II. PRÉSOMPTION EN MATIÈRE DE SALUT
C'est l'opposé du désespoir, et, comme le déses-
Soir, c'est le contraire de la vertu d'espérance, n commet ce péché en se livrant à une confiance abusive en la miséricorde de Dieu ; or cette confiance est trompeuse quand on se flatte de parvenir au salut, quoiqu'on néglige d'en prendre la voie, qu'on s'expose volontairement au danger d'otfenser Dieu, dans l'espérance que Dieu en préservera ; qu'on se permet des choses défendues, sous prétexte que Dieu est bon et miséricordieux ; qu'on diffère sa conversion de jour en jour, par la fausse persuasion où l'on est qu'on sera toujours à temps de se convertir lorsqu'on voudra, ce qui est formellement contraire à ces paroles de l'Écriture : Ne diffère pas à te convertir au Seigneur, et ne remets pas de jour en jour; atr soudain viendra sa colère, et au jour de la vengeance il te détruira. Voy. Ec- | clésiastique, v, 8-9. Le Diction, ecclés. et canon, portatif.
PRESSIGNY (DE). Voy. Cortois.
(Torcular), terme qui es
employé dans l'iicriture , et qui désigne nonseulement la machine sous laquelle on écrase le raisin, mais encore la cuve ou le réservoir où le vin qui coule du pressoir était reçu et conservé, jusqu'à ce qu'on le mit dans des cruches ou des tonneaux d'argile ou de bois. On lit dans le Psautier plusieurs titres des psaumes qui portent Pro torcutaribus, pour les pressoirs, ce qui est expliqué diversement. Les uns croient que ces psaumes étaient des cantiques faits principalement pour la fête des Tabernacles, après les vendanges; les autres le traduisent par un instrument de musique. Les Pères expliquent ces mots, dans un sens spirituel, de l'Église de Jésus-Christ, qui est la vigne mystique dans laquelle le pressoir est bâti, suivant la description du Sauveur. Nous ferons remarquer que cueillir les raisins et les fouler dans le pressoir sont, dans la langue des prophètes sacrés, le symbole et la figure de grands combats, d'affreuses calamités. Voy. Matth., xxi,33. Joël, n, 24. Prov., m, 10. Agg., n, 17. Juges, vu, 25. D. Calmet, Diction, de la Bible, et Comment, sur Jérémie, xlviii, 11. lsaïe, xvn,6; XLViu, 33, etc. Jérém., xlix, 9. Lament., i, 15.
PRESST (François-Joseph-Gaston de PARTZ DE), évèque de Boulogne, né au château d'Écuire, dans le diocèse de Boulogne, en 1712, mort en 1789 , gouverna son diocèse pendant près de quarante-sept ans, avec un zèle qui ne se démentit jamais. Il consacra des sommes considérables au rachat des chrétiens captifs chez les musulmans et à la propagation de la foi par les missions étrangères. Ce fut lui qui procéda aux premières informations sur la vie de Benoit - Joseph Labre, son diocésain, qui a été béatifié depuis. Ses principaux ouvrages sont : 1» des Statuts synodaux; 1746, in-4*; — 2° Instructions pastorales et Dissertations théologiques; 2 vol. in-48; — 3» Rituel du diocèse de Boulogne; Boulogne, 1780, in-4°; — 4» un livre de prières en français, intitulé : Heures; Lille, 1820, in-8*. Voy. Feller, flt'oor. univers., où l'on trouve une appréciation de plusieurs ouvrages du savant évèque. Michaud, au Supplém. La Nouv. Biogr. fjenér.
PRESTlMONlE,(Pr<p*/ifwonio, Pro'stimonium), se disait: 1° de la desserte d'une chapelle sans titre ni collation ; 2° de certains offices perpétuels donnés â des prêtres habitués dans des chapitres ou autres églises, ou à des religieux, qui n'étaient que des commissions de messes à dire pour les aider à subsister; 3* pour un revenu affecté par un fondateur à l'entretien d'un prêtre , sans être érigé en titre de bénéfice, auquel le patron nommait de plein droit; 4» pour certaines portions de revenus tirés de certains bénéfices, et affectés à quelques jeunes clercs pour les aider à faire leurs études ou à servir l'Église. Voy. D. Macri Hierolexïcon. Gael. Moroni, vol. LV, p. 186. L'abbé André, Cours alphabet, de droit canon.
