‹ Dictionnaire universel des sciences ecclésiastiquesChapitre 883 sur 1294 · I. SAVIN (Saint), martyr. Voy. Sabiw, n» I · texte numérisé non relu

I. SAVIN (Saint), martyr. Voy. Sabiw, n» I

II. SAVIN (SAINT-), en latin Sanctus Smrirw, abbaye de l'Ordre de Saint-Benoît, située dans le Bfgorre , au diocèse et à cinq lieues de Tarbes, dans la vallée de Lavidan , près du Gave. Pierre de Marca attribue la fondation de ce monastère à Charlemagne, et D. Mabillon à un saint solitaire, nommé Satin , qui mourut et fut enterré en ce lieu , après y avoir demeuré treize ans dans une austère retraite. Cette communauté dépendait autrefois de l'abbaye de Saint- Victor cle Marseille , mais elle fut unie plus tard à la congrégation de Saint-Maur. Voy. Mabillon, Annal., tom I, ad an. 780, n«74. Gallia Christ., tom. I, col. 1246. Richard et Giraud.

III. SAVIN (SAINT-), abbaye de l'Ordre de Saint- Benoit, située dans un bourg du même nom, au diocèse et à neuf lieues de Poitiers, sur le bord de la Gartempe. Elle fut commencée par Charlemagne, vers l'an 800, dans un lieu qui se nommait auparavant Cerasus, et achevée, suivant la Chronique de Maillesai, par Louis le Débonnaire. Dès que ce monastère fut achevé, ce prince en donna la conduite à saint Benoit d'Aniane, qui en fut le premier abbé. Cette abbaye avait échappé à la fureur des Normands en 878, mais elle fut détruite peu après. Rétablie dans la suite, elle fut unie à la eongré.

SAVO

SBÀR

Chrid., t. II,

gationdeSaint-Maur. Voy, col. 1285.

SAVINIEN. Voy. Sabinien, n°» I et II. SAVON AROLA ou SAVON AROLE ( Girolamo- Maria-Francesco-Matteo), fameux religieux dominicain, né à Ferrare en 1452 , mort à Florence l'an 1498, fit profession en 1475, et on l'appliqua à enseigner et à prêcher ; ce qu'il fit avec tant de succès, qu'il fut regardé comme le prédicateur de son siècle le plus touchant et le plus pathétique. 11 arriva à Florence en 1489, et commença la réforme du couvent de Saint- Marc , dont il avait été établi prieur. D'autres couvents s'étant joints à celui-ci . ils formèrent la congrégation de Saint - Marc . la plus régulière qu'on connût alors en Italie , et dont Savo narole fut regardé comme le fondateur. Son zèle ardent à s'élever contre les vices lui attira des ennemis qui le noircirent de mille calomnies. Alexandre VI l'excommunia , et ses ennemis trouvèrent enfin le moyen de le faire périr sur le gibet avec deux de ses religieux. On le mit d'abord à la question, et son interrogatoire, tel qu'il fut rendu public, parut prouver qu'il était à la fois fourhe et fanatique. Il est certain qu'il s'était vanté d'avoir eu de fréquents entreliens avec Dieu , et qu'il l'avait persuadé à ses confrères. Il prétendait aussi avoir soutenu de grands combats avec les démons. Jean- François Pic de la Mirandole, auteur de sa Vie, assure que les diables, qui infestaient le couvent des dominicains, tremblaient a la vue du frère Jérôme. Il n'y a en tout cela rien d'in-

prouvé authentiquement its ou sa conduite, Savoindigne de ces faveurs divines. Quoi qu'il en soit, il a trouvé un grand nombre d'apologistes : les plus célèbres sont le P. Quétif, Ambruise Catharin, Bzovius, Baron, Alexandre, Marsile Ficin, Matthieu Toscan, Flaminius, etc. Plusieurs môme lui ont donné le titre de bienheureux et de martyr, et, dès le pontificat de Clément VIII, on vit à Rome son image sur des médailles, avec ces titres. On assure que saint l'hilippe de Néri en particulier eut toujours une vénération singulière pour sa personne et sa doctrine. Il a compose un grand nombre d'ouvrages moraux , spirituels et ascétiques, dont on trouvera la liste dans la notice que Brunet a consacrée à Savonarole dans son Manuel. Mais il faut remarquer qu'il v a une vingtaine de Sermons qui ont été mis à l'Index du concile de Trente avec la clause : Donec emendatee prodeant ; et que. quant à ses œuvres inédites, elles ont été classées parmi les livres défendus en vertu d'un décret du 14 février 1837, lequel porte : « Opère inédite di Fra Girolamo Savonarola : vel ulio titulo : libri cinque dell1 Italia, cujus initium : dell' Ita

ann.

