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dèles? L'imprudence des protestants, qui veulent que l'on mette une Bible entière entre les mains des ignorants et des jeunes personnes, qu'on les expose à lire en langue vulgaire le Cantique fias cantiques et certains chapitres do prophète Ézétrhiel, n'est pas un exemple à suivre. Cela n'est propre qu'à engendrer et à nourrir le fanatisme ; l'expérience ne l a que trop prouvé, et plusieurs protestants ont eu la bonne foi d'en convenir. Yoy. Bergier. Diction, ffa tfwofogie. Covij,ar. aussi son art. Secret des Mystères, où il prouve que le reproche fait par les protestants à Clément d'Alexandrie est directement contraire à l'intérêt de leur doctrine.
SCIENCES HUMAINES. De nos jours, disait Itergier, les incrédules ont poussé la prévention contre le christianisme jusqu'à soutenir que son établissement a nui au progrès des snert'-rs. Si Bergier vivait aujourd nui il ferait sans doute la même réflexion ; car il n'est pas rare de rencontrer de prétendus incrédules qui ont l'air de soutenir cette erreur de la meilleure foi du monde. Or il est incontestable , poursuit avec raison Bergier, que depuis dixsept siècles les sciences n'ont presque été cultivées , ni connues que chex les nations chrétiennes, que les autres peuples sont plongés dans l'ignorance et dans la barbarie. Peut-on , par exemple, comparer la faible mesure de connaissances que possèdent les Indiens et les Chinois avec ce qu'en ont acquis les peuples de l'Europe? Lorsqu'au x* et au XI* siècle les mahométansont eu quelque teinturedesfrtfftce», ils l'avaient reçue des nations chrétiennes, et ils ne l'ont pas conservée longtemps : ils ont fait régner 1 ignorance partout où ils se sont rendus les maitres ; sans les efforts qu'on leur a opposés par principe de religion, les sciences auraient eu en Europe le même sort qu'en Asie : quelques incrédules eux-mêmes ont eu la bonne foi d'en convenir. A la vérité , depuis le rv* siècle de l'Église les sciences n'ont plus été cultivées chez les Grecs et les Romains avec autant d'éclat et de succès qu'au siècle d'Auguste ; mais ceux qui en ont cherché la cause dans l'établissement du christianisme ont affecté d'ignorer les événements qui ont précédé et qui ont suivi cette grande époque de l'histoire. En effet, depuis le règne de Néron jusqu'à celui de Théodose, pendant uu espace de trois cents ans . les pays soumis à la domination romaine furent désolés par les guerres civiles entre les divers prétendant* à l'empire. Au v» siècle, les Goths, les Francs, les Bourguignons, les Huns, les Lombards, les Vandales s'emparèrent peu à peu de tout l'Occident; au vu», les Arabes ravagèrent l'Orient pour établir le mahométisme. Les invasions n'ont cessé dans nos climats que par la conversion des peuples du Nord. Est-ce au milieu de cette désolation continuelle, dont 1 histoire fait frémir, que les sciences pouvaient fleurir et faire des progrès? Les pestes, les famines, les tremblements de terre joignirent leurs ravages aux calamités de la guerre; « eux qui ont calculé les pertes que la population a faites par ces divers fléaux prétendent que, sous le rogne de Justinien, le nombre des hommes était réduit à moins de moitié de ce qu'il était au temps d'Auguste. Or des temps aussi malheureux étaient-ils propres aux spéculations des savants et aux recherches curieuses? Dans tous les cas, le christianisme n'a évidemment pu influer en rien dans les causes de ces révolutions. Loin de mettre obstacle aux éludes, il engageait ses sectateurs à s'instruire, par le désir de réfuter, de convaincre , de con-
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vertir les philosophes qui l'attaquaient; les persécutions mêmes enflammèrent le zèle desPercs de l'Église. Connait-on , dans les trois premiers siècles, des auteurs profanes qui aient mieux possédé la philosophie de leur temps que les apologistes de notre religion? Au IV, lorsque la paix eut été donnée à l'Église par Constantin , il fut aisé de voir si les savants du paganisme avaient des connaissances supérieures à colles des docteurs chrétiens. Julien, ennemi déclaré de ces derniers*, ne sentait que trop bien leur ascendant, lorsqu'il souhaitait que les livres des Galiléens fussent détruits ( Lettre IX à Ecdicius ), et qu'il défendait aux chrétiens d'étudier et d'enseigner les lettres. Aucun philosophe de ce temps-là n'a montré au ta ut de connaissances en matière de physique et d'histoire naturelle que saint Basile dans son Hexamèron, Lactance , dans son livre De Opificio Dci, Théodoret, dans ses Discours sur la Providence , etc. Le meilleur moyen de perfectionner les sciences naturelles était d'établir la communication entre les différentes parties du globe , d'apprendre à connaître le sol, les richesses, les moeurs, les lois, le génie, le langage des divers peuples du monde; nous jouissons actuellement de cet avantage. Mais à qui le devons-nous? N'est-ce pas le christianisme , que les missionnaires ont porté dans le Nord, qui y a fait naître l'agriculture, la civilisation, les lois, les sciences? N'est-ce pas lui qui a rendu florissantes des régions qui n'étaient autrefois couvertes que de forêts, de marécages, et de quelques troupeaux de sauvages? Ne sont-ce pas les missionnaires chrétiens qui ont apprivoisé les barbares , qui nous ont fait connaître les contrées