‹ Dictionnaire universel des sciences ecclésiastiquesChapitre 892 sur 1294 · IV. SCH0LASTRIE. Ce nom est quelquefois · texte numérisé non relu

IV. SCH0LASTRIE. Ce nom est quelquefois

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donné à la dignité ou à l'office d'écolâtre. Scho- Instrie se dit aussi , en général , de tous les oflices ecclésiastiques dont les fonctions consistent à enseigner. Vny. le Diction, cerlés. et canon, portatif. Compar. ÉCoi.atre, ScholaBTIQUB, n« 11.

SCH0L1E. On appelle scholiesde courtes notes qui éclaircissent les endroits les plus difficiles d'un texte, soit en en remarquant les différentes leçons, soit en expliquant la propre signification des termes, soit en éclaircissanl en peu de mots la difficulté qui se trouve, ou en marquant succinctement les différents sens qu'on peut y donner. Origène avait fait de ces sortes de scholies sur toute la Bible; il y éclaircissait brièvement et succinctement les endroits qui lui paraissaient obscurs et difficiles. C'est le premier des trois sortes d'ouvrages que ce Père avait faits sur l'Écriture sainte , suivant saint Jérôme , qui dit dans le prologue de la version des Homélies d Origène sur Éxéchiel: < Primum « ejus excerpta qua? graece SCHOLIA nuncupan- •< titr, in quibus ea quee sibi videbantur ohscura , m atque habere aliquid difficultatis , summatim « Breviterque perstrinxit. » C'est ce que le même Père appelle dans son Commentaire sur saint Matthieu : Commaticum interprétât ionis genus; parce qu'il faut que ces scholies soient écrites d'un style concis et serré. Les scholies sont une manière très-utile d'expliquer l'Écriture ; mais, pour remplir complètement ce but, elles doivent : 1° faire remarquer les variantes les plus importantes-, 2° expliquer les mots et les phrases les plus difficiles; 3° alléguer les circonstances historiques propres à éciaircir le passage sur lequel elles portent j 4» rapporter et juger les diverses solutions qui ont été proposées ; 5» lever les difficultés les plus importantes. Dans les derniers siècles, plusieurs habiles interprètes, entre autres Rosenmûller, ont adopté ce genre d'interprétation. Voy. J.-B. Glaire, Introd., etc., tom. Lp. 257-2Bfl et 330.

SCHOLTÉNIENS , secte nouvelle, née du protestantisme en Hollande. Formée sous l'inspiration du poète Bilderdyk, mort en 1834, elle proclama que la base de toute société devait être l'Évangile, et chercha à établir une espèce de théocratie. Cette secte adopta la profession de foi du synode de Dordrecht, tenu en 1618 et 1619, protestant contre le synode de 1816, qui déclara que les ministres n'étaient obligés de jurer les formules du synode de Dordrecht qu'avec restriction, et autant qu'ils ne les croyaient pas contraires à la conscience. Ce synode, en annulant les formules de 1618, fit prévaloir le sptème d'indifférence suivi par beaucoup de ministres, lesquels, au fond, sont sociniens, à tel point qu'en 1834 il ne restait plus â Leyde qu'un professeur qui ne le fût pas. Cette défection, réveillant le zèle des protestants sincères, donna lieu aux sectaires nouveaux, persuadés qu'ils étaient plus orthodoxes . plus rigides, plus calvinistes que le commun des réformés. Deux jeunes pasteurs, de Cock et Scholten, auxquels se joignirent plus tard trois autres, déployèrent l'étendard du puritanisme, et prirent le nom de vrais réformes. Le clergé protestant jeta un cri d'alarme et provoqua de la part du synode général qui s'assemble annuellement à la Haye , des mesures de répression contre l'audace toujours croissante des nouveaux puritains. En conséquence ils furent exclus de la communion du culte établi. L'État et l'Église se prêtant secours, le gouvernement donna des ordres rigoureux contre les dissidents, et le synode, non -seulement lança la

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censure ecclésiastique contre les vrais réformés . et ôta & leurs chefs le caractère de pasteurs, mais, sur le motif que les temples des protestants sont à l'usage exclusif du culte officiel , ordonna l'évacuation de ceux que conservaient les communes schismatiques. Frappés dans leur

f>atrie, les vrais réformés intéressèrent en leur àveur les protestants étrangers. Des pasteurs du canton de Vaud réclamèrent pour eux, et une réunion de ministres dissidents à Londres leur donna aussi des preuves de sympathie. Voy. le Diction, de thMogie. de Bergier.

SCH00K (Martin), en latin Schockius. érudit, né'à Ptrecht en lui 4, mort à Francfort -surl'Oder l'an 1665, embrassa la carrière de l'enseignement. Plus tard il devint historiographe et conseiller de l'électeur de Brandebourg. U a laissé un grand nombre d'ouvrages, parmi lesquels nous citerons : 1° De Hellenistis et linyua he/lrnùtica ; Utrecht, 1641, in-8»; il s'agit du grec avec les tours de l'hébreu, tel qu'on le voit dans la version des Septante et dans le Nouveau Testament ; — 2° Kxercitationet sacrée XIX; Groningue.1651, in-8"; — 3° Observationes practicœde Sacrùr Scripturis; Amsterdam, 1664, in-12. Voy. Nicéron, Mémoires , tom. XII et XX. Paquot, Mémoires pour servir à t Histoire littéraire des Pays-Bas. La Nouv. fiiogr. qénér.

SCHOPP (Gaspard), en latin Scioppius, célèbre philologue, né à Neumark en 1576, mort à Padoue l'an 1649. abjura le protestantisme â Rome en 1598, et fut envoyé en 1608, par la cour de Rome. À la diète de Ratisbonne. 11 a composé jusqu'à cent quatre ouvrages, parmi lesquels nous citerons : 1° Pro Autorxtate Ecclesia; Rome, 1598, in-8°; — 2° De Veritate inierpretationis catholicee in amhigxiis Scripturarum locis; Rome, 1599; Ingolstadt,1600, in-8»; — 3» De Indulgentiis; Munich, 1601 , in-4°; — 4» Ecclesiasticus ; Meitingen, 1611, in-4°. Voy. Nicéron, Mémoires. tom. XXXV. Feller, Biogr. univers., au mot SctOPPIUS. La Nouv. Biogr. génér., qui donne une longue liste de ses écrits.