tora. I. Vita Hieron. Savonarola; Ferrariensis 0. P. authore Fr. Pico , Miramlula Concordia*que principe ? /. / et 11, Parisiis , 1674; cette Vie a été publiée par le P. Quétif, avec beaucoup de notes , de documents et de dissertations. Le Père Touron, Hist. des hommes illustres de [ Ordre de Saint-Dominique , tom. III, p. 5fi9 et suiv.,et presque tous les biographes ; car il en est peu

3ui n'aient consacré un article à notre fameux ominicain,

SAVONE {Savo, Savona) , ville des États sardes, située sur la cote, entre Noli et Gènes. De Commauville dit qu'on In voit évéché sous Milan dès le v» siècle, et cependant, dans la

Table chronologique de la province de Milan, il en met l'érection comme évéché au vi« ; ce qui est plus conforme à ce que disent Richard et Giraud d'après Ughelli, a savoir, que le premier évôque de Savone. Montanus, siégeait en 601 . Savone a été la patrie des papes Sixte IV et Jules II. cl le lieu où Napoléon, empereur des Français, retint Pie VU prisonnier en 1809. Aujourd'hui Savone et Noli, réunis, ne forment qu un seul évéché sous l'archevêché de Gènes. Voy. Ughelli, Italia Sacra, tom. IV, col. 730. De Commauville, I" Table alphabét.,jt. 208. Richard et Giraud. Gaet. Moroni. vol. 1 \ J I . p. 33-4, où on trouve indiqués plusieurs auteurs qui ont écrit sur Savone.

SAVONIÊRE était autrefois un bourg près de Toul en Lorraine , où il n'y a plus aujourd'hui qu'une église dédiée à Saint-Michel. On y tint un concile, concilium ad Saponarias , l'an 859, en présence de Charles le Chauve, roi de France, et de ses neveux Lothaire et Charles , fils de l'empereur Lothaire. Voy. sur ce concile Richard et Giraud. Gaet. Moroni , vol. LXII , p. 49-50.

SAXI ( Pierre), chanoine de l'église d'Arles, mort en 1637, a laissé plusieurs ouvrages estimés, parmi lesquels nous citerons : Pontifiàum Arelatense, sive llistoria primatum Areiatensis Ecclesice; Aix, 1629. in-4». Voy. Feller.

SAXIACDS (HEREMITA). Voy. Jacques.

SAXITJS. Voy. SASSI.

SATDE. Voy. SiDON.n» II.

SATER ( Grégoire), bénédictin de la congrégation du Mont-Cassin , mort en 1602 , a bissé : 1° Ln Clef des cas de conscience , ou Trésor de la théologie morale, Venise, 1605 , 2 vol.; — 2° des Sitcrements en général; ibid., 1599; — 3° Fleurs des décisions , ou des Cas de conscience , ibid.; — 4° Somme du sacrement de pénitence, des censures et des empêchements canoniques; ibid.

SBARAGLIA ( Jean-H.), religieux conventuel de l'Ordre de Saint-François de Ferrare. On a de lui : Germana S. Cypnani et Afrorum, necnon Firmiliani et Orientalium Opinio de hœreticorum baptismale ad rectam criticarum , vindias Cyprianarum disputationum, intelligentiam ex- IMsita à F. Joanne //. Sbaraglia, etc.; Bologne, 1741, in-4°. Il y a trois dissertations dans les-

3uelles le savant religieux combat le sentiment u P. Missorio, cordelicr de Venise, qui prétendait que les Lettres de saint Cyprien et de saint Firmilien, de même que le concile d'Afrique, auquel présida saint Cyprien , et où fut décidée la nécessité de réitérer le baptême des hérétiques, et tout ce qui regarde cette célèbre question , sont autant d'ouvrages supposés par les donatistes. Le P. Sbaraglia rétablit la fin de ces actes, défend le sentiment ordinaire, et répond aux sentiments de ses confrères. Voy. le Joum. des Savants, 1742, p. 379 et suiv.

