‹ Dictionnaire universel des sciences ecclésiastiquesChapitre 688 sur 1294 · PROT - 1871 - PROT · texte numérisé non relu

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l'Église ont entendu Jésus-Christ Fils de Dieu, né d'une femme par l'opération du Saint-Esprit, et sans le concours d'aucun homme. Conséquemment plusieurs interprètes ont dit avec raison que ces paroles sont le protévangile. c'està-dire la première nouvelle de la rédemption. Cette croyance d'ailleurs est fondée sur la pensée de saint Paul, qui a dit que le Fils de Dieu a participé à la chair et an sang, alin de détruire par sa mort celui qui avait l'empire de la mort, c'est-à-dire le détnou, et sur le témoignage de saint Jean, qui assure que le diable est l'auteur du péché des le commencement, et que le Fila de Dieu est venu pour détruire ses œuvres. 11 est dit aussi dans l'Apocalypse que le grand dragon, l'ancien serpent, qui est le démon et Satan,a été précipité sur la terre, etc. De là les Pères ont conclu que la rédemption du monde est aussi ancienne que le péché d'Adam, et qu'il n'y a eu aucun intervalle entre le péché et le pardon. Voy. Genèse, m, 15. Hébreux, n,14. 1 Jean, m, 8. Apocal., ui, 9. Ber-

gier. Compnr. R&DKMPTION.

II. PROTÉVANGILE ou ÉVANGILE PRIMI- TIF. Semler, Eichhorn, Marsh et un grand nombre d'autres habiles critiques de ces deiniers temps, pour prouver que nos Évangiles ne sont pas authentiques, ont prétendu : T° qu'il y a eu primitivement un Évangile original beaucoup plus ancien que les nôtres; 2° qu'on a tire différentes copies de ce document primitif en y faisant plusieurs additions, soit d'après la tradition orale, soit d'après des monuments écrits; 3» enfin que ces différentes copies sont tombées entre les mains des trois premiers évangélistes, de manière que saint Matthieu a adopté une de ces copies, saint Marc une autrexet saint Luc une troisième. Au moyen de cette hypothèse, on explique très-bien, selon ces critiques, les concordances et les discordances de ces Évangélistes, en supposant d'un coté qu'ils se sont servis tous les trois d'un document commun, et, de l'autre . que les copies qu'ils ont adoptées outre le document commun contenaient d es additions assex différentes. Cette hypothèse d'un Prot évangile ou Évangile primitif, quoique présentée par Eichhorn et Marsh, évéque anglican, sous les couleurs les plus séduisantes, ne s'appuie sur aucun fondement solide. Le savant Hug surtout a montré jusqu'à l'évidence qu'elleétaitabsolument fausse dans son principe, et qu'elle n'atteignait nullement le but que son auteur s'est proposé en l'imaginant. Mais, depuis, André Norton lui a l'oi ié un nouveau coup plus terrible encore. Sans entrer dans le détail de tous les arguments irrésistibles de ces savants critiques, nous nous bornerons aux considérations suivantes, empruntées de ce dernier. L'hypothèse du Prot' évangile a été surtout imaginée pour expliquer le phénomène des concordances verbales qui se trouvent dans les trois premiers évangélistes; mais on ne doit pas oublier celui des discordances, qui ne sont pas moins nombreuses, et qu'il faut aussi expliquer. Quant aux concordances, elles se trouvent en grande partie dans les récits des paroles prononcées par des personnages différents des évangélistes qui les rapportent, et particulièrement dans le récit des discours de Jésus -Christ. Ainsi il n'y a guère que la dixième partie de l'Évangile de saint Matthieu qui contienne ces concordances verbales, et encore dans les sept huitièmes de cette sixième partie les concordances verbales se remarquent dans les paroles de personnes autres que cet évangéliste. D'où il résulte qu'un seul

huitième de la sixième partie de saint Matthieu contient des concordances verbales dans ce qui est de la pure narration de cet évangéliste, et où, racontant lui-même les choses en son propre nom, il était plus libre dans le choix de ses expressions. Les concordances forment également la sixième partie de l'Évangile de saint Marc ; mais il n'y a pas même un cinquième de ces concordances qui se trouvent dans la narration proprement dite. Saint Luc contient encore moins de ces concordances que les deux autres évangélistes. Les passages où elles se rencontrent ne forment guère que la dixième

rtartie de son Évangile, et encore la plupart se isent dans le récit des paroles du divin Sauveur et de ses apôtres. On peut à peine compter six mots semblables dans la narration proprement dite ; elles n'en forment pas la vingtième partie. Ainsi l'Évangile primitif doit, en bonne critique , être considère comme une pure chimère qui n'a jamais existé que dans l'imagina* tion de ses partisans; et par conséquent il ne saurait prouver que saint Matthieu, saint Marc et saint Luc ne sont réellement point les auteurs des Évangiles qui portent leur nom. Cette hypothèse du Prntévangile t qui semblait être abandonnée pour toujours, a été reprise en sous-œuvre par plusieurs critiques d'Allemagne, mais expliquée diversement. Nous nous bornerons à citer Evrald, qui, par nne inconséquence assez singulière, admet en même temps l'authenticité des trois derniers Évangiles , et jus-

Îu'à un certain point celle de saint Matthieu, lais toutes les combinaisons de ces derniers critiques n'ont pas fait faire un seul pas à la question; et quand on examine attentivement leurs conjectures futiles, on voit qu'elles se trouvent réfutées par les arguments mêmes dea anciens adversaires du Protévangtle. Voy. Moïse Stuart, professeur de littérature sacrée à Andover, dans le Biblieal Hepoiitory, avril 1838; New- York ; où il rend compte de l'ouvrage sur l'authenticité des Évangiles publié à Boston par André Norton. C'est dans cet ouvrage qu'André Norton rédoit â néant tous les arguments allégués en faveur du Protévangiie. Mais, tout en le louant d'avoir défendu victorieusement l'authenticité des Évangiles en général, M. Stuart lui reproche d'avoir traité d'interpolation les deux premiers chapitres de saint Matthieu, ainsi que plusieurs autres endroits dea Êvan-

Ïiles, et de ne pas croire à l'inspiration de ces ivins écrits.

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