XIII. PRIÈRE PUBLIQUE ou DE L'ÉGLISE
C'est celle que les tidèles réunis font ensemble dans l'assemblée publique de l'Église. La prière
Earticulière ou privée est bonne et agréable à lieu; mais la prière publique est plus efficace, parce nue toute l'Église qui prie a plus de force pour obtenir ce qu'elle demande, et que ceux qui prient avec une certaine tiédeur participent a la ferveur des parfaits. Jésus -Christ a dit : « Là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d'eux (Matth., xvm, 20).* Il se trouve donc , à plus forte raison , au milieu de l'Église quand elle est toute réunie. Compar. Office, n° II, et Procession, n" II.
XIV. PRIÈRE VOCALE. On appelle ainsi la prière qui se produit au dehors par le moyen de la parole et de l'expression. Elle suppose nécessairement la prière mentale; et l'une et l'autre deviennent un acte de la vertu de religion, parce que par elle, dit saint Thomas, nous rendons à Dieu la révérence qui lui est due, en nous soumettant à lui et en protestant du besoin que nous avons de son secours, comme l'auteur de tous les biens; ce qui est propre à la religion.
PRIÈRES (Preces), abbaye régulière et réformée de l'Ordre de Citeaux située dans la Bretagne, au diocèse de Vannes, dans la paroisse de Belaire. Elle fut fondée en 1250 par Jean 1"; duc de Bretagne. Voy. la Gall. Christ. La Martinière, Diction, géogr. Richard et Giraud.
PRIESTLET (Joseph), ministre anglican unitaire et savant chimiste, né â Fieldhead , près de Leeds, mort l'an 1801 à Northumberland, en Pensylvanie, ne s'est pas moins rendu célèbre par ses opinions religieuses et politiques que par ses découvertes en chimie. Zélé pour l'unïtarianisme, il rejetait les dogmes et les mystères qui sont opposés à ce mystère. Ainsi, pour lui, il n'y avait ni Trinité, m Incarnation, ni par conséquent divinité de Jésus -Christ. Il voulait néanmoins un culte, des prières, une liturgie, et il donna tout cela de sa façon au petit troupeau qu'il gouvernait. Il eut des démêlés avec presque tous les écrivains de son temps. Il s'éleva aussi contre les incrédules du jour. Homme bizarre et inconséquent, il était rarement d'accord avec lui-même. Tous les défaute qu'on a reprochés à Pricstley peuvent
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. son manque de justesse d'esprit, mais l'ensemble de sa conduite réTèle en lui des intentions pares et nne grande bonne foi , même dans ses erreurs les plus graves. C'est ainsi qu'il croyait très-sincèrement que les motifs d'agir de l'homme sont soumis nécessairement aux lois de la matière; ce qui a donné lieu â la secte des nécessartens. Parmi ses écrits nous citerons : 1* The Scripture doctrine of remission; 17(11 : ouvrage dans lequel il cherche à prouver que la mort du Christ n'a pas suffi pour racheter entièrement le pécheur; —2° Considérations on Chmrch tmthority; 1769, in-»; — 3» fnstttutes ofnatural and revealed religion; I<ondres, 177Î- 1774, 3 vol. in-8»; trad. en allemand; — 4» Bis-
toruof the corrupti
ifchristianity; 1783
in-»»; — 5* Union/ of earty opinions concerning •Christ; 1786, 2 vol. in-8»; — 0» Ornerai
Jésus
history vfthe Christian Chureh,
the western empire to the présent
m the fait of %
4 vol. in-8°. il a écrit encore des Lettres à un
une; 1802-1803.
philosophe incrédule; il a adressé d'autreslettres aux juifs, les pressant de reconnaître le Christ pour le Messie: il a aussi écrit contre Gibbon, contre les disciples de l'illuminé Swedenborg, contre Thomas Payne, contre les Ruines de Vomey, contre l'Ortoine des cultes de Dupuis. Beaucoup d'auteurs ont écrit sur la vie et les écrits de Priestley, mais la plupart s'en sont occupés surtout au point de vue de la chimie et de la physique, Voy. la Biogr. univers, de Feller, celle de Michaud, et la houv. Biogr. géueY.; on trouve dans ces trois ouvrages des notions suffisantes pour se former une juste idée du savant anglais, envisagé comme chimiste, philosophe et théologien. Compar. notre art. Necessariens.
PRIERIO. Voy. SlLVESTRB DB PRIERlO.
