MOQUERIE, PLAISANTERIE, RAILLERIE
Ce sont trois manières de s'expliquer sur quelque sujet , qui tiennent de l'ironie , et qui diffèrent entre'elles tant par le motif qui les fonde que par l'effet qu'elles produisent.
La mocjuerie se prend en mauvaise part ; la raillerie peut être prise en bonne ou en mauvaise part , suivant les circonstances, La plaisanterie en soi ne peut être prise qu'en bonne part.
La moquerie est une dérision qui vient du mépris qu'on a pour quelqu'un ; elle est plus offensante même qu'une injure qui ne suppose que de la colère. La raillerie est une dérision qui désapprouve seulement , et qui tient plus de la pénétration de l'esprit que de la sévérité du jugement : elle peut être offensante , si elle tend à découvrir ou exagéier les vices du cœur, à déprécier les qualités de l'esprit auxquelles on a des prétentions ; hors de-là elle peut même être agréable à celui qui en est l'objet. La plaisanterie est un badinage fin et délicat sur des objets peu intéressants ; l'effet ne peut en être que de réjouir , pourvu que l'usage en soit modéi'é.
La moquerie est outrageante; la raillerie peut être innocente , obligeante ou piquante. La plaisanterie est agréable, si elle est ingénieuse ; et fade , si elle manque de sel. (B.)