‹ Dictionnaire universel des sciences ecclésiastiquesChapitre 800 sur 1294 · ROYA · texte numérisé non relu

ROYA

ouvrages sur l'architecture, etc., on lui doit VHistoire de la disposition et des formes différentes que les chrétiens ont données à leurs temples depuis le règne de Constantin le Grand j usqu'à nous; Paris, 1764, in-8°; ouvrage enrichi des plans curieux des principales églises de l'Europe. Voy. Feller, Riogr. univers. Richard et Giraud , toro. XXI, p. 362-263.

V. ROT (Nicolas), né à Langres en 4726, mort en Chine l'an 1767, fut pendant toutes ses études un modèle de piété et d'application. Il était continuellement dominé par la pensée que Dieu le destinait à porter le flambeau de la foi aux nations infidèles. C'est dans cette vue qu'il entra, l'an 1743, dans la compagnie de Jésus, où il se concilia du premier abord le respect, l'estime, l'amour et la confiance. C'est en 1753, le 29 décembre, qu'il s'embarqua pour la Chine. 11 y passa quatorze ans dans les fonctions les plus périlleuses et les plus pénibles de l'apostolat. On a de ce saint jésuite des Lettre*, imprimées pour la première fois à Lyon, 1822,2 vol. in-12. Jusque-là elles étaient restées en manuscrit dans sa famille. La publication de ces précieuses Lettres est un vrai service rendu à la piété ; car tout y respire l'amour de Dieu le plus pur, le zèle le plus héroïque pour le salut du prochain, et l'abnégation la plus entière et la plus parfaite à l'égard de soimême. Ces lettres étant écrites à différentes personnes, l'ouvrage intéresse toutes les conditions et même tous les âges. Voy. Feller, Biogr. univers.

ROYARD (Jean), de l'Ordre des Frères-Mineurs, né à Oudenarde, mort à Bruges en 1647, se distingua comme théologien et comme prédicateur. Il fut commissaire de son Ordre dans tout le royaume d'Écosse. 11 a laissé : Homeliœ in Epistolas et Evangelia qundragesimalia ; Anvers, 1538; Paris, 1544 et 1554, in-8». Voy. André-Valére, Hiblioth. Belg., édit. de 1739, in-4», tom. II. n. 718 719.

ROYAUME DE DIEU ou ROYAUME DES GIEUX, expression assez commune dans le Nouveau Testament, pour signifier le royaume de Jésus-Christ, son premier avènement et sa manifestation au monde, la vocation des peuples à la foi et la prédication de l'Évangile, enfin la vengeance que Dieu devait exercer contre les Juifs incrédules. Les anciens prophètes ne manaient çuère de mettre entre les caractères Messie celui de roi et de libérateur; de sorte que les Juifs, accoutumés à ce langage des prophètes, attendaient un Messie roi; mais le commun d'entre eux l'entendait d'un roi et d'un royaume temporel; et Jésus -Christ, pour leur prouver qu'il était le vrai Messie , leur annonçait que le royaume des deux était arrivé ou qu'il était proche. Le royaume des deux marque aussi la béatitude éternelle, la vocation des Gentils à l'exclusion des Juifs incrédules; enfin, le plus souvent, l'Église de Jésus -Christ et la manière dont Dieu se conduit envers les élus pour les amener à la foi et les faire arriver ensuite à la béatitude. Voy. Zachar., ix, 9. Matth., v, 3; vu, 21; xix, 14. Luc, xi, 20; xvn, 21. Jean, xviu,36. ApocaL, xxn, 5. Or c'est par les circonstances, par ce qui précède ou ce qui suit, que l'on doit juger lequel de ces sens convient le mieux aux divers passages. Voy. aussi I). Calmet, Diction, de la HiUe.