SB ARAL A (Hyacinthe^, de l'Ordre des Frères Mineurs et docteur en théologie. On a de lui : Bullarium franciscanum , romanorum Pontificum constitutiones , epistolas ac diplomata continens, tribut Ordmibus Minorum, Clarissarum et Ponitentium, a Seraphico patriarcha sancto Francisco institutis concessa , ab illorum exordio ad nostra usque tempora ; jussu atque auspiciis reverendissimi Patris Magistri J. Joannix-Baptistœ Constantis, Minorum ctmventualium Ministri generafis, conquisitis undtque monumentis, nmc primum in lucem editum , notis atque indicibut locupletatum , studio et labore F rat ris Hyacinthi Sbarnlra*, rjusdem Ordinis, sacra* theologiœ ma-

SCAL

SCAN

Îistri, tomus I, ab Honorio III ad Innocent htm IV. orna , typùt sacra congregationis de Propaganda fide; 4759, in-fol. Richard et Giraud pensent que cet auteur est le même que Jean-Hyacinthe bbaralea, religieux du même Ordre, qui a laissé: Dispulatio de $acris pramrum nrdinatiumbus qua vera vetusque Erclestce doctrina... est novis ostensa monumentis ; Florence , 1750, in-4». Voy. Annales typogr., mois de novembre 1771, p. 3117 etsuiv. Le . fourn. des Savants, 1751, p. 438. Richard et Giraud, qui donnent un aperçu du contenu de ces deux ouvrages.

SBARDELLAT. Voy. DUDRH.

SBIDE ou ZUDA, siège épisc. d'Isaurie . dans le patriarcat d'Antiochc , érigée en évêché au v* siècle, sous la métropole de Séleucie. Un de ses évéques, nommé Conon, souscrivit la lettre synodale du concile de Chalcédoine à Tempe» reur Léon, touchant le meurtre de saint Proter d'Alexandrie. On le trouve aussi dans les actes du même concile de Chalcédoine. Voy. Lequien, Oriens Christ., tom. H, p. 10*27. De CommanvUle, /" Table ahûabét., p. 208.

SCACCHI ou SCHACCI, SCHACCHI (Fortunato ) , de l'Ordre des Ermites de Saint-Augustin, né à Ancône vers l'an 1573, mort à rano en 1643, enseigna la théologie à Bologne, l'hébreu à l'alloue, et l'Écriture sainte a Rome; enfin Urbain VIII le nomma maître de sa chapelle. Parmi ses écrits nous citerons : 1* SflCTO* rum elœochrismatnm Myrothecium sarroprofanum ; Rome. 16*25-1637,3 vol. in-4»; ces 3 vol. furent réimprimés à Amsterdam en 1701 , en 1 vol. in-fol. , sous ce titre : Sacrorvm elaoehrismaton Myrothecia tria in quibus exponuntur o/ea atque unyuenta divinos in Codions relata, et olim vel cunctis universim gentibus in vita , qna quotidiano, qua molliore cullu, vel nominatim apud Israelitas, tain in sacrorum antistibus, loris, supellectilibus , quam in regibus solemniter, inaugurandis usurpnta... Opus eruditione mullipliei conspersum, et instiluta veterum, litterasque reconditiores, hebraicas, gravas, romanas, hujus argument! occasion? passim illuitrans , nec antea sic emendatuin, adornatum figuris elegantissimis; — 2» Predirhe e discorsi; Rome, 1636, in-4*; — 3e De Cultu et veneratione servorum Dei liber ,qui est de notis et signis sanctitatis ; Rome, 1639, in-4°; — 4° une belle édition de la Bible ; Venise , 1609, *2 vol. in-fol.; cette Bible contient la Vulgate, la version latine appelée romaine, faite sur les Septante, la version de Pagnin, faite sur l'hébreu, et la version deJa paraphrase chaldaique. Voy. le Juurn. des Savants, 1703. Nicëron, Mémoires , tom. XXL Richard et Giraud. Fcller. La Souv. Biogr. gêne'r.

SC AL A, ville épisc. du royaume de Naples, située dans la principauté citérieure, sous la métropole d'Amalfi ; elle est aujourd'hui à demiruinée. L'évêché a élé uni à celui de Ravello, l'an 1603, par Clément VIII , sous condition que Scala continuerait à être sulîraoant d'Amalfi, et que Ravello resterait immédiatement soumise au Saint-Siège. Le premier évèque de Scala fut Serge, qui siégeait en 987, et le premier de Scala et Bavello réunis fut François Bennius, homme fort pieux et fort savant. Voy. Ughelli, Italia Sacra, tom. VII, p. 3*21. De Commanville, /r« Table alpha', i . p. *20H. Richard et Giraud. Gaet. Moroni, vol. LX1I, p. 51-51.