SCHORRER (Christophe), jésuite, né i Rottembourg, dans la Hesse , vivait encore en 1675. On a de lui : 1° Théologie ascétique • Rome, 1658; — 2° Abrégé de la théologie ascétique ; Dillingen, 1662; — > Somme de la perfection; Munich, 1663; - 4» Abrégé du droit canonique ; Dillingen . 1612.

SCHÔSCHANNÎM. Vou. Schooschan.

I. SCHOT ou SCHOTT (André), jésuite , né à Anvers en 1552, mort en 1629, professa la langue grecque et la théologie. Parmi ses ouvrages nous citerons : 1° Vie de saint François de Borgin ; Rome, 1 596 ; — 2» Adages sacrés du Nouveau Testament ; Anvers , 1628 ; — 3» une édition des £W/re.vd'Africanusetd'Origène sur f Histoire de Swtanne; Augsbourg, 1602; — 4* des éditions d'Ennodius, des Œuvres de saint Basile, de saint Cyrille, du Commentaire de saint Grégoire mr TEcclésiaste , etc., qui se trouvent dans les Bibliothèques des Pères; — 5» un Catalogue des inter^irétes catholiques de T Écriture sainte. Voy. Alegambe, Biblioth. Societ. Jesu. Le Journ. des Savants, 1679 et 1697. Richard et Giraud, qui donnent la liste de ses autres ouvrages.

II. SCHOT (Pierre), chanoine de Saint-Pierre de Strasbourg, mort en 1491 , a laissé : 1° Vies de saint Jean- Baptiste, de saint Jean fÉvwigéliste et de saint Jean Chrysostome; — 2» Éloge de Gerson ; — 3° Cas de conscience ; ces ouvrages ont paru â Strasbourg, 1498.

SCHOTANUS (Christian), ministre protestant, né à Scheng, dans la Frise en 1603, mort 4 Franeker l'an 1671 , professa, 4 l'académie d«

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cette dernière ville, le grec et l'histoire ecclésiastique, desservit l'église de la même ville, et fut quelquefois député au synode. Ses principaux ouvrages sont : 4° Notœ ad Evangelia et Evistolas; Leuwarden, 1647, in-12; — 2° Catechesis; Franeker, 4653, in-12; — 3° Colltgium miseellaneorum theologicorum ; ibid.,1654, in-12;

— 4» Histoire ecclésiastique et civile de la Frise

u>n 4558; ibid., 1658, in-fol. ; en flamand;

— 5° Continua do Historia* sacrœ Sulpilii Severi; Franeker, 4658, in-12; — 6° Bibiiotneca historié sacrœ Veteris Testamenti, sive Exercitationes sacrœ in Historiam sacrant Sulpitii Severi et Josephi; ibid., 4662-1604. 2 vol. in-fol.; — 7« Hectas disputationum theologicorum ; ibid., 1664, in-4°;

— 8° Partdiones theologicat; ibid., 1685, in 412. Voy. Paquot, Mémoires pour servir à t Hist. littéraire des Pays-Bas. Feller, Biogr. univers. La Nouv. Biogr. génér.

SCHOTT. Vnu. Sciiot, n« I.

SCHOTTENNIUS (Hermann), professeur, né à Hesse, vivait au xvi* siècle. Nous avons de lui : 1° Vita honesta, sive virtutis : quomodo quisque vivere debeat , oinni a-late, onmi tempore rt quolibet loco,erga Deum et hommes; Lyon, 1545, m-8«>, 2« édit.; on y a ajouté : Institutio hominis rhristiani, par Adrien Barlan, et Formula honesta vita, auctore Martino , episcopo Dumiensi ;

— 2° Confabidationes turonum titterntorum, t}lc.: Nuremberg, 4538, in-8«. Voy. Moréri, édit. de 1751».

SCHOUSGHÀN. qu'on lit dans l'inscription hébraïque du psaume LX, et Sc/uisrhannitn , qui se trouve dans celle des psaumes xlv, lxix et lxxx, sont diversement interprétés. Selon les uns, il s'agit d'un instrument de musique qui a la forme d'un lis, parce que Schouscht'm, en hébreu, signifie, en effet. lis; mais, comme chez les Hébreux il y avait plusieurs sortes d'instruments de musique , qui , par leur forme, représentaient plus ou moins exactement cette Heur, on ne sait au juste quel pouvait être celui dont parlerait le Psalmiste. Bien plus, selon Rosenmûller. on chercherait vainement aujourd'hui à le déterminer: Qua/e organorum genus nomine Schouschdn significetur,hodie frustra quœratur.* A la vérité, quelques commentateurs ont prétendu que c'était un instrument <ï six cordes; mais, comme le remarque judicieusement le même Rosenmûller, il faudrait pour cela qu'il y eût dans le texte hébreu Scheschannlm , qu'on pourrait, en effet, dériver de la racine schi'sch, c'est-à-dire six. Suivant les autres, schouschdn et le pluriel scfiâschanntm seraient le commencement de certaines chansons ou de certains cantiques sur l'air desquels devaient se chanter les quatre psaumes cités un peu plus haut. I-* particule hat qui est devant schouschdn eischôschanntm nous semble décisive pour un hébraïsant en faveur de cette dernière explication ; car

3uand il s'agit de l'instrument sur lequel on oit exécuter une pièce de chant, c'est la particule be que l'on emploie. (Compar. Ps. iv, vi, Liv, lv, lvii, lxxvi. Habacuc, m. 19.) Nous ne parlons pas des autres interprétations, parce qu'elles n'ont pas même les apparences de la probabilité en leur faveur. Voy. Rosenmûller, Vsabn., tom. I, p. lxiv-lxv. W. tîesenius, Thésaurus, p. 4385.

SCHRANGER (Timothée), de l'Ordre des Frères Mineurs de l'étroite observance de Saltzbourg, a donné : Morale et extemporaneum Sacri Eloquii Subsidiutn, ad singu/as totius anni dominicas et (esta, neenon ferias nuadragesimales jter quadraginla formata ex*mlm et mater iarum argumenta fdurics application, etc.; Cologne,

170"J, in-4°. Voy. le Jouin. des Savants, 4710, p. 30, 4" édit., et p. 28, 2* édit. Richard et Giraud, qui rapportent le long titre de l'ouvrage, et font remarquer que ce n'est qu'un essai de sermons à l'usage des prédicateurs qui peuvent parler sur-le-champ et oui n'ont pas la prétention de dire des choses bien recherchées.

