III. PRIÈRE ADX SAINTS. Voy. Invocations, n» III
IV. PRIÈRE CHEZ LES ANCIENS HÉBREUX ET CHEZ LES JUIFS MODERNES. Les premières prières de l'homme ne furent sans doute, comme ses actions do grâces , que des effusions de son cœur , des aspirations ue son âme vers Dieu. Hais cependant ces élans pieux ne tardèrent pas à se faire jour; car la Genèse, dès les premiers chapitres (xu , 8, etc.), parle de prières et de supplications faites à haute voix. La loi mosaïque ne prescrivit aucune prière particulière; elle régla seulement la formule de bénédiction que le prêtre devait donner au peuple , et les actions de grâces qu'il fallait rendre à Dieu en lui offrant les prémices des champs. Cependant nous voyons le peuple, dans les circonstances importantes , chanter des cantiques, et s'accompagner d'instruments de musique. Us Hébreux se tenaient debout en priant, et cet usage est passé dans la synagogue, et même dans la primitive Église , et il se conserve encore dans l'Église d'Orient. Cependant ils fléchissaient quelquefois les genoux , ou même se prosternaient eniièrement a terre. Ils levaient les mains au ciel, et se frappaient la poitrine. Les anciens Hébreux , comme les Juifs modernes, se tournaient vers Jérusalem pour prier. L'usage de prier trois fois par jour, le matin, le soir, et à midi, parait être assez ancien, puisque David le pratiquait (Ps. liv, 18). Nous savons que Daniel priait trois fois par jour (Dan., vi , 10), c'est-à-dire à la troisième heure, a la sixième et à la neuvième, lesquelles, du temps des apôtres, étaient, en effet, consacrées à la prière (Actes, H, 15; m, 1; x, 3, 9). Le repas était précédé de prières. On croit remar-
Kier des traces de cette luiuible coutume dans premier livre des Rois t ix, 13). Mais au temps de Jésus-Christ elle s observait avant et après le repas. C'était le père de famille qui bénissait les mets servis, et qui rendait au Seigneur des actions de grâces avant de quitter la table. On ne sait point précisément en quels termes étaient conçues ces prières; mais la formule rapportée dans les Talmuds revient â ceuxci : Béni mis ~tu , Seigneur, notre Dieu , Roi du monde, qui produit le pttin de la terre. Béni soistu , etc., qui as créé le fruit de la vigne. Or, cet usage de commencer et de finir le repas par des prières a toujours été religieusement observé non -seulement par les Juifs, mais encore par J«s Turcs et les Arabes, comme le prouvent les
témoignages de tous ceux qui ont voyagé en Orient. Voy. D. Calmet, Diction, de la Bible, où l'on trouve beaucoup de détails intéressants sur la prière telle qu'elle existe chez les Juife modernes. J.-B. Glaire, Introduction, etc., t. II, p. 213 , 400; tom. III, p. 549-520, où l'auteur prouve, contre les rationalistes modernes, entre autres Berthold, que la coutume de prier trois fois le jour ne vient pas des Juifs modernes, et que, par conséquent, l'argument tiré de cette circonstance, et qu'on oppose à l'authenticité du livre de Daniel, est de nulle valeur.