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lui furent enlevés pour être réunis à l'empire français, et, sur son refus formel de renoncer à la souveraineté temporelle de Rome et des États de l'Église , on l'enleva de son palais et on l'amena captif à Grenoble, à Savone, puis i Fontainebleau. Le. souverain Pontife ne cessa de montrer le calme le plus héroïque et la plus grande énergie, protestant de toute sa force contre les violences auxquelles il était en butte. Il supporta courageusement ses malheurs, et on ne put lui arracher rien qui fût contraire à sa conscience. En 1814, Pie VU revit l'Italie, et fit sa rentrée solennelle à Rome , le 25 mai de cette même année. Il s'occupa dés lors à réparer les maux qu'avait causés sa longue absence, rétablit les Jésuites, condamna la franc-maçonnerie, anathématisa les carbonari , encouragea les missions, abolit la torture, et offrit une généreuse hospitalité à la famille de celui qui l'avait tant persécuté. Léon XII fut appelé à lui succéder. Voy. Richard et Giraud, ou l'art. PlE VII est terminé par une Ob>ervation générale dont le bot est de montrer que la différence qui semblait exister entre le régne de Pie VI et celui de Pie VII n'était qu'apparente, et que la comparaison établie par l'auteur de l'article entre l'époque de ces deux pontificats et les premiers siècles de l'Église, est historiquement aussi exacte qu'une comparaison peut l'être. Sous les deux papes, on a commencé comme Julien, et l'on a fini ou essayé de finir comme Dioctétien et les autres persécuteurs du christianisme. A. de Reauchamp, Hist. des malheurs et de la captivité de Pie VU. Artaud de Montor, Histoire de Pie VU.
VIII. PIE VIII, pape, dont le nom était François-Xavier Castiglioni, né à Cingoli , dans la marche d'Ancône, en 1761 , mort à Rome l'an 1X30, devint évéque de Monte-Alto en 1800, cardinal et évéque de Cesena en 1816, d'où il fut transféré à h rascati en 1821 ; Pie VU le nomma peu après grand pénitencier et préfet de la Congrégation de Ylndex. Succédant à Léon XII en 1S20, il confia la charge de secrétaire d'État au cardinal Albani. Frappé des maux faits à l'Église, le nouveau Pontife adressa à tous les prélats de la chrétienté une lettre encyclique dans laquelle il s'élevait contre la liberté de la presse, les sociétés bibliques, etc. Le gouvernement français n'en voulut pas permettre la publication, et refusa explicitement Vexequatttr. Les sociétés secrètes qui s'étaient formées dans les États romains fixèrent aussi l'attention de Pie VIII, et plusieurs des membres qui en faisaient partie furent jugés. Le pape adressa aussi une lettre aux évéques de la nouvelle province ecclésiastique de Fribourg, en Brisgau, lesquels supportaient sans réclamer les envahissements de la puissance temporelle, et dontquelques-uns, par leur conduite, paraissaient conniver avec les ennemis secrets du catholicisme. Il les rappelait avec force a leurs devoirs comme évéques, et proclamait de nouveau que l'Église est libre par l'institution divtne. Apres la révolution qui éleva, en 1830, Louis-Philippe sur le trône, le chef suprême de l'Église déclara, dans plusieurs brefs adressés a différents évéques, que chacun pouvait, sans blesser sa conscience, prêter serment au nouveau pouvoir, et que rien ne s'opposait à ce qu'on fit dans les églises les prières publiques pour le roi des Français, puisqu'il régnait paisiblement (nunc tranuuillitatis rébus). Le pontificat de Pie VIU fut de courte durée; il mourut après un règne d'un an et huit mois. Il eut Grégoire XVI pour successeur. Voy. Y Hist. du pape Pie VIII, ouvrage
faisant suite aux Hist. de Pie VII et de Léon XII, par le même auteur; Paris, 1844. Les Memorir de Modène, où on trouve des détails importants sur Pie VIII. Antoine Nodari , Vitœ Pontificum Romanorum Pu VI, Pu VU, Léon i s XII. PU VIII, addito commentario de Gregorio féliciter régnante; Patavii, typis Seminarii 1840; ce livre renferme des détails curieux. Feller. Michaud, au Supplém.
