienne, au diocèse d Asie, sous la métropole de Laodicée. On n'en connait que deux évéques, dont le premier fut Tatien; son métropolitain, Nunechius, souscrivit pour lui au concile de Chalcédoine; le second évéqoe de Philippopoli fut André, qui souscrivit aux canons M Trullo. Voy. le Conciiii Chalcedon., act. vi et XVI. Lequien, Oriens Christ., tom. I, p. 821.
III. PHILIPPOPOLI , ville épisc. de la province d'Arabie, sous Ja métropole de Bostra, au diocèse d Antioche. Ce n'était d'abord qu'un petit village du territoire de Bostra; mais l'empereur Philippe, qui y avait pris naissance, en fit une ville ; si toutefois ce qui est dit ici de Philippe ne s'applique pas plutôt a Philippopoli, métropole de la province de Thrace dont nous venons de parler (n* I). On n'en connait qu'un évèque, Hormisdas, qui assista au concile de Chalcédoine. Voy. Lequien, Oriens Christ., %. Il, p. 862. Teni, Itatia sacra, p. 112. Gaet. Moroni, vol. XXIV, p. 300-301.
PHILISTINS, peuple issu de Chasluim, fils 1 de Mesraim, 61s lui-même de Cham. Du temps I d'Abraham, les Philistins étaient déjà -
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dans la Palestine , puisqu'ils y avaient des rois et y possédaient plusieurs villes considérables. Josué donna leur pays aux Hébreux et les attaqua par l'ordre du 'Seigneur; cependant sous les Juges, sous Saûl et au commencement du règne de David , ils opprimèrent souvent les Israélites, et ce fut seulement après que ce prince eut été sacré pour régner sur tout Israël, qu'il les réduisit sous son empire. Us demeurèrent soumis aux rois de Juda jusqu'au règne de Joram, pendant lequel ils firent de grands ravages dans son royaume. Ozias les ré-
Criraa et les contint dans le devoir. Les Philisns dévastèrent encore les terres de Juda durant les malheurs du règne d'Achaz, mais Ézéchias les subjugua de nouveau. Plus tard ils furent en proie aux plus grandes calamités, probablement à cause des maux qu'ils avaient fait subir aux Israélites. Les menaces des prophètes lsaïe, Jérémie, Amos et Soplionie contre les Philistins ne furent que trop certaines pour eux, car Assaraddon ou Sargon, roi des Assyriens, assiégea Azoth et la prit par les armes deThartan, son général. Voy. Genèse, x, 13.Î4. foeutér., h, 23. Josué, xiii, '2,3; xv, 45, etc. H Bois, v, 17; vin, 1, etc.; IV Rois, xvm, 8. 11 Paralip., xxvi, 6, 7 ; xxvm, 18. Isaïe, XI, 14; xx, 1. Jérémie, xlvii, 4. Amos, i, 8. Sophon., 11,5, Voy. aussi les commentateurs sur le ch. x de la Genèse. D. Calme t et Hiller, Dissertât. sur f origine et les divinités des Philistins. Le Diction, de ta th&tl. cathol. Compar. nos art. Caphtorim, Chasllm, Mesraïm.
1. PHILLIPS (Georges), jurisc, né à Kœnigsberg en \m, mort Tan 1860, embrassa le catholicisme, dont il devint un des plus zélés défenseurs en Allemagne. Il professa successivement le droit à Munich, le droit canonique à Insproct, et l'histoire du droit à Vienne. En 1838, il a fondé avec Gœrres un Recueil périodique qui se publie encore, et qui est intitulé : Feuilles historico-politiquei pour i Allemagne cathnhque. Il a laissé, en outre, plusieurs ouvrages, parmi lesquels nous citerons : 1° Histoire d'Allemagne , par rapport surtout à la religion , au droit et à la constitution politique; Berlin, 1832- 2 vol. in-8°; — Le Droit canonique; Ratisbonne, 18i5-1857, 5 vol. in-8°; trad. en français; — > Les Synodes diocésains: Fribourg, 1849, 1850, in-8»; — 4» L'Election des rois en Allema-
Ci jusqu'à la bulle d'or; Vienne, 1858, in-8°; s ces ouvrages sont écrits en allemand. Voy. la Souv. Bi'jgr. génér., qui donne la liste des autres ouvrages de Philipps. L'abbé André, Cours alphabét. de droit canon., où on trouve des réflexions très -justes sur les écrits de Georges Philipps.