I. PRIEUR. C'est le possesseur d'un prieuré. On a donné le nom de prieurs aux religieux qui avaient la priorité sur plusieurs autres ; et comme il y avait plusieurs espèces de prieurés, il y avait aussi plusieurs sortes de prieurs. On a donc distingué le prieur claustral, le prieur conventuel et le prieur-curé. Le premier gouvernait les religieux dans les abbayes, sous les abbés, soit réguliers, soit commendataires; on rappelait prieur claustrât, parce qu'il avait ht supériorité dans le cloitre ou le monastère. Il était amovible ad nutum de l'abbé régulier, mais non pas do l'abbé commendataire. Le prieur conventuel était celui qui gouvernait le monastère comme chef el premier supérieur, avec la même autorité que l'abbé. Il n'était amovible que pour raison et selon la forme du droit. Le prieur-ewé remplissait les fonctions curiales dans une paroisse. Compar. Prieuré.
II. PRIEUR (Philippe le), en latin Priorius, érudit. néi Saint- Waast, dans le pays do Caux, mort a Paris en 1080, était très-versé dans Tes belles-lettres, la théologie, les tangues orientales, l'histoire et le droit canon. 11 professa à I université do Paris. On • de lui : 1* Animad-
vermones iu hbrum praïadamitarum ; Paris, 1056, m-13; ce petit traité, joint d'ordinaire à l'ouvrage de la Peyrère, et publié sous le nom d'ËWte Homnm, a été quelquefois attribué à Mabilton ; — 2* De Litteris canonicis,cum appendice de tractoriis et synodicis; ibid., 1675, m-8*; — 3» une édition nouvelle des Œuvres de saint Optut; ibid., 1676, in -fol.; il a retouché, en outre, les éditions de Tertullien; ibid., 1664, m-fo-L, et de saint Cyprien: ibid., 1666, in-fol., données par Rigaut. Voy. les Mèm. du temps. Le Sourn. des Savants, 1668 et 1700. VBist. de
p. 228. Ri-
chard et Giraud. Feller. Michaud. La Souv. Bioor. genér.
PRIEURÉ, bénéfice dont était pourvu on prieur. Il y avait des prieurés simples, de» prieurés qui étaient dignités, et qui avaient la puissance de conférer des bénéfices; des prieurétcures, qui étaient des cures desservies par des chanoines réguliers de Saint- Augustin et dé-
Eendantes de quelques-unes de leurs maisons, tons l'origine, les prieurés n'étaient pour la plupart que de simples fermes dépendantes des abbayes. Ces fermes s'appelaient alors obédience* ou prieurés, et celui des religieux qui avait le commandement sur les autres s'appelait prévôt ou prieur. Au commencement du un' siècle, les religieux envoyés dans les fermes dépendantes des abbayes commencèrent a s'y établir, et , à la faveur de ces "
ils s'accoutumèrent à se regarder fruitiers des biens dont leurs prédécesseurs n'avaient eu qu'une administration momentanée. L'abus augmenta de manière qu'au siècle suivant les prieurés furent regardés et réglés comme de véritables bénéfices; telle est 1 origine des prieurés simples. Les prieurés -cures, qui étaient aussi devenus des bénéfices, de simples administrations qu'ils étaient auparavant, ne se sont pas formés de la même manière : les uns étaient des paroisses avant qu'ils tombassent entre les mains des religieux; les autres ne le devinrent que depuis que les monastères en furent les maîtres. Cette seconde espèce de prieurés- cures n'était d'abord que la chapelle particulière de la ferme, qu'on nommait grange dans l'Ordre de Prémontré; les religieux y célébraient le service, et les domestiques y assistaient les dimanches et les jours de féte. On permit ensuite au prieur d'administrer les sacrements i ceux qui demeuraient dans la ferme, puis on étendit ce droit sur les personnes qui s'établirent aux environs de la grange } et ainsi on vit la plupart des chapelles qui étaient dans les fermes devenir des églises paroissiales, puis des titres perpétuels de bénéfices. Voy. la Combe, Becuett de jurisprud., au mot Prieur. D'Héricourt, Dissertât, sur l'origine des bénéfices. Richard et Giraud. Le Diction, ecctés. et canon, portatif. L'abbé André, Cours a/phabit. de droit canon. Compar. PRIEUR, n° I.
