SATI
lui-même du mal qu'il avait résolu de lui faire (Jérém., xxvi, 3, 13, 19). Le prophète Daniel exhorte Nabuchodonosor à racheter ses péchés par ses aumônes (Dan., iv, 24). « 11 y a des péchés, dit saint Augustin, dont la pénitence est réservée en l'autre vie , et il y en a d'autres que nous punissons nous-mêmes en celle-ci , et qui ne seront point par conséquent punis dans le siècle à venir t August., Enchiridion , lxvi). » Telle a été dans tous les siècles la doctrine de l'Église. Ainsi le pénitent est tenu d'accepter et d'accomplir au plus tôt la pénitence qui lui est imposée , sous peine de péché mortel s'il refuse ou néglige de la faire, surtout lorsque cette pénitence est donnée pour des causes graves. D'où il suit que personne ne peut se décharger sur un autre d'une pénitence imposée dans le sacré tribunal. L'obligation de satisfaire est personnelle. Néanmoins un fidèle peut en quelque sorte, et, comme on dit en théologie, '/" congruo, satisfaire pour un autre, pourvu 1° que l'un et l'autre soient en état de grâce ; 2° que la pénitence ne soit point celle qui aurait été imposée par le confesseur. Ce sentiment est une suite et un effet de la communion des saints, en vertu de laquelle l'acte d'un fidèle devient celui d'un autre par le lien de la charité , qui ne fait de tous les chrétiens qu'un seul corps avec Jésus-Christ, selon les paroles de saint Thomas (SuppL, qu. 13, art. 2). Les effets de la satisfaction sont d'obtenir la rémission des peines temporelles qui restent a payer à la justice divine, de remédier aux restes des péchés et aux mauvaises habitudes ; de fortifier contre les tentations; mais elle ne produit ces effets qu'à l'égard des pénitents qui sont rentrés en grâce avec Dieu ; car, comme le dit le Catéchisme romain , « il est nécessaire que celui qui satisfait a Dieu soit justifié et ami de Dieu, » les œuvres faites hors de l'état de grâce n'étant point satisfactoires. au moins de condigno, ainsi que l'enseignent les théologiens d'après saint Thomas. A l'égard des autres , c'est-à-dire de ceux qui n'ont point encore obtenu la rémission de leurs péchés, l'effet de la satisfaction est de contribuer à obtenir les dispositions et les grâces nécessaires pour parvenir à la justification. Voy. le Traité de la Pénitence , dans les théologiens. Richard et Giraud , qui entrent dans des détails de pratique instructifs. Le Diction, ecclés. et canon, portatif. Bergier, qui, dans son Diction, de theotayie, s'attache surtout à combattre les erreurs des protestants qui ont rapport à la satisfaction. V Encyclop. cat/tol., art. Pénitence (théoloy.), I III.
SATISFACTION DE JÉSUS -CHRIST. Cest unesahsfitction proprement dite, pleine, entière, et dans toute la rigueur de la justice, parce, qu'elle réunit toutes les conditions d'une satisfaction parfaite. Cari" l'action par laquelle Jésus-Christ a satisfait à Dieu était libre, honnête, faite par une personne juste et agréable a la personne offensée, par une personne revêtue de notre humanité. 2° Elle a été acceptée et récompensée par la personne offensée . en vertu d'une convention de la part de Dieu d'accepter et de récompenser cette action : « S'il donne sa vie pour le péché, dit Isaïe en parlant du Messie . il verra une postérité de longue durée ( un . 10). 3° La satisfaction était proportionnée à l'offense. En effet, la grandeur de l'offense se mesurant sur la dignité offensée , l'offense faite à la majesté de Dieu était infinie ; or les mérites de Jésus-Christ étant infinis, la satisfaction a dù l'être pareillement. 4° Elle a été faite du propre fonds de celui qui a satis-
SÀTU
SAUB
fait ; puisque c'est Jésus - Christ lui - même qui s'est offert , que c'est lui-même qui a lavé nos
iniquités dans son sang. 5° Elle a eu pour objet tous les péchés de tous les hommes en {réitérai , c est-a-dire que Jésus-Christ est véritablement mort pour tous les hommes; vérité souvent répétée dans l'Écriture ( II Corinth., v, 45. I Tirnoth., 11, 4, 0. I Jean, u, 2, etc.). Tous les l'ères enseignent la même doctrine . et conviennent néanmoins, avec le concile de Trente, que tous les hommes ne reçoivent pas le bienfait de la mort de Jésus-Christ; mais seulement ceux qui se rendent dignes d'obtenir que le mérite de sa Passion leur soit appliqué, en faisant un bon usage des grâces qu il leur a méritées par sa mort (sess. VI, cap. m). Voy. le Trait* de l'Incarnation , dans les théologiens. Le Diction. >fclia. et canon. ptirtatif.