SCHRŒCKH (Jean-Matthias), protestant, historien, né à Vienne en 4733, mort à Witteraberg l'an 4808. Après avoir fait ses études à Leipzig, il devint professeur surnuméraire de philosophie dans cette ville. 11 professa ensuite a Wittembcrg la poésie et l'histoire. Parrqi ses ouvrages, nous citerons : 1° Histoire de rEglise chrétienne; Leipzig, 1708-4803 , 35 vol. in-8»; elle s'étend depuis l'origine du christianisme jusqu'à la réformation ; on a loué dans cet ouvrage une grande impartialité ; — 2° Histoire de t Eglise chrétienne depuis la réformation ; ibid., 1804-1812, 10 vol. in-8»; ces deux écrits sont en allemand; les IX' et Xe vol. de ce dernier ouvrage ont été rédigés, après la mort de l'auteur, par le docteur Tzschirner, qui, dans le X«, a donné une Vie de Schrœckh remplie de détails intéressants; — 3" Historia relioionis et Eccle*ia> christiatut adumbrata ; Berlin, 1777. in-8»j 1831, 0* édit. Les Notices sur la vie de Schrœckh les

fdus authentiques sont un article qu'il a fourni ui-méme au Magasin de Beyer pour le clergé . 5 vol., part. Il , et quatre articles du professeur Pcelitz , imprimés dans le Journal der Freimûthigen, &nn. 1808, et celle qui se trouve dans le tom. X de son Hist. ecc/ès. Voy. Feller. Michaud, Biogr. univers. La Nouv. Biogr. génér.

I. SCHRŒDER (Jean-Guillaume), prolestant, fils du suivant, né à Marbourg en 4726, mort l'an 1793. était professeur de langues orientales et d'antiquités hébraïques dans sa ville natale depuis 1755. On a de lui : Observa tionum philosophirarum criticarumque in difficiliora qûuedatn psalmorum loca Fascicu/ns ; Le y de, 4784, in-8». Vou. Michaud, Biogr. univers.

II. SCHRŒDER (Jean-Joachim), protestant, père du précédent et du suivant, né à Neukirchen, dans le landgraviat de Hesse-Cassel, en 1080, mort à Marbourg l'an 1750, fut un savant distingué par ses connaissances dans les langues orientales, et particulièrement dans l'arménien, qu'il commença à étudier sous G. Otho, professeur à Marbourg; mais dans laquelle il se perfectionna plus tard par les leçons qu'il reçut d'un savant docteur nommé Thomas, archevêque de Golthen, dans la grande Arménie, et qui était venu avec son neveu Luc Nouridjan pour établir une imprimerie arménienne à Amsterdam et y publier des éditions du Nouveau Testament et d'autres livres saints pour l'utilité de sa nation. Schrœder a laissé une

J grammaire arménienne intitulée : Thésaurus ingtue armenicte antiquœ et hodiema; Amsterdam, in-44. Il a mis en tète une Dissertation fort curieuse sur l'antiquité, les révolutions, la nature et l'usage de la langue arménienne. La Grammaire de Schrœder, disait en 1825 Saint- Martin, juge des plus compétents en cette matière, est encore la meilleure et la plus savante qui ait été faite jusqu'à ce jour, et c'est la seule dans laquelle on puisse prendre des notions exactes de la langue arménienne : il eût été à désirer seulement qu'il fut entré dans de plus giands détails sur ce qui concerne la syntaxe. A la suite de son livre, Schra>der donne un Traité fort curieux sur la musique et la prosodie des Arméniens. Sa Grammaire abrégée de l'idiome vulgaire des Arméniens, contient aussi des renseignements intéressants.

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Voy. Saint - Martin , dans la Bivyr. unicers.de Michaud.

III. SCHRŒDER (Nicolas-Guillaume), fils du précédent, né à Marbourg en 1721. mort l'an 1798, était professeur de grec et de langues orientales à Groningue , où , au lieu du grec, il enseigna les antiquités hébraïques. On a de lui, outre divers opuscules académiques, une excellente Grammaire hébraïque intitulée : Institut innés art J)mdamenta lingiup hcbivBfe; Groningue, 1 768, in-8°; ouvrage complet en son genre, écrit avec un esprit philosophique ; ce qui en Tait surtout le grand mérite, c'est une Dissertation sur la syntaxe qui y est joint. Voy. Michaud , Biogr. univers,

SCHRYVER. Vou. Graph.kus.

SCHODT (Jean-Jacques), un des principaux du collège de Francfort -sur-le-Mein , mort en 1722, a laissé : Judœus christicida gravissime peccans et vapulans, sivc perspicua et so/ida démonstratif» cœdem et resurrectionem Jesu Nazareni veram esse causam pressentis tum diuturni Judaforwn exilii , omnisque iltorum miseriœ originem ; cumque appendice dissertatiotnsp/iilolagicat ejusdem argumenti; Francfort. 1708, in-8°. Voy. le Joum. des Savants, 1701, p. 182, 1M édit., et p. 141, 2* édit. Richard et Giraud, qui font ressortir en deux mots la force de l'argument de l'auteur.

I. SCHDLTENS (Albert), protestant, né à Groningue en 1686, mort à Leyde l'an 1750, passa a juste titre pour le restaurateur de la littérature orientale dans le xvni* siècle. Destiné par ses parents au ministère évangélique, il joignit à l'étude de la théologie celle du grec et de l'hébreu. Pour se perfectionner dansl hébreu, il apprit le chaldéen, le syriaque et l'arabe. A dix-huit anSj il eut avec Jacques Gousset une dispute publique , dans laquelle il soutint, contre le sentiment de ce célèbre professeur, que l'étude de l'arabe est indispensable à quiconque veut savoir l'hébreu à fond. En 1711,* il fut nommé pasteur de l'église de Wassenaer; mais son goût le portant vers la carrière de renseignement, il quitta ce poste deux ans après pour la chaire des langues orientales de l'académie de Franeker. 11 en prit possession par un discours dans lequel il indiquait à ses auditeurs les véritables sources où I on peut étudier I hébreu. C'était une nouvelle attaque contre le système de Gousset , lequel prévalait alors dans les académies, et qui consistait à dire que l'hébreu étant une langue toute divine, elle ne peut avoir aucun rapport avec les dialectes purement humains, et qu'on ne doit pas en éclaircir les difficultés avec le secours des autres idiomes orientaux. Eu combattant ce paradoxe, qui mérite, en effet, d'être réfuté, Schultens a défendu les droits les plus sacrés de la saine critique; mais, d'un autre côté, au nom de celte même critique, on peut lui reprocher d'avoir dépassé le but, en expliquant violemment par l'arabe une foule de mots pour lesquels la langue sainte offre par elle-même des ressources suffisantes. D'ailleurs il sera toujours vrai de dire que, si, pour la syntaxe, l'arabe fournit à l'hébreu plus de secours que le chaldéen et le syriaque, il en est tout autrement pour la signification des mots. C'est du moins ce que nous avons soutenu il y a plus de trente ans , avec l'approbation de l'orientaliste par excellence, notre ancien maître, feu Silvcstre de Sacy, et c'est ce que confirment en partie les paroles suivantes, qui sont de lui : c bchultens, sous prétexte de rendre toute l'énergie des mots arabes, énergie qui n'est le plus sou-

