PAUVRE, INDIGENT, NÉCFSSITEUXf , MEÇJDIA'VT , GUEUX
Je ne suis point pauvre j disoit un bon paysan qui n'avoit pour tout bien que ses bras , et sur ses bras une famille , mais à qui l'on offroit la charité quand il demandoit du ti-avail. Il y a le pauvre qui demande du travail pour vivre , et le pauvre qui demande l'aumône et qui en vit. Le premier est un homme pauvre- le second est ce qu'on appelle un pauvre, un mendiant; un gueux. Pauvre de profession , il fait le métier de mendiant , et communément avec la livrée du gueux , il mendie , il gueuse. Pauvreté n'est pas vice, sans doute; mais la mendicité est l'abus et la honte de la pauvreté. Je ne dis pas que le mendiant soit coupable, et encore moins punissable; je dis seulement que c'est ou sa faute ou celle d'autrui tl'en être réduit là. Quoi qu'il en soit, il falloii d'abord distinguer Je pauvre, Vindigent , le nécessiteux, le queux, qui ne sont que dans le besoin , d'avec ceux qui se font un état de la mendicité.
Le pauvre a peu ; il est mal partagé , il marique de fortune.
"L'indigent n'a point de bien ; il éprouve le besoin, pâtit.
Le nécessiteux est dans les liens et les douleuis de la nécessité , d'un besoin urgent , d'une détresse dont il ne peut se tirer.
Le mendiant tend la main en demandant et pour recevoir la charité.
Gueux signifie dépouillé , dénué de biens. Nous disons un gueux revêtu, par la raison que le propre du gueux est d'être nu, dénué , dépouillé. Les guenilles sont l'équipage du gueux: on dit un écfuipage de gueux. Nous appelons hyperboliquement gueux celui qui n'a pas la fortune et le costume de son état. Gueux est un mot injurieux; et il indique, au physique €t au moral, un désordre, un dérèglement: vous appelé*