NUMÉRAL, NUMÉRIQUE
Le mot numérique n'est pas la même chose que numéral; car la chose numérale forme toujours un nombre ; mais il n'en est pas de même de la chose numérique. Tixîis est un nom numéral ou un nom de nombre : mais une différence numérique n'est pas même cette différence dans le nombre , c'est celle d'un individu à un autre. Numéral signifie ce qui dénomme un nombre, numérique ^ ce qui a rapport aux nombres. Les
0, oa. i65
lettres nainé raies servent de chiffres, les vers numéraux marquent des dates; mais le-i rapports numériques sont seulemunt tirés des nombres; 1 arithmétique numérl^aa se sert seulement de chiffres au lie« de lettres. (K.)
83o. o , OH , HO ,AH , HA , EH , HÉ.,
0 , est une voix forte , pleine , sonore , naturelle à celui qui s'écrie, qui appelle, qui invoque, qui apostrophe, qui setonne, qni s indigne ou qui éprouve une grande joie. Un cri fort et retentissant est le signe et l'expression naturelle d'une impression, d'une sensation profonde , qui a besoin de s'exhaler et de se répandre. Le son 0, en frappant le haut du palais, et en se répercutant dans toute la capacité de la bouche, s'enfle; et en sortant par un passage étroit , par le canal de la bouche rétrécie ou des lèvres arrondies , comme par un portevoix, il porte au loin, et va frapper fortement roi-eilîe. Il s'emploie donc naturellement pour appeler, pour réveiller l'attention, pour attirer les regards, pour exprimer une situation extraordinaire.
L'interjection o s'emploie avec ou sans aspiration. Elle ne prend point d'aspiration , lorsqu'il ne s'agit que d'exprimer purement et simplement la sensation, le sentiment, l'idée sans accessoires. Ainsi vous vous écriez : o ciel ! ô Dieu ! é mon père ! â temps ! ô mœurs ! 0 n'est là que le cri du pur besoin , de l'étonnement , de l'effroi , de la reconnoissance , etc.
Si l'aspiration suit la voyelle, il est évident qu'elle allonge la syllabe et qu'elle prolonge le cri. O/i ! c'est comme si vous disiez réduplicativement o o, en coulant et sans distinguer les deux voix. Oh est donc une exclamation plus forte, plus grande , plus soutenue , le cri d'une sensation plus profonde et phis durable , celui d'une intention plus marquée et plus développée , tandis que o n'est qu'un pur éclat de voix.
La même observation s'applique naturellement aux interjections ah, ha, eh, hé, etc., puisque la différence vient de la manière de placer l'asi^iration.
j65 obliger.
Âh, hé, oh, exprimeront la surprise : l'exprimeront-ils sans aucune différence? non, certes; car ces cris sont ordinairement involontaires, on ne choisit pas enti'C l'un et l'autre ; c'est donc la nature qui inspire telle ou telle voix; et chaque voix a> sa raison dans la nature. Quelle est donc la raison particulière de chacune de ces exclamations ?
Il faut la chercher dans la valeur distinctive des voix et des TOj elles. Â se prononce sans modification, de toute l'ouverture de la bouche; et, si je puis ainsi parler, de toute l'ouverture de l'âme. Cette voix rend et réfléchit en quelque sorte la sensation de la manière la plus libre, la plus franche, la plus pure, et cette sensation doit remplir l'âme, puisqu'elle force ou nécessite la plus grande ouverture de la bouche. Ahl est donc l'exclamation d'un cœur plein , et libre de rendre la sensation par un éclat égal à la foi'ce de l'expression. A exprime, dans toutes les langues , la possession, la jouissance,. ce qu'on a dans l'âme. L'interjection est donc l'expression naturelle et nécessaii-e de la gi-ande sensation. ^ Ah ! sera donc l'éclat franc d'une grande plainte , d'une grande joie, ou de toute autre grande sensation, sans autre dessein , et par l'effet naturel de l'impression. Eh ! sera l'émission douce de la plainte , de la joie , de tout autre sentiment qui, s'il ne peut pas absolument se contenir , se modère du moins. Oh! sera l'explosion d'une grande peine, dune grande joie , d'une grande sensation qui cherche , pour ainsi dire , un soulagement , un i-emède , un effet propre à satisfaire la passion de l'âme. Eh ! marque l'existence de la sensation ; ah ! sa gi-andeur; oh! son énergie.
De même ha, ha, ha, est un éclat de rire franc et ouvert. Hé, hé, hé, est un rire simple et modéré. Ho, ho, ho, est ungros vire accompagné de surprise ou de moquerie, ou de quelque autre circonstance aggravante. Hi, hi, hi, est le rire tout bas et contraint. (H.)
83l. OBLIGER, COHTRAlHDnE, FORCER, VIOLEWTER.,
Ces tei-mes expriment des actions contraires à la liberté de quelqu'un. L'abbé Girard remarque que violenter enchérit sur forcer, et celui-ci sur contraindre ^ mais toutefois que la liberté