PIE (ŒUVRE); c'est une œuvre de charité faite en vue de Dieu.
PIED, terme dont les Hébreux se servent, soit au singulier, soit au pluriel, pour exprimer des choses ou des actions que la pudeur ne permet pas de nommer. Dans le style des auteurs sacrés, les pieds se prennent souvent pour les inclinations, les affections, les penchants. Être aux pieds de quelqu'un se met pour obéir à quelqu'un, écouter et suivre sa doctrine. Être sous les pieds de quelqu'un marque l'état d'un sujet envers son souverain, du serviteur envers son maitre, d'un ennemi vaincu à l'égard de celui qui l'a subjugué. Mettre le pied dans un lieu signifie qu'on en prend possession. La nudité des pieds était une marque de deuil ou de respect. Laver ses pieds dans Vhuile marque une abondance universelle. Lava- ses pieds dans le sang du pécheur signifie qu'on en tire une vengeance éclatante. Voy. Isaïe, vu, 20 ; xxxvi, 12 ; xux, 23. Deut., xxxm, 3, 24; xi, 24. Êiéch . xvi, 25; xxrv, 17. Exode, m, 5. 1 Rois, xxv, 24. Psaume xxxv, 12; vin, 8,17, 30; lix, 10 ; lxvd, 24; cvii, 10; cxviu, 59. D. Calmet, Diction, de la Bible. Bergier, Diction, de théol.
PIÉMONT (Pedemontium). L'Église gémit depuis quelques années du triste état ou un gouvernement impie tient la religion dans ce pays. Déjà, en 1803, Pie VU se vit obligé de réduire les sièges a ceux de Turin, de Saluées, d'Acqui, d'Asti, d'Alexandrie, d'Ivrée, de Verceil et de Mondovi , Bonaparte ayant exigé une nouvelle circonscription ecclésiastique. Mais en 1818 , alors que le Piémont avait recouvré son indépendance, Pie VU donna, le 7 juillet, des lettres apostoliques en vertu desquelles Verceil et Chambéry furent élevées au ran» des métro-
toles, et Albe, Aoste, Bielle, Bobbio, Fossano, ignerol, Suse, Alexandrie et Coni furent érigées en évêchés. Ces nouveaux sièges et les anciens étaient, comme ils le sont à peu près aujourd'hui , répartis ainsi qu'il suit : Turin a pour suffragants Acqui, Asti, Ivrée, Mondovi, Saluées, Albe, Coni.Tossano, Pignerol et Suse. Les suffragants de Verceil sont Alexandrie, Bielle, Casai, Novare et Vigevano. Chambéry, qui n'avait d'abord qu'un suffragant, Aoste (qui i appartient aujourd'hui à Turin , ainsi que Torj tone, évéché de nouvelle création), en a eu trois autres plus tard par le rétablissement des évêchés d Annecy, de Moutiers et de Saint-Jeande-Maurienne. Voy. l'abbé André, Cours alpha- I bét. île droit canon, I PIENTI. Voy. Pienza, n« IL
PIEN0D (Jean), professeur de l'université de j Paris, vivait au xvn* siècle, et enseignait le grec au collège royal. On a de lui : 1° Dissertations sur la prison de saint Jean-Baptiste et sur ta dernière Pâoue de Jésus-Christ; Paris, 1690; — 2» Béjwnse à une lettre touchant une Dissertation sur la dernière Pdque de Jésus - Christ . contre le P. Lamy ; — 3» Lettre au K. P. D. Paul Pezron, religieux de l' abbaye de Prières; il propose à ce religieux plusieurs difficultés contre son système sur l'année de la Passion de Jésus- Christ. Voy. le Joum. des Savants, 1690, 1655 et
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I. P1ESZÀ (Corsinium), ville épisc. d'Italie sous la métropole de Sienne. Ce n était d'abord qu'un boorg nommé Corsimano, lorsque Pie II,
Îui en était originaire , y érigea un évéché en 462, et loi imposa son nom. Voy. Ughelli, Ital. Sacra, tom. I, p. 1174. Richard et Giraud. Gaet. Moroni. rai. LI1I, p. 1-6.