II. PHILLIPS (Thomas), savant ecclésiastique catholique, né à Ickford, dans le comté de Buckingham, en 1708, mort à Liège l'an 1774, ne put. quoiqu'il fûtl'ainé de la famille, prétendre a la succession paternelle, à cause de son attachement au catholicisme. Il a laissé quelques ouvrages, parmi lesquels nous citerons : T/te Study of sacred littérature; 1756, 1758, 1765, in-8». Voy. la Souv. Biogr. génér.
PHlLOGONE(Saint), évèque d'Antioche, mort vers l'an 322, exerçait la profession d'avocat avec une grande réputation d'honneur et de conscience lorsqu'il fut élu évéque d'Antioche, vers l'an 3t8. Il fut un des plus zélés adversaires d'Arius, et mérita pendant la persécution de Licioias le titre de Confesseur. On célèbre sa" féte le 20 décembre. Voy. saint Chrysostome, Oraison XXXI*. Tillemont, Mémoires, tom. IV. I. PHILOLOGIE BIBLIQUE. Elle a pour but
la connaissance des langues de la Bible. Or la Bible a été composée en deux langues principales , l'hébreu et le grec. On confond souvent dans le langage ordinaire la philologie biblique avec la philologie sacrée, dont il est question dans l'article suivant. Voy. Bible, où nous indiquons les livres qui ont été écrits en hébreu et ceux qui l'ont été en grec. Voy. aussi Hébreu, n° II. Hellénisme, Hellénistique (Langue).
II. PHILOLOGIE SACRÉE. On nomme ainsi la partie de la critique qui s'attache principalement à examiner les mots et les expressions du texte sacré et des versions, et à en juger suivant les règles de la grammaire, de la rhétorique , de la poétique et de la logique. Bergier fait sur la philologie sacrée des réflexions si justes et si importantes, que nous croyons devoir les reproduire ici. Cette manière d'étudier l'Ecriture sainte, dit donc Bergier, est utile sans doute à quelques égards, mais elle est sujette d de grands inconvénients. 1° Quand on pousse cette critique trop loin, elle devient minutieuse et ridicule. A quoi servent de longues dissertations pour expliquer des choses que tout le monde entend d'abord? Il semble que les écrivains sacrés parlent un langage si extraordinaire, qu'il est besoin d'un commentaire sur chaque mot. Les incrédules en prennent occasion de dire que l'Écriture sainte est un recueil d'énigmes inintelligibles auxquelles on fait dire tout ce qu'on veut; que ces livres, loin d'instruire les nommes, ne sont propres qu'à les tromper, a faire naitre des erreurs et des disputes interminables. 2° Cette manière d'envisager l'Écriture sainte semble la mettre au niveau des écrits des auteurs profanes dont le sens ne peut être connu que par la finesse de la critique; mais cet art n'était pas né lorsque les anciens Pères de l'Église se sont servis des Livres saints pour instruire les fidèles. Or, s'ils dht pu s'en passer, nous pourrions l'ignorer encore sans courir aucun danger pour notre salut. La tradition constante, l'enseignement commun et universel de l'Église , nous paraissent un fondement plus sùr pour appuyer notre foi que toute la sagacité des philologues. Dieu, sans doute, n'a pas attendu jusqu'au xvi* siècle pour donner à son Église une intelligence suffisante des Écritures et pour fixer sa croyance. Saint Paul condamne la manie de ceux qui s'amusent à des questions et à des disputes de mots; elles ne servent, dit-il, qu'à faire naitre des haines, des dissensions, des blasphèmes et des imaginations absurdes (I Timothée, vi, 4) : l'expérience de tous les siècles ne Ta que trop prouvé. De là est venue la hardiesse de ceux qui ont voulu expliquer et môme corriger le texte sacré d'après le style et les idées des auteurs profanes. Les protestants euxmêmes ont déploré cet abus : Érasme l'avait condamné, et on le lui a reproché à son tour, de même qu'à Grotius et à d'autres. Mosheim a fait une longue dissertation pour en montrer les funestes conséquences ; il reproche au moins vingt défauts différents à la plupart des critiques et des philologues, tant par rapport aux faits qu'aux expressions de l'Ecriture sainte. 