vent qu'imaginaire, a parfois traduit d'une manière gênée, obscure et même peu exacte. Sa traduction des six premières Séances de Hariri en est une preuve, et son exemple a entraîné quelques orientalistes dans une voie peu sûre pour bien pénétrer dans le vrai sens des écrivains arabes. Ce même système a eu beaucoup d'influence sur ses traductions des Proverbes et du livre de Job, et on ne doit faire usage de ses observations philologiques qu'avec une sage réserve (Biogr. univers, de Michaud, art. Schultens (Albert), note 2. » Parmi les ouvrages de Schultens, nous citerons : 1° Origines hebrace she linguos hebrace antiquissima natura et indoles ex Arabice penetralibus revocatar; Franeker, 1724- 1738, 2 vol. in-4»; — 2« De Defectibus hodiernat linguœ hebrœar; ibid., 1731 ; nouv. édit., Leyde, 17bl, vol. in-4°; ouvrage qui peut être considère comme une suite du précédent ; — 3» Instituâmes art fundamenta linguœ hebraicœ, quibus via panditur ad ejusdem analogiam vindicandam et restituendam ; Leyde , 1737 ou 1756, in-4°; — 4* Commentarius in librum Job , cutn nova vtrsione; ibid., 1737, 2 vol. in-4°; il a été traduit et publié en français-, ibid., 1748; — 5° Vêtus et regia via hebraizandi contra nooam et meta' physicam kodiernam; ibid., 1738, in-4°; dans cet opuscule, Schultens prétend que c'est par l'étude de l'arabe qu'on doit parvenir à la connaissance de l'hébreu ; — 6° Excursus très continentes stricturas ad dissertationem historicam de lingua primava, elc; ibid., 1739, in-4»; — 7°Pmverbia Salonumis rum versione intégra et comment ario ; ibid., 1748, in-4°; la version a été traduite en français ; ibid., 1752, in-4°, et le commentaire abrégé par Vogel ; Halle, 1769 et 1773, in-8"; — 8° Opéra minora, auimadversiones in Jobum, et varia Veter. Testam. loca; nec non varias dissertationes et orationes complectetttm ; ibid., 1769. in-40; ce recueil, dont le fils de Schultens fut l'éditeur, ne contient que des Opuscules imprimés déjà séparément. Les Hemarques sur Job avaient été publiées par Reland; Ulrecht, 1703, in-8°; et les Observât, philolog. sur différents passages de l'Ane. Test.,

Ear Hemsterhuys; Amsterdam, 1709, in-4°; — . » Commentaires sur plusieurs livres de l'Ancien Testament; — 10° Grammaire araméenne; — 11° Dictionnaire hébreu; ces trois derniers ouvrages sont restés manuscrits; seulement quelques feuilles de la Grammaire araméenne étaient imprimées quand l'auteur est mort. Voy. Vricmoet, Éloge de Schultens, dans A thenaj Frisiaca>, p. 762-771. Michaud, fiio^r. univers. La \'otw. Biogr. génér.

H. SCHDLTENS (Jean-Jacques), protestant, fils du précédent, né à Franeker en 171G, mort l'an 1778, fut dirigé dans ses études par son

f>ère , et nommé à la chaire de théologie et de angues orientales de l'académie de Herborn. On a de lui, outre de nouvelles éditions de quelques ouvrages de son père : 1» De Vtilitate (lialectorum orientalium ad tnendam inteyritatem Codicis hebrm; Leyde, 1742, in-4'; c'est le discours qu'il prononça à la prise de possession de sa chaire à l'académie de Herborn; — 2° De Fructibus in theologiam redundantibui e.r peritiore linguarum ortentalium cognitione; c'est encore un discours qu'il prononça en 1749. pour l'ouverture de son cours, à l'académie de Leyde, où ses talents venaient de le faire appeler. Il faut remarquer que Jean-Jacques, à l'imitation d'Albert, son père, exagérait 1 utilité de l'arabe et des autres langues orientales pour l'explication des saintes Écritures. Voy. Michaud, Biogr.

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SCHULTET (Daniel-Séverin), protestant, flls de Joaehim, ministre de l'Évangile à Hambourg, né dans cette ville vers 1615, mort l'an 1712, était un homme d'une grande érudition. Il parcourut les principales universités d'Allemagne, et suivit les leçons des célèbres professeurs qui y enseignaient la théologie. Il avait pour la controverse un goût particulier; pour pouvoir s'y livrer, il refusa tout emploi. Il attaqua toutes les communions, écrivit contre les catholiques, les réformés, les anabaptistes, les sociniens, etc.; et eut affaire en même temps à Bossuet, à Jurieu. à Pictet de Genève. On a de lui un grand nombre d écrits, tint en allemand qu'en latin; nous citerons seulement : 1' Antidutagma quo probntur dwtnnam a Jacobo Benigno Bossueto, episcotioCondomensi, expositam, et ab Innocentio, pontifice romano, egregie taudatam , admitti non passe , etc.; 1084, m-4»; — 2* Efncrisis ad articulas Argentinenses nuperos unionem Eeciesia? f m» '/'■/>' <v et romano- ratholicae concernentes ; 4686, in-8»; — 3» Diayraphice rerum fidei inter evangelicos reformatos et rumano-catholicm controversarttm ; 1686, in-8»; — 4° Animadversiones ad nuperum scriptum Pétri Juriati theologi , professoris Boterodamensis , unionem Ecclesiat evongelirm et reformata concernentes ; 1687, in-8»; — 6» Judicium supremum a Dco luculentissime atque ufterrime faction in teripturis prophetarum atque apnstolorum de causa evangeticam inter reformatamque Ecclesiam disceptata, ad démon i trandam d'tctrina* evangelica veritatem et ad promovendum piam protestantium harmoniam ex hebrœo, grteoeque fonte exhibitum, et D. Phil. Jac. Spenero inscriptum; 1689, in-8»; — 6» Panoplia; 1691 ; — 7» Stereoma doctrina evangeitcœ; 1692, in-8»; — 8° Iterata Ecclesiat reformata; hwitatio ad pium in doctrina fidei consensvm ; 1697 ; — 9° Disceptatio arnica cum Benedicto Ptcteto, theolof/n Genevensi ; 1099;— 10» Assertio amplissima dtvinte gratiar; 1701: — 11° Univcrsalissimi refbrmati Dtscustio; 1703; — 12» Paraphions continua ht Sovum Testamentum, a Vm. Mich. Borcholto, gymnasii Lunebwqensis professore, cum observai ianibus, 1720, in-fol. Voy. relier, Biogr. univers.