II. PIENZ A ou PIENTI (Ange), dominicain, né à Corsimano. mort à Florence en 1589, professa la théologie, et se fit recevoir docteur en 1585. II fat successivement prédicateur d'Antoine AJtovit et d'Alexandre de Médicis, arche-
de Florence, théologien du cardinal pain et supérieur en diverses maisons de la province romaine. Il a laissé : 1° Tractatus de Juinlœo in quatuor libros distinctus ; Rome, 1575 ; Venise, 1600, in-4*; — 2° Traité du Rosaire , en italien; Florence, 1585; — 3» Traités contre la secte des Mahométans, en italien; ibid., 1588 et 1G03 ; Rome, 1596, in-4°; — 4° des Sermons. Voy. le P. Kl- h a ni. Script. Ord. Prcedic, tom. U, p 293
L PIERIUS ou HIERIUS (Saint), prêtre d'Alexandrie, vivait au m* siècle. D'après saint Jérôme, il mérita d'être appelé un second Origène, tant par la multitude que par l'excellence de ses ouvrages. On dit qu'il fut le maitre de saint Parophvle, et qu'il gouverna pendant quelque temps 1 école d Alexandrie. Saint Jérôme nous apprend qu'après la persécution il alla passer le reste de ses jours à Rome. Il avait composé sur la prophétie d'Osée et sur l'Evangile de saint Luc des ouvrages qui ne nous sont point parvenus. On célèbre sa féte le 4 novembre.
Voy. Eusèbe, Hist. S. Jérôme, Homm. illustr. Photius, Bibhoth., cod. ex». Tillemont, Mémoires, tom. IV, i l'art, de S. TnÊONAS,évèque d'Alexandrie. D. Ce il lier, Hist. des Au t. sacr. et ecciés., tom. III, p. 348 et suiv. Richard et Giraud.
II. PIERIUS VALERIANDS, nom latin sous lequel principalement est connu Valerinno
iGiampietro)% protonotaire apostolique, né à èlluno, dans la marche Trévisane, mort à Padoue en 1588, fut honoré de l'estime de Léon X et de Clément "VII. Il refusa les évéchés de Jusùnopolis et d'Avignon , et fut chargé cependant de plusieurs négociations importantes dont il s'acquitta toujours avec honneur. Il a laissé en
iet en prose divers ouvrages, parmi lesquels nous citerons seulement : 1° Hiéroglyphes ou Commentaires latins sur les lettres saintes des Égyptiens et des autres nations; 1579, in -fol.; Lyon, 1686, in-fol.; on en a donné un Abrégé; Leipzig, 1006, in-12; — 2° Pro sacerdotum barba Apolngut; 1533, in-8°; réimprim. avec les traités dê Musonios et d'Hospinien , sur l'usage de se raser 1a barbe et de se couper les cheveux; Leyde, 1639, in-12. Voy. Joan. Imperialis, Muvrum kutorkum. p. 39 et suiv. Mencken, Préface qui est en téte des Analecta de calamitate htte' ratorum. Corn. Tellius, à la fin de son traité De Infehcitate litteratorum. Nicéron, Mémoires, tom. XXVI. Chauflepié, Nouv. Diction. Hist. Tiraboscbi, Storia délia letterat. Ital. Richard et Giraud. Feller. Michaud. La Nom-. Biogr. générale.