4° A force de subtilités de grammaire, de figures de rhétorique, de comparaisons et de conjectures, il n'est aucun passage de l'Écriture sainte duquel on ne puisse détourner et pervertir le sens. Les protestants, après s'être servis de cet art perfide contre les théologiens catholiques, en ont ressenti le contre-coup dans leurs disputes avec les sociniens; toutes les fois qu'ils ont voulu argumenter par l'Écriture seule,
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leurs adversaires leur ont fait voir qu'ils ne redoutaient pas ce genre de combat ; qu'avec les armes défensives des critiques protestants ils étaient sûrs de triompher. Preuve évidente que tout commentaire et toute observation qui nous conduisent à donner à l'Écriture un sens opposé à la croyance de l'Église, partent certainement d'une critique fausse et ne méritent aucune attention, f'ompar. nos art. Critique, Exégèse, Hébreu, n° II.
PHILOLOGUE (Saint), ami de saint Paul, que l'Apôtre salue dans son Épitre aux Romains. Les Grecs le font évèque de Sinope, dans le Pont, et marquent sa fete au 4 novembre. Voy. Rom., xvi, 15. D. Calmet, Diction, de la Bible.
PHILOMELIUM, ville épisc. du diocèse d'Asie, dans la province de Pisidie, selon la Notice d'Hiérocle et les autres Notices grecques, qui mettent une autre ville du même nom dans la Phrygie Salutaire, mais qu'on ne trouve dans aucun auteur. De Commanville porte l'érection de la première au v« siècle , et l'érection de la seconde au ix*. Il y a apparence que cette ville a été attribuée, tantôt à la Pisidio, tantôt à la Phrygie. Quoi qu'il en soit, Philomelium de la province de Pisidie a eu sept évoques, dont le premier, Theosebius, souscrivit au premier concile général de Constantinople. Aujourd'hui Phi' hmelium, ânnu la grande Phrygie, est un évêché M parti bus suflragant de Synnade, métrop. également mi pnrtibus. Voy. Lequien, Oi iens Christ., tom. I, p. 1060. De Commanville, /" Table alphabit., p. 288. Richard et Giraud. Gaet. Moroni.vol XXIV, p. 304.
PHILOMÈNE (Sainte), vierge et martyre à Rome sous l'empereur Dioclétien, était, si Ton s'en rapporte à des révélations particulières qui paraissent réunir tous les caractères d'une source divine, fille d'un prince qui gouvernait un petit État dans la Grèce. Dioctétien l'ayant vue lorsqu'elle n'avait encorê que treize ans, conçut pour elle une passion, et voulut l'épouser; mais comme elle s'y refusa, en disant qu'elle avait voué à Dieu sa virginité, le prince lui fit trancher la téte. Le nom même de cette sainte était inconnu dans les fastes des martyrs, lors-
3u'en 1802 on découvrit, dans les catacombes e Sainte- Priscille, une pierre sépulcrale en terre cuite, avec une inscription portant les mots Uimena Pax Tecum Fi. Sous la pierre se trouvaient les restes précieux de la sainte, à côté desquels était un vase de verre à demi brisé, et dont les parois étaient couvertes de san? desséché. Le corps de sainte Philomène fut donné, en 1805, à un missionnaire nommé François de Lucia,qui le fit transporter a Mugnano, près de Naples. Les nombreux miracles opérés par l'intercession de la sainte y attirent un grand concours de pèlerins. Grégoire XVI autorisa , le 20 janvier 1837, une messe et un office en son honneur, et fixa le 11 août pour la célébration de sa fête. Voy. Gaet. Moi oui , vol. XXIV, p. 304-306, où sont indiqués beaucoup d'écrits historiques et de livres de piété sur sainte Philomène. Le Diction, de la théol. catholique.
