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SICA
ses habits pontificaux, à la vue de la foule effrayée et interdite, qui se rendait à peine compte de ce terrible événement. On a de Mgr Sibour : 1° Institutions diocésaines; Digne et Paris, 1*45, 2 vol. in-8% — 9* Actes de FEglise de Paris , touchant la discipline et l'administration ; Paris, 1854, in -4°. Voy. YEncyclop. cat/iol., au Supplém.
SIBRAND, abbé de l'Ordre de Prémontré, né dans la Frise , mort en odeur de sainteté l'an 1238, a laissé : Vies de saint Sicard et de saint Frédéric. Voy. Valère- André , Biblioth. Belg.
SIBYLLES , nom que les anciens ont donné à des femmes auxquelles ils attribuaient le don de prophétie , mais par lequel on désigne principalement des vierges qui vivaient dans une sévère continence , et se prétendaient dans un rapport intime avec la Divinité , et par là même honorées de communications mystérieuses et surnaturelles. Le nom de sibylle est grec, et se compose de sios, en éolien pour theos , c'est-àdire Dieu, et de boulé, conseil, ou bien de tollé, remplie. D'où le mot entier sibylle signifie conseil de Dieu, ou remplie de Dieu. Les prétendus oracles des sibylles, composés en vers grecs, sont en conséquence appelés oracles sibyllins, vers sibyllins , livres sibyllins; mais on n'est d'accord ni sur le nombre des sibylles, ni sur le lieu, ni sur le temps où elles ont paru. On convient généralement que les livres sibyllins, tels que nous les avons aujourd'hui, sont certainement supposés , et il parait hors de doute que les livres des sibylles, tant vantés dans les premiers siècles de 1 Église, sont l'ouvrage de quelques chrétiens qui, par un zèle indiscret, ont cru qu'il leur était permis de feindre , et de prêter des oracles à la sibylle. Origène et Lactance nous apprennent, en effet, que ces vers étaient de la façon des chrétiens, qui non-seulement en avaient fabriqué de nouveaux, mais avaient encore fait glisser dans les anciens et véritables plusieurs choses pleines d'impiété. — Pour montrer que les prophéties de l'Ancien Testament n'ont pas plus d'autorité que les oracles des sibylles, les incrédules disent que ces oracles ont été regardés non-seulement par les païens , mais même par les chrétiens, comme inspirés par le vrai Dieu, et que cependant il est incontestable que Dieu n'y a pas eu la moindre part. Mais on n'a aucune raison d'avancer que les sages, chez les païens , et les premiers chrétiens en général , ont regardé les vers sibyllins comme des oracles rendus par la Divinité même. Et d'abord, la plupart des païens avaient sur les oracles des sibylles la même opinion que sur les oracles des dieux. Cicéron, en particulier, comme Uei gier le remarque , affirmait que les vers des sibylles conservés à Rome, et ceux qui avaient cours dans la Grèce, étaient des prédictions vagues, conçues dans le style des oracles , applicables à tous les temps et à tous les lieux, et qui pouvaient s'ajuster aux événements les plus opposés. Quant aux anciens chrétiens, il est vrai qu'ils ont cité les écrits sibyllins en faveur de la religion, mais cela ne prouve nullement qu'ils les mettaient au nombre des ouvrages inspirés, tels que les livres canoniques de l'Ancien Testament. Car, comme l'observe judicieusement D. Ceillier, quoique, dans les premiers temps de l'Église, les saints se servissent avec simplicité des oracles des sibylles qu'ils trouvaient favorables à la vérité , et s'en servissent avec d'autant plus de succès pour combattre le paganisme, qu'un certain nombre de païens avaient un grand respect pour es écrits, cependant ils ne les alléguaient pas