PIERQUIN (Jean), curé de Chàtel, dans les Ardennes, né à Charleville en 1672, mort l'an 1742, s'occupa toute sa vie d'oeuvres de charité et de travaux littéraires. On a de lui : 1° Vie de saint Juvin, ermite; Nancy, 1732, in-8»; — 2° Dismiations physico-théologtques sur la conception de Jésus dans le sein de ta Vierge Marie, sa mère;
. i 743, in-12 ; — 3* Œuvres physiques loues; Paris, 1744, in-12; - 4- Dis-
sertation sur les apparitions et les revenants. Voy. le Journ. des Savants, 1745. Les Mémoires de Trévoux, août 1746. Moréri, édit. de 1759. J.-B.- Jos. Bouillot, Biograuhie ardennaise, tom. IL Richard et Giraud. Michaud. Feller, qui fait cette juste remarque sur les OEuvr. phys. et géogr. : « Elles offrent des choses singulières, dont plusieurs ne sont pas assez vérifiées, d'autres fausses, et d'autres plus vraies qu'on ne le pense communément aujourd'hui. »
* PIERRE. Ce mot étant commun à des homonymes divers, nous avons placé d'abord ceux qui portent le nom de saint, soit hommes, soit lieux, puis les bienheureux, ensuite les personnes, et enfin les choses qui n'ont pas la qualité de saintes.
I. PIERRE (Saint), prince des apôtres et vicaire de Jésus-Christ sur la terre, ne à Bethsaïde, en Galilée, mort à Rome le 29 juin, l'an 66 de l'ère vulgaire, habitait avec sa femme et sa belle-mère le bourg de Capharnaûm, sur le lac de Génésareth , et exerçait le mé
métier de pécheur. André, son frère, le conduisit à Jésus,
3 ni lui dit en l'apercevant : « Tu es Simon, fils e Jonu ; tu seras appelé Céphas. » Or céphas, en syriaque, veut dire pierre. Après avoir passé un jour avec le Sauveur, ils s'en retournèrent à leur occupation habituelle; mais l'Évangile insinue cependant qu'ils assistèrent avec lui aux noces de Cana. Sur la tin de la même année, saint Pierre fit en un moment, par l'ordre de Jésus, une pèche si abondante, que son bateau et celui des fils de Zébédée en furent remplis ; et, peu de temps après, ils quittèrent leurs barques et suivirent Jésus. Vers la même époque, Jésus guérit de la fièvre la belle-mère de saint Pierre, et, avant la féte de Pâque de l'année suivante, il choisit douze apôtres, à la téte desquels saint Pierre est toujours marqué. Une nuit que Jésus marchait sur les eaux du lac de Génésareth, saint Pierre, qui avait obtenu la permission d'aller à lui , commença d'enfoncer par la crainte qu'il eut d'une vague qui s'éleva ; mais Jésus le retint et lui reprocha son peu de foi; puis Notre -Seigneur ayant parlé au peuple qu'il avait nourri le jour précédent, du dessein qu'il avait de donner son corps et son sang à manger et à boire à ses disciples, plusieurs en furent scandalisés et le quittèrent; mais Pierre, prenant la parole , dit à Jésus qui leur demandait s'ils voulaient aussi s'en aller : « Seigneur, à qui irions-nous? Vous avez des paroles de vie éternelle. » L'Evangile rapporte le témoignage que saint Pierre rendit i la divinité de Jésus-Christ pendant que d'autres le regardaient seulement comme un prophète; ce qui engagea ce divin maître à lut donner les clefs du royaume des cieux et à promettre à l'Église, dont il établissait Pierre comme le fondement, cette assistance infaillible qui est une de ses principales prérogatives. Huit jours après, environ, saint Pierre fut témoin du miracle de la Transfiguration, et ce fut à lui que Jésus fit trouver dans la gueule d'un poisson la pièce d'argent destinée à payer la capitation