PHILON , évéque de Carpasia ou Carpasso. Voy. Carpasia.
PHILON D'ALEXANDRIE ou PHILON LE JUIF, philosophe grec, hébreu de nation, né à Alexandrie , vivait dans le l,r siècle de l'ère chrétienne. Frère de Lysimaque, alabarque ou prince de la synagogue de la ville d'Alexandrie, il fut chef de la députât ion que les Juifs de cette ville envoyèrent à Caligula vers l'an 40 de Jésus- Christ. 11 a laissé des ouvrages qui sont
[ divisés en trois parties : la première regarde la création du monde ; la seconde, l'Histoire sainte, et la troisième , les lois et les coutumes des Juifs. Ces ouvrages ont eu plusieurs éditions: mais la meilleure est celle de Th. Mangey ; Londres, 1742, 2 vol. in-fol. Quelques-uns lui attribuent faussement le livre de la Sagesse. Voy. Joseph., Antig., h XVI11, c. x. Clem. Alex., Stnmuit., 1. I. Euseb., Hist., 1. II, c. xvm; Prœpar. Evang., 1. VII, et In Chronic. Saint Jérôme, In Calai. . et alibi. Photius, Cod. Clfl , CIV, CV. D. Ceillier, Hist. des Au t. saur, et codés., tom. I. p. 513 et suit. Fabricins, Biblioth. Grœc, tom. IV, p. 721-751, édit. de Harles. Mangey, Préface de son édition. Dan. God. Werner. De Philone Judœo te*te integritatis scriptorum mosakorum ; Stargard , 1743 , in - fol. J. - C. - G . Dahl , Chrestomnthia Philoniann : Hambourg , 1800, in-8°. Jac. Bryant, The Sentiments «f Philo Judœusj Londres, 1797, in -8°. Richard et Giraud. Feller. Michaud,qui donne les litres de vingt -huit ouvrages de Philon , avec quelques notions utiles sur presque chacun d'eux. La Nouv. Riogr. gènér. Le Diction, de la théol .cathol .
II. PHILON DE BTBLOS est un Juif plus ancien que le précédent, et dont l'historien Joseph parle dans son ouvrage contre Apion. Saint Jérôme et plusieurs autres écrivains lui ont attribué le livre de la Sagesse; mais ce sentiment est généralement rejeté psr les critiques. Il avait écrit une Histoire des Juifs qui est citée par Clément d'Alexandrie et par Eusèbe. Voy. Joseph, Contr. Apion., 1. I. Clem. Alexartdr., Stromat., 1. I. Euseb., Preepnr. Emng., I. IX. S. Jérôme, Préface star les livres de Salomon . Michaud , Riof/r. univers.
PHILOROME (Saint), martyr et compagnon de saint Philéas. Voy. Phii.éas.
PHILOSOPHE, PHILOSOPHIE, mots dérivés du grec, et dont le premier signifie ami de la sagesse, et le second, amour de la sagesse. En s'arrétant à cette explication , on ne saurait trouver de meilleure philosophie que celle qui se fait admirer dans Job et les livres sapientiaux, puisque ni les anciens, ni les modernes ne renferment des leçons si capables de procucurer une vraie sagesse à quiconque veut les mettre en pratique. Les philosophes modernes ont accusé saint Paul de condamner avec trop de rigueur les anciens philosophes. Il est vrai que le grand Apôtre fait un triste tableau de la philosophie païenne, qu'il représente comme toujours opposée à la sagesse de Jésus-Christ et à la vraie religion; mais qui pourrait prouver que ce tableau est trop chargé? N'est - il pas aisé, au contraire, de montrer par le téraoi-
f;na«e même des auteurs profanes qu'il est de a plus grande fidélité? Les philosophes ont été assez éclairés pour connaître Dieu par l'inspection des ouvrages de la nature ; mais ils ont défiguré les attributs divins en supposant, contre toute évidence, que Dieu ne se mêle point des choses de ce monde , qu'il en a laissé le soin i des esprits inférieurs , que c'est à eux et non i lui que le culte doit s'adresser. Premier crime. Ils n'ont point fait connaître Dieu au peuple, parce qu'ils craignaient de l'irriter en attaquant le polythéisme et l'idolâtrie ; ils ont même confirmé l'erreur publique par leur suffrage, quoique plusieurs soient convenus que c'était une absurdité et une insulte faite a la majesté divine. Second trait d'impiété. Quant au dérèglement de leurs mœurs , il est de notoriété publique ^il faudrait être d'une ignorance crasse pour essayer de le nier. Où est donc alors l'exagération et l'injustice de la censure de saint Paul?
