I. QUIEN (Antoine LE). Voy. Antoine, n« XXXII
II. QUIEN (Michel LE), dominicain, né à Bouloj-ne-sur-Mer en 1661 , mort à Paris l'an 1733, était profondément versé dans la théologie, l'antiquité ecclésiastique, la critique et les langues grecque , hébraïque et arabe. 11 a laissé , entre autres ouvrages : 1° Défense du texte hébreu et de la version Vulgnte, contre le P. Pezron, etc.; 1690; — 2° L S Antiquité du tem/ts détruite, ou réponse au même Père, qui avait réfuté la Défense du texte hébreu; 1693; — 3° Remarques sur un livre du P. Pezron intitulé Essai de commentaire sur les prophètes, insérées dans les Mémoires de Trévoux, mois de mars 1711 ; — 4° une édition grecque et latine des Œuvres de saint Jean Damascène; Paris, 1712, 2 vol. infol.; — 5°un traité contre le schisme des Grecs,
titre : StepJtani de Attimura Ponticensis
Paris, anglicanes ; Paris, 1725-1730, 4 vol. in-12; — l°Oriens Christiania , in quatuor patriarchutus digestus, quo exhibentur Ecclesite , jmtriarchœ , cœterique prœsulesOrientii; Paris, 1740, 3 vol. in-fol.; dans cet excellent ouvrage, que nous citons continuellement dans ce Dictionnaire, le P. Le Quien a pris pour modèle la Gallia Christiana de Sainte-Marthe, et l'a très-bien imitée. Ainsi l'on y trouve non-seulement les titres de toutes les églises orientales, sous les quatre grands patriarcats de Constantinople, d'Alexandrie,
contra schisma Graxorum Panoplia, etc.; 1718, in-4»; — 6" Nullité des ordinations
d'Antioche et de Jérusalem, mais encore la description géographique de chaque diocèse, les villes episcopales, l'origine et l'établissement des églises, leur étendue, leur juridiction, leurs droits, leurs prérogatives, leurs prétentions, la succession et la suite de leurs évèques, le gouvernement politique, les changements qui y sont survenus, etc. Voy. le Journ. de* Savants, 1690, 1602, 1693, 1708, 1712, 1725, 1726, 1730, 1733, 1742. Richard et Giraud. Feller. Michaud, mais ce dernier à l'article Lequien. L'abbé André, Cours de droit canon, tom. VI, p. 480.
QUIERCI ou QUIERZY (Cansiacum), village de France, en Picardie, devenu célèbre par les conciles qui s'y sont tenus. Voit. Chierzy.
QUIETISME, QUIÊTISTE. Le quiétisme est la doctrine de quelques théologiens mystiques dont le principe fondamental est qu'il faut s'anéantir soi-même pour s'unir à Dieu; que la perfection de l'amour pour Dieu consiste à se tenir dans un état de contemplation passive, sans faire aucune réflexion ni aucun usage des facultés de notre àme, et à regarder comme indifférent tout ce qui peut nous arriver dans cet état. On nomme quiétude ce repos absolu; de là est venu le nom de quiétistes, nom qui, au xiv« siècle, fut donné particulièrement dans l'Eglise grecque à une sorte de personnes qui se vantaient d'une tranquillité d'esprit extraordinaire, qu'ils avaient, disaient-ils, acquise dans la prière. Dans le même siècle, il y eut aussi des quiétistes en Occident. Jean Rusbrock dit qu'ils demeurent assis et entièrement oisifs, sans aucune occupation intérieure ni extérieure ; mais, ajoute cet orateur, ce mauvais repos produit chez l'homme l'ignorance, l'aveuglement et la paresse, par laquelle il se contente de luimême , oubliant Dieu et tout autre chose. On ne peut trouver Dieu dans ce repos, où peuvent arriver les plus grands pécheurs s'ils étouffent les remords de leur conscience et se délivrent de toutes les images et de toutes sortes d'actions. Au contraire, cette mauvaise quiétude produit la complaisance en soi-même et l'orgueil, source de tous les autres vices. De là, sur la fin du xili* siècle et au commencement du xiv*, les beggards enseignèrent que les parfaits n'avaient plus besoin de prière, de faire des bonnes œuvres, d'accomplir aucune loi, et qu'ils pouvaient, sans offenser Dieu, accorder à leur corps tout ce qu'il demandait. Voilà donc deux espèces de quiétisme : l'on spirituel, et l'autre Ires-grossier. C'est le premier qui a été renouvelé par Molinos. Voy. Richard et Giraud. Bergier, Diction, de théol. Le Diction, de la théol. Cathol. Compqr. IlÉSVCHASTE , MOUNOS.
QU1GN0NÊS ou QUIN0NÈS (Francisco de), savant prélat espagnol, né à Léon, mort à Veruli en 1510, fut page du cardinal Ximenès, et entra chez les Cordeliers. Nommé en 1522 général de son Ordre, et admis dans le conseil de conscience de Charles-Quint, il déploya dans l'exercice de ses fonctions une charité inépuisable et un zèle ardent pour le maintien de la discipline. Il obtint de son souverain l'élargissement de Clément VII, détenu au château Saint- Auge depuis le sac de Rome; aussi ce souverain Pontife le récompensa-t-il de ce service par le titre de cardinal. L'an 1539, Quiîvmes fut pourvu de l'évéchéde Cauria ou Coria (Corium), en Espagne, et, en 1510. de celui de Palestrina. Il a laissé : 1* Compilatio omniutn privilegiorum Minortbus concessorum; Séville, 1530, in-fol.; — 2° Hreviarium roman um, ex Sacra potitsimum Scriptura et probatis Sanctorum hùtoriis confectum; Rome, 1535, in-8°. On a fait