Iierçue à l'usage du temple. Le jeudi, veille de a Passion de Jésus, saint Pierre fut envoyé avec saint Jean afin de disposer toutes choses pour la Pàque; et, après la Cène, Notre- Seigneur voulant donner à ses disciples un exemple d'humilité, se mit en devoir de leur laver les pieds; Pierre, par lequel le Sauveur voulut commencer, s'y opposa d'abord avec opiniâtreté; mais le désir de demeurer toujours uni i son maitre ne lui permit pas de persister dans son refus. Le Sauveur fit ensuite pressentir à saint Pierre
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la faute qu'il devait commettre dans peu d heures, et la prière qu'il avait faite alin qu'il s'en relevât au plus tôt et fût ensuite en état de conflrmcr ses frères. Pierre ayant, en effet, renoncé son maître, en éprouva une extrême douleur; mais Jésus étant apparu aux saintes femmes après sa Résurrection, les chargea d'en avertir spécialement Pierre ; et, le jour même, il se montra à cet apôtre comme pour l'assurer qu'il agréait sa pénitence. Peu de jours après, saint Pierre lit, par l'ordre du Sauveur, une pèche très-abondante, et répara son triple renoncement par un semblable témoignage de l'amour le plus ardent ; ce fut dans cette occasion que Jésus-Christ lui ht pressentir le genre de mort par lequel il ilevait sceller son apostolat. Après l'Ascension, saint Pierre, de retour à Jérusalem avec les autres apôtres, proposa aux lidèles l'élection d'un apôtre à la place du traitre, et ie soi t étant tombé sur Matthias, il fut dés lors compté au nombre des douze apôtres. Peu de temps après, saint Pierre rendit un heureux témoignage de la Résurrection et de l'Ascension du Sauveur, et trois mille personnes se convertirent à cette occasion. Quelques jours s'étaient à peine écoulés que le saint guérit un homme qui était perclus depuis sa naissance. Ayant reproché alors au peuple le crime qu'il avait commis en faisant mourir Notre- Seigneur, il convertit cinq mille personnes. Pierre parlait encore lorsque les prêtres et les sadriucéens se saisirent de lui et de Jean pour les faire comparaître devant l'assemblée des sénateurs, des magistrats, des docteurs de la loi et du souverain pontife, mais leur fermeté obligea les Juifs à les renvoyer sans leur faire aucun mal. Cependant Pierre et les autres apôtres devenaient si puissants en œuvres et en paroles, que les prêtres et les sadducéens résolurent de les faire périr; mais on se contenta de les renvoyer après les avoir fait fouetter et leur avoir de nouveau défendu de prêcher l'Evangile. Quelque temps après, les bamaritains ayant été baptisés par le diacre saint Philippe, saint Pierre, qui était demeuré avec les apôtres à Jérusalem, à cause de la persécution, vint à Samarie avec saint Jean pour communiquer aux tidèles la grâce du Saint-Esprit. Ce fut dans cette circonstance qu'il exlioi ta à la pénitence Simon le Magicien, qui avait cru pouvoir acquérir par argent le même pouvoir que les apôtres. Après la persécution, Pierre sortit de nouveau de Jérusalem pour visiter de ville en ville tous les disciples, et il opéra un grand nombre de miracles. Après avoir fondé l'Eglise d'Antioche, dont on le regarde comme le premier évéque, saint pierre vint a Rome la seconde année de l'empire de Claude, et on croit qu'en quittant Antioche il y établit saint Ignace a sa place. L'an 44, saint Pierre fut arrêté par l'ordre d'Hérode Agrippa, qui avait déjà fait mourir saint Jacques le Majeur; mais cet apôtre fut miraculeusement délivré de sa prison, comme le raconte saint Luc, et on ignore ce qu'il lit jusqu'à l'an 51, époque où fut assemblé le concile de Jérusalem. Il y prononça un discours pour empêcher qu'on n'imposât aux gentils le joug que les Juifs n'avaient pu supporter; puis il vint à Antioche, où il vécut avec des gentils qui s'étaients convertis à la foi; mais, craignant de scandaliser quelques chrétiens venus de Jérusalem, il se décida a les quitter. Saint Paul n'approuvant pas cette contrainte, l'en reprit ouvertement. L'an 54, saint Pierre vint à Rome, et, en passant par Naples, il y implanta la foi en donnant à cette ville saint I
