‹ Dictionnaire universel des synonymes de la langue franseChapitre 174 sur 494 · OBLIGE» A FAIRE, OBLIGER DE FAIT.E · texte numérisé non relu

OBLIGE» A FAIRE, OBLIGER DE FAIT.E

Th. Corneille et Bouhours ont remarqué , et prouvé par l'usage, que plusieurs de nos verbes, tels qu'o/>/«grer,, contraindre j forcer, s'efforcer, tacher, etc. , prennent ég-alemcnt après eux la préposition à et la préposition de, quand ils sont suivis d'un autre verbe , comme d'un régime. Ainsi l'on dit obliger , contraindre , forcer, etc. , à faire ou de faire, Il est sans doute plus naturel de dire à ou de devant un verbe, selon qu'on dit l'un ou l'autre devant un substantif , obliger à faire une chose, comme obliger à une chose, etc. ; mais l'usage a ses licences, et même ses raisons pour s'écarter de la règle générale. Il s'agiroit donc de trouver dans ces deux manières de s'exprimer une différence générale qui en déterminât le sens particulier et en réglât l'emploi.

Si je ne me trompe, i°la préposition à, placée entre les deu:^ verbes , marque particulièrement le rapport , l'influence e^ l'action de la .cause, de la puissance, du sujet qui oblige, force ou contraint: au lieu que la préposition démarque spécialement l'effet de cette cause jet de cette action sur l'objet ou \c sujet qui est contraint, forcé ou obligé. 2" La préposition à désigne plutôt le genre d'action et le but, sans aucun rapport déterminé de temps ; au lieu que la préposition de annonce plutôt l'acte et l'exécution , ou présente ou prochaine , et par conséquent avec une détermination de temps assez précise.

.Jepïouye la première de ces distinctions relative à la cause et à l'effet. Nous disons plutôt à lorsque le verbe régisseur est à l'actif, et de lorsqu'il est au passif. Vous vous obligez a faire une chose , et vous êtes obligé de la faire. La nécessité nous force à nous aider, et nous sommes forcés de nous aider. La résistance vous contraint à user de force , et vous êtes contraint d'en user.... Corneille observe qu'on met plutôt de que à après le passif. Rouhouvs observe , et confix-me par des exemples, que nos bons auteurs le pratiquent presque toujours

Page 1