‹ Dictionnaire universel des sciences ecclésiastiquesChapitre 668 sur 1294 · PR · texte numérisé non relu

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PRIÈNE ou CADMAEA, selon quelques auteurs, ville épisc. de la Carie, dans la province et au diocèse d'Asie , sous la métropole d'Éphèse. On en connaît quatre é vôques, dont le premier, Theosebius , assista et souscrivit au concile d'Êphèse. Voy. Lequien, Orient Christ., 1. 1, p. 717. Richard et Giratid.

I. PRIÈRE, en général , est une élévation de l'âme à Dieu ; dans ce sens toute pensée de Dieu, jointe à un bon mouvement de la volonté , est une prière : l'adoration , la louange , l'action de grâces , TolTrande de soi-même , tes saints désirs , les bonnes résolutions, tont cela s'appelle prière dans un sens général. L'Ecriture sainte nous fournit de nombreux exemples de toutes ces sortes de prières ; on en trouve surtout dans les Psaumes, puis dans l'Exode, xv; le Lévit., vu; le Deutér., xxvi, 13-15. Daniel, m. Actes, iv. 23-30; xvi ; 25. Êphés., 1. 16; vi.iK. Coloss., I. Timot.. il, 1. Mais la prière proprement dite est une demande que nous faisons à Dieu des choses convenables, et qui peuvent servir à sa

Sloire et à notre salut. Telle est la définition année par saint Jean Damascène et par saint Thomas. Jésus-Christ dit qu'il faut prier toujours, et ne jamais se lasser; il en a donné luimême l'exemple. Les quarante jours qu'il passa dans le désert furent employés sans doute à ce saint exercice; c'est ainsi qu'il se préparait à remplir son divin ministère. Après avoir consacré les jours à instruire et à secourir les affligés par des miracles, il passait encore les nuits en prières , comme nous l'apprend saint Luc dans son Évangile (vi, 12). Lès apôtres firent de même. Pendant les quarante jours qui s'écoulèrent depuis l'Ascension du Sauveur jusqu'à la descente do Saint-Esprit, ils persévérèrent unanimement dans la prière (Actes, i, 14). Us allaient au temple aux heures ordinaires de la prière (m, 1 ). Saint Pierre venait de prier lorsqu'il reçut les envoyés du centurion Corneille (x, 9). Saint Paul recommande souvent ce saint exercice aux fidèles, et les premiers chrétiens suivirent exactement ses leçons; leurs assemblées fréquentes se passaient à s'instruire et à prier, parce qu'ils étaient persuadés que la prière publique est la plus agréable à Dieu; de là l'institution des Heures canoniales. Ce n'est donc pas sans raison que l'Eglise approuve les instituts monastiques, dans lesquels on consacre à la prière une grande partie du jour et de la nuit. Cependant les incrédules prétendent que la prière est injurieuse à Dieu. Ce grand Être, qui sait tout, disent-ils, n'a pas besoin de nos demandes pour connaître ce qu'il nous faut, et ce qui est le plus avantageux ; lui exposer nos désirs, c'est lui témoigner de la défiance et du mécontentement. Lorsque nous lui demandons d'être délivrés des maux de ce monde, nous exigeons qu'il change pour nous par des miracles le cours de la nature. Comment peut -il exaucer deux hommes ou deux nations qui lui font des prières contraires? Si nous le supplions de nous guérir de nos vices , et de nous donner les vertus que nous n'avons pas, nous voulons qu'il fasse notre propre ouvrage, puisqu'il dépend de nous d'éviter le mal et de pratiquer le bien. Ainsi , suivant les incrédules , tout homme

Ïui, croyant en Dieu, l'invoque, est un insensé. . ce prix c'est la folie du genre humain tout entier. Quoi qu'en disent les incrédules, nous devons prier , et une des prières les plus avantageuses que nous puissions adresser au Seigueur est celle de nous préserver de leur fausse sagesse. Si Dieu nous ordonne de loi exposer nos besoins , ce n'est pas pour les lui faire con-

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naitre, mais pour lui témoigner notre dépendance, notre soumission, notre confiance, et reconnaître ainsi son souverain domaine. Un entant fait-il donc injure à son père lorsqu'il lui demande une grâce? Celles que nous attendons de Dieu sont sans doute assez précieuses pour valoir la peine d'être demandées. Sans faire des miracles. Dieu peut nous préserver ou nous délivrer des fléaux de la nature. La marche de l'univers n'est point le jeu nécessaire et purement mécanique des causes physiques; Dieu le conserve et le dirige par son action immédiate , ou bien il règle et conduit par sa volonté, et dans sa sagesse, les causes physiques ellesmêmes. D'ailleurs nous ne connaissons point toutes les causes physiques, ni tous leurs effets , comment pourrions-nous donc discerner ce qui est ou n'est pas le résultat d'un simple mécanisme? Lorsque Dieu nous suggère des pensées pour notre bien spirituel ou temporel , ce n'est pas un miracle, mais le plan ordinaire de bonté et de sagesse suivant lequel il gouverne habituellement les esprits ; or ces pensées nous font prendre des précautions , employer des remèdes, consulter d'autres hommes, éviter des malheurs, etc. Qui de nous n'en a point fait l'épreuve? Les insensés attribuent ces événements au hasard , l'homme sensé s'en croit redevable à Dieu. Des vœux contraires en apparence ne le sont pas réellement, lorsqu'ils sont accompagnés de résignation à la Providence. Acquérir et pratiquer des vertus, nous corriger de nos vices , est sans doute l'ouvrage de notre volonté, mais non de notre volonté seule, puisque nous avons besoin du secours surnaturel de la

ijrâce. Or il dépend de Dieu de nous donner les grâces plus ou moins fortes et abondantes; il les a promises à la prière; c'est à nous d'obéir avec reconnaissance. Pour un cœur qui aime Dieu, la prière est un exercice doux et consolant; il nous distrait du sentiment de nos maux , il ranime l'espérance et le courage ; il tranquillise l'esprit, et calme les passions; il touche les pécheurs, et soutient les justes. Cette expérience, attestée par tous les saints, est d'un tout autre poids que les fausses réflexions des incrédules. Voy. Bergier, à qui nous avons emprunté presque tout cet article. Richard et Giraud , qui donnent un excellent petit Traité de la prière divisé en dix paragraphes, contenant les questions : 1° de la nature de la prière; 2° de la division ou des différentes espèces de la prière ; 3° de la nécessité de la prière; 4» du temps auquel le précepte de la prière oblige ; 5» des choses que l'on doit ou que l'on peut demander dans la prière ; 6" de la vertu ou efficacité de la prière; 7° des conditions de la prière ; 8* de ceux qu'on doit prier ; 9° des abus

Îui se glissent dans l'invocation des saints; 0*de ceux pour qui on doit prier. Le Diction, de la théol. cathof., qui traite aussi plusieurs de ces questions, en insistant principalement sur les diverses objections faites contre la prière.

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