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Aspernus pour premier évéque. C'est à cette époque qu il connut, par une révélation, que le temps de sa mort était proche. 11 opéra un grand nombre de miracles et confondit Simon )e Magicien, qui, ne pouvant survivre à sa honte, se précipita du haut du logis ou il s'était retiré. Les païens, irrités de cet accident, se saisirent de 1 apôtre et le crucifièrent sur le chemin d'Ostie, le même jour et au même endroit où saint Paul fut décapité. On assure que, par humilité, il voulut être cru ci lié la tète en bas. L'Eglise célèbre le 29 juin la féte principale de saint Pierre ; elle solenniseen outre, le i*' août, la mémoire de ses liens; le 18 novembre, celle de la dédicace de sa basilique au Vatican ; le 22 lévrier, celle de sa Chaire à Antioche; et, le 18 janvier, celle de sa Chaire à Rome. On a faussement attribué à saint Pierre un Évangile, des Acte» et une Apocalypse, etc.; les seuls écrits authentiques que nous ayons de lui sont deux Èpitrts, qui font partie des Épitrts catholique* du Nouveau Testament. La première, ayant été de tout temps reconnue pour authentique, est classée parmi les écrits proto - canonn/uet du Nouveau Testament; la deuxième, au contraire, n'ayant pas toujours été regardée par toutes les Eglises comme faisant partie essentielle des saintes Écritures, et ne se trouvant point par là même dans tous les canons sacrés des pre* miers siècles, a été rangée parmi les deutentcanonùjues. Pour connaitre plus en détail les travaux de saint Pierre, son xèle, ses miracles et tout ce qu'il a fait pour la cause de la foi. il faut lire surtout les chap. 1-v, vw-xii et XI v des Actes des Apôtres. Foy. D. Calmet, Diction, de la BiUe. Richard et Girsud. Bergier , lhctw*\. de théol. J.-B. Glaire, Introd. htster. ei en t., etc., loin. V, p. m-m. Gaet. Moroni, vol. LUI, p. 13-23. La Nouo. Btogr. gêner. Le Diction. 4e la théof. cathol.
IL PIERRE (Saint), martyr de Lampsaque, fut compagnon de saint André de Lampsaque. Voy. André: , n» III.
ill. PIERRE (Saint), martyr, exorciste, et compagnon de saint MarceUin. Voy. Marceluk, n° 11.
IV. PIERRE (Saint), patriarche d'Alexandrie et martyr, mort le '25 novembre 311, fut placé, l'an sur le siège de cette ville. Pendant la persécution de Dioclétien, il montra autant de courage que de prudence, et sa sollicitude s'étendit sur les Eglises de l'Egypte, de la Thébaïde et de la Libye, qui étaient sous sa juridiction. L'an 306, il assembla un concile dans lequel il déposa Mélèce, évéque de Lycopolis, qui, entre autres crimes, avait sacrifié aux idoles; celui-ci fit un schisme, et se sépara de la communion de saint Pierre, qui tut décapité par l'ordre de Maximin. Ce prélat peut être mis avec raison au nombre des Pères qui, avant le concile de Nicée, ont rendu témoignage par leur sang et par leurs écrits à la divinité de Notre-Seigneur. On célèbre sa fête le 26 novembre. Il nous reste de saint Pierre quinte Canons penitentioux , que l'on trouve en grec et en latin dans toutes les collections des canons, dans l'édition des Conciles du P. Labbe, et parmi les (Miuvres de saint Grégoire le Thaumaturge ; Paris, 1623, in fol. Voy. Eusèbe, Hi*t.% 1. VU et YHL Rai oui us, Annal. D. Ceillier, Ni*t. oV Aut. sacr. et ecclét., tom. IV, p. 17 et sui».
