‹ Dictionnaire universel des sciences ecclésiastiquesChapitre 893 sur 1294 · IV. SCIENCE DU SALUT. Voy. Science de Dieu · texte numérisé non relu

IV. SCIENCE DU SALUT. Voy. Science de Dieu

V. SCIENCE ECCLÉSIASTIQUE. Nous entendons par cette expression la science que doivent avoir les ministres de l'Église pour bien exercer leurs fonctions. Les canons ont marqué, après la nécessité de la science pour les ecclésiastiques, les choses qu'ils doivent savoir et ignorer ; les moyens qui leur sont fournis pour

apprendre la science nécessaire pour chaque ordre , chaque charge ou dignité ; les peines que méritent les ignorant* qui les reçoivent et ceux qui les leur donnent, et comment finit ou cesse l'irrégularité causée par le défaut de science. 1° C'est l'Esprit -Saint qui nous fait connaitre combien la science est nécessaire aux ecclésiastiques, quand il déclare par le prophète Malachie que les lèvres du prêtre doivent être les gardiennes de la science : l/ibia sacerdotis custodient scientiam (Malach., II, 7). On comprend aisément d'ailleurs la nécessité de la science dans ceux qui sont préposés pour enseigner les autres. Les ministres de l'Église sont tous obligés, en général, de savoir ce qui appartient à leurs fonctions pour les bien exercer, mais l'obligation est plus grande pour ceux qui sont chargés d'instruire les peuples ( Hieronym., in Af/g. et in Epist. ad Paul. ). 2° Les canons ordonnent expressément aux ecclésiastiques de savoir les saiutes Ecritures . la théologie et les canons. Les ecclésiastiques doivent encore apprendre la grammaire , les humanités, la rhétorique, la philosophie, autant qu'ils en ont besoin pour la science de l'Écriture, de la théologie et des canons, l.e concile de Trente dit que les ecclésiastiques doivent connaître aussi le chant , la manière de compter les fêtes mobiles, les bissextes, les jours des mois selon l'usage des Romains , suivi dans le Martyrologe et le calendrier, les cérémonies qui se font dans les offices divins et l'administration des sacrements. Les canons défendent aux ecclésiastiques la lecture ou l'étude des poésies, des vaines subtilités de la dialectique, les inutiles curiosités de la physique, et généralement tous les livres des païens qui ne servent point à réfuter leurs erreurs et leurs superstitions, ou à apprendre les sciences ecclésiastiques. 3° Les moyens que l'Église fournit pour avoir des ministres sont : premièrement l'établissement des collèges pour les langues nécessaires à l'intelligence de l'Écriture êt des conciles, avec deux professeurs dans chaque collège pour enseigner ces langues ; secondement des séminaires pour les clercs, où ils doivent apprendre l'Écriture sainte, la théologie et les canons. L'Église défend d'exiger quoi que ce soit pour la permission d'enseigner; elle veut que ceux qui se préparent aux ordres soient examinés sur leur science par des personnes, qui sachent bien la loi de Dieu et les lois de l'Église, et que les bénéfices a charge d'àmes ne soient donnés qu'au concours. 4° Le droit canon détermine les connaissances qu'on doit exiger pour la tonsure, les ordres mineurs et les ordres sacrés, etc. 5° Les canons décident que l'évèquc qui a ordonné des personnes sans lettres doit détruire lui-même son propre ouvrage, c'est-à-dire déposer ceux qu'il a ordonnés. Ceux qui sacrent des évêques illettrés doivent être déposés avec ceux qu'ils sacrent. Il en est de môme des examinateurs qui ont admis par grâce des ignorants à l'ordination. Les évêques mêmes qui font des prêtres ignorants, doivent être sévèrement punis avec ceux qu'ils ont ordonnés. Le chap. IV, de Tempore ordin., in t>", déclare l'évèquc qui confère la tonsure à un illettré en suspens pour utr an de la collation de la tonsure. 6" L'irrégularité du défaut de science cesse par la dispense et par la science acquise. Mais, selon Gibert, il faut que la dispense ait quatre conditions : 4° que le défaut de science ne soit pas extrême , et que le sujet soit capable d'acquérir la science qui lui manque; 2" que le sujet ne fasse pas de fonctions qui requièrent

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