‹ Dictionnaire universel des synonymes de la langue franseChapitre 195 sur 494 · OPTER, CHOISin · texte numérisé non relu

OPTER, CHOISin

On opte en se déterminant pour une chose , parce qu'on né* peut les avoir toutes. On cfwisit en comparant les choses , parce qu'on veut avoir la meilleure. L'un ne suppose qu'une simple décision de la volonté , pour savoir à quoi s'en tenir ; l'autre suppose un discernement de l'esprit, pour s'en tenir à ce qu'il y a de mieux.

Entre deux choses parfaitement égales , il y a à opter, mais il n'y a pas à choisir.

On est quelquefois contraint d'opter; mais on ne l'est jamais de choisir. Le choix est un plein exei'cice de la liberté ; c'est pourquoi, lorsque le sens ou l'expression marque une nécessité absolue , il est mieux de se servir du mot d'opter que de celui de choisir; de-là vient que l'usage dit, puisqu'il est impossible de servir en même temps deux maitres , il faut opter.

Le mot de choisir ne me paroît pas non plus être tout-à-fait à sa place lorsqu'on parle de choses entièrement disproportionnées, à moins qu'il n'y soit employé dans un sens uonique. Par exemple, je ne dirois pas, il faut choisir ou de

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Dieu ou du monde; mais je divois , il faut opter : car le clioix étant une préférence fondée sur la comparaison des choses , il n'y a pas lieu, ou il ny a point de comparaison à faire. Un prédicateur diroit cependant avec beaucoup de grâce : (c Messieurs, le joug du Seigneur est doux, et nous conduit au comble de tous les biens; le joug du moncle est dur, et nous plonge dans l'abime de tous les maux : cAo/smez maintenant auquel des deux vous voulez vous soumettre ; » parce qu'alors il se trouve une fine ironie dans l'emploi de choisir.

Je ne connois point de droit de choix ; mais il y a un droit â'option : c'est lorsque entre plusieurs choses à distribuer, on a droit de prendre avant les autres celle qu'on veut. Quand on a ce droit, on a par conséquent la liberté de choisir : car on peut opter ^a.1 choix y en examinant quelle est la meilleure; comme on peut opter sans choix, en se déterminant indiflf6-, remment pour la première venue.

S^ous n'optons que pour nous; mais nous choisissons quelquefois pour les autres.

On peut opter sans choisir; il ny a qu'à suivre le hasard ou le conseil d'autrui : mais on ne peut choisir sans opter, quand on ■:!ioisit pour soi.

Lorsque les choses soi>t à notre option, il faut tâcher de faire un bon choix.

Entre le vice et la vertu, il n'y a point d'accommodement; il faut opter pour l'un ou pour 1 autre. Kien ne me paroit plus difficile à choisir qu'un ami.

Si j'avois à opter entre un ami fort zélé, mais indisci'et, et un ami discret, mais moins zélé , je choisirais le dernier. (G.)

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