‹ Dictionnaire universel des synonymes de la langue franseChapitre 220 sur 494 · PAUVRETÉ, INDIGENCE, DISETTE, BESOIN, NÉCESSITÉ · texte numérisé non relu

PAUVRETÉ, INDIGENCE, DISETTE, BESOIN, NÉCESSITÉ

La pauvreté est une situation de fortune opposée à celle des richesses , dans laquelle on est privé des commodités de la vie , et dont on n'est pas toujours le maître de sortir; c'est pourquoi l'on dit que pauvreté n'est, pas vice. 'L'Indigence enchérit sur la pauvreté; on y manque des choses nécessaires; elle est, dans l'état de fortune, l'extrémité la plus basse, ayant à l'autre bout, pour antagoniste, la supériorité que fournissent les biens immenses; il n'y a point d homme qui ne puisse s'ea tirer , à moins qu'il ne soit hors d'état de travailler. La disette est un manque de vivres , dont l'opposé est l'abondance ; elle semble venir d'un accident ou d'un défaut de provisions, plutôt que d'un défaut de biens-fonds. Le besoin et \?l nécessité ont moins de rapport à l'état et à la situation habituelle que les trois mots précédents ; mais ils en ont davantage au secours qu'on attend , ou au remède qu'on cherche ; avec cette différence entre eux deux , que le besoin semble moins pressant que la nécessité.

Une heureuse étoile ou d heureux talents tirent d'e la pauvreté ceux qui y sont nés, et la prodigalité y plonge les riches. Un travail assidu est le remède contre V indigence ; si l'on manque d'y avoir recours , elle devient une juste punition de la fainéantise. Les sages précautions pi-éviennent la disette ; les consommations superflues et immodérées la causent quelquefois. Quand on est dans le besoin, c'est à ses amis qu'il faut demander de l'aide; mais il faut aussi s'aider soi-même, de peur de les importuner. Le moyen d'être secoui'u dans une extrême nécessité , est d implorer les personnes vraiment charitables.

Les lettres ne sont guère cultivées au milieu des richesses , et elles le sont mal dans la pauvreté ; une fortune honnête est leur état convenable. Le plus noble et le plus doux plaisir que procurent les grands biens à ceux qui les possèdent , est de pouvoir répandre un superflu qui fournisse le nécessaix'e à ceux qui sont dans l'indigence ; s'ils pensent et usent autre-

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