I. RUISSEAU (DU). Voy. Rivo
IL RUISSEAU-VILLE (husselliVilta), abbaye
RUMO
régulière de l'Ordre de Saint -Augustin, de la congrégation d'Arouaise , en Picardie , au diocèse de Boulogne, située dans l'étendue du comté de Saint-Pol, près des sources de la Lys. Elle fut fondée, vers la fin du xi' siècle, par Ramelin de Créqny et Alix, sa femme.
RUIZ DE MONTOJA (I>ieSo) . jésuite, né à Séville en Espagne, mort l'an 1632. se rendit célèbre par sa science. On a de lai : des ouvrages tnéologiques; 6 vol. Voy. Alegambe, H>blioth. St'riptor. Societ. Jesu.
1. RUMA. nom de lieu, mentionné trois fois dans la Vulgate : 1° Josué, xv, 52, où il signifie évidemment une ville de la tribu de Juda ; le texte hébreu porte Douma ; mais plusieurs manuscrits de ce même texte lisent Rouma, comme la Vulgate, les Septante et la version syriaque. 2° Juges , IX , 41, où le texte hébreu lit Aroutna , et quelques-uns de ses manuscrits, Adouma. Or, Eusebe et saint Jérôme disent qu'Arouma ou Aruma est un lieu qui de leur temps s'appelait Remphis , et que la plupart nomment Arimathie ; et que ce heu était situé dans les confins de Diospolis, qui, selon la remarque de saint Jérôme Œpitaph. Paulœ) , est la ville mentionnée dans les Actes des apôtres sous le nom de Lydda, entre Césarée et Ascalon, non loin de la mer, dans la tribu d'Éphraïm. Mais plusieui-s critiques observent avec Rosenmùllcr que Lydda ou Arimathie est trop éloignée de Sichem pour qu'Abimélech . qui s'y était arrêté le .soir, ait pu le lendemain matin, avec son armée divisée en trois bandes, dresser des embûches dans les champs aux Sichémites , assiéger et prendre leur ville. D'où ces critiques concluent qu'jlruma, d'ailleurs inconnu, était un lieu voisin de Sichem. 3» IV Rois, xxm , 36, où on lit dans l'hébreu Rouma , et dans Joseph , Abouma: cependant l'historien juif parle dans sa Guerre des Juifs (1. III, c. ix) de Rouma, village de Galilée. Plusieurs pensent que, dans ce passage des Rois, il s'agit de Rttma ou Rouma, ville de la tribu de Juda. dont il est question dans Josué ( xv, 52 ) ; nous ne vovons pas ce qui pourrait s'opposer à cette opinion. Voy. les interprètes sur les divers endroits de l'Ecriture que nous venons de citer. Reland, Pa- Icestma illustrata, p. 34, 974, 580.
IL RUMA, ville; la même que Rama. Voy. Kama, n° 11.
RUMETSCHIUS ( Jean -Christophe ), théologien allemand du xvit» siècle, a laissé : ScAediasma historico-theologicum de conjeeturis ultimi temporis; Francfort, in-8°* Ce sont des conjectures sur la fin du monde, avec une Dissertation sur la conversion des Juifs, ou leur retour dans la terre de Chanaan , dissertation dans laquelle il combat les hypothèses d'un auteur anonyme, qui avait avancé sur ce sujet plusieurs choses singulières sous le titre de: Judatorum Excitabulum matutinumsive Judarusreus. Voy. le Journ. des Savants, 1682, p. 119, 1» édit., et p. 78. 2» édit.