SCHULTING (Corneille), en latin Schultingius, professeur de théologie à Cologne, et chanoine de Saint-André, né a Steenwyck. dans l'Over- Yssel, vers 1510, mort à Cologne on 160i, a laissé plusieurs ouvrages, dans lesquels il montre beaucoup de savoir et assez de critique; on remarque surtout : l*Confèssia Hieronymiana, ex omnibus B. Hieronymi operibus collecta; Cologne, 1585, in-fol.; — 2° HMMheca ecclesiastica , seu commentaria ancra de exposition? et illustratione Missatis et Breviarii; ibid., 1599, 4 vol. in-fol.; il y fait voir l'antiquité des offices de l'Église, et combat les liturgies des protestants; — 3" Ecclesiastica disciplina' Lib. VI de canouica et monasticu disciplina; ibid., 1599, in-8»; — 4° Thésaurus antiquttatum ecctesiasticarum; ibid., 1601, 7 vol. in-12; — 5° Bibliotheca cathotien , contra theotogiam calvinianam; ibid.,

in -4° ; — 6° Hierarchica Anacrists,

seu animadversionutn et variarum tectionum lib. A 17, ndversus catvinistas ; ibid., 1604, in-fol.; l'auteur y donne une liste raisonnée des colloques que les différentes sectes des protestants ont tenus entre eux, et montre combien Us sont différents des synodes de l'Église catholique. Voy. Sweert, Amena Belgica. Le iiire,Scriptor. sœculi xvii. Hartzheim, Biblioth. Colon. Paquot, Mémoires pour sertir à l'Hist. littér. des Pays- Bas, tom. XVIII. Itichard et Giraud. Fellèr, Biogr. univers. La AW. Biogr. yénér.

SCHUPART (Jean-Godefroi), protestant, né à Heinsheim en 1077, mort l'an 1730, professa la théologie et la philosophie au collège de Hall en Souabe, devint pasteur 4 Heilbronn, conseiller consistorial , premier professeur de théologie , et premier surintendant à Giessen. On a de lui plusieurs dissertations estimées, entre autres : 1° une sur le Chiliasme, ou l'opinion des millénaires avancée par Nepos ; — 2» sur l'Année du jubilé des Hébreux, contre Richard Simon; — 3° sur la lapidation des Juifs; — 4" plusieurs sur la secte des Caraites, intitulées : Sec ta Kameorum dissertationibus aliquot historico - philologids sic adumbraia e codicibus manuscriptis , ut plurimum ortus , progressus oc dogmata ejutdem prœcipua eruta compareant, in-4». Voy. Richard et Giraud.

SGHURMANN ( Anne-Marie de), femme célèbre par son savoir, née à Cologne en 1607, morte à Wiewert , dans la Frise , 1 an 1678. Ses parents professaient la religion réformée. Tout enfant elle manifesta des dispositions extraordinaires et un génie universel. Elle fit comme en se jouant ses humanités : le latin, le grec et l'hébreu lui devinrent familiers; elle apprit même le syriaque et l'arabe, et composa une grammaire éthiopienne ; enfin elle entendait sans peine le français, l'anglais et l'italien. Elle avait étudié de plus la géographie, l'astronomie, la philosophie, de manière à pouvoir en parler avec discernement. Toutes ces connaissances étaient soutenues par une modestie incomparable , et par un amour extraordinaire pour la retraite , 1 étude et la prière. Elle s'était retranché les plaisirs les plus innocents; elle pratiquait une grande abstinence. Cependant, en 1699, elle s'attacha à Lahadie , fanatique qui de jésuite se fit calviniste, et le suivit dans ses courses jusqu'à sa mort ( Voy. Labadik ). On a d'elle : V De vitœ humana termina Epùtola ; Leyde . 1693, in-4»; — 2» De ingenii muhebris ad doclrmam et meliorei iitteras Aptdudme ; ibid., 1641, in-8» ; trad. en français par Colletet; Paris, 1646, in-8»; — 3° Opuscula hebraa, grava , latina, gatlica; ibid., 1648, 1650. petit in - 12 . Utrecht, 1652, in-8»; Leipzig, 1794, in-4»; — 4° Eukléria, seu mêlions partis electio brevenj reltgionts ac vitas ejus delineationem exhtbens : Altona, 1673, in-8»; c'est une défense des doctrines de Labadie , laquelle a été fort attaquée ; — 5» deux Ijettres, traduites du flamand en français par M"' Zonteland; Paris, 1730, in-12 : l'une sur le miracle de la prédestination, l'autre sur le miracle de l'aveugle-né. Koy. Nicéron, Mémoires, tom. XXXUI. Moréri, Diction, htstoi . Paquot, Mémoires pour servir à l'Histoire littéraire des Pays-Bas , tom. XVIII. Feller. Michaud, Biogr. univers. \j& iïnuv. Biog. yénér.

I. SCHURTZFLEISCH ( Conrad - Samuel ) , littérateur et orateur, né à Corbach , dans le comté de Waldeck en 1641, mort l'an 1708, professa successivement l'histoire, la poésie, la langue grecque, et l'éloquence à l'université de Wittemnerg. Il fut aussi conseiller et bibliothécaire du duc de Saxe-Weimar. Outre un grand nombre d'ouvrages sur l'histoire, la poésie, la critique et la Uttératnre. on a de lui : Historié ecclesiastica, in qua Ecclesiat status, Imperatores , Pontifices, Patres, viri docti, hmretici, ac schitmatict, ritus, concilia et synodi exponuntur...; in-4». Voy. Nicéron, Mémoires, tom. I et X.

