‹ Dictionnaire universel des synonymes de la langue franseChapitre 116 sur 494 · MAISON DES CHAMPS · texte numérisé non relu

MAISON DES CHAMPS

Le maintien est pour marquer des égarils aux autres hommes ; il est feon quand il est honnête. La contenance est pour imposer au\ autres hommes; elle est honnc quand elle annonce ce qu'elle doit annoncer dans l'occasion : celle du prêtre doit être grave, modeste, recueillie; celle du magistrat, grave et sérieuse; celle du militaire, {1ère et délibérée, etc. D'où il suit qu'il ne faut avoir de la contenance que quand on est en exercice , mais qu'il faut toujours avoir un maintien honnête et décent. Le maintien est pour la société; il est de tous les temps : la contenance est pour la représentation; hors de-là c'est pédantisme.

Le maintien séantmarque de l'éducation, et même du jugement; il décèle quelquefois des vices : il ne faut pas trop compter sur les vertus qu'il semble annoncer ; il prouve plus en mal qu'en bien. La contenance indique , selon les conjouctures, de l'assurance, de la fermeté, de l'usage, de la présence d'esprit^ de l'aisance, du courage, etc., et marque qu'on a vraiment ces dispositions, soit dans le cœur, soit dans 1 aprit; mais elle est souvent un masque imposteur. U y a une infinité de bonnes contenances , parce qu'il y a des états diÔerents et que les positions varient : mais il n'y a qu'un Bon maintien j paixe que l'honnêteté civile est une et invariable. (Encijcl., ly, m; IX, 882.) (B.)

T'^^' MAISOS DES CHAMPS, MAISOIS DE CAMPAGNE.

On nomme ainsi une maison située hors de la ville : mais il y a quelque différence entre les deux expressions.

L'idée des champs réveille celle de culture , parée qu'on ne les a distingués les uns des auti'es que pour les mettre en valeur ; et ridée de la campagne réveille celle de la ville, à cause de l'opposition , de la liberté dont on jouit d'un côté , avec la contrainte où l'on est de l'auti-e ; et quoique l'on dise proverbialement avoir un œil aux champs et l'autre à la ville, pour dire prendre garde à tout, ce n'est pas une opposition, ce n'est qu'une différence que l'on veut marquer entre les soins dont on s'occupe, parce qu'en effet les soins de la culture sont bien différents de ceux des affaires que l'on traite à la ville.

Cela posé , une maison des champs est une habitation avec les accessoires nécessaires aux vues économiques qui l'ont fait

loo Maison,

construire ou acheter ; comme un verger , un potager , une basse-cour , des écuries pour toute sorte de bétail , un vivier^ etc. Une maison de campagne est une habitation avec les accessoires nécessaires aux vues de liberté, d'indépendance et de plaisir qui en ont suggéré l'acquisition , comme avenues , remises , jardins , parterre , bosquets , parc même , etc.

Voilà sur quoi est fondé ce que dit le père Bouhours de ces deux expressions, que la seconde est plus noble que la première ; c'est qu'une maison de campagne convient aux gens de qualité , vu que leur état suppose de l'aisance , et qu'une maison des champs convient à la bourgeoisie , dont l'état semble exiger plus d'économie dans la dépense.

Cependant rien n'empêche qu'on ne puisse parler de la maison de campagne d'un bourgeois, s'il en a une; et de la maison des champs d'un chancelier de Finance , si sa maison n'est en effet que cela : dans le premier cas , c'est peindre le luxe du petit bourgeois ; dans le second , c'est caractériser la noble simplicité du magistrat : dans tous les deux, c'est parler avec justesse et faire justice. (B.)

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