MÉSUSEÏl, ABUSEU
Mal user. Il y a donc deux manières générales de m.al user. distinctes et importantes à distinguer.
Il j a un emploi de choses qui est mauvcds , il y en a un qui est méchant; et voilà ce qui différencie nos deux verbes. On mésuse de la chose qu'on emploie mal ; on cl/use de la chose qu'on emploie à faire du mal. Or, dans le premier cas , on pèche contre la raison, contre la sagesse , contre ses int.îrcts , contre le bon ordre; et dans le second, on pèche centre la justice, contre la probité. On mésuse par déréfflement^exi agissant , comme ou dit, à tort et à travers , sans rime ni raison : on abuse par excè^^ et en outre-passant son pouvoir, ses droits, les droits de la liberté.
Les jurisconsultes ont défini la liberté, le droit d'user et d'abuser: ce n'est pas là le mot, il falloit dire mésuser. Je mésuse de ma liberté si je fais une sottise qvii me nuit; mais j'en ai le droit. Si je m'en sers pour nuire à autrui , j'en abuse alors , et j'outre-passe mon droit : mais c'est licence , et non pas liberté. Une mauvaise tête mésuse de vos bienfaits; un mauvais cœur en abuse. Un ami indiscret mésusera du secret eue vous lui confiez; un ami perfide en abusera contre vousmême. (R.)
i3wi , MÉTAL.