II. SCHURTZFLEISCH ( Henri - Léonard ) , frère du précédent, et professeur ordinaire en histoire à l'université de Wittemberg, a laissé, entre autres ouvrages : 1» Histona hnsiferorum Ordinis teutonki Livonorum; in-8»; — 2» Annus

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Rnmtmorum juUanus , libro commentario illustra' tus, cum rationibus et tabulis compluribus ad prœsentem statum teculumque accommodatis : ac~ resserunt f".sti marmorei et calendarium Constantin imperatoris, ex tribus codicibus inter se col~ Mis, Hertearsiano, Bucheriano et Lambeciano desumptum , cum animadversionibus quee in explanandis rervm romanorum scriptoribus , usui esse posswit, mm indicibus; in-4* ; — 3* Roswitat dlustris virginis nalione Germanica, génie Saxonicce ortat, in monasterio Gandesheimensi quondam religiosre opéra... édita ab H. Léon. Schurtzfleischiu; in-4"; — 4° Epistnla qua inter se '•onferuntur rutiones Eusehti et mannores Aruntlelliani: Wittemberg , 1705 , in-4». Foy. 1 des Savants . 1702, 1 706 , 1710 et 1716. Michaud, Biogr. univers.

SCHUTZEN, professeur à Leiprig, a donné : Apparatus curtosus et practicus, continens raras annotationes theologicas , observationes philologi~ ras, historicas et philosophicas , etc. Voy. le Journ. de* Savants, 1710, p. 160, 1" édit., et p. 145, 4> édit.

SCHWARTZ (Pierre), en latin Niger, dominicain allemand, mort vers 1481 à Bade, reçut une forte éducation, et se rendit habile dans la plupart dos connaissances humaines, en fréquentant les universités de Montpellier, de Salamanque, de Fribourg et d'ingolstadt. En Espagne il s'instruisit à fond des lois et des coutumes des Juifs, et apprit à parler l'hébreu de ma- ! a « Ire en état, en 1474 , de discuter à Ratisavec quelques rabbins sur les dogmes de la religion. A cette époque il professait la théologie à Wurtzbourg, d'où il fut appelé en Hongrie

Kur être placé a la téte du collège de Rude, usieurs des écrits de Schwartz ont été perdus : on n'en connaît plus que deux : Tractatus ad Jitdtrorum perfidiam exttrpandtim confectus; Essling. 1475, in-fol.; Nuremberg, 1477, in-fol.; trad. en allemand sous le titre de : Stella Messiar ; Essling, 1477, in-4« ; c'est le premier livre où on ait trouvé des caractères helireux; il est consacré à la discussion théologique , laquelle dura sept jours, entre Schwartz et les rabbins de Ratisbonne : — 2° Clypeus thornistarum ; Venise, 148*2, in-fol.; traité composé à la demande du roi de Hongrie Matthias. Voy. Êchard et Quétif, Scnptor. Ordin. Pradic., tom. I, p. 861 et suiv. La Souv. Biogr. génér.

SCHWARZEL (Charles), théologien allemand, né en 1746. mort Van 1812, était fort attaché aux réformes de Joseph II, et , ayant été nommé successivement professeur de théologie à Inspruck et à Fribourg en Brisgau , où il était en même temps curé , il ne tint pas à lui de faire prévaloir la même doctrine dans son école. Il

refusa le serment ordinaire sur l'immaculée conception de la sainte Vierge, et encourut le blâme des personnes sages et pieuses. Il était au reste alors soutenu par la cour de Vienne, qui désirait et favorisait les nouveautés. En 1798, Schwarzel donna sur la validité des sacrements administrés par des prêtres assermentés une consultation qui lit du bruit, parce qu'elle favorisait les constitutionnels. De son t-ùté le gouvernement, dont le système était bien changé depuis la mort de Joseph II, blâma la consultation, et fit réprimander Schwarzel. On a de cet ecclésiastique : 1° Elenchus sanctrtrum Patrum; 1790; — 2° Prœlectiones theologteo- polemictr ; 1781; — 3° Introdurtion à 'la théologie pastorale; — 4° une Catédtétique ; — 5» une Traduction des psaumes en vers allemands; — 6» une Traduction latine des Actes de rassemblée de Florence en 1787, 6 vol.; —

7° une Traduction de la Lettre pastorale de IVchevéque de Tours, M. Rastignac, sur la justice chrétienne par rapport aux sacrements de pénitence et d'Eucharistie. Voy. Feller, Biogr. univers.

SCHWECTZER (Jean), de l'Ordre des Augustins , né en Allemagne , vivait au xvu* siècle. On a de lui : 1* une Dissertation théologique de la suffisance et de la nécesnti1 du sacrement de pénitence, et du secours de Dieu pour obtenir la rémission du péché; Cologne , 1678; — 2° Apologie pour les consciences faibles ; ibid., 1682; — 3° un Traité de T essence , de la division et des effets de la prédestination , selon les principes de saint Augustin ; ibid.

SCHWEDENB0RO. Foi/. Swedenborg.

SCHWENCKFELD (Gaspard de), né en 1490 au château d'Ossing, dans la Silôsie, mort à Ulm l'an 1561 , fut fondateur d'une secte religieuse. Il cultiva dans sa jeunesse les lettres et la théologie. La connaissance des langues lui facilita la lecture des livres sacrés et des Pères grecs , auxquels il s'attacha particulièrement, il embrassa l'état ecclésiastique, et fut pourvu d'un canonicat du chapitre de Liegnitz. 11 se montra d'abord favorable â la réforme religieuse, et ne négligea rien pour accroitre le nombre de ses prosélytes ; mais , devançant bientôt Luther dans la carrière qu'il avait ouverte, Schwenckfeld lui reprocha de ne s'attacher qu'à corriger quelques abus dans les cérémonies, et de négliger le solide. Luther le fit bannir en 1517 de fa Silésie. Schwenckfeld parcourut dès lors l'Allemagne en fugitif; mais il n'eu continua pas moins de répandre ses erreurs, et de