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Mais cel apôtre , disent nos adversaires, ne s'est borné à attaquer les philosophe* , il a décrié philosophie elle-même; il la nomme la saget$t dt ce monde , et il prétend que Dieu l'a réprouvée; il l'envisage comme un obstacle à la foi et au salut; il canonise ainsi l'ignorance et le mépris des connaissances utiles. Il y a dans ce reproche une fausseté manifeste. Ce que saint Paul appelle la sagesse de ce monde n'est point la rraie philosojmte , mais l'abus que les philosophes en ont fait. Puisqu'il dit que l'étude de la nature fait connaître les attributs de Dieu, il ne la condamne donc pas ; et, puisqu'il traite les philosophes d insensés, il ne les aurait pas Mimés s'ils avaient été véritablement sages. Mais il les voyait déjà fermer les yeux à la vérité que Dieu leur montrait, et s'élever contre elle; dernier trait de méchanceté de leur part. Ajoutons que, sans compter ceux qui dès les remiers temps troublèrent l'Église par leurs érésies, comme Cérinthe, Ménandre, Saturnin, etc., il y en eut un bon nombre, encore plos pervers, qui préférèrent les erreurs et la corruption du paganisme à la sainteté de l'Évangile : ils se déclarèrent ennemis de notre religion; non - seulement ils l'attaquèrent par leurs écrits, comme Celse , Lucien , Porphyre , Julien. Hiéroclés; mais ils enflammèrent la haine des persécuteurs. Ainsi saint Justin fut livré au supplice sur l'accusation d'un certain Ctescent, philosophe cynique, qui en voulait aussi a Tatien. Lactauce se plaint de l'animosité de deux philosophes de son temps , qu'on croit être Porphyre et Hiéroclés. Ceux qui obsédaient l'em-
Creur Julien, loin de diminuer sa haine contre christianisme, travaillèrent à l'augmenter. D'autres employèrent l'astuce pour nuire plus efficacement au christianisme; ils rapprochèrent leurs dogmes des nôtres; ils rectifièrent une partie de leurs opinions, prétendirent que la doctrine de Jésus-Christ n'était pas fort différente de celle des anciens philosophes; que le paganisme épuré , tel que ceux-ci l'enseignaient ,
Pouvait très-bien s'accorder avec la doctrine de Évangile ; mais que les chrétiens entendaient mal I un et l'autre. Tel fut l'artifice de la secte des éclectiques ou nouveaux platoniciens. C'est d'après ce tableau perfide que les philos-ophes modernes voudraient nous faire juger de l'ancien paganisme. Nous demandons, sur ce simple exposé, si saint Paul n'a pas eu raison d'inspirer aux fidèles de la défiance contre les philorojJitt. Yoy. Actes, xvn, 18. Rom., i, 20 et suiv. Coloss., u, 8. Just., Cohort. ad Grœc., n° 3, et DtaU>g. cum Tryph., n. 8, etc. Lactant., Divin. Instit.,\.\f c. II. D. Calmet, qui, dans son Diction, de la Bible, montre la supériorité de la philosophie de la Dible sur celle des païens , et traite deux questions fort débattues parmi les Uiéologiens et les interprètes : 1° Si les philosophe* païens ont puisé dans la sainte Écriture ce qu'il y a de juste dans leurs sentiments; 2° si ces mêmes philosophes , en suivant les lumières naturelles, et vivant moralement bien aux yeux de* hommes , ont pu , indépendamment de la loi et de l'Évangile , éviter la damnation éternelle. Bergier , Diction, de théol., auquel nous devons presque tout cet article, et qui contient de plus les deux questions : !• Les Pères de t'Èy/ue ont- ils eu tort de mêler les notions et les tyttèmes des phi/otophes avec les dogmes du christianisme/' 2* Let mcrédules modernes méritentii$ te nom de philosophes ? questions auxquelles il répond avec raison négativement. L'Encyclop. ntkol. où , après l'exposé et la discussion des principales définitions de la philosophie , il est
traité : i* de V Examen de la faculté de connaître; 2° de la Psychologie ; 3» de la Théologie naturelle; 4* des Premiers Principes; 5* de l'Histoire de la philosophie.