S ATlSFACTÛIHESi ŒUVRES» l '/.Œlvkes, n« VI.
SATRAPE, non persan qui dans son origine signifiait un général d'armée navale; depuis il a été donné communément aux gouverneurs des provinces et aux ministres des rois de Perse. Les satrape* des Philistins étaient comme des rois , qui gouvernaient avec un pouvoir absolu leurs cinq principales villes. Saint Jérôme traduit quelquefois par satrape l'hébreu poché ou pahâ (par un Heth en hébreu), qui signifie aussi un gouverneur d'une province plus petite qu une satrapie. Quant à l'étymologie du mot satrape, les philologues sont partagés d'opinions. On peut consulter â se sujet les lexicographes orientalistes. Voy. Juges, III, 3. 1 Rois, v, 8. 11 Paralip., ix, 44. Estlier, Ht, 12. ban., m, 2, etc. D. Caimet, qui, dans son Ihction. de la UiUe, fait sur ce mot des observations dont
pas être
fon-
Suelqu ement
SATRIANO (Satrianum\ siège épisc. d'Italie situé au pied du mont Apennin, joignant les frontières de la principauté citérieure, province du royaume de Naples. L'an 1525, les évôchés de Campagna et de Satriano furent unis. Le premier évèque de Satriano, Pierre , assista au m* concile de Latran , sous Alexandre 111 , en 1l7ii. Le premier évèque des deux diocèses réunis fut Chérubin CajeL'in , dont les successeurs ont porté, en effet, le nom <Yèvéaues de Satriano et de Catnpauna. Voy. Ughelli, Ital. Sacra, tom. VI, p. 852. Richard et Giraud. Gaet. Moi oui. vol. LXI, p. 289-290.
I. SATUR (Saint), martyr et compagnon de sainte Perpétue et de sainte Félicité. Kuj/.PKH-
PKTl'K.
II. SATUR (Saint), martyr, souffrit au v siècle, sous les Vandales, en Afrique, en compagnie de saint Armogaste. Vou. Akhocaste.
III. SATUR ( SAINT- . i latin Sanctu* Saturus, ab!>aye de l'Ordre de Saint-Augustin située dans un liourg du même nom, au diocèse de Bourges, près de la Loire. File fut d'abord fondée par saint Rornble, dans la paroisse de Subligny, vers l'an GU't, et fut transférée ensuite au château de Gordon, qui a pris le nom de Satnt- Safur, parce qu'on y transféra aussi le corps de ce saint. Depuis cette abbaye ayant été ruinée par l'usurpation des biens qui en dépendaient, elle fut rétablie en 103i, et, en 1131, on y mit des chanoines réguliers de l'Ordre de Saint- Augustin a la place des chanoines séculiers qui l'avaient d'abord occupée. Voy. Richard et Giraud.
SATURIEN (Saiut), martyr et compagnon de saint Mai tinien, sous les Vandales, au v« siècle. Voy, M auï iml.n , 11" IV.
SATURNIENS ou SATURNILLIENS . hérétiques gnostiques, qui ont été ainsi nommés de Saiumtn ou Saturnille , leur chef. C était un
Philosophe né à Antioche , et qui publia , vers an 415, les erreurs de Ménandre, fameux gnostique, en donnant un nouvel ordre à son système sur la création du monde. Saturnin avait fabriqué un livre qu'il disait être rempli des oracles dictes par le bon ange, et publiait que nos livres sacrés n'étaient que les fausses inspirations de Satan. Voy. saint Epiphane, Mares. ,