Fagner des partisans. Il prêta quelque temps appui de son nom et de ses talents aux anabaptistes , mais il s'en sépara bientôt pour former une nouvelle secte. Il n'admettait pas que les Livres saints aient été inspirés; il prétendait que Dieu se communique à chaque homme en particulier, et enseignait que Jésus-Christ avait apporté son corps avec lui du ciel , et qu'après son Ascension, son humanité était devenue Dieu. 11 sut éviter le choc des controverses T en posant en principe que la dispute ne convient pas aux hommes , qui doivent attendre dans la paix et le silence des lumières de Dieu seul ; il voulut aussi ménager à la fois les catholiques et les protestants , mais il ne put les empêcher de se réunir contre ses idées. Cependant l'austérité de ses mœurs, son extérieur pieux, et l'air de conviction qu'il mettait dans ses discours, lui rattachèrent la plupart des spiritualistes de l'Allemagne. 11 a publié un grand nombre d'opuscules en latin et en allemand qui sont devenus très -rares, attendu qu'ils furent défendus et supprimés à l'époque de leur publication. Quelques-uns des disciples de ce fanatique ont publié le recueil de ses Opuscules et de ses Lettres, de 1564 à 1570, 4 vol. in-fol. Moréri en cite une édit. de 1592, 4 vol. in-4«. Nous donnerons ici les titres de ceux qui ont fait le plus de bruit en France : 1» De Statu, officia et cognttione Christi; 1546, in-8"; Flacius IUyricus en a donné une traduction allemande ; Francfort, in-8°; — 2° Epistola plena pietatis de dissenskme et duudicatione opxnionum Lutheranœ et Zwinglianœ m artkulo de eœna Domini, deque altis multis doctrinal capitibus, 1554, in -4°; — 3* Quœstiones aliquot de Ecclesia christiana, 1561 , in -8°. Voy. J.-J. Jan, Novissima Schwenckfeldianorutn Confessio; Wittemberg, 1726, in - 4a. Moréri, Diction, histor. Vogt, Catalog. libror. rarior. Schlusselbourg , Cataiog. hêtre ticor. Michaud, Biogr.

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SCHWENCKFELDIENS. C'est le nom qu'on a donné aux disciples de Schweuckfeld. Voy. l'art, précéd.

SCHWERIN (Sutri num), ancienne ville épisc. d'Allemagne, située sur un lac de même nom, dans le duché de Mecklcmbourg, dont on lui transporta l'évôché vers l'an 1190. Ses prélats étaient princes de l'empire , et maîtres en parlie de leur ville; mais, s'étant faits protestants dès 1530. les ducs de Mecklembours-Schwerin tirent ériger leur domaine en duché. L'évèché de Schwerin fut supprimé à la paix de Westphalie, en 1648. Voy. de Commanville, /" Table alphabet. , p. 228-224. Gaet. Moroni. vol. LX1I, p. 178-170.

SCIAARCHADATA ou SCIAARKARDA, évèché de la province de Garme ou Ret -Garnie, au diocèse des Chaldéens. I )n en connaît deux évèques, dont le premier, Narsès, fut martyrisé durant la persécution de Sapor, roi de Perse, et le second, Barsabas, fut disciple du catholique Mar-Aba. Voy. Lequien , Oriens Ckrùt.j tom. Il, p. 1841,

SCIADRA, évôché maronite, situé vers le mont Liban. On n'en tonnait qu'un évéque, Jean, qui siégeait au xvir siècle. Voy. Lequien, Orient Christ., tom. III, p. 98.

SCIAHARZUL, SCIAHRAZDR. Voy. Saharzur.

SCIALAC ou SCALACK (Victorius), religieux maronite, né au mont Liban, vivait à Rome au commencement du xvn* siècle, et il y enseignait les langues orientales, la philosophie et la théologie. On a de lui : 1° une version latine des Liturgies attribuées à saint Dasile, a saint Grégoire de Nysse et a saint Cyrille d'Alexandrie; Augsbourg, 1604; — 2° un Catéchisme traduit en arabe; Rome, 1613; — 3° une traduction latine du Targttm chaldaîque sur le livre de Job; ibid., 1618; — 4° une traduction des Psaumes d'arabe en latin , en collaboration avec Gabriel Sionite; ibid., 1614 et 1619; — 5" Intmiluctin ad yrammatiram arabicam; ibid., 1622. Voy. le P." le l.ong, Riblioth. sacrée, in-fol.

SCIARA. Voy. Schiaiu.

SCIATHI ou SKIATHI (Sciathos), Ile de la mer Egée, située à l'entrée du golfe de Salonique, avec titre d'évèché sulfragaut de Larisse. Elle avait autrefois deux villes, niais aujourd'hui elle n'est uuère habitée que par des raloyers ou moines grecs, parce qu'elle est fort sujette aux incursions des corsaires. L'évèché de Sciathi a été uni à celui de Scopélo. On n'en connait que deux évèques, dont le premier, Demetrius, siégeait au commencement du vi» siècle, et le second . Joseph , évéque de Sciathi et de Scopélo , fut élu l'an 1721 . Voy. Lequien , Orieas Christ., tom. II, p. 123.

SCIE. Le supplice de la scie était assez commun dans l'antiquité; car Parisatis. roi de Perse , fit scier en deux Proxante toute vivante. Valère Maxime assure que les Thraces sciaient quelquefois par le milieu des hommes vivants. Il parait, par les lois des Douze Tables, que ce supplice était imposé pour certains crimes; cependant Aulu-Gelle dit que l'exécution en était si rare , qu'on ne se souvenait pas de l'avoir vu pratiquer. Hérodote raconte que Sabacus, roi d'Egypte , reçut ordre en songe de scier en deux tous les prêtres de l'Egypte; et on sait par Suétone que l'empereur Gains Gdigula condamna souvent des gens de condition à être sciés en deux par le milieu. Il parait que le prophète Daniel fait allusion à ce supplice (Dan., xm. 56) lorsque, parlant à l'un des accusateurs de la chaste Susanne, il lui dit que l'Ange do Dieu

le scierait par le milieu {scindet te médium). Mais le II' livre des Rois, et, dans les Bibles hébraïques, le II* de Samuel (xil, 31), est tout a fait explicite , car il nous apprend que David s étant rendu maitre de Rabbath, capitale des Ammonites, fit scier les habitants; littér. selou l'hébreu : tes fit mettre à la scie. Voy. Ctesias, in Persic. Valer. Maxim., I. IX. c. il , exempl. IV, extern. Aulus Gell., Noct. Attic. I. XII. c. II. Herodot., 1. XI, c. xxxvn. L>. Calmet, qui, dans son Diction, d? ta Bible, cite plusieurs autres exemples. J.-B. Glaire, Introduction, etc., t. II,