RUMOLDouROMBAUD, RUMWOLD(Saint), en latin Rumoldus, évéque de Dublin en Irlande, et martyr à Malines, tué le 24 juin 775, était fils d'un petit roi d'Irlande. 11 se consacra à Dieu , fit de grands progrès dans la vertu , et fut promu à l'épiscopat vers l'an 750. Ayant renoncé à son évéché par esprit d'humilité, de pénitence et de pauvreté, il se rendit à Rome pour visiter le tombeau des saints apôtres. A sod retour il s'arrêta dans le Brabant , où pendant vingt années il travailla à la conversion des infidèles. Il en convertit , en effet , un grand nombre dans les environs de Malines, de Lierre
RÏÏPE — 1999 — R
et d'Anvers. Pour rendre son ministère encore plus fructueux, on l'ordonna évéque régionnaire, c'est -à -dire sans siège fixe. 11 mourut martyr de son lèle , assassiné par deux scélérats qui ne purent souffrir que le saint les reprit de leurs crimes. Son corps , qu'on avait jeté dans la rivière , fut découvert miraculeusement , et enterré par les soins du comte Odon. On bâtit à Malines une église dans laquelle on déposa ce corps vénérable. Cette église , ornée de tableaux qui représentent les principales actions de la vie du saint, Tut érigée en métropole par le pape Paul IV. Saint Rumold est honoré le 24 juin et le 1" juillet. Voy. Surius, Vitm Sanctorum. Bolland., Acta Sanctor., t. I junii. L'Ilist. littér. de la France.
RU NC A IRES ou RUNCARIENS, hérétiques issus des vaudois et des patarins. Le Diction, de Trévoux , qui cite du Cange sur cet article , dit qu'on nomma ainsi ces hérétiques ou parce qu'ils s'assemblèrent d'abord dans un lieu appelé Runealiœ , et qui était situé près du Pô . ou parce qu'ils le tirent dans un village nommé Runcarta, ou peut-être parce qu'ils tenaient leurs assemblées dans des broussailles, appelées dans la basse latinité runcaria , de runcare, arracher les mauvaises herbes. Le P. Pinchinat, qui cite Sponde, dit qu'on donna le nom de nuncariens à ces hérétiques, vers l'an H96, parce qu'ils avaient pour chef un certain Runcare, dont on ignore l'origine. Quoi qu'il en soit de ces étymologies , les Runcariens soutenaient que l'on ne commettait pas de péché mortel par la partie inférieure du corps. Sur ce principe ils s'abandonnaient à toutes sortes de dérèglements. Voy. Sponde, ann. 1198, n° 26. Le P. Pinchinat, Dictionnaire , au mot Runcariens. Du Cange , Glossanutn , art. Rumcarii. Pluquet , Diction, des hérésies.
RUNG ( Philippe ), anglican , né en Angleterre en 1753, mort l'an 18*23 à Halle, où il professait la langue anglaise à l'université. 11 a publié, entre autres ouvrages: un Dictionnaire lnh/toaraphn/w '/'•s Juif s et desjmves qui te sont distingué* dam la carnère des lettre», en y comprenant ies patriarches , les prophètes et les rabbins célèbres. Leipzig. 1817. Voy. Feller, Bioyr. univers.
t ROPERT ou RODBERT, ROBERT (Sainte, évéque de Worms. puis de Saltzbourg. mort le 27 mars 718, était fils d'un grand seigneur français. 11 dut a ses grandes qualités d occuper le siège épiscopal de Worms, et il travailla avec zèle à la conversion des idolâtres. Plusieurs d'entre eux lui firent souffrir toutes sortes d'outrages, et le chassèrent honteusement de la ville; mais Théodore, duc de Bavière, le pria de prêcher l'Évangile dans ses Etats , et le reçut à Ratisbonne en »>y7. Rupert baptisa ce prince avec un grand nombre de Bavarois et d'Esclavons, et établit son siège à Saltzbourg. On célèbre sa féte le 27 mars. Voy. Bollanduf, au 27 mars.
IL RUPERT, évéque de Mets. Voy. Robert,
III. RUPERT, bénédictin , né en Flandre , sur le territoire d'Ypres, mort l'an 1155, acquit par sa science et sa piété une si grande réputation , une Frédéric, archevêque de Cologne, le tira de son cloître pour le nommer abbé de Deutsch. On a de lui , entre autres écrits : 1* des Commentaires sur t Écriture sainte; — 2° un grand Traité de la Trinité, divisé en quarante -deux livres; — 3" De Offkiis, traité dans lequel il parle de l'office divin et de ses cérémonies , et en rend les raisons mystiques; — V» quelques Vies de saints; — 5» De Vita vere apostotica dia-
logorum Mm. Tous ces ouvrages ont été imprimés à Cologne, 1578. 5 vol., et à P<u-is, 1638, 2 vol.; Venise, 1748-1752 , 4 vol. in-fol. Cette dernière édition, donnée par le P. Gregorio Canoni, de l'Ordre des ermites de Saint- Au-
Gistin, est plus ample et plus correcte Voy. onoré d'Autun. De Lumtn. txxL, 1. IV, c. xvt. Trithéme et Bellarmin , De Scriptor. eccl. Les PP. Durand et Martenne, Coileet. ampliss., p. 969. Feller. Michaud, au Supplém. Le Diction, de la thèol. cathol.