PRIEZAC (Daniel de), littérateur, né au château de Priezac, dans le bas Limousin, en 159». mort à Paris l'an 1668, se fit recevoir docteur en droit i Bordeaux , professa la jurisprudence dans cette ville, et devint conseiller d'État, pw« membre de l'Académie française. Parmi ses ouvrages nous citerons : 1» Vmdidee GetUirr* adversus A/exandntm patricium Armnchanum theoiogum; Paris, 1638; Amsterdam, 1638, in-12; trad. en français par Deaudoin: Paris, 1631», in-8"; c'est, suivant Feller, une réponse qu'il fit par ordre de la cour au Mars Gu/licut du fameux Jansénias; — 2» Les Privilèges de fa Vierge, Mère de Dieu; 1648-1651 , 3 vol. in-8»; — 3» Le Chemin de la gloire; 1660, in-12. Voy. Pétisson, Bist. de l'Acné, française. Goujet. m* hiioth. française, tom. II, p. 336. Moréri. Ùiciton. hùtor., édit. de 1759. Richard et Giraud. Feller. Michaud, thogr. univers. La Nom. Biogr. gêner.
PRILESZKT(Jean-Baptiste),jésuitehongroi5, né à Priless en 1700, mort après l'an 1773, était docteur en philosophie et en théologie. Il professa dans plusieurs collèges de sa compagnie, et fut pendant cinq ans chancelier de l'université de Tyrnau. Il a laissé : 1° Acta Sanctorum Bungarice; Tyrnau, 1743-1744, in-e>, - *» No-
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rum: ibid., 1759, m - H"; — 8» Aeta et Scripta S. Cypriani; ibid., 1761, in-fbl.; — 4» Aeta et Scripta S. Tltaopftih, patriarches Antiothcm, et Hmutù Felicis; Vienne, 4764, in-8»; - 5« Aeta et Seripim S. Irenai; Caschau, 1765, in-8°; — Ù° Aeta et 9eripta 8. Gregont Neo-Caisariensis , Dionutii Atexandrini et Methodii Lycn; ibid., 1700, in-8*. Voy. Horany, Memoriat Hungarorum et Provinetatium striptiseditis notonan, tom. III. M u liaud. Ijk Nouv. Biogr. génér.
PRIMA MENSIS, se disait d une assemblée de docteurs de la faculté de théologie de Paris qui se tenait le premier jour de chaque mois en Soi bonne pour conférer des affaires de la faculté.
PRJMASE (Primasius\ évêque d'Adrumète, en Afrique. L an 551 , il assista au concile que le pape Vigile assembla à Constantinople contre Théodore, évèque de Césarée, et il se trouvait encore dans la même ville en 553, lorsqu'on y tint le cinquième concile général, auquel u n'assista pas, quoiqu'il y eût été plusieurs fois invité. Dans la suite, il abandonna cependant la défense des Troit Chapitres, et devint primat de la Byzacène,sa province, à la place de Boëce; mais il fut déposé par les défenseurs des Trots Chapitre* de la même province. U nous reste de lui : 1° un Commentaire sur l'Apocalypse; — 2» Commentaire sur tes Èpttres de saint Paul, tiré en partie des écrits de saint Augustin et de saint Ambroise,et du commentaire qui porte le nom de saint Jérôme; Lyon, 1543, in-8»; Râle, 1544. Voy. Cassiodore, De Div. Lect., c. ix, Trithème et Rcllarmin, De Scriptor. ecct. D.Ceillier, Hi*i. des Aut. tacr. et ecclés., tom. XVI, p. 5(18 et suiv. Richard et Giraud.
PRIMAT, PR1MATIE (Primas, antùtes primas). On appelle primat un archevêque qui a une supériorité de juridiction sur plusieurs archevêchés ou évéchés. Le nom de primat et celui de premier siège d' Église mère , qui sont donnés dans les plus anciens monuments, soit aux évèques, soit à de certaines Églises des Gaules, ne signifiaient pas autrefois ce que nous entendons aujourd'hui par ces noms, et ne dèsignaient que l'ancienneté de l'ordination des évèques et l'antiquité des Églises. C'est ainsi que, selon la coutume d'Afrique, on voit quelquefois le nom déprimât donné à l'évoque d'une bourgade. On prétend qu'avant Grégoire VU, qui fut élu pape en 1073, on ne connaissait dans les Gaules 1 autorité d'aucun primat, et que ce fat ce pape qui accorda le droit de primatie i l'archevêque de Lyon sur les quatre provinces lyonnaises, qui sont celles de Lyon, de Rouen, de Tour» et de Sens. Le concordat de 1801 ayant aboli tous les anciens titres, et n'ayant point rétabli celui de primat, mais seulement celui de uiétropolîtain, on en a conclu que ces titres n'existaient plus, même honoritiquement. Ce» pendant les titulaires des anciens sièges qoi jouissaient du droit de primatie prennent encore le titre de primat , et on a pu remarquer que dans nos derniers conciles provinciaux approuvés par le Saint-Siège, l'archevêque de Lyon s'intitule encore primat des Gaules, celui de bordeaux primat d'Aquitaine, et celui de Rouen priniat de Normand*. Mais, dans les concile» de Sens, de Reims, de Tours et de Bourges, aucun des titulaires de ces sièges n'a pris la qualification de primat. En 1851,1e pape Pie IX reconnut, par un bref spécial, le titre de prinmi dm» Gauies que l'archevêque de Lyon prend dans ses actes officiels. Ce titre, il est vrai, n'emporte pas comme autrefois une juridiction «or les quatre lyonnaises, savoir : sur
les provinces ecclésiastiques de Tours, ée Rouen, de Paris, de Sens: mais c'est un souvenir, un monument de la haute puissance que l'Église de Lyon a longtemps exercée sur les quatre métropoles que noua venons de nommer. Voy. Richard et Giraud. Le Diction, de la théol. cathol. L'abbé André, qui, dans son Cours alphabét. de droit canon, donne quelques détails historiques sur la primatie en France.