^TAT (Saint), archevêque de Rouen, mort le 14 avril 586, était Gaulois d'origine. Promu à l'épiscopat vers l'an 555, il fut le parrain de Mérovée, second fils de Chilpéric. Yen l'an 576, Brunehaut, veuve de Sigebert, ayant été exilée à Rouen par Chilpéric, qui se laissait dominer par Frédêgonde , Mérovee devint tellement épris de la reine d'Austrasie, sa tante, qu'il lui proposa de l'épouser, et Prétextât eut la faiblesse de bénir cette union. Transporté de colère, Chilpéric fit arrêter ce prélat, qui fut déposé dans le concile assemblé i Paris en 577, malgré les efforts de saint Grégoire de Tours. Exilé dans l'Ile de Jersey, il ne reprit possession
PRÊT
PRÊT
de son siège qu'après la mort de Chilpéric; mais Frédégonde, ne pouvant supporter les remontrances qu'il lui avait adressées, afin de l'exhorter au repentir, fit assassiner ce saint prélat. Prétextât avait assisté, en 557, au m* concile de Paris; en 566, au n« concile de Tours, et, en 585, au u* concile de Mac: on. Le Martyrologe romain lui donne la qualité de martyr au 24 février; mais on ne l'honore aujourd'hui que comme confesseur pontife. Voy. saint Grég. de Tours, 1. V, VII et VIII. D. Ceillier Hist. des Aut. sacr. et ecclés., tora. XVI, p. 576 et 577. Richard et Giraud.
PRÉTOIRE, nom donné dans l'Évangile à la maison du gouverneur de Jérusalem de la part des Romains. C'est là qu'il rendait la justice et où Jésus-Christ lui fut présenté. Saint Paul parle aussi du prétoire ou, étant à Rome, il rendit témoignage à Jésus-Christ. U parait que l'Apôtre se sert de ce terme par l'usage dans lequel il était d'appeler ainsi 1 hôtel du gouverneur de la province à Jérusalem , puisque le palais de l'empereur ne se nommait certainement pas prétoire. Quelques-uns disent que saint Paul a voulu, sous le nom de prétoire, désigner le camp des soldats prétoriens où cet apôtre a pu être mené par le soldat qui l'accompagnait, et qui était attaché à. lui par une chaîne, à la manière des Romains. Voy. Philipp., i, 13.
I. PRÊTRE (Presbyter, sacerdos), mot dérivé du grec, et qui signifie proprement ancien, vieillard ; cependant, dans le texte latin de l'Écriture, le mot presbyter ne signifie pas toujours
Srétre (Judith, vm , 9. Ecclésiastique , rv, 7; vi, 5. Daniel, xin, 28). Dans l'Ancien Testament, le sacerdoce ne fut attaché à une certaine famille que depuis la loi de Moïse. Dans la cérémonie même de l'alliance que le Seigneur fit avec son peuple au pied du mont Sinai , Moise y lit l'office de médiateur, et on choisit pour faire celui de prêtre de jeunes hommes du milieu des enfants d'Israël. Auparavant, les premiers-nés, les pères de famille, les princes et les rois étaient prêtres-nés dans leur famille ou les terres de leur domination. Caïn et Abel, Noé, Abraham et Job, Abimélech et Laban, Isaac et Jacob offrent eux-mêmes leurs sacrifices. (Genèse, iv, 3, 4; vin, 20; xji, 8; xxvi, 25; xxxv, 3. Job, 1, 5.) Mais depuis que le Seigneur eut choisi la tribu de Lévi pour le servir dans i
