LUXE, FASTE, SOMPTUOSITÉ, M AGSIFICENC E
Ces mots désignent de grandes , grosses ou fortes dépenses; le luxe, une dépense excessive, désordonnée; le faste, une dépense d'apparat, d'éclat; la somptuosité, une dépense extraordinaire , généreuse ; la magnificence , une dépense dans le grand et le beau. Luxe ne doit être pris qu'eu mauvaise part , comme il le fiât toujours. Faste suit naturellement la même règle. On veut y mettre des exceptions qui n'ont pourtant pas lieu au figuré, quand on dit, par exemple, faste de science , de vertu , de douleur, etc. Somptuosité a besoin d'idées accessoires pour qu'il énonce l'excès ou l'abus d'une manière déterminée. Blaynifce^ce est proprement un terme d'éloge, exprimant une qualité des personnes; il annonce même une vertu noble et sublime ; mais aussi la magnificence peut tomber dans le fiiste et le luxe.
Le luxe joue la richesse ou l'opulence : dérèglement d'esprit et de conduite. Le faste joue la grandeur, la majesté : vanité des vanités. La somptuosité annonce la grandeuret l'opulence: grande puissance déployée avec une grande énergie, La magnificence annonce l'opulence et la grandeur , relerées pat;
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la manière et par l'objet; c'est, pour ainsi dire, la majesté dans toute sa gloire, si des ombres étrangèi-es ne l'obscurcissent.
Considérez le luxe épouvantable de ces rois de Perae , qui promettent les plus grandes récompenses à ceux qui inventeront de noiiveaux plaisirs et de nouveaux mojens de dépense, et vous prédirez les victoires d'Alexandre. Considérez le faste triomphal de ces Romains qui étalent les dépouilles , les images et le deuil des peuples vaincus , et transportez-vous ensuite au milieu des ruines immenses qu'ils ont tlispersées dans de vastes déserts. Élevez jusqu'au sommet des pyramides d'Egypte vos regards étonnés de leur somptuosité ; baissez-les ensuite sur ces monceaux d'ossements humains qui se sont accumulés autour d'elles pour leur construction. Parcourez curieusement toutes les magnifcences du château de Vei'sailles ; mais regardez ensuite à ses fondements , et cheichez enfin tout autour les beautés de la nature.
Le luxe est malheureusement de tous les états : il y en a jusque chez le bas peuple; il se glisse dans les genres de dépenses les plus communes. Le faste ne se trouve proprement que chez les riches, dans leurs bâtiments, dans leurs meubleà , dans leurs habillements , dans leurs équipages et leur train ; mais l'appareil ne convient que dans les fêtes , les cérémonies , Les solennités. La somptuosité concerrre proprement les festins , les édifices , les monuments , les choses d'éclat : il est peu d'hommes assez opulents pour étaler en tout genije ùiie somptuosité habituelle. La magnificence ne sied qu'aux grands , qui -aux moyens de faire des dépenses extraordinaires jpigiient des titres pour les rendre éclatantes , mais par un usage bien entendu, qui les fait estimer, honorer et glorifier , en rendant leur magnificence aussi utile qu'agréable au public, (h.)
^4P' mafflé, joufflu.
' yiajHè, qui a le visage plein et large. Joufflu j qui a de grosses joties.
Joufflu n'exprime que l'embonpoint ides joues. Mafflé tx-