MENSONGE, MENTERIE
Une menlerle est une simple fausseté avancée dans l'intention de tromper : le mensonge est une fausseté méditée , combinée , composée de manière à tromper, à séduire , à abuser. Cette dernière assertion n'est point une supposition gratuite. Le mensonge est la menterie à laquelle on a fort songé , qu'on a méditée , arrangée , composée avec ark Le mensonge est aussi fable et fiction ; la poésie , dit-on , vit de mensonges : le mensonge et les vers sont de tous temps amis , dit La Fontaine.
Et c'est pourquoi mensonge est du style noble , et menterie élu style très-familier. Le mensonge est une grande et profonde menterie : il est inspiré par quelque intérêt important, il vise à un but élevé. La menterie n'a ni motifs, ni les mêmes présomptions, elle est simple et familière : c'est un mensonge léger, badin , ou du moins sans conséquence, si l'on se borne à l'usage.
Tous n'accuserez pas sérieusement quelqu'un en face, de mensonge; vous l'offenseriez : le mensonge est en général grave. Vous lui reprocherez en plaisantant une menterie; il n'en sera pas blessé : la menterie est plus ©u moins légère.
L'hypocrisie est un mensonge continuel d'action , ou , comme dit La Bruyère , un mensonge de toute la personne ; car elle est artificieuse, profonde et séduisante.
Par des mensonges, on se rend odieux, et par des menteries, méprisable, Menteries et mensonges rendent indigne d^