comme une vérité sur laquelle la religion fût fondée , mais comme une addition aux preuves qu'ils tiraient des véritables prophéties des Juifs, vérifiées par Jésus-Christ et par l'Église. A cette remarque si juste de D. Ceillier nous ajouterons qu'une preuve incontestable que l'Église n'a jamais regardé les vers sibyllins comme divinement inspires, et par conséquent comme ayant une autorité égale aux livres des prophètes hébreux, c'est qu'elle n'a jamais condamné Lactance ni les critiques qui, après lui, n'ont pas craint d'afûrmer que l'esprit qui inspirait les sibylles lorsqu'elles rendaient leurs oracles, était un mauvais génie, tandis qu'elle a toujours chargé d'anathèmes les écrivains qui ont osé nier l'inspiration des écrits prophétiques de la Dible. Enfin il est hors de doute que , dans les siècles qui suivirent celui du grand Constantin, les sibylles perdirent beaucoup de leur autorité, et rarement on les cita depuis dans les disputes , surtout entre les chrétiens. Or les prophéties de l'Ancien Testament n'ont à aucune époque éprouvé un pareil sort. Dans les derniers siècles de l'Église comme dans les premiers, la vénération dont elles ont été constamment environnées n'a jamais éprouvé un seul instant la plus légère altération; et jamais aucun Père de l'Église, ni aucun écrivain orthodoxe, n'a cru pouvoir dire de ces divins oracles ce que saint Augustin a expressément avoué en parlant de ceux des sibylles : Qu'on peut penser que les chrétiens les ont inventés. Ainsi , comme ou le voit, les incrédules sont bien peu fondés à mettre sur la même hgne les prophéties de l'Ancien Testament et les prédictions des sibylles , et à prétendre que l'Église chrétienne a pu se tromper en regardant les premières comme des oracles réellement inspirés de Dieu. — L'édition des livres sibyllins la plus récente et la plus complète que nous connaissions est celle de J.-H. Friedlieb, intitulée : Oracula «hyllina, ad fidem codd. mscr., quotquot exstant, recensuit, prœtextis prolegoments illustravit, version r Germanica inslruxit , adnotationes critiens et indices œmpletimmos adjecit Jos.-Henr. Friedlieb ; Leipzig , 1852. Voy. Joseph., Antiq., 1. XX, c. xvi. Justin., Cohortatio ad Grœcos. Clem. Alex., Stromat., 1. VI. Origen., Conir. Celsum, l Y, n. 61. et 1. VII , n. Lactant., De Falsa relia., I. I, c. VI. August., De Chitat. Dei, 1. XVI II , c. xlvii. Guill. Beveridge; Codex canonum Ecc/esiœ primitives vindicatus , 1. I, c. XIV. Rutihus Nuinantianus , Itinerarium, 1. II. D. Ceillier. Ilist. génér. des Aut. sacr. et ccclés., t. I, p. 629 et suiv. D. Calmet, Diction, de la Bible.
gier, dont l'art, est tiré, pour la plus grande partie, d'un Mémoire de l Académie des Intcrrpt., tom. XXIII, in-4°;tom. XXXVIll. in-12. Richard et Giraud , qui citent une foule d'auteurs à consulter sur tout ce qui concerne les sibylles. J.-P». Glaire , Introduction , etc., tom. III , p." 336- 330. Le Diction, de lathéol. cof/io/. Gaet. Moroni, vol. LXIV, p. 10M10,où sont également indiqués beaucoup d'auteurs à consulter.
SICAIRES Voy. Zélateurs.
I. SICARD, évèque de Crémone, mort en 1215, fut place sur le siège de cette Église en 1185, et l'année suivante il négocia la paix entre l'empereur Frédéric I" et les habitants de Crémone. L'an 1203 il alla en Arménie, où il eut une conférence avec Pierre, cardinal légat du Saint-Siège dans ce pays. On a de lui : 1° Histoire de la vie et de la mort de saint Ilommobon , canonisé par le pape Innocent III; — 2° Vies des Papes , et deux Chroniques , depuis la naissance de Jésus -Christ jusqu'à l'an 1213. Voy.