I. R0YAUM0NT(nWw Mons), abbaye de l'Ordre de Citeaux, au diocèse de Beauvais, près de la rivière de l'Oise. Elle fut fondée par saint Louis en 1227, qui y appela des moines de Citeaux. Ce prince assista à la dédicace de l'é-

lise, qui eut lieu en 1235. Voy. Moréri, Diction. i$tor. La GnlHa Christ., tom. IX, col. 842. Richard et Giraud.

IL R0YADM0NT (BIBLE DE). Voy. Fontaine, n» VIL

ROYAUTÉ CHEZ LES HÉBREUX. La forme du gouvernement du peuple hébreu, déterminée par la loi, était la théocratie. Jehova était roi et maître (Exod., xix, 5 et suiv. Deutéron., xxxtu, 5) : il réunissait en lui la plénitude de tous les pouvoirs, politique, exécutif, législatif et judiciaire. Mais cela n'excluait pas l'existence d'une royauté visible représentant la royauté invisible. La loi d'ailleurs avait fixé à cet égard ce qui était nécessaire (Deutéron., xvii, 14-20); elle avait statué, entre autres choses, que celui-là seul serait roi du peuple qui serait élu par Jehova; qu'il serait pris parmi les enfants d Israël , un étranger ne pouvant comprendre ni sa mission parmi le peuple ni sa mission vis-à-vis de Dieu. 11 est évident que le roi devait avoir la conscience de cette double mission; aussi la loi en parle-t-elle en termes formels. (Iftid.) L'inauguration des rois chez les Hébreux est ordinairement désignée par le mot onction , à cause de l'huile que le grand prêtre versait sur leur tôte en les sacrant. L'Écriture ne dit pas que ce sacre fût obligatoire ; et, en effet, cette cérémonie parait n'avoir été ratiquée qu'à l'égard de Saùl, de David, de alomon , et, plus tard, de Joas, dont les droits au trône pouvaient ne pas paraître incontestables. La légitimité des autres rois semblait sans doute assez solidement établie par le sacre du chef de leur race. L'inauguration des rois d'Israël différait en quelques points de celles des rois de Juda. Ainsi ils n'étaient pas consacrés avec de l'huile, attendu que l'huile sainte ne se trouvait qu'à Jérusalem. Nous voyons , il est vrai, des prophètes donner l'onction à quelques personnes, mais ces onctions n'étaient qu'une onction symbolique qui annonçait seulement à celui qui la recevait que le trône lui était promis (I Rois, x, 1; xvi, 13, etc.). Le sacre des rois était fait par le grand prêtre sur une place publique d'abord, et, plus tard, dans le temple. Le monarque devenait l'oint ou le Christ de Jehova aussitôt que l'huile sainte avait été répandue sur sa tète. C'est alors seulement qu'on plaçait le diadème sur son front, et qu'on lui donnait le sceptre. On lui lisait ensuite la loi particulière du royaume, les devoirs que Moïse a tracés pour les chefs du peuple, et on lui faisait jurer de régner conformément à ces lois. Les chefs des tribus lui prêtaient à leur tour serment d'obéissance et de fidélité, tant en leur nom qu'au nom du peuple , et se prosternaient devant lui pour lui témoigner leur respect. Le cortège se remettait alors en marche à travers la ville, précédé d|un chœur de musiciens et suivi d'une foule immense remplissant l'air du cri Vive le roi ! Tous les grands du royaume accompagnaient le nouveau roi dans son palais, où le prince, après s'être assis sur son trône, recevait îeurs félicitations et les invitait ordinairement à un splendide festin. Toutes ces particularités ne se trouvent pas dans le sacre de Saùl , parce qu'il n'y avait encore ni trône, ni sceptre, ni diadème. — Les rois hébreux étaient bien loin de se renfermer dans une sorte d'invisibilité, comme la plupart des autres monarques de l'Orient, et de se rendre presque inaccessibles pour leurs sujets. Au lieu de punir de mort celui qui se serait présenté à eux sans avoir été appelé, comme dans la Perse (Esther, iv, 11. Hérodote, L III,

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