‹ Dictionnaire universel des synonymes de la langue franseChapitre 164 sur 494 · NOMMER, APPELEIt · texte numérisé non relu

NOMMER, APPELEIt

On nomme pour distinguer dans le discours : on appelle pour faire venir dans le besoin. Le Seigneur appela tous les animaux, et les nomma devant Adam pour l'instruire de leurs noms : tel est le sens du texte hébreu, il ne faut pas toujours nommer les choses par leur nom , ni appeler toutes sortes de geus à son secours. (G.)

v^/)/7e/er n'est point synonvme de nommer, lorsqu'il signifie inviter à venir à soi , comme dans les cas posés par l'abbé Girard. Appelez-moi cet homme, et nommez-mot cet homme, sont des phrases fort dilîérentes. C'est toi qui l'as nommé , je le dis et me nomme , ce n'est pasvdire , c'est toi qui l'as appelé , je le dis et m'appelle. Mais dans une acception secondaire , appeler signifie dire le nom de la personne ou lui donner un nom , sans l'intention de la faire venir à soi ou à son secours ; et c'est alors qu'il devient synonyme de nommer, et c'est la difTérence des synonymes que nous cherchons.

Nommer, dire le nom ou donner un nom ; je viens d'expliquer le sens de ce dei-niev mot. Appeler, formé de pel , annonce proprement des signes faits avec la main : l'appel estuu signal pour faire venir. Mais comme en appelant il est assex ordinaire que l'on nomme les personnes ,on a dit appeler pouv nommer : comment /'appelez-foui ? comment se nommG-t4l ? Nommer, marque le nom propre de la personne : appeler n'énouce qu'un signe ou une qualification distinctive , quelle

i5(i FONNE.

quVlle soit. On nomme quelcju'un par son nom; on VappeJte

de diverses manières.

La belle Hélène fit trois fois le toair du cheval de bois pouv découvrir le piège ; et , dans l'espérance que les Grecs se trahiroient par surprise, elle appela leurs principaux capitaines en les nommant par leurs noms, et en contrefaisant la voix de leurs diverses femmes.

Appeler demande à sa suite quelque nom ou quelque signe particulier pour qu'il signifie nommer : mais on ne nomme les gens que par leurs noms, ou propres , ou patronimiques, ou usités ; et on les appelle, ou de leurs noms , ou par leurs qualités, ou de différentes qualifications.

Vous nommez Tibère , et vous l'appelez monstre. Vous nom^ mez Louis XII, et vous l'appelez le père du peuple. Vous «o/timez Bavard ou duTerrail, et vous l'appelez le chevalier sans peur et sans reproche.

Plusieurs anciens peuples (et il reste des traces de^cet usage dans le Nord), en nommant un tel, l'appeloient fils d'un fel; il n'j avoit pas mojen de renier son père. (R.)

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