PHILOSOPHIE ORIENTALE. Voy. Platonisme.
PHILOSTORGE , historien ecclésiastique grec, né à Borissus, en Cappadoce , vers l'an 360, mort vers l'an 430, adopta avec ardeur les principes de l'arianisme. Il a composé une Histoire ecclésiastique depuis l'hérésie d'Arius, en 300, jus-
2u'à l'avènement de Valentinien à l'empire 'Occident, en 425. Cet ouvrage est perdu ; mais Photius en a donné un extrait étendu qui a été publié par Godefroy; Genève, 1643, in-4°, et par H. de Valois, avec V Histoire ecclésiastique de Théodoret, Evagrius et Théodose; Pans, 1673. Reading en a donné une autre édition; Cambridge, 1720. Voy. Photius . Cod. XL. Fabriqua , Bihlioth. Grœc, tom. IV, p. H6. Dom Ceillier, Hist. génér. des Aut., etc., tom. XIII, où on trouve une analyse très-étendue de l'ouvrage de Philostorge. Michaud, liiogr. univers.
PHILOSTRATE (Flavius), sophiste , né à Lemnos dans la première moitié du n* siècle de l'ère chrétienne , enseigna la rhétorique à Athènes , ce qui a fait probablement qu'Eusèbe , le Syncelle et quelques autres ont dit qu'il était natif de cette dernière ville. U enseigna ensuite à Rome, où, à l'instigation de l'impératrice Julie , femme de Sévère , il se chargea de mettre en ordre, et de revêtir d'un meilleur style les Mémoires ou plutôt les contes qu'un certain Damis, partisan fanatique d'Apollonius de Tyane, avait recueillis sur ce célèbre imposteur. C'est ainsi que nous est parvenue la prétendue Vie d' Apollonius de Tyane, ramas de mensonges grossiers contre le christianisme et l'Évangile. Voy. Feller. Michaud. La Nouv. Biogr. genér. Le Diction, de la théol. cathol. Compar. notre art. Apollonius, n« III.
PHIL0THÊE, moine et abbé du Mont-Atbos, mort en 1376 , devint successivement archevêque * d'Héraclée et patriarche de Constantinople. On a de lui : 1° Truite du ministère et des fonctions du diacre, inséré en latin dans la dernière Bibliothèque des Pères ; — 2° Panégyriques de saint Basile , de saint Grégoire de Nazumze et de saint Chrysostome, en grec et en latin, dans VAuctuarium de Fronton du Duc; — 3° Sermons sur la croix et sur le IIP dimanche de carême , publiés en grec et en latin par Gretser, dans De Sancta Cruce, tom. H. Richard et Giraud, qui donnent les titres des manuscrits de Philothee, qui se trouvent dans la bibliothèque du Roi de Bavière et dans celle du Vatican.