PRIMATICEI (Grégoire), en latin Primaticius ou De Pnmattciis, dominicain de Sienne, mort en 1518, était docteur de Padoue. ou il professa la philosophie et la théologie. Il prêcha avec succès dans plusieurs villes d'Italie, telles que Venise. Naples, Gènes, Florence, etc., et François Bondi ni, archevêque de Sienne, le prit pour son théologien en allant au concile de Trente. 11 a laissé : Rxpositio litteralis omnium Episiohrum D. Pauh; Venise, 1564, in- 4°. VovA* P. Échard, Scriptor. Ord. Prtedic, t. II,
PRIMATIE. La primatie peut s'entendre on de la dignité même du primat, on du ressort de la juridiction primatiale. Compar. Primat et Province ecclésiastique.
PRIMAUTE. La primauté est le droit d'occuper la première place. En qualité de successeur de saint Pierre sur le siège de Rome, le Souverain Pontife a, dans l'Église universelle, une primauté non -seulement d'honneur et de préséance, mais encore d'autorité et de juridiction. C'est un dogme de la foi catholique, dit le pape Pie VI, que Jésus-Christ a choisi Pierre entre tous les autres pour lui donner la primauté dans le corps apostolique. Voy. le Traite' de V Église dans les théologiens catholiques. Compar. Hapb, n* L
I. PRIME (Prima), la première des heures canoniales, qui se dit après landes. Bulteau prétend que l'heure de prime était inconnue aux monastères de Cappadoce du temps de saint Basile, et il se fonde sur ce qui est dit dans le premier des deux Discours ascétiques de ce Père ; que la prière de sexte ou de midi était partagée en deux parties, l'une avant, l'autre après le repas, afin de trouver les sept heures dont parle le Psalmiste. Mais saint Basile, dans ht xxxvn* règle , parle clairement de l'heure du matin , autrement des primes; il la distingue bien nettement de celle des matines et de celle de laudes, et la place avant celle de tierce. Si, dans le premier Discours ascétique , il a eu recours au partage de l'heure de sexie en deux pour trouver les sept heures de prières dont il est question dans l'Écriture, il n'a pas agi de même dans la xxxvii" des grandes règles, où, au lieu de sept heures de prières, il en marque huit. Voy. Louis I iu 1 tenu, Essai ne l'histoire monastique ée l'Orient, L IL D. Ceillier, Hist. des Aut. suer, et ecclés., tom. VI, p. 184. Compar. H BURES CANON1À.LE3.
II. PRIME (Saint), martyr de Rome, mort le 9 juin, vers l'an 286, fut arrêté avec son frère Félicien, et présenté aux empereurs Dioclétien et Maximien, qui les firent déchirer à coups de fouet, et les renvoyèrent ensuite à Promote? juge de Nomento ou Lamenta no, viBe située a quatre ou cinq lieues de Rome. Ce magistrat, n'ayant pu les ébranler, les condamna à perdre la téte. Foi/. Bol I, tmius, au 9 juin.
PRIMEROSE (DavidL théologien protestant, né à Saint-Jean-d'Angély vers l'an 1602, fut pasteur à Rouen, et dirigea l'église française de Londres après son père Gilbert Primerose. On a de lui : 1» des Thèses sur des matières religieuses ; — S» des Sermons; - 3- un Traité du