V. PIERRE (Saint), évéque de Sébaste, en Arménie, mort vers 1 an 387, était frère de saint Basile le Grand et de saint Grégoire de Nys*e. Il se mil dans un monastère, sous I* discipline de son frère saint Basile: il lui succéda dans le
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gouvernement de ce monastère; et t en 380, il fut promu à l'épiscopat. On célèbre sa féte le 9 janvier. Voy. saint Grég. de Nazianze, Orat.XX. saint Grég. de Nysse, Vit. Maerin. Théodoret, Hùt.y 1. IV. Hermant, Ve die saint Basile.
VI. PIERRE (Saint), prêtre et martyr de Cordoue, mort le 7 juin 851, se trouvait dans cette ville lors de la persécution que les Sarrasins y excitèrent contre les chrétiens, en 851. Il se présenta au juge en compagnie de cinq autres chrétiens; et, comme on les trouva inébranlables dans la foi, ils furent condamnés à perdre la téte. On célèbre leur féte le 7 juin. Pendant la même persécution , les bienheureux Isaac et Sance ou Sanche cueillirent aussi la palme du martyre. Voy. saint Euloge de Cordoue, Mémorial des Saints.
VU. PIERRE (Saint), prélat, né i Saint-Maurice-de- 1 'Exil , dans le diocèse de Vienne, en 1102, mort i Bellevaux, dans le diocèse de Besançon, le 3 mai 1174, fut un des premiers religieux de l'abbaye fondée en 1117, à Bonnevaux, par Gui de Bourgogne, archevêque de Vienne. En 1132, son supérieur l'envoya en Savoie pour
L fonder l'abbaye de Tamié, qu'il dirigea pennt dix ans, au bout desquels il fut nommé, d'après le conseil de saint Bernard, à l'archevêché de Tarentaise, aujourd'hui Muutiers. Durant treize années, il réprima les désordres dont ce diocèse était le théâtre, puis il alla se cacher dans un monastère d'Allemagne, dans l'espérance d'y vivre inconnu ; mais, avant été découvert, il fut contraint de revenir dans son église. Plus tard, il embrassa le parti d'Alexandre 111, lors des démêlés de ce pape avec l'empereur Frédéric. Le souverain Pontife l'ayant attiré en Italie, il acquit un grand empire sur les esprits, et on le chargea de négocier la paix entre Henri le Jeune, couronné roi d'Angleterre, et le roi Henri, son père. Célestin 111 canonisa ce saint évèque en 1191, et l'Église honore sa mémoire le H mai. Ko»/, la Nouv. Biogr. génér.
VIII. PIERRE (Saint), martyr, dominicain, né à Vérone vers l'an 1205, mort en 1252, appartenait . à des parents nobles, mais manichéens. Il montra dès l'enfance les plus heureuses dispositions; et, après avoir (ait d'excellentes études i l'université de Bologne, il accourut auprès de saint Dominique et le pria de l'admettre au nombre de ses disciples. Il reçut l'habit, et lit profession dans le couvent de Saint- Nicolas de Bologne, où sa charité, sa modestie, sa pureté angéhque, son xèle pour le salut des âmes le rendirent pour tous ses frères un modèle achevé. Chargé de travailler à l'instruction des tidèles et d'attaquer toutes les hérésies, particulièrement celle des manichéens, il opéra de si nombreuses conversions que les hérétiques les plus obstinés, désespérant de pouvoir )• réduire au silence, résolurent de le faire périr, projet qu'ils mirent i exécution lorsque Pierre retournait de Corne à Milan. Dieu l'avait honoré du don de prophétie; et, après sa mort, plusieurs miracles eurent lieu par son intercession. Innocent IV l'a mis au nombre des martyrs, en 1253. Voy. le P. Touron, Abrégé des I Vies des premiers disciples de saint Dominique. La Vie de saint Dominique.