PHILOXÈNE ou XÉNAÏAS , évéque d'Hiérapolis , né à Tahal , bourg du pays de Garni, qui fait partie de la Susiane, mort vers 522, après avoir siégé trente-sept ans , fut un des plus savants et des plus célèbres écrivains de la secte des mouophysites ou Jacobites syrieus. 11 fut consacré par Pierre, surnommé le Foulon, qui venait d'être élevé au trône patriarcal d'Antiochc, et qui, comme lui. partageait les erreurs des monuphysites. Ils firent ensemble tous leurs efforts pour détruire dans la Syrie l'autorité du concile de Chalcédoine, et après la mort de Pierre il continua à troubler les catholiques, et à les persécuter toutes les fois
Su' il en eut les moyens. Il a composé beaucoup e livres en syriaque , fort élégamment écrits ; ils sont tous théologiques et polémiques. On y distingue : 1° beaucoup de Lettres adressées aux moines de différents couvents de la Syrie et de la Mésopotamie ; — 2» un Commentaire sur
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l'Êci Hure ; — 3° trois Traités sur la Trinité et Tlncarnation ; — 4° deux Traités contre les nesto riens et les eutychiens; la plupart de ces ouvrages se trouvent manuscrits dans la bibliothèque du Vatican ; — 5° une Nouvelle Version syriaque du Nouveau Testament , connue dans la critique sous le nom de Philoxénienne. Cette version , faite sur le texte grec , est la seule que lisent les Syriens jacobitcs ; elle Tut retouchée l'an 616 par Thomas d'Héraclée , évêque de Germanicia ou Marasch. Joseph While a publié à Oxford, 1778, en 2 vol. in-4°, la Version des
auatre Évangiles avec une traduction latine et es notes, et l'an 1779, la Version des Actes des apôtres et celle des Épilres de saint Paul , également avec une traduction latine et des notes, 2 vol. in-4°. Voy. Michaud, Biogr. univers. Thomas Hartwell Horn, An Introduction to the critical Study and Knowtedge to the holy Scriptures, vol. II. part. II, p. 49, 8» édit.
PHILOXÉNIENNE ( VERSION ). Voy. l'article précédent.
PHILPOT (John), théologien, né à Compton, dans le Hampshire, mort a Londres l'an 1555, fut archidiacre de Winchester, et se montra sous Henri VIII un des promoteurs zélés du schisme. Sous le règne de Marie , il ne cessa de parler et d'écrire contre les catholiques, et son acharnement le fit condamner à périr dans les (lammes. Outre de nombreux écrits sur des matières politiques et religieuses, il a donné une version des Homélies de Calvin. Voy. la Nouv. Biogr. génér.
I. PHINÊÈS , fils d'Éléazar et petit-fils d'Aaron, fut le troisième grand prêtre des Juifs, et exerça cette charge 1410 ans avant Jésus-Christ. On voit dans les Nombres le zèle de Phinéès contre l'action abominable d'un Israélite avec une Madianite , et l'alliance que Dieu fit avec lui en lui donnant pour toujours le sacerdoce. Dans Josué , nous voyons le zèle de Phinéès à l'occasion du monument qu'avaient élevé au delà du Jourdain ceux des peuples qui y avaient fixé leur demeure ; il ne se tranquillisa à ce sujet qu'après avoir entendu et pesé leurs justes raisons. Enfin Jésus, fils de Siraçh, fait le plus grand éloge de Planées dans l'Ecclésiastique. Ce fut sous son pontificat qu'arrivèrent les histoires de Michas, de la conquête de Lais par les hommes de la tribu de Dan, et de l'outrage fait à la femme du lévite de la montagne d'Ephraïm. Phinéès eut pour successeur dans la grande sacrificature Abiézer ou Abi-Sué. Les Grecs célèbrent le 12 mars la féte de Phinéès, et en font mémoire le 2 septembre, jour de la fête de son père, Éléazar. Pierre Natal a placé son nom au 1" juillet, foy. Nombres, xxv. Josué, xxii. Juges, xvii, 6; xviii, 1; xx, 2s ; xxi, 21. I Paralip., vi, 50. Ecclésiastique, xlv, 8. D. Calmet, Diction, de la Bible.
IL PHINÊÈS, fils du grand prêtre Héli. et frère d'Ophni. Voy. Héli , n° H, Ophni, n° [.
PHINON , nom d'un des chefs de la postérité d'Èsaii. Voy. Genèse, XXXV!, 41.
PHISON . un des fleuves du paradis terrestre. Moïse dit qu'il coule autour de la terre d'Hévilath, et que l'on y trouve de l'or excellent. Voy. Genèse, il. Il , 12.
PHITHOM, une des villes que les Hébreux bâtirent pour Pharaon , dans l'Egypte, pendant leur servitude. Voy. Exode, i, 11.
PHITHON, fils de Micha. Voy. I Paralip., vin , 35.