et les nations des extrémités de l'Asie, qui ont décrit le caractère, les mœurs, le genre de vie des sauvages «le l'Amérique? Si leur zèle intrépide n'avait pas commencé par frayer le chemin, personne n'aurait osé entreprendre d'y pénétrer. C est donc à eux que la géographie et les diffère; tes parties de l'histoire naturelle sont redevables des progrès immenses qu'elles ont faits dans ce» derniers siècles. Pour bien connaître les peuples modernes, il fallait les comparer aux peuples anciens : or, il ne nous reste aucun monument profane qui nous donne une idée aussi exacte des anciens peuples et des premiers âges du monde que nos Livres saints. Les savants qui ont voulu remonter à l'origine des lois, des sciences et des arts, ont été forcés de prendre l'Histoire saiute pour base de leurs recherches. Ceux oui ont suivi une route opposée ne nous ont débité, sous les noms d'Histoire philosophique et de Philosophie de l'histoire, que les rêves d'une imagination déréglée, et un chaos d'erreurs et d'absurdités. Partout où le christianisme s'est établi, au milieu des glaces du Nord aussi bien que sous les feux du Midi, il a porté les sciences, les mœurs, la civilisation; partout où il a été détruit, la barbarie a pris sa place. I^es peuples des cotes de l'Afrique et ceux de l'Égypte ont vu la lumière pendant que l'Évangile a lui parmi eux ; dès que ce flambeau a cessé de les éclairer, une nuit profonde y a succédé. La Grèce, autrefois si féconde en savants, en artistes, en philosophes, est devenue stérile pour les sciences. La nature et le climat sont - ils changés? Non , le f:énie des Grecs est toujours le même, mais il a été étouffé sous la tyrannie d'un gouvernement aussi ennemi des sciences que du christianisme. Il a donc fallu perdre toute pudeur, et rejeter toute l'histoire pour oser dire que cette religion a nui au progrés des sciences; sans
elle, au contraire, l'Europe entière serait encore plongée dans l'ignorance qu'y avaient apportée les barbares du Nord. In dés principaux faits qu'allèguent les incrédules que nous combattons, pour prouver que le christianisme est ennemi des sciences, est la prétendue persécution qu'essuya Galilée à cause de ses découvertes astronomiques, et sa condamnation au tribunal de l'Inquisition romaine; mais nous avons suffisamment prouvé à l'art. Galilke, n» II, que cette allégation des incrédules n'est nullement fondée, Galilée n'ayant jamais été 3er»écuté,et l'Inquisition n'ayant pas condamné 'opinion pure et simple du mouvement de la terre et de 1 immobilité du soleil, mais la prétention de donner cette opinion comme une vérité incontestable fondée sur l'Écriture sainte elle-même , et comme étant nécessairement liée à des hypothèses incontestablement erronées , ou au inoins entièrement gratuites. Vnt/. Hergier, 1h>li<m. de tlt&.l.
SCILLITAINS ou SCYLI.ITAINS, nom donné à des martyrs de la ville de .Scilla ou Scylla, Scillita,dans la province proconsuls ire d'Afrique, qui souffrirent sous le régne de l'empereur Sévère, vers l'an 200 de Jésus-Christ. Ces saints martyrs étaient Spérat , Narzale , Gittin , Veturius, Félix, Aquilin , Lactance , et rinq femmes : Donatc, Seconde, Vcsline, Janviére et Généreuse. Leur mémoire était célèbr en Afrique, comme on le voit par le sermon < :ie saint Augustin fit en leur honneur dans ..ne église de Carthage qui leur était dédiée. Vtr.i. Augustin., Serm. CLV. Victor de Vite, Mît. Vandnl., 1. I. Tïllemont, Mémoires. Le Diction, de la thèol. cathol., a l'art MARTYRS SCVLLITAINS. Compar. Spkrat.
SCIN1PHÈS ou CINIPHÈS .comme on lit dans les Septante et la Vuigatc , et Kinntm ou Awnâm , selon que porte 1 hébreu , est la troisième plaie d'Egypte. D'après l'historien Joseph et les rabbins, qu'a suivis Bochart avec la plupart des interprètes modernes, le terme hébreu signifie des poux; mais nous pensons, avec Mich u lis et Rosenmùller, qu'en cette nntière les Septante ont plus d'autorité , et que par conséquent il faut l'entendre d'une espèce de moucherons, comme l'ont entendu Pliilon , Origène et les meilleurs hébraïsants modernes , tels qu'Eichhorn , Winer, Gesenius, etc. On ne sait au juste uelle est cette espèce, car ce n'est que sur es arguments bien faibles que Bochart appuyé son opinion. En effet, il n'est nullement certain que les termes employés dans la paraphrase chaldaïqueetdansles versions syriaque et arabe signifient des poux, ainsi que lont montré Mictiaélis et Rosenmùller; ces termes s'appliquent communément à plusieurs sortes d'insectes dont la piqûre est très-douloui ou^e. En comptant la description qu'ont faite de cet insecte Phi- Ion, Origene, saint Augustin, à celle qu'en ont donnée les voyageurs modernes, il est vraisemblable qu'il s'agit du culex fjulicaris ou lepians de Linnée, auquel on peut rapporter le culex C}/pri minimus subfusrus d'IIasselquist, et le culex molestus de Forskal, que ce voyageur naturaliste dit abonder à Rosette., au Caire et à Alexandrie, et qui ne laissent point dormir si les rideaux ne sont hermétiquement fermés. Les Espagnols appellent ces sortes d'insectes mosr/uites, et nous les nommons nous-mêmes moujtitfjues. Voy. Exode, vin, 10-18. Psaume civ 31. Joseph, Antia., 1. il, c. v, alias xiv, § Philo, De Vita Mosis , I. I, p. G18, alias tom. Il p. 97, edit. Mangey. Origcn., IJomct. M*, alias IVi in Exod. August., ou 1 auteur du livre De Con-