son tabernacle , et que le sacerdoce fut fixé dans la famille d'Aaron,le droit d'offrir des sacrifices fut dés lors réservé aux prêtres de cette famille, les autres enfants de Lévi, même ceux de Moïse, étant demeurés dans le simple rang des Lévites. Dans des occasions particulières, les rois et les juges, ou les prophètes, en offrirent sans que l'Écriture les en reprenne; quelquefois aussi, une punition terrible suivit de près la transgression (Nom br., xvi). Le grand prêtre était chef de la religion et le juge ordinaire des difficultés qui la concernaient , et même de tout ce qui regardait la justice et les jugements de la nation des Juifs. Il avait aussi seul le privilège d'entrer dans le sanctuaire une fois l'année, qui était le jour de l'expiation solennelle et générale. Il devait être né d'une personne de sa tribu, que son père eût épousée vierge, et être exempt de tous les défauts corporels marqués dans le Lévitique. ( Le vit., xvi, 2, 4, etc.; xxi, 13, 17, 18, etc. Deu tér., xvu, 8-10.) Dieu avait attaché à la personne du grand- prêtre l'oracle de sa vérité ; en sorte que, lorsqu'il était revêtu des ornements de sa dignité et de l'urim et thummim, il répondait aux demandes qu'on lui faisait, et Dieu lui découvrait les cho
cachées et futures. (1 Rois,xxm, 9.) Il lui était défendu de porter le deuil d'aucun de ses proches, pas même de son père ou de sa mère, et d'entrer là où il y avait eu un mort. (Lévit., xi, 13, etc.) Il ne pouvait épouser qu'une vierge de sa race, et il devait garder la continence pendant tout le temps de son service. Les prêtres particuliers servaient immédiatement à l'autel, offraient les sacrifices, égorgeaient les hosties, les dépouillaient, et les lévites en versaient le sang au pied de l'autel. Ils entretenaient le feu perpétuel sur l'autel des holocaustes et les lampes du chandelier d'or qui étaient dans le Saint, pétrissaient les pains de proposition, les faisaient cuire, les offraient sur l'autel d'or qui était dans le Saint, et les étaient chaque jour de sabbat pour en mettre d'autres. Tous les jours, soir et matin, un prêtre désigné par le sort au commencement de la semaine portait dans le Saint un encensoir fumant, et le posait sur la table d'or, autrement nommée Yautel des parfums. Il n'était pas permis aux prêtres d'offrir de l'encens au Seigneur avec un feu étranger, c'est-à-dire qui ne fût pas tiré de l'autel des holocaustes. On sait avec quelle rigueur Dieu châtia Nadab et Abiu pour avoir manqué à ce devoir. Le Seigneur n'avait point donné de partage dans le pays à la tribu de Lévi; mais il pourvut abondamment, soit au logement, soit à l'entretien des prêtres et des lévites, par les quarante-huit villes qu'il leur avait assignées, avec mille coudées au delà des murailles de chacune, et par ce qu'il leur donna dans les victimes et les prémices, soit des hommes, soit des animaux et des fruits de la terre. {Voy. Prémices, n° I. Premier -né, et Lévit., vu, 6, 7. 33, 34. Deutér., xvm, 3,45. Nombr., xvm, 10, 17, 26; xxx, 1, 2, 3, etc. Josué, xxi, 19, 20.) Une des principales fonctions des prêtres après les sacrifices dans le temple, était l'instruction des peuples et le jugement des affaires. Quant aux prêtres de la nouvelle alliance, leur dignité est infiniment plus relevée que celle des prêtres hébreux , par le pouvoir qu'ils ont , tant sur le corps mystique que sur le corps naturel de Jésus-Christ , et par le caractère sacré et inviolable dont ils sont revêtus. Voy. D. Calmet, Diction, de la Bible. Richard et Giraud. Bergier, qui, dans son Diction.de théol., s'attache surtout a réfuter les erreurs des protestants et des incrédules concernant les prêtres. Le card. de La Luzerne , Droite et devoirs respectifs des évéques et des prêtres. L'abbé André, qui envisage les prêtres au point de vue du droit canon.