PHLEGON (Saint), ami de saint Paul, dont il parle aux Romains, était, selon les Grecs, evéque de Marathon, dans rAttique. Ils célè-
brent sa féte le 8 avril, et les Latins en font mémoire le même jour. Vou. Rom., xvi, 14. D. Calmet, Diction, de la Bible.
PHLIUS , ville épiscop. du Péloponèse, située au milieu de la Sicyonie , était probablement sous la métropole de* Corinthe. Les Notices ecclésiastiques ne le mentionnent pas. On en connaît seize évéques, dont le premier, Jean, siégea quatre ans. Voy. Lequien, Oriens Christ., tom. II, p. 327. Richard et Giraud.
PHOCAS ( Saint), martyr à Sinope, était jardinier. Dénoncé comme chrétien, les soldats qui furent envoyés pour le prendre entrèrent chez lui sans le connaître. Il les reçut avec la plus grande charité, et leur donna à manger; vers la fin du repas, ayant appris qu'ils cherchaient le jardinier Phocas afin de le faire périr, il se fit connaître, et les exhorta à exécuter leur commission ; ce qu'ils firent en lui abattant la tête d'un coup d'épée. On n'est nullement d'accord sur l'époque à laquelle saint Phocas fut martyrisé. Les uns veulent que ce soit sous Trajan, qui mourut l'an 117 de Jésus-Christ ; les autres prétendent que ce fut au temps de Licinius, qui vivait deux cents ans après. Les Grecs célèbrent la fêle de saint Phocas le 23 juillet , et les Latins, le 14 du même mois. Voy. Richard et Giraud.
PHOCÉE, aujourd'hui Fochia - Vechia , ville épisc. de la province d'Asie , située dans l'Ionie, à vingt milles de Smyrne ; elle fut d'abord sous la métropole d'Éphèse , puis sous celle de Smyrne ; ce n'est plus maintenant qu'un petit village. Elle a eu nuit évôques grecs, dont le
f ramier, Marc , souscrivit la lettre adressée par e concile de Sardique au pape Jules; puis sept évéques latins, dont le premier, Barthélémy, de Cassino , de l'Ordre des Frères Mineurs , fut nommé par Clément VI. Voy. Lequien, Oriens Christ., tom. I , p. 736, et tom. III , p. 1079. Le P. Brémond, Bidlarium, tom. II, p. 706. Wading, Annnles Ord. Minor., tom. III et VI.
PHOCHÉRETH , un des chers des Nathinéens qui revinrent de Babylone avec Esdras. Voy. Esdr., il , 57.
PHŒBÊ, diaconesse de Cenchrée, que saint Paul recommande aux Romains. Les Martyrologes en font mémoire le 3 septembre. Voy. Rom., xvi, 1 , 2.
PHŒNICE. Voy. Phénice.
PHŒNIX. Voy. Ph.4-.mx.
PHOGOR , montagne dans le partage de Ruben , autrefois occupée par les Moabites. EUe faisait partie des monts Abarim. Voy. Nombres, xxiii , 28.
PHOLLATHI, huitième fils dObédédom. Voy.
I Paralip., xxvi, 5.
PHORATHA, fils d'Aman. Voy. Esther, ix, 8.
PHOSECH, fils de Jéphlat. Voy. I Paralip., vu , 33.
PHOTICES, ville épisc. de l'IUyrie orientale, dans la province de 1 ancienne Épire. Plus tard elle reçut le nom de Balla , et fut soumise au métropolitain de Janina. On en connaît six évéques, dont le premier , Jean , assista au concile de Chalcédoine. Voy. Procope, Edifie, I. IV, ch. I. Lequien , Oriens Christ., tom. Il , p. 143. Richard et Giraud.
I. PHOTIN ou POTHIN (Saint), évêque et martyr de Lyon , né, comme on croit, à Smyrne l'an 87 de Jésus-Christ, mort à Lyon le 2 juin 177, était disciple de saint Polycarpe, évêque de Smyrne, avec qui il se rendit à Rome, l'an 158, sous le pontificat d'Anicet. Ce pape l'ayant envoyé dans les Gaules afin d'y porter la lumière de la foi, il s'arrêta a Lyon, où il forma une