MONT
f.iban , le nwnt Sinaï , le mont Parnasse , le mont Saint-Gothard , le mont Saint-Bernard , le mont Jura , le mont Cénis , le mont Etna , le mont Vésuve , etc.
Mais dès que l'on n'envisage aucune distinction individuelle , on ne parle que de montagnes : on monte ou l'on descend une montagne; une montagne est plus ou moins élevée, plus ou moins escarpée; la cime, la descente, le pied d'une montagne, une chaîne de montagnes.
On dit les montagnes des Alpes et les monts Pyrénées : dans la première phrase, la préposition de distingue le nom propre Alpes du nom appellatif montagnes, afin de conserver à celui^ ci le sens général ; dans la seconde , les deux noms sont rapprochés et mis en concordance , et c'est pour cela que l'on dit monts. C'est par la même règle que l'on dit le mont Sinaï et la montagne du Sinai ; le m.OMf Thabor et la montagne âuThcihoY ; le mont Parnasse et la montagne du Parnasse; le mont Apenuin et les montagnes de l'Apennin, etc. : on en peut faire une règle générale qui n'a point enco<e été observée.
Promettre monts et merveilles, promettre des monts d'or, courir par monts et par vaux , sont des phrases qui ne se prèteroient peut-être pas trop aux distinctions que l'on vien< d'assigner : rien n'empêche qu'on ne les regarde commue des exceptions ; mais ce sont les seules. (,B.)
11 j a des pays montueux et des pays montagneux. Les monts font les pays montueux; et les montagnes, les pays montagneux.
L'usage suppose manifestement, enti-e mont et montagne, quelque différence physique marquée par une modification particulière dans le mot composé. La montagne ne réveillet-elle pas toujours dans notre esprit l'idée d'une masse plus forte, plus grosse, plus large, plus vaste, en général plus grande que mont? Le mont est opposé au val ou vallon ; on court par monts et par vaux : la montagne est proprement opposée à la plaine ; on mène paître un troupeau de la plaine sur la montagne. Si une province est divisée en deux parties , l'une fort élevée à l'égard de l'autre , la partie élevée s'appelle la montagne, et l'autre la plaine. La montagne a toujours quelque chose de grand et d'extraordinaire : le «tonf varie et s'abaisse même par degrés , jusqu'à devenir un monticule.
i38 MOQUERIE.
Ainsi un pays fort inégal , tout coupé de tertres, decolIineB. de monticules, de monts, est montueux. Un pays, tantôt ti-èsélevé , tantôt trèe-bas ^ entrecoupé de montagnes et de plaines, hérissé d'un côté , uni de l'autre , est montagneux. (R.)