SCALACK. Voy. Scial.v.

SCALIGER (Joseph- Juste), érudit, né à Agen en 1510, mort à Leyde l'an 1609, embrassa le calvinisme à l'âge de vingt-deux ans, et vint achever >-;es études à l'université de Paris , où il apprit le grec sous Tunièbe. 11 se

rendit aussi très -habile dans la langue hébraïque, dans la chronologie, ainsi que dans les belles-lettres; aussi les curateurs de l'Académie de Leyde l'attirèrent-ils dans leur université. Il a laissé un grand nombre d'ouvrages, entre autres : 1° Ihppolyti Canon uaschalis cum commentario; Leyde, 1595, in -4°, — 2° Thésaurus temporutn : Eusebii chronicorum lib. Il; isagogici chronologie canones ; Levde, 1606, in -fol.; Amsterdam, 1658, in-fol.; 3*° De Emendatione temporum ; la meilleure édition est celle de Genève, in -fol.; écrit savant, mais où il y a des inexactitudes; le P. Petau les redresse souvent dans son livre De Doctrina temporum ; il a été mis à Ylndex de Clément VIII avec la clause donec corrigatur; — 4° Epistolm; Leyde , 16*27, in-8°; elles ont été publiées par Daniel Heinsius, et condamnées par un décret de la Congrégation de Ylndex du 19 mars 1633, avec la même clause donec corriqatur. Voy. Nicéron, Mémoires, tom. XXIII. Coioraiers, Gallia orientalis. Sax, Onomasticon, tom. 111. Chauffcpié, Nouv. Diction, histor. et crit. Feller, Biogr. univers. Richard et Giraud. La Souv. Bioqr. génér, SCAHPI, ville épisc. de la nouvelle Epire, au diocèse de l'IUyrie orientale, située dans l'Albanie, entre Lychnide et Dyrrachium Durazzo. On en connaît deux évéques : le premier, Artemius, souscrivit la lettre du concile de sa province a l'empereur Léon touchant le meurtre de saint Proter d'Alexandrie, et le second, Troius, siégeait sous le pape Hormisdas. Voy. Lequien, Oriens Christ., tom. II, p. 217.

I. SCANDALE (Scantialum) , terme qui en général, selon Hesychius, signifie un piège, un empêchement. Dans l'Ecriture et les auteurs ecclésiastiques, le scandale se met pour tout ce qui peut être à quelqu'un une occasion de chute, soit dans l'ordre naturel , soit dans l'ordre moral. Il y a une autre espèce de scandale qui ne nuit qu'à ceux qui prennent occasion des actions du prochain pour les blâmer et les décrier, quelque innocente que soit leur conduite, en la manière que firent les Juifs à l'égard du Sauveur (Lévit., xix , 14. Exod. , xxill, 33. 1 Rois, xviii, 21. Matth., xviii,7. Marc, ix, 41. Matth., xi, 6. Romains, ix, 33. 1 Pierre, H. 8). Le mot de scandale est encore pris, dans l'Ecriture, pour les maux que l'on soulTre à l'occasion de

Sjuelque autre : Isquequo patiemur hoc srandaum , disent les Égyptiens , pour engager Pharaon à laisser aller les Israélites, à la vue des plaies dont ils étaient frappés à leur occasion ! (Exod., x, 7). Il signifie aussi porter la peine • de ses crimes : Srandalum iniquitatis eorum factura est (Êzéch., vu , 19). On l'explique encore par s'exposer au danser de se faire une mauvaise réputation (Ecclésiastique, 1,37). Enfin le Saint-Esprit nous assure que celui qui écoutera ses instructions ne sera point scandalisé, c'est-à-dire qu'il ne tombera pas dans le crime; et que quiconque ne cherche pas sincèrement la sagesse , tombera dans le piège de l'ennemi (Ecclésiastique , xxm , 7 ; xxxil , 19). Voy. Dora Calmet, Diction, de ta Bible. Bergier, Diction, de théologie.

II. SCANDALE, montagne du scandale; c'est le mont des Oliviers, sur lequel Salomon Iwktit des temples aux idoles pour plaire aux femmes étrangères qu'il avait épousées. Voy. III Rois, xi, 4. IV Rois, xxm, 13. D. Calmet, Diction, de la Bible.

III. SCANDALE, dans le langage de l'Eglise et de la théologie, se prend pour tout ce qui peut être au prochain une occasion de chute spirituelle. C'est une parole , une action , ou unu

SCAJV

Page 1