IX PIERRE APSELAM ou BALSAME(fiaint).
martyr, né en Palestine, vivait au iv« siècle. Il menait une vie ascétique lorsque, vers l'an 309, il fut arrêté et conduit i Césarée. devant le tribunal de Firmilieti, gouverneur de la Palestine, qui , après lui avoir fait subir divers tourments, le condamna à mort. On célèbre sa fête le 3 janvier. Quelques auteurs prétendent qu'il
y a deux martyrs de ce nom , et qu'il faut dis • tinguer Pierre Apselam de Pierre Baisante. Voy. Surius. Bollandos. Tillemont. Eusèbe, Hi (., 1. VIII, c. K. D. Ceillier, Met. des Aut. saer. et eoeiét., tom. IV, p. 60.
X. PIERRE CHRYS0L0GUE (Saint), archevêque de Ravenne, né à Imola, mort le S décembre 450, fut ordonné diacre, embrassa l'état monastique, et devint archevêque en 433. Il réforma les abus qui s'étaient introduits dans son diocèse, et extirpa les restes des superstitions païennes. L'an 448, saint Germain d'Auxerre étant venu à Ravenne, Pierre le reçut avec honneur. Peu de temps après, l'hérésiarque Kutychès lui ayant écrit pour se plaindre du jugement rendu contre lui par saint Flavien de Constantinople, Pierre lui témoigna sa douleur de voir que les disputes sur le mystère de Fincarnation ne finissaient point. L Eglise de Ravenne célèbre sa féte le 2 décembre. Il nous reste de lui des Sermons, qui ont été recueillis vers l'an 708 par Félix, archevêque de Ravenne, ils ont paru a Cologne, 1541, 1607, 1678; Paris, 15S5; Anvers. 161 S; Lyon, 1636; Rouen, 1640; Bologne, 1643; Toulouse, 1670; Paris, 1614 et 1670, avec les (Buvres de saint Léon, et dans la Bibliothèque des Pères. Voy. Trithème, Catatog. dp Script, ecc/., c. eux. D. Ceillier, Hist. des Auteurs sacrés et ecclésiastiq.. tom. XIV, p. S et suiv.
XI. PIERRE D'ALCANTARA (Saint), de l'Ordre de Saint-François, né i Alcantara, en Espagne, l'an 1490, mort le 18 octobre 1562, prit l'habit religieux en 1524- Envoyé au couvent de Bellaviza, puis à Badajoz, il fut nommé supérieur de son Ordre. Il devint ensuite gardien du monastère de Notre-Dame-des-Anges. Attiré par Jean 111 à la cour de Portugal, Pierre revint bientôt dans son pays, et fut éfn, en 1538, provincial de l'Estramadure. C'est a cette époque qu'il travailla à réprimer les désordres qui régnaient chex les moines Mineurs; mais n'ayant pu faire prévaloir ses idées, il se retira en Portugal, ou, avec le concours du P. Martin de Sainte-Marie, il fonda sur la montagne d'Arabida la congrégation des Franciscains déchaussés, qui fut approuvée eu 1554 par Jules 111. En 1559, Pierre était commissaire général de son Ordre, lorsqu'il connut sainte Thérèse, qu'il dirigea dans la réforme qu'elle introduisit chez les Carmélites. Grégoire XV le béatilia en 1622, et Clément IX le canonisa en 1669. L'Église célèbre sa féte le 49 octobre. On a de saint Pierro : i* De la Oraciony meditacion; Saragosse, ln<i0; Salamanque, 1578; Valladolid, 1620;— 2» Tract ni us pacis an mue : Rome, 1600. Le P. Boulx a publié une traduction française des Œuvres du saint ; Paris, in-8*. Voy. Jean de Sainte-Marie, Martin de Saint- Joseph, Antoine Huait, et le P. Courtot, Vie de saint Pierre d'Aloantara.