L SCIENCE DE DIEU. Cette expression a des significations différentes, selon qu'on la

(irend dans le sens actif ou dans le sens passif. . Prise dans le sens actif, la science de Dieu est l'attribut par lequel Dieu connail toutes choses. Or cette science de Dieu est très-différente de la nôtre , comme l'observe saint Augustin ( Ad Sirnplic, I. II, q. il); mais nous sommes forcés de nous servir des mêmes termes pour exprimer l'une et l'autre; nos connaissances sont des accidents ou des modifications qui nous arrivent successivement , et qui produisent un changement en nous. Dieu , au contraire , de toute éternité, a tout vu et tout connu pour toute la durée des siècles; aucune pensée, aucune connaissance ne peut lui arriver de nouveau ; il ne peut rien perdre , ni rien acquérir , puisqu'il est immuable. Dieu, disent les Pères de l'Église, a prévu les événements, puisque c'est lui qui les a dirigés comme il lui a plu ; il n'a pas fait les créatures sans savoir ce qu'il faisait, ce qu'il voulait, et ce qu'il pouvait faire ; s'il ne connaissait pas toutes choses, il ne pourrait pas les gouverner, nous aurions tort de lui attribuer une providence : « Il appelle, dit saint Paul , les choses qui ne sont point, comme celles qui sont (Romains, iv, 17). Dans les objets de nos connaissances nous distinguons le passé, le présent et le futur; à l'égard de Dieu tout est présent, rien n'est passé ni futur, parce que son éternité correspond à tous les instants de la durée des créatures. Mais, pour soulager notre faible entendement, nous distinguons en Dieu autant de sciences différentes que nous en éprouvons en nous-mêmes. En conséquence les théologiens distinguent en Dieu: 1° la sriencr dr simple intelligence, par laquelle Dieu voit les choses purement possibles qui n'ont jamais existé, et qui n'existeront jamais. 2° La science d? vision , par laquelle Dieu voit tout ce qui a existé, tout ce qui existe ou existera dans le temps, par conséquent toutes les pensées et toutes les actions des hommes, présentes, passées ou à venir, et le cours entier de la nature. Cette science , en tant qu'elle regarde les choses futures . e>t appelée prévision ou prescience (voy. Prescience). 3» Quelques théologiens admettent encore en Dieu une troisième science, qu'ils appellent science moyenne ou science rfe» futurs conditionnels, parce qu'elle semble tenir un milieu entre la science de vision et la science de simple intelligence , et parce que son objet serait toutes les choses qui existeraient , supposé que quelque condition eût lieu. Mais cette troisième science parait inutile ; car la condition sera posée, ou ne le sera pas ; dans le premier cas, l'objet de cette science appartient à la science de vision; dans le second, elle est du ressort de la science de simple intelligence. Quoi qu'il en soit de cette question, Dieu étant un être souverainement parfait, la connaissance qu'il a des choses doit être et est réellement infinie et parfaite, c'est-à-dire 1° certaine et m-

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faillible, parce que la Divinité ne peut être sujette à l'erreur; 28 compréhensive , parce que rien, dans aucun objet, ne saurait échapper à sa pénétration ; 3» universelle , parce qu'elle s'étend à tout ce qui peut être connu; 4° trèssimple, parce que Dieu connaît parfaitement tout d'un seul et même acte, et san3 le secours du raisonnement; 5° immuable , parce que Dieu ne peut ni perdre aucune connaissance , ni en acquérir de nouvelles. Aussi lisons -nous dans les Livres saints : Dieu voit les extrémités du monde, et considère tout ce qui est sous te ciel (Job, XXViii, 24). Je sais, Seigneur, que vous pouvez tout, et qu'aucune pensée ne votif est cachée (ibid., xlïi ,2). Celui qui sait tout est routeur de la sagesse ( Baruch , m, 32). Vous connaissez, Seigneur, ce qui a précédé et ce qui doit suivre... Votre science est admirable pour moi, elle est immense, et je ne puis u atteindre (Vs. cxxxvm, 5). Le Seigneur est le Dieu de la science , et les Itetisées des hommes lui sont connues d'avance ( I Rois, II, 3). 0 profondeur des trésors de ta sagesse et de la science de Dieu, etc. (Rom., xi, 33)! Voy. le Diction, ecclés. et canon, portatif. Berner, Diction, de théologie. — II. La science de Dieu, prise dans le sens passif, peut marquer, comme la science du salut et la science des saints, les connaissances que Dieu donne, et qui ont pour objet les choses saintes ou d'arriver à la sainteté (Ecclésiastique, ix, 10). La science qui n'a pas pour objet la gloire de Dieu et le salut des nommes, enfle, dit saint Paul; et la charité seule, c'est-à-dire cette science humble, mais pure et solide, qui proportionnait cet apôtre à ceux qui ('écoutaient , édifie (Il Corinth., XI, 6). Le Sauveur reproche aux pharisiens d'avoir pris la clef de la science , et de n'entrer, ni laisser entrer les autres dans le royaume des cieux. Les pharisiens faisaient une vaine ostentation de leurs connaissances, en chargeant la loi de traditions qui étaient toutes opposées à la volonté de Dieu ( Luc , xi, 52).

II. SCIENCE DE JÉSUS- CHRIST. Jésus- Christ, Dieu et homme tout ensemble, avait une intelligence divine et une intelligence humaine. Son intelligence divine, n'étant autre que celle de Dieu , possédait une science infinie. Son intelligence humaine possédait toutes les connaissances que peut comporter une créature raisonnable ; car saint Paul nous enseigne dans son Épitre aux Colossiens (il , 3) que tous tes trésors de la sagesse et de la science ont été renfermés en lui. Des le premier instant de sa création, l'àme humaine de Jésus-Christ possédait toute science. Néanmoins, pour mieux se conformer au monde qu'il était venu instruire , elle paraissait grandir avec les années, et ne se montrait au dehors que dans une certaine mesure. Jésus-Christ, selon l'opinion commune des théologiens, comme homme jouit dès sa création de la vision béatiflque ; cependant sa science , la connaissance que, comme homme , il avait de Dieu, était nécessairement limitée, parce qu'il n'y a qu'une intelligence infinie qui puisse connaitre 1 infini.

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