IV. RUPERT DE SAINT -GASPARD, carme déchaussé, a publié un ouvrage dans lequel il veut prouver, contre le P. Georgio , que ce fut sur les côtes de l'ile de Malte, connue aujourd'hui sous ce nom, que saint Paul fit naufrage, et non près d'une petite lie nommée Mélita, située dans le golfe Adriatique, et voisine de Raguse; Venise, 1739. gros vol. in- 4». Voy. le Jonru. des Savants, 1745, p. 98.
RU PI TA I NS , donatistes ainsi appelés du mot latin ntpeê, qui signifie rocher, parce qu'ils traversaient les ro<diers pour répandre leur doctrine.
RUREMONDE (Rttremonda), ville épisc. et capitale de la haute Gueldre , dans les Pays-Bas, et située sur la rive droite de la Meuse. Le pape Paul IV , par sa bulle Super universa , du 12 mai 1559 , érigea Rnremonde en évêché , sous la métropole de Malines, et la collésiale du Saint- Esprit en cathédrale , qui fut transférée en 1081 dans l'église de Saint-Christophe. Son premier évéque , Guillaume Lindan , fut sacré à Bruxelles en 1568. Voy. la Gallia Christ., tom. V, p. 573, edit. nova. De Commanville, /"' Table alphabet., p. 202. Richard et Giraud. Gaet. Moroni, vol. LIX, p. 925-226.
RUSBRÔCH ou RUSBROECH , RUTSBROEK, chanoine régulier de Saint-Augustin , né à Rusbroch ouRusbroech, village du Brabant, » n 1294, mort a l'abbaye de Vauvert , près de Bruxelles , en 1381 , se retira à l'âge de soixante ans au monastère des chanoines réguliers de Vauvert. près de Bruxelles, dans la forêt de Soignies; il en devint prieur, et la réputation qu'il s'acquit par ses œuvres de spiritualité le fit nommer le très -excellent contemplatif et le docteur divin. Il a laissé en flamand ou bas allemand plusieurs ouvrages, parmi lesquels nous citerons : 1» Summa vita- sptritualis ; — 9» Spéculum salutis a-terna*; — 3» Commentaria in tabernacuhtm Motis ; — 4° De Suptiit spiritualibus. Ses ouvrages, traduits en latin par saint Surins le chartreux, ont eu plusieurs éditions; la meilleure est celle de Cologne, 1609, in-4»; on y trouve sa Vie, composée par Henri de Pomère. Ces œuvres ont été critiquées par Jean Gerson, Bossuet et Fleury; mais Denys le Chartreux, Sixte de Sienne, I^essius et plusieurs autres en ont fait l'apologie. Surius dit que Gerson n'a vu qu'une mauvaise copie. « Si, remarque judicieusement Feller, l'on joint à la lecture de ces ouvrages, et à d'autres de ce genre, le traité de Bossuet, Mystid in tuto, on ne sera point exposé à s'abandonner à une spiritualité trop subbile ou trop extraordinaire pour que Dieu y appelle beaucoup d'Ames. On peut croire cependant que, si d'un côté le langage mystique a quelquefois besoin d'une explication favorable , de l'autre le savant prélat veut le réduire à une exactitude qui semble exclure les voies particulières par lesquelles Dieu conduit quelquefois les hommes, en dérogeant aux règles ordinaires. Gerson disait lui-même qu'il ne fallait pas toujours exiger, dans ces sortes d'ouvrages, la précision rigoureuse du langage